avant-première: les écarts de Me’shell Ndegeocello

IMAGEMeshell

Contrepied n°65358, Me’shell sort un septième album improbable et génial, tissant une nouvelle toile entre les sons les plus opposés

Me’shell Ndegeocello (myspace) est habituée des grands écarts stylistiques. Et sa légende, ou du moins son identité musicale, a toujours été de ne pas trancher entre les genres. Funk, soul, spoken word, jazz, rhythm’n'blues, rock, dub, world, nu-soul, folk, hip hop, drum’n'bass, blues (vous avez dit Great Black Music?), la bassiste digère une vaste galaxie englobant aussi bien Prince que Marcus Miller, Gil Scott-Heron, Miles, Hancock, Sly, et tant d’autres.

Son septième album brouillera encore plus les cartes. Tant mieux. Découvert en zakouski en novembre dernier avec un 5 titres (The Article 3 EP), il n’est pourtant pas le grand virage rock dont la rumeur faisait plus ou moins écho depuis quelques mois.

Ce qui saute logiquement aux oreilles, ce sont ces incartades quasi-new wave, ces rythmiques calées entre Cure et Interpol, mais qui restent homéopathiques. Sur un titre comme “The Sloganeer” (d’ailleurs plus no wave que new wave), l’effet est bluffant et jamais opportuniste. Le reste de la ballade est éclectique et racé; on est bien loin de la prose jazz de Dance Of The Infidels (logique, Jack DeJohnette et Don Byron n’étaient pas venus pour faire du zouk). Une tension, ou l’apparence d’une tension, mène The World Has Made Me The Man Of My Dreams. Celle de la basse, toujours en face à face avec ses interlocuteurs, qu’ils viennent de la sphère jazz, world ou rock.

Sur “Article 3″, la fusion de ses rêves humides atteint même une sorte d’apogée. La rythmique est new-wavement élastique, les riffs de guitare de Pat Metheny nerveusement atrophiés, le phrasé de Me’shell frôle le parlé, et les piaillements de la Sud-africaine Thandiswa Mazwai pervertissent encore davantage l’improbable mélange. L’autre ciment vital de ce nouvel album, c’est la voix de Me’shell. Son raffinement rend à lui seul possible l’unité de ce patchwork, sans doute son plus osé à ce jour. Aucun doute, avec The World Has Made Me The Man Of My Dreams, la révolution continue…

SITE

REFERENCE

  • Me’shell Ndegeocello, The World Has Made Me The Man Of My Dreams (Universal/avril 2007)

Tags: , , , ,

1 Réponse à “avant-première: les écarts de Me'shell Ndegeocello”


  1. 1 Vibrations Magazine : L’album de Meshell repoussé Pingback sur fév 28th, 2007 at 9:55

Exprimez-vous!




Jukebox


Découvrez tous les titres de la sélection en utilisant la navigation du player

A écouter

Archives