livre: Per Englund explore Cape Town

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PHOTO: PER ENGLUND

Avec son livre The Beautiful Struggle, le photographe suédois Per Englund s’est immergé dans les Townships de Cape Town. La jeunesse y vit au son du kwaito et invente ses propres codes vestimentaires. Interview

Comment est né le projet The Beautiful Struggle ?
Je suis venu une première fois en Afrique du Sud comme assistant d’un photographe de mode suédois. A cette époque, je ne savais pas grand-chose du pays. La première vision que j’ai eue dans le taxi qui nous emmenait de l’aéroport était des alignées sans fin de maisons en tôle. C’était une image sordide d’un pays offrant des contrastes très durs. J’ai ressenti le besoin d’entrer dans les townhips, mais je voulais éviter la visite guidée pour les touristes. A la fin de l’année, j’ai fais la rencontre de Mlamli Figlan qui travaillait dans un des hôtels où nous résidions. On avait le même âge et il vivait dans le township de Guguletu. A cette époque, il portait mes bagages et me servait mes boissons, ce qui me mettait mal à l’aise, étant Blanc, Suédois et ayant la mémoire de l’apartheid à l’esprit. Je lui ai fait part de mon intérêt pour la vie qui se passait de l’autre côté, et il a commencé à me parler de la vie dans les townships. On devait garder le profil bas parce que la direction de l’hôtel lui avait interdit de parler de ça aux visiteurs. Son travail était de promouvoir les plages, les montagnes et les safaris. Nos routes se sont séparées lorsque l’équipe photographique s’est déplacée, mais j’ai toujours gardé Mlamli en tête. Une année plus tard, j’ai quitté mon travail et je suis retourné à Cape Town dans l’idée de retrouver Mlamli et de commencer à photographier la vie dans les townships. J’avais perdu son numéro de téléphone, alors je suis retournée à l’hôtel où il travaillait, mais il avait quitté son travail à cause des tensions avec la direction. J’ai eu la chance de tomber sur lui dans la rue. Il m’a emmené à Guguletu et ce fut le début d’une longue aventure en sa compagnie.
La vie et la réalité des habitants des townships furent-elles difficile à approcher ?
Au début, certains habitants étaient un peu méfiants. Ils pensaient que je n’allais pas revenir avec les photographies. Trop de touristes avaient fait cette promesse et ne l’avaient pas tenue. Ramener des photos à ceux qui le demandaient a donc été déterminant. C’est une question de confiance, de respect, et comme nous n’avions pas de soutien financier, c’était la seule chose matérielle que nous pouvions offrir. Parmi les difficultés rencontrées, Il y avait aussi la barrière de la langue. La langue maternelle de la plupart des habitants est le Xhosa, l’anglais vous emmène un bout mais pas aussi loin que vous désirez. Pour toutes ces questions, et bien d’autres, Mlami m’a aidé. Ce livre est autant le mien que le sien. Ce n’est pas un livre sur les townships, c’est un produit des townships.
The Beautiful Struggle nous entraîne au-delà de la mode et du style de vie jusque dans les activités quotidiennes et sociales des habitants des townships.
Mon idée de départ était de comparer les townships et la ville, de montrer que l’un ne peut exister sans l’autre. C’est une relation symbiotique. Sans les habitants des townships qui viennent tous les jours travailler à la ville, les gens de la ville ne pourraient jamais retirer les bénéfices de leur « belle vie ».
Les images sont à la fois en noir et blanc et en couleur.
J’ai commencé en noir et blanc, dans un style plus poétique et traditionnel. Mais très vite nous avons réalisé que cette histoire ne réclamait pas du contraste, mais de la couleur. The Beautiful Struggle raconte les bonnes vibrations, la créativité et le style unique que l’on rencontre dans les townships.
A quel point la musique kwaito a-t-elle influencé la mode et le style de vie des jeunes dans les townhips?
C’est très évident pour la jeune génération, beaucoup moins pour les aînés. On le voit clairement dans la rue, il y a des street bashes avec de gros sound-systems, des sessions à micros ouverts et les incroyables compétitions de danse pantsula. Mais la scène kwaito est beaucoup plus importante à Johannesbourg. La musique kwaito est pour les jeunes Sud-Africains des ghettos ce que le hip hop était à ses débuts à New York.
Le hip hop et sa culture globale sont-ils toujours présents à Cape Town ?
On trouve de la qualité dans tous les éléments de la culture hip hop. Il y a des superbes crews de graffers, de DJ et de break dancers. Dans la scène graffiti, la tradition est de réaliser de larges peintures murales et des productions très planifiées. Les travaux à la bombe dans la rue sont plutôt rares. Quant aux rappers, ceux qui utilisent la langue Xhosa sont vraiment impressionnants.
Une part importante du livre est dédiée à un endroit qui s’appelle Chez Mozli, un lieu qui vous a inspiré.
Chez Mozli a été depuis le premier jour au centre de ce projet. C’est là que nous avons passé la plupart de nos dimanche à manger trop de viande, à boire, à faire des contacts, à beaucoup s’amuser et… parfois prendre des photos. Chez Mozli est un endroit pour faire la fête et où tout le monde se sent bien d’aller, peu importe vos origines. C’est un oasis de sécurité dans le township.
Les habitants des townships ont-il vu The Beautiful Struggle ?
Evidemment. Ce fut naturel pour nous de faire le vernissage du livre dans le township et pas en ville. On l’a fait Chez Mozli, un autre endroit aurait semblé inaproprié ! Ce fut un grand succès, les gens de la ville se mêlant aux habitants des townships dans une atmosphère très détendue. J’avais accroché d’énormes tirages sur le mur extérieur de Chjez Mozli. Des portraits des gens que j’avais photographiés toutes ces années devant le même mur de briques. Mozli avait fait à manger pour tout le monde, il y avait du hip hop et du kaïnite, des danseurs de pantsula et un gros sound-system. Vous voyez, toute l’idée du livre était de réunir les gens, de réduire le fossé entre la ville et les townships. Ce fut définitivement un pas dans la bonne direction.

VOIR LE PORTFOLIO PARU DANS LE NO 91 DU MAGAZINE VIBRATIONS

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REFERENCE

  • The Beautiful Struggle, Per Englund, Mlamli Figlan (Dokument Förlagk, 144 pages)

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1 Réponse à “livre: Per Englund explore Cape Town”


  1. 1 Armelle mar 2nd, 2007 à 12:05

    Très bon article! Enfin on parle des ghettos d’Afrique du Sud dans un sens positif! Mais à Cape Town en plus des ghettos “noirs” comme Guguletu, Langa, Kayalitsha il y a aussi les ghettos métis: “coloured” comme Mitchell’s Plain ou Belleville, trop souvent oubliés. Là-bas aussi il se passe des tonnes de choses (j’en reviens, j’y ai passé 3mois). Notamment des compétitions de moffies: transsexuels habillés en femme, qui sont comme on dit à Mitchell’s Plain “more women than women”… Ou encore des musiques à plein tube comme le groupe de hip hop Brassie Vannie Kaap ou même la musique du carnaval des coons à grand renfort de banjo et tambour ghoema. A quand Per Englund à Mitchell’s Plain…?

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