
Un journaliste de Vibrations interviewe la diva british. Ou quand les plaisirs de la rencontre se transforment en autre chose.
Mon rédacteur en chef m’avait prévenu.
– Fais gaffe, elle a pas l’air facile.
– T’inquiètes, j’en ai vu d’autre.
C’était une mission délicate, un papier à rendre dans la foulée, une couve en plus. Bref, un travail sans filet. Aucun droit à l’erreur. En plus, je me faisais une joie de cet aller-retour express pour Dublin où le grand barnum promotionnel d’Amy Winehouse faisait escale, le temps pour celle qui affole le Royaume-Uni en ce début d’année 2007 de rafler une ou deux récompenses lors de l’équivalent local des victoires de la musique. Naïvement, j’espérais mettre en boîte mon interview et faire un peu de tourisme en prime. Pas de chance, l’hôtel est situé au milieu de nul part dans une banlieue morte et sans grande intérêt.
Pas grave me dis-je, tu tombes l’interview, vite fait bien fait, puis tu sautes dans le premier tacot et tu files dare-dare faire un tour en ville. Mais à l’heure dite, personne. Explications plus ou moins embarrassées de l’attachée de presse.
– On aura une heure de retard.
– Elle fait la balance.
– Elle est sur la route, elle arrive.
– Elle sera là dans 5 minutes.
Le manager d’Amy Winehouse, un grand Black format armoire à glace, nous donne enfin le fin mot de l’affaire.
– Amy est dans sa chambre. Elle dort.
Comme ça on est fixé. En attendant que miss Winehouse daigne se lever, on boit le thé en dégustant des petits gâteaux et en faisant assaut d’amabilités. Sur le coup des 16h, soit 2h30 après l’horaire prévu, mon interlocuteur s’agite enfin.
– Amy est réveillée. Elle doit faire une séance photo en ville avant qu’il ne fasse noir.
– Et mon interview dans tout ça ?
– Justement, si tu veux avoir une chance de la faire, suis le mouvement.
Dans le bus qui nous mène en ville, son tour manager me presse de commencer, mais moi, j’espère encore pouvoir décrocher au moins une demi-heure au calme. Quel con ! Enfin, nous voilà arrivé à destination. Il ne se passe pas deux minutes sans qu’un passant n’arrête Amy Winehouse pour lui demander un autographe ou se faire prendre en photo avec elle. Garçons, filles, jeunes, moins jeunes, lookés, pas lookés, il y en a pour tous les goûts. Elle se prête de bonne grâce à l’exercice, puis tout d’un coup, décide que ce petit jeu a assez duré. La fin de la récréation a sonné. Tout le monde en voiture, retour à l’hôtel. Les suppliques du photographe de Q n’y feront rien. En guise d’interview, j’ai finalement droit à 15 minutes à l’arrière d’un bus, avec une partenaire que visiblement l’exercice ennuie au plus au point. Les présentations sont expédiées en moins d’une minute.
– Je suis une chanteuse de jazz, originaire de Londres, j’ai 23 ans. J’ai sorti un premier disque en 2003, Frank. Mon second vient tout juste de sortir. Il s’appelle Back To Black.
Le débit est rapide, nerveux, haché. C’est un florilège de réponses lapidaires :
– Oui.
– Non.
– Peut-être ?
– Je ne sais pas.
De retour à l’hôtel, j’essaie de reposer les questions auxquelles je n’ai pas eu de réponses satisfaisantes.
– Je t’ai déjà répondu tout à l’heure.
– Oui, mais c’était un peu bref.
– De toute façon, on s’en fout.
Une personne de son entourage vient lui glisser un truc à l’oreille. Elle le retient par le bras et lui dit:
– Ne me laisse pas toute seule!
C’est le coup de grâce. J’abandonne la partie. Merci pour le thé et les petits gâteaux. C’est bien simple, j’ai beau fouiller dans ma mémoire, je n’ai pas souvenirs d’être rentré aussi bredouille.
La suite ? A découvrir ce mois-ci dans Vibrations.
VIDEO
Des images embarassantes: Amy Winehouse chante “Beat It” en état d’ébriété avancé:
REFERENCES
- Amy Winehouse, Back To Black (AZ/Universal)
- Amy Winehouse, Frank (Island)
SITES







Pffff, super intéressant tout ça. Dans ce cas, pourquoi consacrer autant de place dans le magazine et sur le site à cette pauvre débile. C’est une chanteuse fabuleuse? Et bien une chronique de disque, genre disque du mois, devrait suffire, n’est-ce pas? Est-ce sa maison de disque qui vous a forcé à la mettre sur la une du nouveau numéro? Il y a sans doute des artistes un peu plus passionnant que cette revivaliste, talentueuse certes, mais qui semble avoir pété les plombs.
Amy Winehouse n’est pas une chanteuse “revivaliste”: lisez l’article de Vincent Tarrière dans le magazine. C’est le fond de son propos. Quant à l’idée selon laquelle sa maison de disque nous aurait “forcé” à la mettre en couverture de Vibrations, vous n’y êtes pas du tout. Vibrations, depuis 15 ans, choisit ses couvertures en toute indépendance. L’article de Vincent Tarrière est sincère et relate la réalité. “Pété les plombs”? Et alors?
ce petit “petage de plomb” ne lui donne qu’un peu plus de charme. . .
Beh… moi j’trouve plutôt bien qu’un magazine comme Vibrations ose (oui, j’ose dire “ose”) faire sa une sur une chanteuse qui lui pourri son interview ! Ca a de la gueule! Pis marre de ses artistes proprets, gendres ou brus idéals non ?! J’dis pas non plus que parce qu’elle est comme ça, il faut la mettre à la une, mais comme c’est dit, c’est tout de même une chanteuse qui a un vrai talent… donc… Et puis de là à penser que la rédaction de Vibrations s’est vu “forcé” par la maison de disque… c’est un peu gros à mon goût ! Non le MAL n’est pas partout
A la votre !
Bien joué Vibrations ! Nouvelle formule rime avec séduction et cette magnifique couverture avec la miss Amy est à la fois une prise de risque (artiste peu voire pas connue par ici) et une accroche rebellesexy, mais classe et pas racoleuse. Qu’importe si la demoiselle ait un caractère de cochon, le papier qui lui est consacré est effectivement un chouette acte de gonzo’nalisme ! Plus largement, je trouve ce nouveau Vibrations rajeuni et joyeusement (dés)organisé, pas snob et toujours aussi passionné. Un grand bravo à toute l’équipe pour ce travail bien roulé ! Seul bémol, le cadeau pour l’abonnement : disques ou bouquins, oui, mais une boite pour ranger les cd offerts, franchement, même un maniac comme moi ça ne l’intéresse pas ! Allez les filles, allez les gars, un effort siouplait !
je tenait a reagir tardivement a la critique sur la chanteuse amy winehouse je suis un fan inconditionelle de vibrations voyons si le buzz amy winehouse va durer car des chanteuses il y en a la pele, ce qui m interloque plutot c est le coter on interview des gens qui vraisemblabement n ont rien a dire ou envie de rien dire a une epoque ou des tas d artistes tres talentueux n ont pas un acces facile au media et qui ont eu peut etre quelque chose a dire d interessant cela me pousse a m interroger, ce n est pas necessaire de critiquer amy cela est fort pousser son boulot c est la musique pas femme publique mais interrogeons ceux qui on vraiment envie de parler laissons les autres que chanter…
… Peut-être qu’Amy Winehouse n’aime pas les interviews mais Vincent Tarrière a l’air d’adorer les fautes d’orthographes ..