février, 2007

Les rushes d’un film sur Dylan font un bon film sur Dylan

Le fameux documentaire sur Bob Dylan, Don’t Look Back, tourné par D.A. Pennebaker, révèle ses perles. Une nouvelle version version, Bob Dylan: Dont Look Back 1965 Tour Deluxe Edition (sans précision encore quant à sa sortie), augmentée de rushes, prolonge le portrait de l’artiste fulgurant. En plus de nouveaux commentaires du réalisateur et du tour manager Bob Neuwirth, en plus du livret, le film livre des performances extensives de classiques tels que “Don’t Think Twice” et “It’s All Over Now, Baby Blue”. Un des moments les plus mémorables de ces bonus consisterait aussi en une discussion, avant un concert au Royal Albert Hall de Londres, concernant la venue des Beatles. Qu’on ne voit jamais. Pourquoi? Le réalisateur répond que “les Beatles ne sont que les Beatles. Je voulais que le film tourne autour de Dylan”.

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Dylan par d’autres. Et quels autres…

Dans l’oeil du cyclone de la hype, le petit père du folk transgressif: le réalisateur Todd Haynes est en pleine post-production d’un film expérimental, I’m Not There, qui voit Richard Gere, Christian Bale, Heath Ledger et Cate Blanchett incarner Bob Dylan. Mais c’est pas tout. La BO du film promet autant de vertiges. Stephen Malkmus, le meneur de Pavement, reprend “Maggie’s Farm” et l’inénarrable “Ballad Of A Thin Man”, avec dans son groupe Tony Garnier, membre du backing band de Dylan, et Lee Ranaldo de Sonic Youth en producteur. Calexico reprend, en plus de deux autres titres, “Senor (Tales Of Yankee Power)”, avec pour complice Willie Nelson et le guitariste flamenco Salvador Duran. Les rumeurs voulaient que Jack White des White Stripes participe aussi à la BO. Il n’en est rien. D’autres rumeurs impliquent PJ Harvey, Aimee Mann et Michael Stipe. Mais rien de confirmé pour le moment.

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L’album de Meshell repoussé

La sortie du nouvel album de Meshell Ndegeocello, The World Has Made Me The Man Of My Dream (voir ici l’avant-première), a été repoussé “jusqu’à nouvel ordre”, précise sa maison de disque Universal Music Jazz France. Prévu début avril, précédé du EP 5 titres The Article 3, l’album terminé semble prendre du retard à cause de problèmes liés à la direction artistique.

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rencontre: Amy Winehouse, je t’aime moi non plus

amy winehouse

Un journaliste de Vibrations interviewe la diva british. Ou quand les plaisirs de la rencontre se transforment en autre chose.

Mon rédacteur en chef m’avait prévenu.

– Fais gaffe, elle a pas l’air facile.

– T’inquiètes, j’en ai vu d’autre.

C’était une mission délicate, un papier à rendre dans la foulée, une couve en plus. Bref, un travail sans filet. Aucun droit à l’erreur. En plus, je me faisais une joie de cet aller-retour express pour Dublin où le grand barnum promotionnel d’Amy Winehouse faisait escale, le temps pour celle qui affole le Royaume-Uni en ce début d’année 2007 de rafler une ou deux récompenses lors de l’équivalent local des victoires de la musique. Naïvement, j’espérais mettre en boîte mon interview et faire un peu de tourisme en prime. Pas de chance, l’hôtel est situé au milieu de nul part dans une banlieue morte et sans grande intérêt.

Pas grave me dis-je, tu tombes l’interview, vite fait bien fait, puis tu sautes dans le premier tacot et tu files dare-dare faire un tour en ville. Mais à l’heure dite, personne. Explications plus ou moins embarrassées de l’attachée de presse.

– On aura une heure de retard.

– Elle fait la balance.

– Elle est sur la route, elle arrive.

– Elle sera là dans 5 minutes.

Le manager d’Amy Winehouse, un grand Black format armoire à glace, nous donne enfin le fin mot de l’affaire.

– Amy est dans sa chambre. Elle dort.

Comme ça on est fixé. En attendant que miss Winehouse daigne se lever, on boit le thé en dégustant des petits gâteaux et en faisant assaut d’amabilités. Sur le coup des 16h, soit 2h30 après l’horaire prévu, mon interlocuteur s’agite enfin.

– Amy est réveillée. Elle doit faire une séance photo en ville avant qu’il ne fasse noir.
– Et mon interview dans tout ça ?
– Justement, si tu veux avoir une chance de la faire, suis le mouvement.

Dans le bus qui nous mène en ville, son tour manager me presse de commencer, mais moi, j’espère encore pouvoir décrocher au moins une demi-heure au calme. Quel con ! Enfin, nous voilà arrivé à destination. Il ne se passe pas deux minutes sans qu’un passant n’arrête Amy Winehouse pour lui demander un autographe ou se faire prendre en photo avec elle. Garçons, filles, jeunes, moins jeunes, lookés, pas lookés, il y en a pour tous les goûts. Elle se prête de bonne grâce à l’exercice, puis tout d’un coup, décide que ce petit jeu a assez duré. La fin de la récréation a sonné. Tout le monde en voiture, retour à l’hôtel. Les suppliques du photographe de Q n’y feront rien. En guise d’interview, j’ai finalement droit à 15 minutes à l’arrière d’un bus, avec une partenaire que visiblement l’exercice ennuie au plus au point. Les présentations sont expédiées en moins d’une minute.

– Je suis une chanteuse de jazz, originaire de Londres, j’ai 23 ans. J’ai sorti un premier disque en 2003, Frank. Mon second vient tout juste de sortir. Il s’appelle Back To Black.

Le débit est rapide, nerveux, haché. C’est un florilège de réponses lapidaires :

– Oui. – Non.
– Peut-être ?
– Je ne sais pas.

De retour à l’hôtel, j’essaie de reposer les questions auxquelles je n’ai pas eu de réponses satisfaisantes.

– Je t’ai déjà répondu tout à l’heure.
– Oui, mais c’était un peu bref.
– De toute façon, on s’en fout.

Une personne de son entourage vient lui glisser un truc à l’oreille. Elle le retient par le bras et lui dit:

– Ne me laisse pas toute seule!

C’est le coup de grâce. J’abandonne la partie. Merci pour le thé et les petits gâteaux. C’est bien simple, j’ai beau fouiller dans ma mémoire, je n’ai pas souvenirs d’être rentré aussi bredouille.

La suite ? A découvrir ce mois-ci dans Vibrations.

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Des images embarassantes: Amy Winehouse chante “Beat It” en état d’ébriété avancé:

REFERENCES

  • Amy Winehouse, Back To Black (AZ/Universal)
  • Amy Winehouse, Frank (Island)

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Moby exploite et ré-exploite les acquis

Le déjà bien jeune bénéficiaire d’un best of (Go: The Very Best Of Moby) ne s’arrête pas là dans l’exploitation de ses propres ressources: un album de remixes, Go: Remixed, sort ces jours sur Mute. Le disque comprend les travaux de Vitalic, Trentemoeller, Mylo, Ferry Corsten et Moby en personne. Les versions CD et download divergeront quelque peu: la première contient une nouvelle version du thème de James Bond par CJ Bolland, et la deuxième des musiques de Bob Sinclair et de The Manhattan Clique.

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The National de retour au printemps

Le quintet annonce la venue de son deuxième album, à paraître le 22 mai sur Beggars Banquet. Boxer, écrit à Brooklyn en 13 mois, comprend l’intervention de Peter Katis (Interpol, Spoon) à la production et au mixage, et de Fred Kevorkian (Ryan Adams, Regina Spektor, Willie Nelson) au mastering. The National devrait faire quelques apparitions dans les festivals estivaux européens.

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Daedelus, Martigny et Berne : 1 mars 2007 au 2 mars 2007

Venu du hip hop, le jeune bidouilleur californien est hébergé par le label Ninja Tune: tout un programme, agrémenté par liste de ses collaborations (MF Doom, Prefuse 73, Mike Ladd, Busdriver…). Eclats de jazz sur lit de rythmiques concassées prennent toute leur envergure en live.

1/3: Martigny, Caves du Manoir 2/3: Berne, Reitschule

Le label World Circuit promet des films

La fameuse maison de disques anglaise se diversifie, et va produire des documentaires sur la musique. Tous les types de diffusion sont envisagés, de la sortie en salle à la diffusion télévisée, en passant par la vente de DVD. Dirigé par Rosa Bosch (Amores Perros, Lost In La Mancha, Calle 54, Elephant, American Splendor…), la filiale “films”, même si rien de concret n’est encore annoncé, promet de bien belles choses, si l’on en juge par les artistes révélés par World Circuit: Buena Vista Social Club, Ali Farka Touré, Ibrahim Ferrer, Ruben Gonzalez, Orchestra Baobab, Toumani Diabaté, Oumou Sangare, Cheikh Lo…

Portishead sort du bois

Portishead, silencieux depuis la sortie de Live: Roseland NYC en 1998, sort discrètement du bois. Le trio a joué deux nouveaux morceaux lors d’un concert secret le 26 février lors d’une soirée où Geoff Barrow, l’un des trois membres du groupe, était DJ. “Merci pour ceux qui sont venus, et désolé de ne pas avoir averti les autres, écrit Barrow sur son blog. Il ajoute en post scriptum: “Les deux morceaux en question n’ont même pas de nom”.

Kalachnikov Guca Festival, Paris : 23 mars 2007 au 25 mars 2007

Sueur des cuivres, trépignement des percussions: la Fanfare Ciocarlia importe de son village originaire de Zece Prajini, près de la frontière moldave en Roumanie, les fièvres gitanes qui font trembler depuis l’Europe entière à force de virtuosité. Le Kalachnikov Guca Festival invite encore O’Djila, Tzi Slav Orkestar, Hervé Pouliquen Quartet, La Caravane Passe et Valentina Casula Trio.

23-25/3: Paris, La Bellevilloise

Wynton Marsalis scrute les maux de l’Amérique

Le nouvel album du trompettiste et compositeur Wynton Marsalis, From The Plantation To The Penitentiary sortira le 12 mars sur Blue Note. Sur ces sept nouvelles compositions, Marsalis scrute les fissures de la société américaine. La jeune chanteuse (21 ans) Jennifer Stanton est présente sur quatre titres, et Marsalis lui-même se met au spoken-word sur “Where Y’All At”, un titre où il exige de savoir ce qui est arrivé aux leaders responsables américains.

Johnny Greenwood compile du reggae

Vous êtes passés à côté de l’album Radiodread, relectures parfois improbables du songbook de Radiohead? Vous pouvez peut-être également passer votre chemin lorsque vous croiserez Johnny Greenwood is The Controller, un album où le guitariste du groupe compile ses morceaux favoris (Lee Perry, Joe Gibbs, Delroy Wilson, The Heptones…) L’auteur avoue s’être immergé depuis seulement six mois dans le genre pour réaliser cette commande du label Trojan…

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pop: Rufus Wainwright chante Judy Garland

Malgré une voix cassée, le Canadien refait, sur la scène de l’Olympia, l’intégralité du live à Carnegie Hall de Judy Garland.

Avril 1961. Février 2007. Plus de 45 ans séparent le concert de Judy Garland à Carnegie Hall de celui de Rufus Wainwright à l’Olympia. Le songwriter canadien s’est lancé dans un pari risqué: refaire l’intégralité du mythique concert de son idole avec grand orchestre (36 musiciens!) et track listing complet (30 titres!).

C’est dans un costard léopard qu’il débarque pour son périple plus qu’osé où se caramboleront des chefs d’œuvres signés Gershwin, Rodgers & Hart, Arlen et Berlin. Wainwright a toujours plus ou moins gorgé son œuvre de ce Broadway multicolore, temple bicéphale du bonheur et de la tragédie. Mais comme le garçon est doué, son entreprise n’est évidemment pas un travail de copiste, ne cherchant jamais à imiter son idole. Juste à mettre en valeur ce répertoire peu aisé, montagne russe stylistique et formelle. L’aura tragique de Garland est alors l’écrin rêvé pour l’organe de Wainwright malheureusement embrumé par une crève carabinée.

Alors que l’impeccable orchestre XL joue la carte de la reproduction à l’identique, Wainwright sait qu’il ne peut (et ne veut) pas lutter face à Garland. Il préfère déstabiliser le genre par ses inimitables inflexions, entre lancinance, désarroi et ironie… Et dans les pièces à la dramaturgie plus exacerbée, il est impérial, restant avant tout lui même. Là, il s’approprie ces standards (”The Man That Got Away”), ne cachant guère ses limites vocales d’un soir sur “Almost Like Being In Love”… L’autodérision n’est jamais loin et, entre deux quintes de toux, il arrive même à sublimer “I Can’t Give You Anything But Love”. Sa sœur Martha offrira un “Stormy Weather” cinq étoiles avant que Lorna Luft, la fille de Garland, se lance en duo avec Rufus dans un “After You’ve Gone” de velours. Un velours parfois râpé, parfois étincelant, comme le fut cette unique soirée de music-hall décalé carrément enivrante.

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soul: où en est Bilal?

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PHOTO: ESTELLE KROMAH

Le deuxième album du chanteur soul de Philadelphie devrait enfin sortir cette année. Il en parle en exclusivité pour vibrationsmusic.com

Sa-ra Creative Creative Partners, James Poyser, Questlove. Ils ont tous répondu présent pour apparaître sur le deuxième album du chanteur de Philadelphie Bilal Sayeed Oliver. Il y a neuf mois, le disque s’est retrouvé disponible sur Internet illégalement. Son auteur a alors décidé de repousser sa sortie à une date ultérieure, modifiant une partie du tracklisting. « J’ai tellement de morceaux en réserve que ça ne me pose pas de problème: j’ai l’embarras du choix », nous dit le chanteur de sa voix douce, à peine perceptible.

Bilal décrit ce nouvel album dont la date de sortie n’est toujours pas fixée, comme « un mélange organique de sons bruts et d’électronique. » La session principale a eu lieu en Californie, dans le studio des protégés de Kanye West, les talentueux Sa-Ra Creative Partners. « On a laissé tourner les bandes pendant une semaine. On a dû enregistrer une bonne trentaine de titres. Ensuite on a tout redécoupé. On a utilisé pro-tools comme des malades» Quatre titres sont déjà en écoute sur son MySpace, dont une version du « High And Dry » de Radiohead. « Je les adore, c’est mon groupe de rock préféré avec Led Zeppelin. »

Bilal, né à Philadalephie il y a 25 ans, a suivi une éducation musicale classique. Découvert sur une cassette par Fa M’Tume, le fils du célèbre percussionniste M’Tume, celui-ci l’emmène à New York en 1998 où il participe aux jam-sessions organisées par The Roots dans des lofts de Manhattan. Il est enrôlé en 2002 dans le projet Jazzmatazz du rapper Guru et sort l’année suivante son premier album, “1st Born Second”, qui secoue le monde un peu ronronnant de la nu-soul. « Le seul défaut de ce disque est qu’il était surproduit, mais les chansons étaient bonnes » dit-il aujourd’hui. Défaut de jeunesse qu’il a rectifié sur le nouvel album. « Au niveau du chant, je m’aventure dans des endroits où les chanteurs ont peur d’aller, par confort. Je prends des risques, j’expérimente.» Espérons que l’on n’ait pas encore une autre année à attendre pour écouter le résultat de ces expérimentations.

SITES - www.bilal-the-man.com - www.myspace.com/bilaloliver

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hip hop: L’hommage new-yorkais à J Dilla

Dilla

Dans un club de Brooklyn, hommage en grandes pompes au prince de la nu-soul et du hip hop d’avant-garde. Donuts are forever!

Un an après sa mort prématurée, on célèbre partout l’héritage de James Yancey, aka Jay Dee et J Dilla. Le prince de la nu-soul et du hip hop d’avant-garde, révéré par ses pairs et des milliers de fans qui rivalisent d’adoration sur le Net, a été l’objet d’une soirée mémorable à Brooklyn, le 10 février. Les choses étaient pourtant mal engagées.

Le choix du Galapagos, club rock du quartier branché de Williamsburg, n’annonçait rien de bon. Un public composé de jeunes gens bien comme il faut. Une promo sur la bière locale pour que tout le monde soit bourré en un temps record. Un son mal réglé au début. Et bien non, grâce à des DJ en forme, grâce à un Pharoahe Monch gonflé à bloc et parce que les organisateurs ont su redoubler d’idées, cette soirée fut un régal.

Sur scène, à côté des platines, un peintre compose un portrait de Dilla. Des serveuses distribuent des donuts, clin d’œil à l’album éponyme du maître. Un diaporama montre des fans un carton à la main, sur lequel est écrit un petit mot en référence à l’artiste. Du genre « The J in J Dilla is for Jesus Christ ».

L’arrivée de DJ Scratch des Roots, d’Elzhi de Slum Village, et de leur entourage dûment parfumé à l’herbe, donne ensuite le ton. Tous les chefs-d’œuvre de Dilla, représentatifs de toutes ses périodes, sont joués sobrement par des DJ hypnotisés eux-mêmes par ce style musical si entêtant. Monch n’omet pas de rappeler que, micro en main, Dilla était aussi un client. Il dit cela sous les vivats alors que passe “Fall In Love” de Slum Village. Grosse émotion.

SITES

REFERENCE

  • J Dilla, Ruff Draft (Stone Throw) 20 mars

PODCASTS

DJ Statik et le collectif Ill-vibe proposent, sur le site du label ropeadope, deux tributes à Dilla:

VIDEO

Hommages au génie: Questlove, Common, Bilal, Phat Kat, Dwele, House Shoes, Karriem Riggins, et la mère de Dilla. -En anglais-

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radio: France Musique vire les musiques improvisées

null THURSTON MOORE ET JEAN-MARC MONTERA

“La musique improvisée plombe la chaîne et n’a pas de public”. la direction de France Musique a décidé de supprimer ces musiques de sa grille. Réaction du musicien et directeur du GRIM Jean-Marc Montera

Pourquoi à votre avis l’émission A L’improviste a t-elle été retirée des ondes de France Musique?
Cette émission existe depuis 2000. Elle unique et atypique dans le paysage radiophonique français. Les musiques qu’Anne Montaron diffuse sont des concerts enregistrés en présence d’un public par des musiciens qu’elle choisit et invite au studio 106 de la Maison de la radio. C’est un vrai concept radiophonique et une réelle pensée sur ces musiques dans leur diversité, et je crois que c’est ça qui dérange. La raison invoquée par la direction de France Musique est que cette émission n’a pas d’auditeur et “plombe la chaine”. C’est un acte de censure qui laisse présager les pires exactions dans un futur proche. Cette censure est l’expression arrogante du pouvoir et croire que cela ne concerne que ceux qui écoutent et pratiquent la musique improvisée serait une erreur grossière. La loterie aurait très bien pu tomber sur la musique contemporaine, les musiques électroniques, la musique baroque ou toute autre qui n’entrerait pas dans le schéma idéologique du prince du moment.
N’y aurait-il pas un effort à faire pour rendre ces émissions plus vivantes et attractives?
Peut -être. Mais ces émissions sont programmées en bout de grille à des heures où seuls les insomniaques chroniques ont une chance de les écouter. Les amateurs savent où et à quelle heure sont les rendez-vous. Par contre il y a très peu de chance de conquérir de nouveaux publics car les créneaux horaires ne sont guère favorables. Je ne sais pas si il y a une solution. En tout cas elle ne réside pas dans la suppression des rares émissions qui existent encore.
Que comptez-vous faire pour réagir contre cette censure?
Probablement qu’une pétition va circuler. Il est fondamental que l’ensemble de la profession soit informé de cette décision inique. Et que la presse, pas seulement spécialisée, réagisse.
Vous dirigez le GRIM (Group de recherche et d’improvisation musicale) à Marseille. Quel genre de public se rend à vos manifestations?
Le Grim existe depuis 1978. Le nomadisme des premières vingt années nous a permis de constituer un public de fidèles qui suivaient les manifestations là où elles avaient lieu. Aujourd’hui un nouveau public à rejoint celui des premières heures. La population qui s’est fidélisée au lieu est assez variée tant pour la classe d’âge que pour les catégories socio-professionnelles. Sur une capacité d’accueil de 150 places, il y a une moyenne d’une centaine de personnes par concerts dont l’âge varie entre 20 et 35 ans.
La France n’est-elle pas en retard sur d’autres pays quant à la vision qu’elle a de ces musiques?
Cela peut paraître paradoxal mais je n’ai pas l’impression que la France soit particulièrement en retard. Les pouvoirs publics aident et soutiennent des structures comme le GRIM et des festivals tels que Musique Action, Mulhouse, Le Mans. C’est un peu le paradoxe français que de défendre quelque chose sans aller au bout de l’idée. D’un côté on affiche un intérêt intellectuel pour une forme, et de l’autre ne lui donne pas totalement les moyens de se développer. Comme en lui supprimant la possibilité d’une diffusion radio.

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hip hop: l’expérience Airborn Audio

Airborn Audio

Les deux ex-Anti-Pop Consortium ne veulent pas entendre parler d’électro. Pas de ça dans leur hip hop expérimental.

Il rit, le grand M Sayyid. “Electro ? C’est pas notre truc, nous on fait du Anti-Pop Consortium ! En aucune façon. Nous ne sommes liés, ni de près ni de loin, à quoi que ce soit qui s’appelle, et j’insiste, de l’électro. C’est nous qui avons tout inventé.” Même caché derrière sa fatigue, même masqué par la pose flegmatique du vieux sage, le comparse High Priest laisse échapper un gloussement de fillette chatouillée.

Airborn Audio, c’est les deux New-Yorkais, MC et producteurs hip hop, donc, piqués au vif. Que leur pratique du beat soit fondée quasi exclusivement sur des sonorités ostensiblement synthétiques, que leurs rythmiques poussent loin les tactiques des grooves dancefloor ne s’explique donc pas par la contagion d’une musique sur une autre, par la digestion d’une scène par une autre. La génération qui se veut spontanée naît dans les 90’s avec Anti-Pop Consortium, et grandit en 2004 avec la sortie du premier album du duo abandonné par Beans, Good Fortune. Une épiphanie qui aura ouvert la voie au grime anglais et aux biais des labels Big Dada ou Anticon.

High Priest explique : “Je ne veux pas me faire des films à propos du passé, mais autour de 1999, il y avait des choses “normales”, et des choses “à venir”. Nous on a toujours été du côté “à venir”". Curieux gonflement auto-consécratoire de la part d’un artiste qui sort ces jours un album solo, Born Identity, revenu au sampling d’instruments, à des atmosphères denses et planantes niant l’étrange groove flamboyant des conquêtes passées. Que vaudra le projet Electric Arms de M Sayyid? Il y travaille actuellement.

Sur la scène du Romandie de Lausanne, le 20 février dernier, la paire de franc-tireurs jouait du sampler. Les flows de deux MC étaient impeccables. Les musiques souvent extraordinaires (les rythmes tapés sur les pads des MPC en direct, les boucles qui se construisent). Mais la radicalité frondeuse des débuts a fait place à un laboratoire plus scientifique. La recherche vaut ici pour elle-même. Elle ne vise plus obstinément l’avant-garde. Plus de fuite en avant.

Retour en arrière du duo? Pas pour autant. Leurs envies ponctuelles –étonnantes au vu de leurs prises de position antérieures– de boucles instrumentales n’expliquent pas tout. Non: les pionniers sont simplement rattrapés par les suiveurs. Rattrapés par les années qui séparent l’avant-garde de sa digestion par les auditeurs. Reste qu’Airborn Audio a l’assurance des inventeurs, des originaux, des sans concession. La classe de ceux qui se croient seuls au monde. De ceux qui ne mettent certainement pas d’électro dans leur hip hop électro. “Ces trucs de club music, je les sens pas trop…” M Sayyid ne finit pas une phrase. En commence vingt. “Mais j’aime bien Daft Punk… C’est nouveau pour moi…”

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REFERENCES

  • High Priest, Born Identity (Sound-Ink)
  • Airborn Audio, Good Fortune (Ninja Tune)
  • (M Sayyid, Twilight Zone Mix-tape)

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pop: la kermesse de The Good, The Bad And The Queen

La caravane décalée de Damon Albarn était sous le chapiteau parisien du Cabaret Sauvage. Une kermesse décalée qui attise la gourmandise.

Sous le chapiteau du Cabaret Sauvage, Damon Albarn vient promener son jouet du moment. Telle une coproduction italo-américano-franco-albanaise des 60’s, ce groupe avance en bombant le torse avec son casting royal passablement iconoclaste. Derrière l’ex-taulier de Blur, cerveau de Gorillaz, c’est la classieuse artillerie des ex: Paul Simonon (Clash), Tony Allen (Fela) et Simon Tong (Verve). Epaulé par des cordes raffinée et quelques claviers mélancoliques, l’improbable gang déroule sa B.O. de Morricone un peu reggae, un peu 80’s, un peu pop (au sens kinksien) avec cette sensation douce-amère d’errer dans un Londres onirique.

Sous son haut-de-forme volé au lapin d’Alice de Lewis Caroll, Albarn dirige avec une fausse nonchalance ces climats plus chaleureux sur scène qu’en studio. L’effet Simonon aide évidemment à booster le mythe. Polo, poseur comme jamais, est tout de même le seul à pouvoir débarquer sur scène un chapeau sur le crâne, un bandana dépassant de la poche, le col de veste relevé et la basse au niveau des mollets sans être ridicule. Mieux, il est la classe ultime! Et ses lignes de basses, homéopathiquement dispatchées, renforcent les mélodies barges concoctées par Albarn. Le public les déguste. Et même lorsqu’Eslam Jawaad (myspace) déboule, il s’agite à l’unisson pour accompagner le flow du roi du rap foosha. Derrière, Allen est un sphinx qui fait semblant de s’emmerder, déposant les micro-touches rythmiques, justes et nécessaires, d’un patchwork musical étourdissant.

Visualiser dans leur ensemble The Good The Bad & The Queen, c’est donner une véritable âme à ce projet culoté, éloigné des canons des charts. Cette kermesse de saveurs ne durant que le temps d’un album, on est juste frustré que la fiesta ne s’éternise pas, gourmand d’une phrase supplémentaire de mélodica ou de basse à peine dub.

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Sarah Tavarès, Paris : 27 mars 2007 au 28 mars 2007

La jeune Portugaise d’origine capverdienne Sarah Tavarès s’est fait connaître, encore ado, sur des plateaux télés en interprétant des gospels. Elle vient de sortir Balancé, un premier album déjà sacré disque d’or dans son pays, qui allie mélodies légères et swing enchanté, sans tomber dans la variété.

27-28/3 : Paris, Satellit Café

Marianne Faithfull, Cully : 29 mars 2007

La muse rock’n’roll Marianne Faithfull entonne d’une voix rauque, profonde et émouvante les chansons mélancoliques que lui ont inspirées les vicissitudes d’une vie à cheval entre trash et romantisme.

29/3 : Cully Jazz Festival, Chapiteau

Gianmaria Testa, Cully : 30 mars 2007 au 31 mars 2007

Avec son cinquième album Da Questa Parte Del Mare, le chanteur piémontais Gianmaria Testa offre une réflexion poétique sur le thème des « migrations modernes », un concept aussi nostalgique que puissant, qui s’en ressent tant dans son jeu que dans ses paroles, limpides et généreuses.

30/3 : Cully Jazz Festival, Next Step

Nik Bärtsch, Uri Caine, Malcolm Braff, Cully : 30 mars 2007

Les trois hommes font partie de ce qui se fait de plus intéressant dans le piano jazz d’aujourd’hui. Dans le groupe Ronin, le Suisse Nik Bärtsch fait sonner ses claviers analogiques dans ce qu’il nomme un « funk zen ». Malcolm Braff, célèbre barbu à l’improvisation presque mystique, rend ici hommage à Ligeti, compositeur classique, avec les cordes, percussions et cuivres de l’Ensemble Contretemps. Enfin le grand Uri Caine, qui vient de sortir un magnifique album où il reprend Mozart comme il l’avait fait avec Wagner et Mahler autrefois, viendra dévoiler ses étranges et splendides sonates revisitées.

30/3 : Cully Jazz Festival, Chapiteau

Jonas, Rocé, Oxmo Puccino, Cully : 31 mars 2007

Une soirée totalement dévouée au groove et aux bons mots avec le jeune rappeur genevois Jonas et son Taxi Brousse, qui tisse des liens entre la Suisse et l’Afrique, Rocé, le Français qui monte, avec son hip hop teinté de jazz et de poésie, et Oxmo Puccino & The Jazzbastards, qui présentera son dernier album à tendance cinématographique Lipopette Bar.

31/3 : Cully Jazz Festival, Chapiteau

Piers Faccini, tournée : 22 mars 2007 au 30 mars 2007

Le songwriter londonien Piers Faccini, en pleine ascension, explore les langueurs du blues du delta, s’inspire des mélodies lancinantes du blues africain, et suit les traces de la poésie désabusée de Nick Drake.

22/3 : Toulouse, 23/3 : Nantes, 24/3 : Trebry, 28/3 : Paris, La Cigale, 29/3 : Strasbourg, 30/3 : Amiens

Jacky Terrasson, tournée : 20 mars 2007 au 27 mars 2007

Le prestigieux pianiste de jazz Jacky Terrasson, signé sur le tout aussi prestigieux label Blue Note, est un des seuls Français à avoir séduit l’Amérique, en plus de son propre pays, où il est reconnu comme l’un des plus grands.

20-22 /3 : Schtiligheim, 24/3 : La Riche, 26/3 : Paris, Théâtre de l’Athénée Louis Jouvet, 27/3 : La Riche

Susana Baca, Fribourg : 31 mars 2007

« L’ange noir de la musique afro-péruvienne » va chercher dans les rythmes africains des accents caraïbes, qui font d’elle une presque anthologie du genre. Susana Baca et ses chansons, anciennes et traditionnelles, retracent et annoncent l’histoire de tout un peuple.

31/3 : Fribourg, La Spirale

Taraf de Haïdouks, tournée : 23 mars 2007 au 31 mars 2007

Entre 25 et 78 ans, les douze chanteurs et musiciens originaires de Roumanie sont connus pour être l’étendard d’une formidable exportation de la musique tsigane. Ballades acérées ou danses déchaînées, Taraf de Haïdouks fait la démonstration des superbes effusions balkaniques.

23/3 : Saint Chamond, 24/3 : Lons-Le-Saunier, 27/3 : Grasse, 30/3 : Reims, 31/3 : Beauvais

Elliott Murphy, tournée : 16 mars 2007 au 24 mars 2007

Il sortait son premier album il y a plus de 30 ans. Entré dans le palmarès des légendes du rock’n'roll, au même titre que Lou Reed ou Bob Dylan qui lui sont proches, Elliott Murphy n’est pas en reste, et sort cette année Coming Home Again, dans lequel sa guitare garde ses relents bluesy et mélodieux.

16/3, Paris, New Morning, 24/3 : Beauvais

Mayra Andrade, tournée : 9 mars 2007 au 23 mars 2007

Avec une musique aux consonances proches des tempos brésiliens, le premier album de jeune cap-verdienne Mayra Andrade la hisse d’ors et déjà au rang des plus grandes dames de la chanson du moment.

9/3 : Lyon, 11/3 : Carhaix Plouguer, 17/3 : Paris, La Cigale, 20/3 : Bordeaux, 23/3 : Reze

Terry Callier, Cully : 27 mars 2007

Terry Callier, soulman américain, a été redécouvert dans les années 90, grâce notamment à Gilles Peterson qui le signa sur son label Talkin’Loud. Massive Attack comprit aussi la valeur du monsieur en l’invitant sur son dernier album pour la magnifique chanson « Live With Me ». Sa voix de velours est sans pareille, ses chansons d’une composition d’orfèvre à la douce mélancolie.

27/3: Cully Jazz Festival, Next Step

Terry Callier, tournée : 29 mars 2007 au 31 mars 2007

Terry Callier, soulman américain, a été redécouvert dans les années 90, grâce notamment à Gilles Peterson qui le signa sur son label Talkin’Loud. Massive Attack comprit aussi la valeur du monsieur en l’invitant sur son dernier album pour la magnifique chanson « Live With Me ». Sa voix de velours est sans pareille, ses chansons d’une composition d’orfèvre à la douce mélancolie.

29/3 : Paris, New Morning, 30/3 : Feyzin, 31/3 : Arles

Sophie Hunger, Lausanne : 2 mars 2007

Sophie Hunger est une jeune Zürichoise qui commence à séduire son petit monde, même romand, tant avec ses chansonnettes folk en anglais qu’avec ses petites balades en Switzertütch. Arpèges de guitare, douceur incontestable, elle joue aussi le jeu du mystère en se dévoilant le moins possible…

2/3 : Lausanne, le Bourg

Method Man, Lausanne : 17 mars 2007

Membre du Wu Tan Clan fasciné de BD autant que de gros beats, mi-Pakistanais, mi-Burundais, Method Man touche à tout : cinéma, BO, collaborations prospères (RZA, Mary J.Blige, Redman) ou boulettes commerciales (Busta Rhymes). Le rappeur reste néanmoins l’un des personnages majeurs issu du hip hop des années 90, et continue de donner la ritournelle avec son 4e album solo, 4 :21 : The Day After.

17/3 : Lausanne, Les Docks

Elliott Smith laisse un riche héritage

Le songwriter, décédé le 21 octobre 2003, a laissé derrière lui tout un tas d’héritiers plus ou moins accomplis, tout comme bon nombres de titres qui devraient faire pâlir ces derniers… Le label Domino sort le 7 mai prochain un double album, New Moon, qui comporte 24 chansons enregistrées entre 1995 et 1997, période faste de l’artiste qui travaillait alors à son album éponyme et à Either/Or. Le mixage final de New Moon est l’oeuvre de Larry Crane, détenteur de la musique d’Elliott Smith, et une part des bénéfices ira à une association d’aide aux sans abris de Portland.

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Eleni Mandell, tournée : 14 mars 2007 au 15 mars 2007

Sorti cette année, Miracle Of Five est déjà le 9e album d’Eleni Mandell, Californienne à la voix tendre, aux paroles parfois acides et au folk teinté tantôt de country, tantôt de pop simple, voire de mélodies klezmer. Armée de son inséparable guitare, la belle sait se faire suave, s’immiscer dans les bas-fonds et, gentiment, se faire un nom.

14/3 : Lausanne, Bleu Lézard, 15/3 : Berne, ISC

Gangbé Brass Band, Cully : 24 mars 2007

La formation haute en couleur réunit jazz et tradition béninoise. Gangbé Brass Band diffuse une énergie hors du commun, au son de ses cuivres, et rend, notamment, hommage à Fela Kuti dans la reprise « Remember Fela », toute fanfare dehors.

24/3 : Cully Jazz Festival, Chapiteau

Infinite Livez vs Stade : 30 mars 2007

Stade explore le jazz expérimental, l’électronique et le hip hop en compagnie d’invités de marque : Inifinite Livez, Foreign Beggars Crew et Schlomo. Ils tournent leur dernier album Art Brut Fe De Yoot, enregistré sur le coup, sans aucune postproduction, qui laisse la part totale à l’improvisation, sorti chez Big Dada.

30/3: Paris, New Morning

hip hop: Mos Def retrouve Brooklyn

Mos Def

Démoli par les critiques? Le rappeur, en concert dans son quartier d’origine de Brooklyn, est plus cool que jamais.

C’est dans un contexte spécial que Mos Def, acteur hollywoodien en devenir, effectuait le 16 février son retour à Brooklyn, son “borough” d’origine. Des critiques moqueuses ont démoli True Magic, son dernier album (au moins Vibrations et Libé se sont-ils arrêtés sur les qualités de ce disque), soi-disant bâclé. Déjà, les Ricains n’avaient rien compris à l’esthétique plurielle de The New Danger… C’est navrant, car ces mauvaises langues, les mêmes que les audaces d’ Electric Circus de Common avaient exaspéré, on les retrouve aussi sur okayplayer.com, le site des Roots.

Mais le bonhomme qui s’avance, plus cool que jamais, vers le devant de la scène de la Brooklyn Academy Of Music, n’a pas l’air le moins du monde affecté par ces bêtises. Propulsé par un jazz band composé d’ados tous plus affolants les uns que les autres, Mos a seulement à cœur de faire entendre ses voix multiples. Tour à tour crooner (”Umi Says”, quelle merveille…), rocker, freestyler bluffant ou habité d’une douleur de sufferer jamaïquain, il charme, émeut et surprend. Comme lorsqu’il enchaîne “I Put a Spell On You” avec le “Kick In The Door” de Notorious B.I.G, dont le beat de DJ Premier sample précisément le hit de Screamin’ Jay Hawkins.

Mos reprenant Biggie, l’enfant de Bed Stuy, dans une salle blindée de Brooklyn ? Juste renversant. Pour autant, hors de question de céder à la vox populi qui, du balcon, réclame une nouvelle fois la reformation de Black Star, son duo légendaire avec Talib Kweli. A 34 ans, Mos Def regarde droit devant lui. Il n’est pas encore une vieille gloire de la musique.

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Dee Dee Bridgewater’s Malian Project, tournée : 10 mars 2007 au 31 mars 2007

La diva jazz Dee Dee Bridgewater s’est rendue au Mali, a rencontré Cheikh Tidiane Seck, et a monté et enregistré son Malian Project. Une rencontre entre le jazz et la musique mandingue.

10/3: Lyon, 21/3: Albi, 30-31/3: Paris, Bataclan

Dee Dee Bridgewater’s Malian Project, Cully : 26 mars 2007

La célèbre diva jazz Dee Dee Bridgewater s’est rendue au Mali, a rencontré la crème de la scène locale et internationale, et a monté, avec Cheikh Tidiane Seck ou Oumou Sangaré. son Malian Project. Une rencontre entre le jazz et la musique mandingue.

26/3 : Cully Jazz Festival, Chapiteau

Erika Stucky, Cully : 24 mars 2007

La Suissesse transporte le folklore national vers un au-delà encore indéfinissable parce qu’inédit. Erika Stucky travaille la tradition helvète comme d’autres celles américaines ou africaines… Sans oublier encore de saluer la pop mondiale. Sur scène, l’expérimentatrice accompagne son chant à l’accordéon ou aux percussions, entourée encore d’un trombone et d’un tuba.

24/3 : Cully Jazz Festival, Next Step

Jacques Schwarz-Bart, Cully : 24 mars 2007

Le saxophoniste marie rythmes gwoka et jazz, touchant au passage soul et afrobeat. Dangelo, Roy Hargrove, Meshell Ndegeocello ou Erykah Badu appellent Jacques Schwarz-Bart « Brother Jacques » lorsqu’ils le contactent pour une collaboration…

24/3 : Cully Jazz Festival, Chapiteau

Gaïa, Cully : 23 mars 2007

Retour de l’enfant prodige : l’harmoniciste Grégoire Maret, Genevois exilé à New York, revient en terres romandes avec son trio formé lors d’une rencontre de musiciens, autour de Meshell Ndegeocello, aux mêmes envies jazz funky.

23/3 : Cully Jazz Festival, Chapiteau

Stade feat. Infinite Livez & Joy Frempong, Fribourg : 9 mars 2007

Pierre Audétat et Christophe Calpini explorent dans leur projet Stade le jazz expérimental, l’électronique et le hip hop en compagnie d’invités de marque : Inifinite Livez, Foreign Beggars Crew et Schlomo. Soirée vernissage de Art Brut Fe De Yoot, album enregistré sur le coup, sans aucune postproduction, qui laisse la part totale à l’improvisation.

9/3 : Fribourg, Fri-son (vernissage) 10/3: Vevey, Guinguette

Format A’3, Genève : 10 mars 2007

Batterie, boîtes à rythmes, contrebasse, piano et claviers divers, tous passés aux cribles des effets, créent cassures et déséquilibres tout en gardant un grand sens de la composition. Format A’3 présente joue son nouveau disque, Pirate, une petite merveille à relents rock’n’roll.

10/3 : Genève, AMR