Le fameux documentaire sur Bob Dylan, Don’t Look Back, tourné par D.A. Pennebaker, révèle ses perles. Une nouvelle version version, Bob Dylan: Dont Look Back 1965 Tour Deluxe Edition (sans précision encore quant à sa sortie), augmentée de rushes, prolonge le portrait de l’artiste fulgurant. En plus de nouveaux commentaires du réalisateur et du tour manager Bob Neuwirth, en plus du livret, le film livre des performances extensives de classiques tels que “Don’t Think Twice” et “It’s All Over Now, Baby Blue”. Un des moments les plus mémorables de ces bonus consisterait aussi en une discussion, avant un concert au Royal Albert Hall de Londres, concernant la venue des Beatles. Qu’on ne voit jamais. Pourquoi? Le réalisateur répond que “les Beatles ne sont que les Beatles. Je voulais que le film tourne autour de Dylan”.
avril, 2010
Dans l’oeil du cyclone de la hype, le petit père du folk transgressif: le réalisateur Todd Haynes est en pleine post-production d’un film expérimental, I’m Not There, qui voit Richard Gere, Christian Bale, Heath Ledger et Cate Blanchett incarner Bob Dylan. Mais c’est pas tout. La BO du film promet autant de vertiges. Stephen Malkmus, le meneur de Pavement, reprend “Maggie’s Farm” et l’inénarrable “Ballad Of A Thin Man”, avec dans son groupe Tony Garnier, membre du backing band de Dylan, et Lee Ranaldo de Sonic Youth en producteur. Calexico reprend, en plus de deux autres titres, “Senor (Tales Of Yankee Power)”, avec pour complice Willie Nelson et le guitariste flamenco Salvador Duran. Les rumeurs voulaient que Jack White des White Stripes participe aussi à la BO. Il n’en est rien. D’autres rumeurs impliquent PJ Harvey, Aimee Mann et Michael Stipe. Mais rien de confirmé pour le moment.
La sortie du nouvel album de Meshell Ndegeocello, The World Has Made Me The Man Of My Dream (voir ici l’avant-première), a été repoussé “jusqu’à nouvel ordre”, précise sa maison de disque Universal Music Jazz France. Prévu début avril, précédé du EP 5 titres The Article 3, l’album terminé semble prendre du retard à cause de problèmes liés à la direction artistique.

Un journaliste de Vibrations interviewe la diva british. Ou quand les plaisirs de la rencontre se transforment en autre chose.
Mon rédacteur en chef m’avait prévenu.
– Fais gaffe, elle a pas l’air facile.
– T’inquiètes, j’en ai vu d’autre.
C’était une mission délicate, un papier à rendre dans la foulée, une couve en plus. Bref, un travail sans filet. Aucun droit à l’erreur. En plus, je me faisais une joie de cet aller-retour express pour Dublin où le grand barnum promotionnel d’Amy Winehouse faisait escale, le temps pour celle qui affole le Royaume-Uni en ce début d’année 2007 de rafler une ou deux récompenses lors de l’équivalent local des victoires de la musique. Naïvement, j’espérais mettre en boîte mon interview et faire un peu de tourisme en prime. Pas de chance, l’hôtel est situé au milieu de nul part dans une banlieue morte et sans grande intérêt.
Pas grave me dis-je, tu tombes l’interview, vite fait bien fait, puis tu sautes dans le premier tacot et tu files dare-dare faire un tour en ville. Mais à l’heure dite, personne. Explications plus ou moins embarrassées de l’attachée de presse.
– On aura une heure de retard.
– Elle fait la balance.
– Elle est sur la route, elle arrive.
– Elle sera là dans 5 minutes.
Le manager d’Amy Winehouse, un grand Black format armoire à glace, nous donne enfin le fin mot de l’affaire.
– Amy est dans sa chambre. Elle dort.
Comme ça on est fixé. En attendant que miss Winehouse daigne se lever, on boit le thé en dégustant des petits gâteaux et en faisant assaut d’amabilités. Sur le coup des 16h, soit 2h30 après l’horaire prévu, mon interlocuteur s’agite enfin.
– Amy est réveillée. Elle doit faire une séance photo en ville avant qu’il ne fasse noir.
– Et mon interview dans tout ça ?
– Justement, si tu veux avoir une chance de la faire, suis le mouvement.
Dans le bus qui nous mène en ville, son tour manager me presse de commencer, mais moi, j’espère encore pouvoir décrocher au moins une demi-heure au calme. Quel con ! Enfin, nous voilà arrivé à destination. Il ne se passe pas deux minutes sans qu’un passant n’arrête Amy Winehouse pour lui demander un autographe ou se faire prendre en photo avec elle. Garçons, filles, jeunes, moins jeunes, lookés, pas lookés, il y en a pour tous les goûts. Elle se prête de bonne grâce à l’exercice, puis tout d’un coup, décide que ce petit jeu a assez duré. La fin de la récréation a sonné. Tout le monde en voiture, retour à l’hôtel. Les suppliques du photographe de Q n’y feront rien. En guise d’interview, j’ai finalement droit à 15 minutes à l’arrière d’un bus, avec une partenaire que visiblement l’exercice ennuie au plus au point. Les présentations sont expédiées en moins d’une minute.
– Je suis une chanteuse de jazz, originaire de Londres, j’ai 23 ans. J’ai sorti un premier disque en 2003, Frank. Mon second vient tout juste de sortir. Il s’appelle Back To Black.
Le débit est rapide, nerveux, haché. C’est un florilège de réponses lapidaires :
– Oui.
– Non.
– Peut-être ?
– Je ne sais pas.
De retour à l’hôtel, j’essaie de reposer les questions auxquelles je n’ai pas eu de réponses satisfaisantes.
– Je t’ai déjà répondu tout à l’heure.
– Oui, mais c’était un peu bref.
– De toute façon, on s’en fout.
Une personne de son entourage vient lui glisser un truc à l’oreille. Elle le retient par le bras et lui dit:
– Ne me laisse pas toute seule!
C’est le coup de grâce. J’abandonne la partie. Merci pour le thé et les petits gâteaux. C’est bien simple, j’ai beau fouiller dans ma mémoire, je n’ai pas souvenirs d’être rentré aussi bredouille.
La suite ? A découvrir ce mois-ci dans Vibrations.
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Des images embarassantes: Amy Winehouse chante “Beat It” en état d’ébriété avancé:
REFERENCES
- Amy Winehouse, Back To Black (AZ/Universal)
- Amy Winehouse, Frank (Island)
SITES
Le déjà bien jeune bénéficiaire d’un best of (Go: The Very Best Of Moby) ne s’arrête pas là dans l’exploitation de ses propres ressources: un album de remixes, Go: Remixed, sort ces jours sur Mute. Le disque comprend les travaux de Vitalic, Trentemoeller, Mylo, Ferry Corsten et Moby en personne. Les versions CD et download divergeront quelque peu: la première contient une nouvelle version du thème de James Bond par CJ Bolland, et la deuxième des musiques de Bob Sinclair et de The Manhattan Clique.
Le quintet annonce la venue de son deuxième album, à paraître le 22 mai sur Beggars Banquet. Boxer, écrit à Brooklyn en 13 mois, comprend l’intervention de Peter Katis (Interpol, Spoon) à la production et au mixage, et de Fred Kevorkian (Ryan Adams, Regina Spektor, Willie Nelson) au mastering. The National devrait faire quelques apparitions dans les festivals estivaux européens.
Venu du hip hop, le jeune bidouilleur californien est hébergé par le label Ninja Tune: tout un programme, agrémenté par liste de ses collaborations (MF Doom, Prefuse 73, Mike Ladd, Busdriver…). Eclats de jazz sur lit de rythmiques concassées prennent toute leur envergure en live.
1/3: Martigny, Caves du Manoir 2/3: Berne, Reitschule
La fameuse maison de disques anglaise se diversifie, et va produire des documentaires sur la musique. Tous les types de diffusion sont envisagés, de la sortie en salle à la diffusion télévisée, en passant par la vente de DVD. Dirigé par Rosa Bosch (Amores Perros, Lost In La Mancha, Calle 54, Elephant, American Splendor…), la filiale “films”, même si rien de concret n’est encore annoncé, promet de bien belles choses, si l’on en juge par les artistes révélés par World Circuit: Buena Vista Social Club, Ali Farka Touré, Ibrahim Ferrer, Ruben Gonzalez, Orchestra Baobab, Toumani Diabaté, Oumou Sangare, Cheikh Lo…
Portishead, silencieux depuis la sortie de Live: Roseland NYC en 1998, sort discrètement du bois. Le trio a joué deux nouveaux morceaux lors d’un concert secret le 26 février lors d’une soirée où Geoff Barrow, l’un des trois membres du groupe, était DJ. “Merci pour ceux qui sont venus, et désolé de ne pas avoir averti les autres, écrit Barrow sur son blog. Il ajoute en post scriptum: “Les deux morceaux en question n’ont même pas de nom”.
Sueur des cuivres, trépignement des percussions: la Fanfare Ciocarlia importe de son village originaire de Zece Prajini, près de la frontière moldave en Roumanie, les fièvres gitanes qui font trembler depuis l’Europe entière à force de virtuosité. Le Kalachnikov Guca Festival invite encore O’Djila, Tzi Slav Orkestar, Hervé Pouliquen Quartet, La Caravane Passe et Valentina Casula Trio.
23-25/3: Paris, La Bellevilloise
Le nouvel album du trompettiste et compositeur Wynton Marsalis, From The Plantation To The Penitentiary sortira le 12 mars sur Blue Note. Sur ces sept nouvelles compositions, Marsalis scrute les fissures de la société américaine. La jeune chanteuse (21 ans) Jennifer Stanton est présente sur quatre titres, et Marsalis lui-même se met au spoken-word sur “Where Y’All At”, un titre où il exige de savoir ce qui est arrivé aux leaders responsables américains.
Vous êtes passés à côté de l’album Radiodread, relectures parfois improbables du songbook de Radiohead? Vous pouvez peut-être également passer votre chemin lorsque vous croiserez Johnny Greenwood is The Controller, un album où le guitariste du groupe compile ses morceaux favoris (Lee Perry, Joe Gibbs, Delroy Wilson, The Heptones…) L’auteur avoue s’être immergé depuis seulement six mois dans le genre pour réaliser cette commande du label Trojan…

Malgré une voix cassée, le Canadien refait, sur la scène de l’Olympia, l’intégralité du live à Carnegie Hall de Judy Garland.
Avril 1961. Février 2007. Plus de 45 ans séparent le concert de Judy Garland à Carnegie Hall de celui de Rufus Wainwright à l’Olympia. Le songwriter canadien s’est lancé dans un pari risqué: refaire l’intégralité du mythique concert de son idole avec grand orchestre (36 musiciens!) et track listing complet (30 titres!).
C’est dans un costard léopard qu’il débarque pour son périple plus qu’osé où se caramboleront des chefs d’œuvres signés Gershwin, Rodgers & Hart, Arlen et Berlin. Wainwright a toujours plus ou moins gorgé son œuvre de ce Broadway multicolore, temple bicéphale du bonheur et de la tragédie. Mais comme le garçon est doué, son entreprise n’est évidemment pas un travail de copiste, ne cherchant jamais à imiter son idole. Juste à mettre en valeur ce répertoire peu aisé, montagne russe stylistique et formelle. L’aura tragique de Garland est alors l’écrin rêvé pour l’organe de Wainwright malheureusement embrumé par une crève carabinée.
Alors que l’impeccable orchestre XL joue la carte de la reproduction à l’identique, Wainwright sait qu’il ne peut (et ne veut) pas lutter face à Garland. Il préfère déstabiliser le genre par ses inimitables inflexions, entre lancinance, désarroi et ironie… Et dans les pièces à la dramaturgie plus exacerbée, il est impérial, restant avant tout lui même. Là, il s’approprie ces standards (”The Man That Got Away”), ne cachant guère ses limites vocales d’un soir sur “Almost Like Being In Love”… L’autodérision n’est jamais loin et, entre deux quintes de toux, il arrive même à sublimer “I Can’t Give You Anything But Love”. Sa sœur Martha offrira un “Stormy Weather” cinq étoiles avant que Lorna Luft, la fille de Garland, se lance en duo avec Rufus dans un “After You’ve Gone” de velours. Un velours parfois râpé, parfois étincelant, comme le fut cette unique soirée de music-hall décalé carrément enivrante.
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PHOTO: ESTELLE KROMAH
Le deuxième album du chanteur soul de Philadelphie devrait enfin sortir cette année. Il en parle en exclusivité pour vibrationsmusic.com
Sa-ra Creative Creative Partners, James Poyser, Questlove. Ils ont tous répondu présent pour apparaître sur le deuxième album du chanteur de Philadelphie Bilal Sayeed Oliver. Il y a neuf mois, le disque s’est retrouvé disponible sur Internet illégalement. Son auteur a alors décidé de repousser sa sortie à une date ultérieure, modifiant une partie du tracklisting. « J’ai tellement de morceaux en réserve que ça ne me pose pas de problème: j’ai l’embarras du choix », nous dit le chanteur de sa voix douce, à peine perceptible.
Bilal décrit ce nouvel album dont la date de sortie n’est toujours pas fixée, comme « un mélange organique de sons bruts et d’électronique. » La session principale a eu lieu en Californie, dans le studio des protégés de Kanye West, les talentueux Sa-Ra Creative Partners. « On a laissé tourner les bandes pendant une semaine. On a dû enregistrer une bonne trentaine de titres. Ensuite on a tout redécoupé. On a utilisé pro-tools comme des malades» Quatre titres sont déjà en écoute sur son MySpace, dont une version du « High And Dry » de Radiohead. « Je les adore, c’est mon groupe de rock préféré avec Led Zeppelin. »
Bilal, né à Philadalephie il y a 25 ans, a suivi une éducation musicale classique. Découvert sur une cassette par Fa M’Tume, le fils du célèbre percussionniste M’Tume, celui-ci l’emmène à New York en 1998 où il participe aux jam-sessions organisées par The Roots dans des lofts de Manhattan. Il est enrôlé en 2002 dans le projet Jazzmatazz du rapper Guru et sort l’année suivante son premier album, “1st Born Second”, qui secoue le monde un peu ronronnant de la nu-soul. « Le seul défaut de ce disque est qu’il était surproduit, mais les chansons étaient bonnes » dit-il aujourd’hui. Défaut de jeunesse qu’il a rectifié sur le nouvel album. « Au niveau du chant, je m’aventure dans des endroits où les chanteurs ont peur d’aller, par confort. Je prends des risques, j’expérimente.» Espérons que l’on n’ait pas encore une autre année à attendre pour écouter le résultat de ces expérimentations.

Dans un club de Brooklyn, hommage en grandes pompes au prince de la nu-soul et du hip hop d’avant-garde. Donuts are forever!
Un an après sa mort prématurée, on célèbre partout l’héritage de James Yancey, aka Jay Dee et J Dilla. Le prince de la nu-soul et du hip hop d’avant-garde, révéré par ses pairs et des milliers de fans qui rivalisent d’adoration sur le Net, a été l’objet d’une soirée mémorable à Brooklyn, le 10 février. Les choses étaient pourtant mal engagées.
Le choix du Galapagos, club rock du quartier branché de Williamsburg, n’annonçait rien de bon. Un public composé de jeunes gens bien comme il faut. Une promo sur la bière locale pour que tout le monde soit bourré en un temps record. Un son mal réglé au début. Et bien non, grâce à des DJ en forme, grâce à un Pharoahe Monch gonflé à bloc et parce que les organisateurs ont su redoubler d’idées, cette soirée fut un régal.
Sur scène, à côté des platines, un peintre compose un portrait de Dilla. Des serveuses distribuent des donuts, clin d’œil à l’album éponyme du maître. Un diaporama montre des fans un carton à la main, sur lequel est écrit un petit mot en référence à l’artiste. Du genre « The J in J Dilla is for Jesus Christ ».
L’arrivée de DJ Scratch des Roots, d’Elzhi de Slum Village, et de leur entourage dûment parfumé à l’herbe, donne ensuite le ton. Tous les chefs-d’œuvre de Dilla, représentatifs de toutes ses périodes, sont joués sobrement par des DJ hypnotisés eux-mêmes par ce style musical si entêtant. Monch n’omet pas de rappeler que, micro en main, Dilla était aussi un client. Il dit cela sous les vivats alors que passe “Fall In Love” de Slum Village. Grosse émotion.
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REFERENCE
- J Dilla, Ruff Draft (Stone Throw) 20 mars
PODCASTS
DJ Statik et le collectif Ill-vibe proposent, sur le site du label ropeadope, deux tributes à Dilla:
VIDEO
Hommages au génie: Questlove, Common, Bilal, Phat Kat, Dwele, House Shoes, Karriem Riggins, et la mère de Dilla. -En anglais-
THURSTON MOORE ET JEAN-MARC MONTERA
“La musique improvisée plombe la chaîne et n’a pas de public”. la direction de France Musique a décidé de supprimer ces musiques de sa grille. Réaction du musicien et directeur du GRIM Jean-Marc Montera
- Pourquoi à votre avis l’émission A L’improviste a t-elle été retirée des ondes de France Musique?
- Cette émission existe depuis 2000. Elle unique et atypique dans le paysage radiophonique français. Les musiques qu’Anne Montaron diffuse sont des concerts enregistrés en présence d’un public par des musiciens qu’elle choisit et invite au studio 106 de la Maison de la radio. C’est un vrai concept radiophonique et une réelle pensée sur ces musiques dans leur diversité, et je crois que c’est ça qui dérange. La raison invoquée par la direction de France Musique est que cette émission n’a pas d’auditeur et “plombe la chaine”. C’est un acte de censure qui laisse présager les pires exactions dans un futur proche. Cette censure est l’expression arrogante du pouvoir et croire que cela ne concerne que ceux qui écoutent et pratiquent la musique improvisée serait une erreur grossière. La loterie aurait très bien pu tomber sur la musique contemporaine, les musiques électroniques, la musique baroque ou toute autre qui n’entrerait pas dans le schéma idéologique du prince du moment.
- N’y aurait-il pas un effort à faire pour rendre ces émissions plus vivantes et attractives?
- Peut -être. Mais ces émissions sont programmées en bout de grille à des heures où seuls les insomniaques chroniques ont une chance de les écouter. Les amateurs savent où et à quelle heure sont les rendez-vous. Par contre il y a très peu de chance de conquérir de nouveaux publics car les créneaux horaires ne sont guère favorables. Je ne sais pas si il y a une solution. En tout cas elle ne réside pas dans la suppression des rares émissions qui existent encore.
- Que comptez-vous faire pour réagir contre cette censure?
- Probablement qu’une pétition va circuler. Il est fondamental que l’ensemble de la profession soit informé de cette décision inique. Et que la presse, pas seulement spécialisée, réagisse.
- Vous dirigez le GRIM (Group de recherche et d’improvisation musicale) à Marseille. Quel genre de public se rend à vos manifestations?
- Le Grim existe depuis 1978. Le nomadisme des premières vingt années nous a permis de constituer un public de fidèles qui suivaient les manifestations là où elles avaient lieu. Aujourd’hui un nouveau public à rejoint celui des premières heures. La population qui s’est fidélisée au lieu est assez variée tant pour la classe d’âge que pour les catégories socio-professionnelles. Sur une capacité d’accueil de 150 places, il y a une moyenne d’une centaine de personnes par concerts dont l’âge varie entre 20 et 35 ans.
- La France n’est-elle pas en retard sur d’autres pays quant à la vision qu’elle a de ces musiques?
- Cela peut paraître paradoxal mais je n’ai pas l’impression que la France soit particulièrement en retard. Les pouvoirs publics aident et soutiennent des structures comme le GRIM et des festivals tels que Musique Action, Mulhouse, Le Mans. C’est un peu le paradoxe français que de défendre quelque chose sans aller au bout de l’idée. D’un côté on affiche un intérêt intellectuel pour une forme, et de l’autre ne lui donne pas totalement les moyens de se développer. Comme en lui supprimant la possibilité d’une diffusion radio.
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Les deux ex-Anti-Pop Consortium ne veulent pas entendre parler d’électro. Pas de ça dans leur hip hop expérimental.
Il rit, le grand M Sayyid. “Electro ? C’est pas notre truc, nous on fait du Anti-Pop Consortium ! En aucune façon. Nous ne sommes liés, ni de près ni de loin, à quoi que ce soit qui s’appelle, et j’insiste, de l’électro. C’est nous qui avons tout inventé.” Même caché derrière sa fatigue, même masqué par la pose flegmatique du vieux sage, le comparse High Priest laisse échapper un gloussement de fillette chatouillée.
Airborn Audio, c’est les deux New-Yorkais, MC et producteurs hip hop, donc, piqués au vif. Que leur pratique du beat soit fondée quasi exclusivement sur des sonorités ostensiblement synthétiques, que leurs rythmiques poussent loin les tactiques des grooves dancefloor ne s’explique donc pas par la contagion d’une musique sur une autre, par la digestion d’une scène par une autre. La génération qui se veut spontanée naît dans les 90’s avec Anti-Pop Consortium, et grandit en 2004 avec la sortie du premier album du duo abandonné par Beans, Good Fortune. Une épiphanie qui aura ouvert la voie au grime anglais et aux biais des labels Big Dada ou Anticon.
High Priest explique : “Je ne veux pas me faire des films à propos du passé, mais autour de 1999, il y avait des choses “normales”, et des choses “à venir”. Nous on a toujours été du côté “à venir”". Curieux gonflement auto-consécratoire de la part d’un artiste qui sort ces jours un album solo, Born Identity, revenu au sampling d’instruments, à des atmosphères denses et planantes niant l’étrange groove flamboyant des conquêtes passées. Que vaudra le projet Electric Arms de M Sayyid? Il y travaille actuellement.
Sur la scène du Romandie de Lausanne, le 20 février dernier, la paire de franc-tireurs jouait du sampler. Les flows de deux MC étaient impeccables. Les musiques souvent extraordinaires (les rythmes tapés sur les pads des MPC en direct, les boucles qui se construisent). Mais la radicalité frondeuse des débuts a fait place à un laboratoire plus scientifique. La recherche vaut ici pour elle-même. Elle ne vise plus obstinément l’avant-garde. Plus de fuite en avant.
Retour en arrière du duo? Pas pour autant. Leurs envies ponctuelles –étonnantes au vu de leurs prises de position antérieures– de boucles instrumentales n’expliquent pas tout. Non: les pionniers sont simplement rattrapés par les suiveurs. Rattrapés par les années qui séparent l’avant-garde de sa digestion par les auditeurs. Reste qu’Airborn Audio a l’assurance des inventeurs, des originaux, des sans concession. La classe de ceux qui se croient seuls au monde. De ceux qui ne mettent certainement pas d’électro dans leur hip hop électro. “Ces trucs de club music, je les sens pas trop…” M Sayyid ne finit pas une phrase. En commence vingt. “Mais j’aime bien Daft Punk… C’est nouveau pour moi…”
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REFERENCES
- High Priest, Born Identity (Sound-Ink)
- Airborn Audio, Good Fortune (Ninja Tune)
- (M Sayyid, Twilight Zone Mix-tape)

La caravane décalée de Damon Albarn était sous le chapiteau parisien du Cabaret Sauvage. Une kermesse décalée qui attise la gourmandise.
Sous le chapiteau du Cabaret Sauvage, Damon Albarn vient promener son jouet du moment. Telle une coproduction italo-américano-franco-albanaise des 60’s, ce groupe avance en bombant le torse avec son casting royal passablement iconoclaste. Derrière l’ex-taulier de Blur, cerveau de Gorillaz, c’est la classieuse artillerie des ex: Paul Simonon (Clash), Tony Allen (Fela) et Simon Tong (Verve). Epaulé par des cordes raffinée et quelques claviers mélancoliques, l’improbable gang déroule sa B.O. de Morricone un peu reggae, un peu 80’s, un peu pop (au sens kinksien) avec cette sensation douce-amère d’errer dans un Londres onirique.
Sous son haut-de-forme volé au lapin d’Alice de Lewis Caroll, Albarn dirige avec une fausse nonchalance ces climats plus chaleureux sur scène qu’en studio. L’effet Simonon aide évidemment à booster le mythe. Polo, poseur comme jamais, est tout de même le seul à pouvoir débarquer sur scène un chapeau sur le crâne, un bandana dépassant de la poche, le col de veste relevé et la basse au niveau des mollets sans être ridicule. Mieux, il est la classe ultime! Et ses lignes de basses, homéopathiquement dispatchées, renforcent les mélodies barges concoctées par Albarn. Le public les déguste. Et même lorsqu’Eslam Jawaad (myspace) déboule, il s’agite à l’unisson pour accompagner le flow du roi du rap foosha. Derrière, Allen est un sphinx qui fait semblant de s’emmerder, déposant les micro-touches rythmiques, justes et nécessaires, d’un patchwork musical étourdissant.
Visualiser dans leur ensemble The Good The Bad & The Queen, c’est donner une véritable âme à ce projet culoté, éloigné des canons des charts. Cette kermesse de saveurs ne durant que le temps d’un album, on est juste frustré que la fiesta ne s’éternise pas, gourmand d’une phrase supplémentaire de mélodica ou de basse à peine dub.
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La jeune Portugaise d’origine capverdienne Sarah Tavarès s’est fait connaître, encore ado, sur des plateaux télés en interprétant des gospels. Elle vient de sortir Balancé, un premier album déjà sacré disque d’or dans son pays, qui allie mélodies légères et swing enchanté, sans tomber dans la variété.
27-28/3 : Paris, Satellit Café
La muse rock’n’roll Marianne Faithfull entonne d’une voix rauque, profonde et émouvante les chansons mélancoliques que lui ont inspirées les vicissitudes d’une vie à cheval entre trash et romantisme.
29/3 : Cully Jazz Festival, Chapiteau
Avec son cinquième album Da Questa Parte Del Mare, le chanteur piémontais Gianmaria Testa offre une réflexion poétique sur le thème des « migrations modernes », un concept aussi nostalgique que puissant, qui s’en ressent tant dans son jeu que dans ses paroles, limpides et généreuses.
30/3 : Cully Jazz Festival, Next Step
Les trois hommes font partie de ce qui se fait de plus intéressant dans le piano jazz d’aujourd’hui. Dans le groupe Ronin, le Suisse Nik Bärtsch fait sonner ses claviers analogiques dans ce qu’il nomme un « funk zen ». Malcolm Braff, célèbre barbu à l’improvisation presque mystique, rend ici hommage à Ligeti, compositeur classique, avec les cordes, percussions et cuivres de l’Ensemble Contretemps. Enfin le grand Uri Caine, qui vient de sortir un magnifique album où il reprend Mozart comme il l’avait fait avec Wagner et Mahler autrefois, viendra dévoiler ses étranges et splendides sonates revisitées.
30/3 : Cully Jazz Festival, Chapiteau
Une soirée totalement dévouée au groove et aux bons mots avec le jeune rappeur genevois Jonas et son Taxi Brousse, qui tisse des liens entre la Suisse et l’Afrique, Rocé, le Français qui monte, avec son hip hop teinté de jazz et de poésie, et Oxmo Puccino & The Jazzbastards, qui présentera son dernier album à tendance cinématographique Lipopette Bar.
31/3 : Cully Jazz Festival, Chapiteau
Le songwriter londonien Piers Faccini, en pleine ascension, explore les langueurs du blues du delta, s’inspire des mélodies lancinantes du blues africain, et suit les traces de la poésie désabusée de Nick Drake.
22/3 : Toulouse, 23/3 : Nantes, 24/3 : Trebry, 28/3 : Paris, La Cigale, 29/3 : Strasbourg, 30/3 : Amiens
Le prestigieux pianiste de jazz Jacky Terrasson, signé sur le tout aussi prestigieux label Blue Note, est un des seuls Français à avoir séduit l’Amérique, en plus de son propre pays, où il est reconnu comme l’un des plus grands.
20-22 /3 : Schtiligheim, 24/3 : La Riche, 26/3 : Paris, Théâtre de l’Athénée Louis Jouvet, 27/3 : La Riche
« L’ange noir de la musique afro-péruvienne » va chercher dans les rythmes africains des accents caraïbes, qui font d’elle une presque anthologie du genre. Susana Baca et ses chansons, anciennes et traditionnelles, retracent et annoncent l’histoire de tout un peuple.
31/3 : Fribourg, La Spirale
Entre 25 et 78 ans, les douze chanteurs et musiciens originaires de Roumanie sont connus pour être l’étendard d’une formidable exportation de la musique tsigane. Ballades acérées ou danses déchaînées, Taraf de Haïdouks fait la démonstration des superbes effusions balkaniques.
23/3 : Saint Chamond, 24/3 : Lons-Le-Saunier, 27/3 : Grasse, 30/3 : Reims, 31/3 : Beauvais
Il sortait son premier album il y a plus de 30 ans. Entré dans le palmarès des légendes du rock’n'roll, au même titre que Lou Reed ou Bob Dylan qui lui sont proches, Elliott Murphy n’est pas en reste, et sort cette année Coming Home Again, dans lequel sa guitare garde ses relents bluesy et mélodieux.
16/3, Paris, New Morning, 24/3 : Beauvais
Avec une musique aux consonances proches des tempos brésiliens, le premier album de jeune cap-verdienne Mayra Andrade la hisse d’ors et déjà au rang des plus grandes dames de la chanson du moment.
9/3 : Lyon, 11/3 : Carhaix Plouguer, 17/3 : Paris, La Cigale, 20/3 : Bordeaux, 23/3 : Reze
Terry Callier, soulman américain, a été redécouvert dans les années 90, grâce notamment à Gilles Peterson qui le signa sur son label Talkin’Loud. Massive Attack comprit aussi la valeur du monsieur en l’invitant sur son dernier album pour la magnifique chanson « Live With Me ». Sa voix de velours est sans pareille, ses chansons d’une composition d’orfèvre à la douce mélancolie.
27/3: Cully Jazz Festival, Next Step
Terry Callier, soulman américain, a été redécouvert dans les années 90, grâce notamment à Gilles Peterson qui le signa sur son label Talkin’Loud. Massive Attack comprit aussi la valeur du monsieur en l’invitant sur son dernier album pour la magnifique chanson « Live With Me ». Sa voix de velours est sans pareille, ses chansons d’une composition d’orfèvre à la douce mélancolie.
29/3 : Paris, New Morning, 30/3 : Feyzin, 31/3 : Arles
Sophie Hunger est une jeune Zürichoise qui commence à séduire son petit monde, même romand, tant avec ses chansonnettes folk en anglais qu’avec ses petites balades en Switzertütch. Arpèges de guitare, douceur incontestable, elle joue aussi le jeu du mystère en se dévoilant le moins possible…
2/3 : Lausanne, le Bourg
Membre du Wu Tan Clan fasciné de BD autant que de gros beats, mi-Pakistanais, mi-Burundais, Method Man touche à tout : cinéma, BO, collaborations prospères (RZA, Mary J.Blige, Redman) ou boulettes commerciales (Busta Rhymes). Le rappeur reste néanmoins l’un des personnages majeurs issu du hip hop des années 90, et continue de donner la ritournelle avec son 4e album solo, 4 :21 : The Day After.
17/3 : Lausanne, Les Docks
Le songwriter, décédé le 21 octobre 2003, a laissé derrière lui tout un tas d’héritiers plus ou moins accomplis, tout comme bon nombres de titres qui devraient faire pâlir ces derniers… Le label Domino sort le 7 mai prochain un double album, New Moon, qui comporte 24 chansons enregistrées entre 1995 et 1997, période faste de l’artiste qui travaillait alors à son album éponyme et à Either/Or. Le mixage final de New Moon est l’oeuvre de Larry Crane, détenteur de la musique d’Elliott Smith, et une part des bénéfices ira à une association d’aide aux sans abris de Portland.
Sorti cette année, Miracle Of Five est déjà le 9e album d’Eleni Mandell, Californienne à la voix tendre, aux paroles parfois acides et au folk teinté tantôt de country, tantôt de pop simple, voire de mélodies klezmer. Armée de son inséparable guitare, la belle sait se faire suave, s’immiscer dans les bas-fonds et, gentiment, se faire un nom.
14/3 : Lausanne, Bleu Lézard, 15/3 : Berne, ISC
La formation haute en couleur réunit jazz et tradition béninoise. Gangbé Brass Band diffuse une énergie hors du commun, au son de ses cuivres, et rend, notamment, hommage à Fela Kuti dans la reprise « Remember Fela », toute fanfare dehors.
24/3 : Cully Jazz Festival, Chapiteau
Stade explore le jazz expérimental, l’électronique et le hip hop en compagnie d’invités de marque : Inifinite Livez, Foreign Beggars Crew et Schlomo. Ils tournent leur dernier album Art Brut Fe De Yoot, enregistré sur le coup, sans aucune postproduction, qui laisse la part totale à l’improvisation, sorti chez Big Dada.
30/3: Paris, New Morning

Démoli par les critiques? Le rappeur, en concert dans son quartier d’origine de Brooklyn, est plus cool que jamais.
C’est dans un contexte spécial que Mos Def, acteur hollywoodien en devenir, effectuait le 16 février son retour à Brooklyn, son “borough” d’origine. Des critiques moqueuses ont démoli True Magic, son dernier album (au moins Vibrations et Libé se sont-ils arrêtés sur les qualités de ce disque), soi-disant bâclé. Déjà, les Ricains n’avaient rien compris à l’esthétique plurielle de The New Danger… C’est navrant, car ces mauvaises langues, les mêmes que les audaces d’ Electric Circus de Common avaient exaspéré, on les retrouve aussi sur okayplayer.com, le site des Roots.
Mais le bonhomme qui s’avance, plus cool que jamais, vers le devant de la scène de la Brooklyn Academy Of Music, n’a pas l’air le moins du monde affecté par ces bêtises. Propulsé par un jazz band composé d’ados tous plus affolants les uns que les autres, Mos a seulement à cœur de faire entendre ses voix multiples. Tour à tour crooner (”Umi Says”, quelle merveille…), rocker, freestyler bluffant ou habité d’une douleur de sufferer jamaïquain, il charme, émeut et surprend. Comme lorsqu’il enchaîne “I Put a Spell On You” avec le “Kick In The Door” de Notorious B.I.G, dont le beat de DJ Premier sample précisément le hit de Screamin’ Jay Hawkins.
Mos reprenant Biggie, l’enfant de Bed Stuy, dans une salle blindée de Brooklyn ? Juste renversant. Pour autant, hors de question de céder à la vox populi qui, du balcon, réclame une nouvelle fois la reformation de Black Star, son duo légendaire avec Talib Kweli. A 34 ans, Mos Def regarde droit devant lui. Il n’est pas encore une vieille gloire de la musique.
Dee Dee Bridgewater’s Malian Project, tournée : 10 mars 2007 au 31 mars 2007
Agenda et France | 20 février 2007La diva jazz Dee Dee Bridgewater s’est rendue au Mali, a rencontré Cheikh Tidiane Seck, et a monté et enregistré son Malian Project. Une rencontre entre le jazz et la musique mandingue.
10/3: Lyon, 21/3: Albi, 30-31/3: Paris, Bataclan
La célèbre diva jazz Dee Dee Bridgewater s’est rendue au Mali, a rencontré la crème de la scène locale et internationale, et a monté, avec Cheikh Tidiane Seck ou Oumou Sangaré. son Malian Project. Une rencontre entre le jazz et la musique mandingue.
26/3 : Cully Jazz Festival, Chapiteau
La Suissesse transporte le folklore national vers un au-delà encore indéfinissable parce qu’inédit. Erika Stucky travaille la tradition helvète comme d’autres celles américaines ou africaines… Sans oublier encore de saluer la pop mondiale. Sur scène, l’expérimentatrice accompagne son chant à l’accordéon ou aux percussions, entourée encore d’un trombone et d’un tuba.
24/3 : Cully Jazz Festival, Next Step
Le saxophoniste marie rythmes gwoka et jazz, touchant au passage soul et afrobeat. Dangelo, Roy Hargrove, Meshell Ndegeocello ou Erykah Badu appellent Jacques Schwarz-Bart « Brother Jacques » lorsqu’ils le contactent pour une collaboration…
24/3 : Cully Jazz Festival, Chapiteau
Retour de l’enfant prodige : l’harmoniciste Grégoire Maret, Genevois exilé à New York, revient en terres romandes avec son trio formé lors d’une rencontre de musiciens, autour de Meshell Ndegeocello, aux mêmes envies jazz funky.
23/3 : Cully Jazz Festival, Chapiteau
Stade feat. Infinite Livez & Joy Frempong, Fribourg : 9 mars 2007
Agenda et Suisse | 20 février 2007Pierre Audétat et Christophe Calpini explorent dans leur projet Stade le jazz expérimental, l’électronique et le hip hop en compagnie d’invités de marque : Inifinite Livez, Foreign Beggars Crew et Schlomo. Soirée vernissage de Art Brut Fe De Yoot, album enregistré sur le coup, sans aucune postproduction, qui laisse la part totale à l’improvisation.
9/3 : Fribourg, Fri-son (vernissage) 10/3: Vevey, Guinguette
Batterie, boîtes à rythmes, contrebasse, piano et claviers divers, tous passés aux cribles des effets, créent cassures et déséquilibres tout en gardant un grand sens de la composition. Format A’3 présente joue son nouveau disque, Pirate, une petite merveille à relents rock’n’roll.
10/3 : Genève, AMR
La légende mexicaine sort à 87 ans un nouvel album studio. Les boleros et rancheras qui l’ont faite connaître dans les 50’s sont imprégnés des racines indiennes: l’album produit par Jorge Reyes ne fera pas exception, et prolongera ces métissages qui ont fait le mythe. Cupaima paraît, sur Tropical Music, avec un DVD qui contient une interview extensive de Chavela Vargas, des images de l’enregistrement de ses disques.
Le premier album de la diva consacrée outre-Manche par le jury populaire (ventes faramineuses) et par la Haute Cour (les Grammy’s entre autres) fait paraître, le 19 mars, son premier album, Franck. Paru en 2003, le disque n’était pas passé inaperçu: il avait déjà été nominé aux Brit Awards et au Mercury Music Price, s’était déjà écoulé en grande quantité, et avait conquis un bataillon de fans…
Le guitariste gitan n’a de cesse de se renouveler, restant toujours fidèle au jazz. Et lorsque Biréli Lagrène revisite les standards du maître Django, c’est toujours avec sa patte personnelle, qu’il impose au travers d’improvisations.
25/3 : Cully Jazz Festival, Chapiteau
Le jeune pianiste Colin Vallon peut prétendre au statut d’étendard d’une scène suisse trop peu exposée. Son album, Les Ombres, sorti en 2005 sur Unit Records, fait état de ses talents techniques, ainsi que d’un point de vue artistique déjà très personnel.
28/3 : Grenoble, Jazz Festival
Le jeune pianiste Colin Vallon peut prétendre au statut d’étendard d’une scène locale trop peu exposée. Son album, Les Ombres, sorti en 2005 sur Unit Records, fait état de ses talents techniques, ainsi que d’un point de vue artistique déjà très personnel.
23/3 : Cully Jazz Festival, Chapiteau
Chanteur à l’indolence intelligente, Dominique A divulgue ses chansons au spleen caustique. La première partie de la soirée va au songwriting du Lausannois Fauve, et la simple beauté de ses chansons sophistiquées, qui détournent parfois la bossa nova ou le boléro de Ravel.
22/3 : Lausanne, le Romandie
La paolista réhausse ses tactiques mélodiques pop, empruntées à la bossa nova, de stratégies électroniques. Cibelle a su devenir une figure incontournable de la musique brésilienne populaire contemporaine grâce à sa fine écriture et à sa voix polyvalente.
14/3 : La Chaux-de-Fonds, l’Heure Bleue, 16/3 : Lausanne, les Docks, 18/3 : Berne, PZK
Détentrice de la tradition de son Mali natal, la jeune Rokia Traoré lui rend hommage au gré d’un songwriting intelligemment cosmopolite, porté par le chant de caractère de celle qui n’en manque pas.
14/3 : Arles, 16/3 : Agen, 17/3 : Merignac, 20/3 : Orléans, 21/3 : Angers, 23/3 : Herouvilles-Saint-Clair, 24/3 : Lille
Attention, Marc Ribot est en passe de devenir une légende vivante. Il présente son dernier projet en date, Ceramic Dog. La nouvelle expérience du guitariste new-yorkais est qualifiée de free-punk-funk-expérimental-psychédélique-post électronica.
10/3: Berne, Reitschule
Attention, Marc Ribot est en passe de devenir une légende vivante. Il présente son dernier projet en date, Ceramic Dog. La nouvelle expérience du guitariste new-yorkais est qualifiée de free-punk-funk-expérimental-psychédélique-post électronica.
13/3 : Pantin, 15/3 : Nantes
Entre ses racines capverdiennes et son enfance portugaise, Lura marche sur les traces de Cesaria Evora, et chante la morna, la coladeira. Dans un souffle de modernité et d’urbanité, elle cherche à remettre au goût du jour les traditions de son île.
10/3 : Lyon, 12/3 : Paris, La Cigale, 30/3 : La Rochelle, 31/3 : Marseille
Le calypso traditionnel se mêle au jazz et à la musique classique, et expose ses steel bands (groupe formé de bidons en fer) et ses artistes majeurs dans un « Calypso All Stars », une journée entière à la Villette dédiée à l’improvisation de poésies et petites histoires qui racontent en musique les aventures, souvent drôles, parfois tragiques, des îles.
11/3 : Paris, La Villette
Héros de la guitare flamenca, Paco de Lucia a largement contribué à la popularisation du genre, de par une carrière fulgurante aux Etats-Unis et ses collaborations avec d’autres mastodontes, dont Chick Corea, John McLaughlin, Larry Coryell et Al DiMeola.
7/3: Toulouse, 9/3: Paris, Grand Rex, 11/3: Grenoble, 12/3: Montpellier, 14/3: Nice, 15/3: Marseille, 17/3: Strasbourg, 18/3: Bordeaux
Flamenco Festival International, Paris : 9 mars 2007 au 12 mars 2007
Agenda et France | 19 février 2007A tout les aficionados du flamenco : Paris accueille pour la troisième fois le Flamenco Festival International, qui fait honneur à toute cette culture: danse, musique, bodeguas…Le héros de la guitare flamenca, Paco De Lucia, ouvre les festivités, le vendredi. Chipa Negra, Antonio El Pipa et Qawwali s’en suivent les samedi et dimanche.
9-12 : Paris, Grand Rex
Il l’a appelé Sénégal en hommage à son pays. Enregistré entre Paris, Londres et Dakar, il est le 22ème album d’Ismaël Lô, nombre qui prouve la richesse du personnage. Il perpétue l’énergie du m’balax, rythme local, et les poésies sonores peules et mandingues dans ses balades. Petits hymnes à l’amour.
7/3 : Annemasse, 13/3 : Paris, La Cigale, 17/3 : Montivilliers, 22/3 : Roubaix, 24/3 : Queven
La Norvégienne Mari Boine a rappelé l’existence des Saamis, une culture indigène passablement oubliée dans la masse scandinave. Devenant l’ambassadrice de la world du Grand Nord, elle chante et mêle tradition ancestrale et modernité, à travers le jazz, l’électro-acoustique et un mélange d’influences de tous bords.
5/3 : Paris, New Morning
Sharon Jones & The Dap-Kings, 2 dates : 24 mars 2007 au 29 mars 2007
Agenda et France | 16 février 2007Sharon Jones est née dans la même ville que James Brown, Augusta, Géorgie. Comme lui elle a commencé à chanter à l’église, de cette voix chaleureuse et terriblement soul, qui l’aménera à côtoyer une scène florissante. Mais ce n’est qu’en 1990 qu’elle arrive véritablement sur le devant de la scène. Accueillie comme la révélation nu-soul, elle s’accompagne d’un groupe confirmé, et fait dans le funk pur-jus, sans additif ni artifice moderniste.
24/3 : Marseille, 28/3 : Paris, Le Trabendo
Vieux de la vieille, le Brésilien Eurmir Deodato s’est propulsé dans l’histoire avec sa revisite funk d’« Also Sprach Zarathustra », présente dans 2001 L’Odysée De L’Espace de Kubrick. Il fit également des merveilles en tant que producteurs de Kool & The Gang, Earth Wind & Fire ou plus dernièrement Björk. Il est l’invité de Groove! Production qui fête cette année les 40 ans de la funk.
15/3 : Paris, New Morning
Formé à Cuba à la fin des années 60, Los Van Van joue une forme de charanga moderne, agrémentée de cuivres, guitares et batteries. Le rythme Songo, fusion de son cubaine et de rythmes traditionnels africains qui a beaucoup bousculé la musique latine, est dit inventé par Juan Formell, le fondateur du groupe. Désormais mythiques, ils déplacent les foules et font danser qui le veut bien.
9/3 : Enghien-Les-Bains, 13/3 : Ramonville
Jeune interprète béninoise et bretonne, Mina Agossi incarne un swing fantaisiste, qui oscille entre jazz, rock et électro, que sa voix étrange, imparfaite mais incroyable lui permet de visiter avec un grand naturel.
8/3 : Paris, Sunset, 9/3 : Argenteuil
En sortant son premier album en 2000, 69 96, Magic Malik prouve que la flûte traversière a encore de beaux jours à vivre dans le jazz contemporain. Il lui offre une nouvelle place, dynamique, et un son hors du commun, plutôt exubérant. Tout comme l’étrangeté d’un jeu à la bouteille de bière, qu’il lui arrive de sortir lors de certains concerts.
6/3 : Grenoble, 14/3 : Rennes, 15/3 : Nantes, 16/3 : Mont-Saint-Aignan, 28/3 : Tremblay, 23/4: Caen, 24/4: Allonnes, 28/4: Créteil
Avec Brad Mehldau ou Keith Jarrett, Kenny Werner est l’un des pianistes de jazz les plus importants du moment, dont la finesse de jeu et la grâce des compositions est sur le point de devenir légendaire. John Scofield, Jack DeJohnette, Stan Getz ou Bill Frisell font partie de la longue liste de grands musiciens avec qui il a collaboré et enregistré.
3/3 : Marciac, Salles de fêtes
Chico Mann c’est le guitariste de la clique New-yorkaise d’Antibalas, alias Marquitos Garcia, qui s’est remis à ses vieux claviers analogiques pour bidouiller, en solo, un afrobeat lo-fi, aux sons bruts et rétros, à l’humour sautillant et au groove propre au genre, vif et puissant.
29/3 : Paris, Bus Palladium
D’origine congolaise, militant du « vivre ensemble » que lui a inspiré le soufisme, Abd Al Malik philosophe sur un slam épuré, souvent tranchant. Depuis la sortie de Gibraltar en 2006, son deuxième album, il est passé maître en émotion lors de ses représentations scéniques, et a reçu plusieurs prix qui ont fait de lui un incontournable du moment.
2/3 : Tarbes 3/3 : Lavelanet 6/3 : Castres 7/3 : Clermont-Ferrand 22/3 : Fontaine 23/3 : Vichy 24/3 : Aulnay-Sous-Bois 27/3 : Paris, La Cigale 29/3 : Amiens 30/3 : Paris, Cirque d’Hiver
« Da Arabian Mc’s » peut se targuer d’être le premier groupe de rap palestinien. Tous ses membres ont grandi dans le ghetto de Lod, non loin de Jérusalem. Fusion d’influences occidentales (Nas, Mos Def) et orientales (Marcel Khalifa), la rage de DAM fait déferler une énergie de la lutte et un flow intensif sur des beats invetifs et métissés.
17/3: Brest, La Carene 20/3: Chaumont, Forum de l’Egalité
La majestueuse Erykah Badu, à la soul gracile, n’a plus tellement fait parler d’elle depuis son dernier album World Wide Underground sorti en 2003, c’est donc un événement de la voir dans nos montagnes, pour une soirée qui promet d’être le théâtre de tous les possibles, tant vestimentaires que musicaux.
10/3 : Crans Montana, Caprices Festival
Ex-voix et épouse de Tricky reconvertie à la pop, Martina Topley-Bird a su nous charmer par la grâce candide de sa voix et ses mélodies simples mais attachantes. Son dernier album, Quitoxic, ets un joli objet. On attend la suite…
9/3 : Crans Montana, Caprices Festival
Le jeune voix prodige de la soul vient présenter son dernier album, Introducing Joss Stone, une renaissance soul après un passage plus pop. Joss Stone continue évidemment de mettre à terre bon nombre de divas grâce à ses moults octaves et à son timbre terriblement soul.
9/3 : Crans Montana, Caprices Festival
« Da Arabian Mc’s » peut se targuer d’être le premier groupe de rap palestinien. Tous ses membres ont grandi dans le ghetto de Lod, non loin de Jérusalem. Fusion d’influences occidentales (Nas, Mos Def) et orientales (Marcel Khalifa), la rage de DAM fait déferler une énergie de la lutte et un flow rèche sur des samples inventifs et métissés.
9/3 : Bulle, Ebullition
Née dans la lutte, la formation touareg arme ses guitares électriques qui percutent un blues d’une profondeur rare. Le rock du désert s’est trouvé un étendard. Tinariwen tourne actuellement son deuxième album Aman Iman, qui garde l’esprit nonchalant des dunes et la rage défensive d’hommes prêts à tout pour conserver leur liberté de mouvement.
3/3: Zürich, Moods
Zürichoise d’origine tanzanienne, la jeune Namusoke est entrée dans la musique dès le plus jeune âge, aux côtés d’une mère chanteuse, et d’un frère DJ. Bête de scène, son chant, parfois proche du toasting ragga, a un souffle très soul, son reggae des touches R’n’B qui le rendent lumineux.
8/3 : Crans Montana, Caprices Festival
Le côté cosmopolite de leur ville se retrouve dans la musique des New-yorkais de Brazilian Girls. Plusieurs langues – français, angais, allemand, espagnol –, autant de styles – électro, jazz, house, dub et rock’n’roll –, forment la palette d’un groupe « à la mode », mais inventif et tout-à-fait dansant.
7/3 : Fribourg, Fri-son
Digne héritier d’une longue lignée de grands musiciens, le saxophoniste Branford Marsalis a, entre autre, tourné avec Miles Davis et les Messengers d’Art Blakey, avant de créer son propre label et poursuivre, au sein de ses diverses formations, ses explorations autour du be bop, qu’il enrichit particulièrement au niveau rythmique.
5/3 : Genève, Victoria Hall
Formé à Cuba à la fin des années 60, Los Van Van joue une forme de charanga moderne, agrémentée de cuivres, guitares et batteries. Le rythme Songo, fusion de son cubaine et de rythmes traditionnels africains, qui a beaucoup bousculé la musique latine, est dit inventé par Juan Formell, le fondateur du groupe. Désormais mythiques, ils déplacent les foules.
4/3: Zürich, Moods
L’Ivoirien dissémine un reggae-ragga imprégné de soul et de rap. Né dans le quartier Treichville d’Abidjan, Kajeem devient le toasteur attitré du MUR (Mouvement Universitaire du Rap) avant de côtoyer la communauté Rasta, et de partir pour la Suisse, où il continue d’animer des ateliers d’écriture musicale. Un parcours riche qui s’en ressent, dans une musique vivante et inspirée.
3/3: Carouge, Chat Noir
Keith B.Brown & Jean-Jacques Milteau, Onex : 2 mars 2007 au 3 mars 2007
Agenda et Suisse | 15 février 2007Une soirée, deux artistes sous le drapeau du blues. Keith B. Brown, originaire de Memphis, Tennessee, petit-fils de cœur de Muddy Waters, Son House ou Skip James, qu’il interprète, d’ailleurs, dans le dernier film de Wim Wenders, The Soul Of A Man. Il sera suivi de Jean-Jacques Milteau, pape du blues et de l’harmonica, qui s’accompagne pour l’occasion de deux chanteurs de blues américains.
2/3: Onex, Salle Communale
Trip-hop, soul, spoken word, hip hop, voire carrément pop, les genevois d’Aloan piochent sans vergogne dans toute les matières sonores à gros son. Une chanteuse à la voix rétro, au vibrato soul, et un rappeur, parfois plus proche du spoken word que du hip hop, donnent toute leur identité aux mélodies électriques et électroniques à tendance spleen urbain du groupe.
1/3: Genève, Usine (PTR)
La star indie sera l’invitée de marque de plusieurs festivals européens: unique concert suisse au Paléo Festival de Nyon le 25 juillet. La vente des billets de l’événement des étés romands sera ouverte le 18 avril dès midi: folie en perspective! Celle qui sort un album des plus attendus en avril sera encore présente le 27 avril à Coachella aux Etats Unis, le 22 juin à Glastonbury en Angleterre, le 28 juin à Rock Werchter en Belgique, le 1er juillet à Open’er en Pologne, le 5 juillet à Roskilde (Danemark).
La scène hip hop de Détroit n’en finit pas de révéler ses pépites, dont le tout jeune Black Milk, protégé de Slum Village pour qui il a produit des beats en son nom et en duo avec Young RJ en tant que BR Gunna. Popular Demand, à paraître le 26 mars chez Fat Beats, a pour ambition de rallier adeptes de l’underground et consommateurs de mainstream. En download sur le site de Fat Beats, un mix du producteur et MC qui invite Pharoahe Monch, Slum Village, Phat Kat, Canibus et BR Gunna.
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LIEN VERS DOWNLOAD
Test effacement agenda: doit avoir disparu lundi : 16 février 2007
Agenda et France | 15 février 2007Ce petit texte ne doit plus apparaître lundi: je l’ai daté de la journée de vendredi (agenda france).
Issu de la « dynastie » Touré Kunda, le Mauritanien, membre de Touré Touré, explore la tradition ouest-africaine à la lumière des influences jazz, funk et pop. Seul, il accompagne à la guitare ses chansons légères et chaleureuses.
8/3 Rennes, 9/3 Bordeaux, 17/3 Confians-Sainte-Honorine, 20/3 Paris, 23/3 Montpellier, 24/3 Arles
Le songwriter américain compte parmi les merveilles à la fois brutes et tellement sophistiquées. Un rock élégant, personnel, pour celui qui a durablement marqué la culture indie.
19/3 Paris, 20/3 Reims, 21/3 Tourcoing
Les jazzmen français Lionel et Stéphane Belmondo rencontrent l’une de leurs idoles américaines, avec laquelle ils font le voyage entre composition et improvisation, entre origines africaines et tradition occidentale, entre musique savante et populaire.
17/3 Eysines, 28/3 Amiens
Le rappeur dandy américain est bien mal nommé, lui qui fait faire ses beats sur mesure à Paris, et se drape de tempos aérés, fluides et classes.
1-10/3 Reims, 31/3 Niort
Il fut le clavier le plus couru de la soul de la dernière décennie. A son compte, il n’oublie pas de faire sonner ses touches, et ses cordes vocales, comme autant d’attrapes-cœur funky.
28/2 Rennes, 1/3 Angers, 2/3 : Paris, 3/3 Saint-Lô, 4/3 Sannois, 6/3 Tourcoing, 7/3 Caen, 8/3 Massy, 9/3 Marseille, 10/3 Montpellier
Le poète, musicien et artiste de performance anglais fait de son langage artistique le croisement des cultures qui concourent à sa personnalité: son spoken-word rappelle la Trinidad de son enfance, sa poésie met en valeur les compétences académique que le professeur d’université déploie en écriture créative…
15/3: Lyon, 23/3: Marseille, 29/3: Paris
Le Tunisien Anouar Brahem, virtuose du oud et compositeur, désigne de ses doigts agiles le point de tangence entre tradition arabe, jazz et musiques nouvelles.
10/3 Draguignan, 13-14/3 Toulouse, 16/3 Echirolles, 23/3 Châlons-En-Champagne
Le slam pour étendard, le poète livre ses sentiments, ses idées, à travers des textes fins alimentés par une culture érudite et intelligente. Un des artistes français à suivre, un des auteurs qui resteront.
28/2 Toulouse, 2/3 Tarbes, 3/3 Lavelanet, 6/3 Castres, 7/3 Clermont-Ferrand, 22/3 Fontaine, 23/3 Vichy, 24/3 Aulnay-Sous-Bois, 27/3 Paris, 29/3 Amiens, 30/3 Paris
Le soulman travaille à son prochain album studio pour Blue Note: aux manettes, nul autre que le fameux batteur de The Roots. Le producteur s’affaire depuis deux ans, mais il espère que le disque, encore sans titre, pourrait être terminé en septembre. Ahmir “Questlove” Thompson a lui-même interpelé le big boss de Blue Note pour offrir ses services, pour sertir la voix mythique de joyaux sonores au brillant 70’s.
Trente ans après sa naissance, The Police s’offre une nouvelle jeunesse: le groupe, après avoir annoncé sa reformation, et les dates d’une prochaine tournée européenne, s’étale sur les pages d’un livre de photographies. En édition collector limitée à 1500 exemplaires, I’ll Be Watching You: Inside The Police 1980-83 paraît en avril chez Taschen. Le guitariste du trio anglais, Andy Summers, propose un journal des années phares du groupe: 600 clichés témoignent des backstages, des fans transis, des voyages interminables… 350 euros.
Un documentaire sur Billy Strayhorn sort aux Etats-Unis. Il faudra se contenter ici de la B.O
Les Américains ont parfois de la chance. La chaîne PBS (preview ici) consacrait courant février un long documentaire dédié à Billy Strayhorn, l’un des compositeurs les plus géniaux du jazz, l’alter ego de Duke Ellington et l’auteur de thèmes parfois attribué à tort au Duc comme «Lush Life», «Johnny Come Lately» ou «Take The A Train». Nous ne l’avons pas encore vus, mais la vie tumultueuse et compliquée de Strayhorn et ses rapports pas faciles avec le Duke en font un sujet à priori passionnant.
Nous pauvres Européens devront nous contenter de la bande originale. Ce n’est déjà pas si mal. Avec des contributions de Dianne Reeves (excellente, qui joue également dans le film), Joe Lovano, Bill Charlap ou Elvis Costello, l’affaire sent un peu le casting de prestige, mais la nostalgie fonctionne à plein régime.
D’autant que le pianiste Hank Jones illumine ces sessions, avec en particulier une version à quatre mains de «Tonk» en compagnie de Bill Charlap, qui ne parvient pas tout à fait à égaler le quatre mains d’origine entre Ellington et Strayhorn. Mais ne tombe pas loin de la perfection.
Alors que Nick Cave sort début mars un album sous le nom de Grinderman, il travaille déjà au prochain de son groupe les Bad Seeds. Trois semaines que le sombre crooner planche, et il prévoit déjà un enregistrement en juillet. Entre-temps, Grinderman, composé de Warren Ellis, Martyn Casey et Jim Sclavunos des Bad Seeds, jouera son premier live dans le cadre du festival anglais All Tomorrow’s Parties fin avril, alors que le 20 mars paraît sur Mute un coffret de quatre disques et DVD, enregistrés en live lors de la tournée de The Abbatoir Blues.
PHOTO: PER ENGLUND
Avec son livre The Beautiful Struggle, le photographe suédois Per Englund s’est immergé dans les Townships de Cape Town. La jeunesse y vit au son du kwaito et invente ses propres codes vestimentaires. Interview
- Comment est né le projet The Beautiful Struggle ?
- Je suis venu une première fois en Afrique du Sud comme assistant d’un photographe de mode suédois. A cette époque, je ne savais pas grand-chose du pays. La première vision que j’ai eue dans le taxi qui nous emmenait de l’aéroport était des alignées sans fin de maisons en tôle. C’était une image sordide d’un pays offrant des contrastes très durs. J’ai ressenti le besoin d’entrer dans les townhips, mais je voulais éviter la visite guidée pour les touristes. A la fin de l’année, j’ai fais la rencontre de Mlamli Figlan qui travaillait dans un des hôtels où nous résidions. On avait le même âge et il vivait dans le township de Guguletu. A cette époque, il portait mes bagages et me servait mes boissons, ce qui me mettait mal à l’aise, étant Blanc, Suédois et ayant la mémoire de l’apartheid à l’esprit. Je lui ai fait part de mon intérêt pour la vie qui se passait de l’autre côté, et il a commencé à me parler de la vie dans les townships. On devait garder le profil bas parce que la direction de l’hôtel lui avait interdit de parler de ça aux visiteurs. Son travail était de promouvoir les plages, les montagnes et les safaris. Nos routes se sont séparées lorsque l’équipe photographique s’est déplacée, mais j’ai toujours gardé Mlamli en tête. Une année plus tard, j’ai quitté mon travail et je suis retourné à Cape Town dans l’idée de retrouver Mlamli et de commencer à photographier la vie dans les townships. J’avais perdu son numéro de téléphone, alors je suis retournée à l’hôtel où il travaillait, mais il avait quitté son travail à cause des tensions avec la direction. J’ai eu la chance de tomber sur lui dans la rue. Il m’a emmené à Guguletu et ce fut le début d’une longue aventure en sa compagnie.
- La vie et la réalité des habitants des townships furent-elles difficile à approcher ?
- Au début, certains habitants étaient un peu méfiants. Ils pensaient que je n’allais pas revenir avec les photographies. Trop de touristes avaient fait cette promesse et ne l’avaient pas tenue. Ramener des photos à ceux qui le demandaient a donc été déterminant. C’est une question de confiance, de respect, et comme nous n’avions pas de soutien financier, c’était la seule chose matérielle que nous pouvions offrir. Parmi les difficultés rencontrées, Il y avait aussi la barrière de la langue. La langue maternelle de la plupart des habitants est le Xhosa, l’anglais vous emmène un bout mais pas aussi loin que vous désirez. Pour toutes ces questions, et bien d’autres, Mlami m’a aidé. Ce livre est autant le mien que le sien. Ce n’est pas un livre sur les townships, c’est un produit des townships.
- The Beautiful Struggle nous entraîne au-delà de la mode et du style de vie jusque dans les activités quotidiennes et sociales des habitants des townships.
- Mon idée de départ était de comparer les townships et la ville, de montrer que l’un ne peut exister sans l’autre. C’est une relation symbiotique. Sans les habitants des townships qui viennent tous les jours travailler à la ville, les gens de la ville ne pourraient jamais retirer les bénéfices de leur « belle vie ».
- Les images sont à la fois en noir et blanc et en couleur.
- J’ai commencé en noir et blanc, dans un style plus poétique et traditionnel. Mais très vite nous avons réalisé que cette histoire ne réclamait pas du contraste, mais de la couleur. The Beautiful Struggle raconte les bonnes vibrations, la créativité et le style unique que l’on rencontre dans les townships.
- A quel point la musique kwaito a-t-elle influencé la mode et le style de vie des jeunes dans les townhips?
- C’est très évident pour la jeune génération, beaucoup moins pour les aînés. On le voit clairement dans la rue, il y a des street bashes avec de gros sound-systems, des sessions à micros ouverts et les incroyables compétitions de danse pantsula. Mais la scène kwaito est beaucoup plus importante à Johannesbourg. La musique kwaito est pour les jeunes Sud-Africains des ghettos ce que le hip hop était à ses débuts à New York.
- Le hip hop et sa culture globale sont-ils toujours présents à Cape Town ?
- On trouve de la qualité dans tous les éléments de la culture hip hop. Il y a des superbes crews de graffers, de DJ et de break dancers. Dans la scène graffiti, la tradition est de réaliser de larges peintures murales et des productions très planifiées. Les travaux à la bombe dans la rue sont plutôt rares. Quant aux rappers, ceux qui utilisent la langue Xhosa sont vraiment impressionnants.
- Une part importante du livre est dédiée à un endroit qui s’appelle Chez Mozli, un lieu qui vous a inspiré.
- Chez Mozli a été depuis le premier jour au centre de ce projet. C’est là que nous avons passé la plupart de nos dimanche à manger trop de viande, à boire, à faire des contacts, à beaucoup s’amuser et… parfois prendre des photos. Chez Mozli est un endroit pour faire la fête et où tout le monde se sent bien d’aller, peu importe vos origines. C’est un oasis de sécurité dans le township.
- Les habitants des townships ont-il vu The Beautiful Struggle ?
- Evidemment. Ce fut naturel pour nous de faire le vernissage du livre dans le township et pas en ville. On l’a fait Chez Mozli, un autre endroit aurait semblé inaproprié ! Ce fut un grand succès, les gens de la ville se mêlant aux habitants des townships dans une atmosphère très détendue. J’avais accroché d’énormes tirages sur le mur extérieur de Chjez Mozli. Des portraits des gens que j’avais photographiés toutes ces années devant le même mur de briques. Mozli avait fait à manger pour tout le monde, il y avait du hip hop et du kaïnite, des danseurs de pantsula et un gros sound-system. Vous voyez, toute l’idée du livre était de réunir les gens, de réduire le fossé entre la ville et les townships. Ce fut définitivement un pas dans la bonne direction.
VOIR LE PORTFOLIO PARU DANS LE NO 91 DU MAGAZINE VIBRATIONS
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REFERENCE
- The Beautiful Struggle, Per Englund, Mlamli Figlan (Dokument Förlagk, 144 pages)

Le trompettiste sort ces jours Arkangelsk, son premier album avec des chanteurs. Son choix de disques? une sélection «entre les couleurs du silence et l’énergie du son».
Anja Garbarek Smiling And Waving. Sur le cul! Des rythmes électroniques filtrés, un orchestre de chambre qui intervient avec parcimonie, Robert Wyatt sur un morceau, tout est beau. Le genre d’album que j’aurais rêvé de faire.
Jon Hassell Fascinoma. Il y a une ambiance merveilleuse: les arrangements de Ry Cooder, la version de «Caravan», l’intro en duo avec le flûtiste. On confond leurs sons tellement Hassell joue épais, mais fluide.
Anouar Brahem Contes de l’incroyable amour. L’un de mes disques de chevet, de ceux qui colorent le silence. Il l’a fait dans la douleur, ne comprenant rien à ce que disait le clarinettiste turc et [le producteur Manfred] Eicher ne favorisant pas l’ambiance.
Hariprasad Chaurasia Ragga de nuit. Jon Hassell a dû écouter ce genre de choses. Il y a aussi des live fantastiques de Chaurasia. Voilà le genre de musique que je prends lorsque je suis en tournée.
Peter Gabriel So. De la chanson pop, avec un énorme son, beaucoup d’énergie et de sensibilité, des thèmes merveilleux… La classe, quoi!
Stevie Wonder Songs In The Key Of My Life. Pour les mélodies, les arrangements, la fraîcheur trente ans après. Un classique d’un type de musique.
D’Angelo Voodoo. Dans le style funk et R’n'B, basé sur l’énergie et la recherche de son. Des grooves décalés, une référence au gospel, un disque très noir, «black religieux».
Miles Davis Milestone. Energie et magie, dans un style hard bop. Avec les deux plus grands saxophonistes de l’histoire du jazz: Coltrane au ténor et Cannonball Adderley à l’alto. Rythmique impeccable, avec parfois cinq solos à la suite où tu ne t’emmerdes jamais.
Charles Mingus Ah Um. Un des albums de jazz où l’idée de composition est la plus aboutie. Ce pourrait être de la pop: tous les thèmes sont parfaitement écrits. D’ailleurs, Nougaro a racheté les droits d’une chanson.
Jimi Hendrix Electric Ladyland. Pour le son très brut, la matière des années rock. Un disque qui décape!
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- Erik Truffaz 4tet, Arkhangelsk (Blue Note)
Publié en décembre 2001 dans le numéro 40 de Vibrations
Contrepied n°65358, Me’shell sort un septième album improbable et génial, tissant une nouvelle toile entre les sons les plus opposés
Me’shell Ndegeocello (myspace) est habituée des grands écarts stylistiques. Et sa légende, ou du moins son identité musicale, a toujours été de ne pas trancher entre les genres. Funk, soul, spoken word, jazz, rhythm’n'blues, rock, dub, world, nu-soul, folk, hip hop, drum’n'bass, blues (vous avez dit Great Black Music?), la bassiste digère une vaste galaxie englobant aussi bien Prince que Marcus Miller, Gil Scott-Heron, Miles, Hancock, Sly, et tant d’autres.
Son septième album brouillera encore plus les cartes. Tant mieux. Découvert en zakouski en novembre dernier avec un 5 titres (The Article 3 EP), il n’est pourtant pas le grand virage rock dont la rumeur faisait plus ou moins écho depuis quelques mois.
Ce qui saute logiquement aux oreilles, ce sont ces incartades quasi-new wave, ces rythmiques calées entre Cure et Interpol, mais qui restent homéopathiques. Sur un titre comme “The Sloganeer” (d’ailleurs plus no wave que new wave), l’effet est bluffant et jamais opportuniste. Le reste de la ballade est éclectique et racé; on est bien loin de la prose jazz de Dance Of The Infidels (logique, Jack DeJohnette et Don Byron n’étaient pas venus pour faire du zouk). Une tension, ou l’apparence d’une tension, mène The World Has Made Me The Man Of My Dreams. Celle de la basse, toujours en face à face avec ses interlocuteurs, qu’ils viennent de la sphère jazz, world ou rock.
Sur “Article 3″, la fusion de ses rêves humides atteint même une sorte d’apogée. La rythmique est new-wavement élastique, les riffs de guitare de Pat Metheny nerveusement atrophiés, le phrasé de Me’shell frôle le parlé, et les piaillements de la Sud-africaine Thandiswa Mazwai pervertissent encore davantage l’improbable mélange. L’autre ciment vital de ce nouvel album, c’est la voix de Me’shell. Son raffinement rend à lui seul possible l’unité de ce patchwork, sans doute son plus osé à ce jour. Aucun doute, avec The World Has Made Me The Man Of My Dreams, la révolution continue…
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- Me’shell Ndegeocello, The World Has Made Me The Man Of My Dreams (Universal/avril 2007)
Game Theory, le premier album de The Roots paru sur Def Jam il y a moins de six mois sera suivi de près par un nouveau disque. Six titres sont déjà prêts, et Questlove, fabuleux batteur du groupe, les décrits comme empruntant largement aux sonorités synthétiques. Un autre titre, “I Will Not Apologize”, déjà enregistré, reprend un morceau de Fela Kuti. L’album pourrait sortir aussi tôt qu’en octobre prochain, ou en février 2008.

Des structures abstraites pour un Américain qui joue de la guitare, de la voix et de la pédale d’effet
Connu pour ses prestations live avant toute chose, Tyondai Braxton (connu aussi pour être le fils du saxophoniste et compositeur Anthony Braxton) est le fier auteur d’un premier album paru sur JMZ Records (History That Has No Effect), d’un split avec Parts & Labor (Rise, Rise, Rise, sur Narnack). Il est encore un partenaire de choix pour un complice de premier ordre : Prefuse 73, sur son excellent dernier Surronded By Silence.
Clin d’œil aux connaisseurs, petites notes cordiales faite aux autres : Battles. L’un des meilleurs groupe – super-groupe, plutôt : notre homme, un membre de Don Caballero, un de Helmet et Tomahawk et un autre de Lynx – à avoir émergé l’année passée grâce à la sortie sur Warp d’un double EP, EP C/B EP. Tyondai Braxton fait partie de Battles. Battles annonce un premier album pour cette année. Tyondai Braxton annonce un deuxième album solo pour cette année.
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- Tyondai Braxton, History Has No Effect (JMZ Records)
Le rapper new-yorkais, cofondateur de la confrérie Anti-pop Consortium, célèbre ses classiques jazz, funk, hip hop et électro.
Sun Ra Cosmic Tones For Mental Therapy. Un personnage unique qui m’a beaucoup influencé. Je vois un parallèle entre ce qu’il a apporté au jazz et ce que j’essaie de proposer au hip hop.
Public Enemy It Takes A Nation Of Millions To Hold Us Back. Le disque le plus expérimental du hip hop. Dans le fond mais aussi dans la forme, tout est visionnaire.
Miles Davis Get Up With It. Phénoménal. Miles a rencontré le succès sans céder une once de sa personnalité. C’est ce que j’appelle un classique définitif: un artiste capable de réunir sous son nom les avant-garde et la tradition.
Raekwon Only Built For Cuban Links. Avec le premier opus de GhostFace Killah, le meilleur disque du Wu-Tang Clan. Des textes extrêmement abstraits sur des beats puissamment hardcore. L’objet idéal pour toucher à la fois la base et l’avant-garde.
Add N To X Avant Hard. Avant de devenir leur ami, j’étais fan de leurs productions. Une musique électronique reste un véritable phare, éclairant tous les autres artistes.
Autechre Draft 7.30. Le mix ultime entre l’électronique et le hip hop, sur Warp, label étendard. Imparable !
Just Ice Cold Gettin Dumb. L’un des rois des beats, en lien avec Mantronix. Le son à l’état brut et un pur objet de collection.
Freestyle Fellowship To Whom It May Concern et Innercity Griots. Ces deux albums m’ont ouvert la tête, j’y ai entrevu d’énormes possibilités pour le traitement des voix. Leurs textes étaient spécifiques, très ancrés dans la réalités, et leurs phrasés improvisés. Des modèles.
Lambert Hendrix Ross Compilation. Les mêmes qualités que les Freestyle Fellowship, mais cette fois dans le jazz. On appelle leur style le vocalese. Une manière de faire swinguer le verbe au service de superbes chansons.
Funkadelic Maggot Brain. La première période ce groupe dirigé par George Clinton est celle que je préfère. Ils sont déjà un peu déjantés, mais encore totalement en place.
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- Beans, Shock City Maverick (Warp)
Ce producteur danois fait bouger le son des clubs en 2007
Pris en étau entre l’intellectualisme, la nostalgie et le second degré, la club culture européenne semble parfois avoir oublié ses fondamentaux : la simple décharge de groove, de bonnes grosses basses et de rythmiques qui tuent. « Minimale » est depuis de trop longues années le mot d’ordre, et rares sont les DJ’s qui produisent un effet maximal.
Mais récemment, un ami m’a fait écouter une série de disques qui lui a redonné espoir et foi dans cette musique, et à moi aussi du même coup. Le Danois Trentemoeller est devenu en une année une superstar des dancefloors. Il a signé un remix de ses compatriotes Royksopp (« What Else Is There »), où il utilise des techniques de découpage proche du dub jamaïquain. Il a sans doute une légère tendance à la grandiloquence, mais quand à un moment il coupe les basses pour laisser seul la piste avec la chanteuse et sa guitare, il parvient à dramatiser le morceau; et il a des basses énormes, enveloppantes, qui vous scotchent au mur.
Certains l’accusent de flirter avec le mauvais goût de la trance. Ses références semblent venir d’ailleurs. En un sens, il représente un mélange qui n’a pu naître qu’à l’ère myspace entre Joy Division, Angelo Badalamenti, King Tubby et DJ PIerre. Et surtout, sa musique possède un groove irrésistible. A part ses productions pour les clubs, Trentemoeller compose des morceaux plus apaisés, comme sur son premier album The Last Resort (Poker Flat, 2006). Si vous voyez son nom dans une soirée près de chez vous, n’hésitez pas.
Dans la même mouvance post-acid house, on peut classer l’Anglais D. Ramirez et les Autrichiens de Bookashade.
VIDEO
Le remix de Trentmoller de “What Else Is There” de Royksopp
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L’artiste le plus rock’n'roll de la chanson française nous livre «plutôt des disques du moment».
Volume Courbe I Killed My Best Friend. Il y a de plus en plus d’enregistrements bruts alors que les moyens sont de plus en plus sophistiqués. C’est une idée qui me plaît.
Bix Beiderbecke Best Of.
Suite à une blessure, je me suis retrouvé dans une maison de repos. Quand je contemplais les déambulations des pensionnaires, j’écoutais ce sale type, et ça me faisait le plus grand bien.
Charlotte Gainsbourg 5.55. Je suis fan de Air… Il leur manquait une présence permanente. Là ils ont trouvé la chanteuse qui colle parfaitement.
Damien La mort du disque. En écoutant des disques avec Pierre Bondu, celui-ci nous a mis en joie. C’est très osé : il chante en japonais, il imite Gainsbourg…
Outkast Idlewild. La B.O. du film dans lequel ces nouveaux Beatles jouent. Un heureux mélange des années 30 et du hip hop.
Mikado Best Of. Un duo des années 80, avec des chansons qui ressemblent aux faux coquillages que l’on pose au bord de la baignoire.
Mr Oizo Moustache (Half A Scissor). Un disque de machines, très extrême. Comme une musique de jeux vidéo qui ne propose jamais de solution. Une vision unique.
Satyajit Ray B.O. de Visiteur. Cette musique est très liée à mon appartement. Comme si elle avait été conçue pour que je puisse y circuler toute la journée.
Les Double Six Double Six. La musique comme un sport. Chez eux, cela devient une activité saine : un entretien physique et cérébral. De la belle hygiène.
Pharell In My Mind. La voix rappelle Michael Jackson, en plus rude. Et moi, cela me rappelle ma fille avec laquelle j’ai su apprécier cette musique. Il faut toujours trouver la bonne personne. Sauf pour Sardou.
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- Philippe Katerine, Robots après tout (Rosebud/Barclay)
Publié en octobre 2006 dans le numéro 87 de Vibrations

Japon, Corée et Turquie pleurent les mêmes sombres magnificences d’un folk universel
Une force émotionnelle, une envergure poétique telles qu’une de ces chansons a conduit une femme au suicide, que la même a sauvé un homme de ses noirs desseins. International Sad Hits Volume One : Altaic Language Group, compilé par Damon & Naomi, essaime les clairs obscures magnifiques de quatre artistes, deux Japonais, un Coréen et un Turc, marquant l’universalité – tant géographique que temporelle – des chants qui tutoient les grands désespoirs.
Tout le folk du monde, toutes les poésies se tiennent ici la main, et ont des sourires las pour les censures subies par leurs auteurs. Un album militant, tant, en transparence, pour la liberté de création, que pour la libre expression des émotions les plus profondes. Fikret Kizilok, Kim Doo Soo (en photo), Tomokawa Kazuki et Mikami Kan éclairent d’un rai de voix, d’une étincelle de guitare, les ombres portées d’émotions irradiantes.
« Bohemian », du Coréen Kim Doo Soo, chante la mort avec l’intensité sereine propre aux sages.
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REFERENCE
- International Sad Hits Volume One: Altaic Language Group (20-20-20)

Le nouvel album du clavier des Beastie Boys s’éloigne des grooves débonnaires du passé pour investir une pop parfaite
Il a tout du meilleur parti de l’indie américaine. Money Mark est l’un des artisans du renouveau des Beastie Boys : ses claviers au groove flegmatique soulevaient, en 1992, l’anthologique Check Your Head. Mark Ramos-Nishita a depuis trusté le gotha expérimentalo-pop des taste-makers irréprochables, courtisés par les wanna-be mondiaux.
Yoko Ono, Beck, The Blues Explosion, The Dust Brothers, The Mars Volta, Kid Koala, James Lavelle, Jack Johnson… Money Mark élude pourtant le bal des débutantes et revient en solo.
Brand New Tomorrow, c’est la classe artistocratique d’un multi-instrumentiste qui abandonne les divagations lâches de ses albums précédents, pour se laisser prendre dans une toile plus serrée, tissée par une pop arachnéenne, et se débattre avec le sourire.
Pop. Infectieuse. Retour à des mélodies « colle-chantée » proches de « Got My Hand In Your Head », qui, depuis 1995, tourne dans les têtes, fait claquer des doigts. Une filiation qui envie les gènes de Sean Lennon. Un fils illégitime, ligué avec Elliott Smith, qui reproche à la progéniture chouchoutée ses manières d’enfant gâté.
Produit par Mario Caldato Jr., Brand New Tomorrow, dénué des instrumentaux précédemment obsédés par sa collection de claviers, invite des instrumentations inspirées, un foisonnement pétillant malgré la tonalité mélancolique du tout. Harmonica, piano, cuivres et cordes se détachent sans jamais frimer.
Top of the pops, « Pick Up The Pieces », premier single porté par la basse fringante de Carol Kaye des Beach Boys, « Colour Of Your Blues », sa mélodie radieuse, « Eyes That Ring » son origami instrumentale, « Radiate Nothing », sa boîte à rythmes bossa et ses grooves rigolards, « Summer Blue » son clavier au swing caractéristique.
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REFERENCE
- Money Mark, Brand New Tomorrow (Brushfire/Barclay)















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