mars, 2007

chanson du monde: les voyages de Lo’Jo

Le groupe Lo’Jo fête ses 25 ans d’existence avec une double compilation et 3 cartes blanches à la Maroquinerie où se croiseront amis musiciens, DJs et créateurs de performances visuelles. Un univers foisonnant à découvrir de toute urgence. 20 albums à gagner. Répondez à la question du concours à la fin de l’interview!

C’est la première fois que vous fêtez un anniversaire. Pourquoi celui-là et pas celui des 10, 15 ou 20 ans ?
Denis Péan. C’est un prétexte. Un prétexte qui permet de clore symboliquement une étape. Sur un disque, on a compilé des anciennes chansons et sur l’autre celles d’amis qu’on a rencontrés en route qui raconte aussi notre histoire.
Richard Bourreau. Pour moi Lo’jo est une école. On a appris la vie ensemble. La musique fait partie de ça, mais c’est un tout. Par rapport à d’autres groupes, notre évolution a été très très lente. Mais, petit à petit, on a gravi des marches. Dès que quelque chose d’un tant soit peu merveilleux nous arrive, on est excités comme des gamins. Je crois que c’est notre côté « campagnard» qui nous sauve, qui nous empêche d’être blasés !
Avez-vous aimé réécouter vos vieux morceaux?
Denis Péan. Cela m’a fait penser à une construction du facteur Cheval plus qu’à une œuvre musicale.
C’est-à-dire?
Denis Péan. Le facteur Cheval est un facteur de la Drôme qui a passé sa vie a récolté des cailloux. En s’inspirant de timbres étrangers qui venaient d’Inde, de Turquie ou d’Amérique latine, il a construit son palais idéal. Se retourner sur son chemin pour récupérer ce qu’on a trouvé et, à partir de là, façonner un monde inédit: Lo’Jo c’est ça.
Vous vous êtes faits tout seuls, en autodidactes?
Denis Péan. J’ai appris la musique comme on apprend une langue étrangère, quand j’avais 16 ans. J’ai donc balbutié pendant longtemps. Que ce soit dans la pratique de mes instruments, dans la composition, dans l’écriture de la musique, dans le chant et dans l’organisation sociale. Mais on a immédiatement voulu faire quelque chose qui était nous-mêmes, sculpter notre propre matière, trouver le style. On ne s’est pas mis dans le chemin du reggae, du jazz ou de la musique tzigane.
Est-ce que vos objectifs initiaux ont beaucoup changé par rapport à aujourd’hui ?
Denis Péan. Au départ c’était un projet complètement confus qui n’était même pas formulé. C’est le nom qui lui a donné un sens. Parfois, le projet n’existait quasiment plus parce que les gens avaient fui, parce qu’il n’y avait pas de concerts ou de perspectives professionnelles. Il y avait juste le nom qui était un fil. C’est d’ailleurs le nom Lo’Jo qui fête ses 25 ans. Le mot de Lo’Jo peut se traduire en musique, en image, en philosophie de vie. C’est un mot inventé qui n’a aucune signification et qui nous laisse toute liberté.
On vous qualifie maintenant volontiers de passeurs puisque vous avez initié les carrières du Gangbé Brass Band ou de Tinariwen. Comment vous situez-vous par rapport à ce rôle?
Denis Péan. Nous avons indéniablement joué ce rôle. C’est une autre improvisation générale en dehors de la musique en fonction des circonstances.
Vous vivez dans une maison communautaire et vous êtes également très actifs à Angers et dans toute votre région?
Denis Péan. On a toujours été très actif et militant dans toute la région, que ce soit auprès des écoles, des hospices, des centres pour handicapés, ou de toute autre institution qui fait appel à nous. On a arpenté partout. On fait toutes «les brousses» d’ici. Ce n’est donc pas un hasard si le maire de Mûrs-Erigné nous a offert la jouissance de la maison de la Fontaine du Mont.
La deuxième compilation «Chants d’amis» que vous faites paraître dans ce coffret anniversaire rassemble des musiques très variées et pourtant il s’en dégage une certaine unité, une cohérence. Quel en est le fil conducteur?
Nadia Nid El Mourid. Nous avons choisi uniquement des artistes amis, des gens avec qui l’on a partagé quelque chose, qu’on a côtoyé. Il y a une histoire avec chaque personne de ce disque. Denis Péan. Cela nous a aussi permis de revendiquer certaines choses musicalement. Par exemple en y mettant un titre de Scott Taylor qui est un musicien tellement inspiré, tellement original, mais tellement peu reconnu. De cette façon Lo’Jo peut aussi être un label pour certaines personnes. On voit bien ce qui relie tous ces gens-là. Qu’ils viennent de très loin comme Tinariwen ou d’à côté de chez nous comme Gérard Piéron. Ce disque rassemble toutes nos influences, des cultures très anciennes à des formes très actuelles comme le groupe Ez3kiel.
Quelle est l’histoire du morceau d’ouverture de ce disque, ce rap de Bamako bourré d’énergie?
Nadia Nid El Mourid. Le groupe s’appelle Guérébou Kounkan (myspace). Ce sont des enfants de rue de Bamako. En en public, c’est incroyablement fort et c’est un gamin de 13 ans qui chante ! Cette chanson est un appel au Président malien pour lui dire qu’il y a une urgence à s’occuper de la jeunesse. On les a rencontrés lorsqu’ils sont venus travailler chez nous avec le rapper Kwal (myspace)
Parallèlement paraît le recueil de poésie de Denis Péan «Musée de la Parole» ?
Denis Péan. Ça c’est un projet personnel. J’aime la poésie parce que c’est quelque chose de tout à fait invendable. Il est impossible d’en vivre, ce qui épure le nombre des concurrents… C’est un artisanat très précis, comme celui d’un tailleur de pierres. Dans ma poésie, il y a le son des créoles, des Africains, des touarègues, des anciens. J’ai illustré ces textes avec des images que des artistes côtoyés m’ont données comme le photographe Bogdan Konopka ou la peintre Jo Pinture qui signe aussi la pochette du coffret.

CONCOURS:

Question: De quelle région vient le groupe Lo’Jo?

  • Paris
  • Marseille
  • Angers

Pour gagner un des 20 albums de Lo’ Jo, envoyez votre réponse avec vos nom, prénom, adresse postale et email à:

concours@vibrations.ch LE CONCOURS EST FERME

La liste des gagnants sera affichée sur le site.

Références :

ALBUM

  • “Tu connais Lo’Jo?” (double CD collector, Emma Productions/AZ)

CONCERTS

  • Paris, La Maroquinerie, les 4 , 5 et 6 avril. Invités : Beau Catcheur (le 4) Tinariwen (le 5), Frank Vaillant et René Lacaille (le 6). Les 3 soirs, performances du groupe ZUR www.groupe-zur.com. Musée Lo’JO avec objets et instruments insolites dans la cour de la Maroquinerie.

LIVRE

  • Musée de la Parole : 45 textes poétiques, chroniques de voyages avec 15 illustrations d’artistes. (Editions Almarita)

SITE DU GROUPE

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TV On The Radio sur le prochain Massive Attack

Dave Sitek, du groupe TV On The Radio, sera un des producteurs du prochain album de Massive Attack, révèle le site américain Spinner. Intimidé à l’idée d’approcher le groupe, Sitek a été présenté à Robert Del Naja du trio de Bristol par le rapper Mos Def. Egalement pressenti pour apparaître sur le successeur de 100th Window (2003) : Dot Allison, Horace Andy et Mike Patton.

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Philip Glass rend hommage à Ghandi

A partir du 5 avril et jusqu’au 1er mai, l’English National Opera présente au London Coliseum Satyagraha, un opéra sur la vie de Mahatma Ghandi composé par Philip Glass.

Satyagraha fait partie d’une triologie d’”opéras-portrait” que Glass consacre aux hommes qui ont changé le monde.

Le livret a été entièrement écrit en sanskrit.

INFORMATIONS ET RESERVATIONS

Le site du English National Opera

Le site du compositeur

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John Scofield

john scofield

PHOTO: JASON TANAKA BLANEY

Dix ans après A Gogo, le guitariste repart avec le trio Martin Medeski & Wood pour l’album Out Louder, jazz mâtiné de soul et funk épicé de reprises. Un régal pour les amateurs de galettes groove

Igor Stravinsky Le Sacre du printemps. N’importe quelle version. Le zénith de la musique orchestrale occidentale.

John Coltrane Coltrane. Ce quartet-là est mon groupe favori. Le meilleur de tous les temps, tout comme cette musique représente bien plus que simplement le jazz…

James Brown Star Time.
C’est la bombe, avec monsieur Dynamite à son sommet!

Miles Davis Sorcerer. Je pense que cet album est le point culminant de l’évolution du jazz swing. Une histoire qui commence dans les années 1920 et se termine ici.

BB King Live At The Regal. Voilà ce qui m’a fait commencé à vouloir devenir un guitariste soliste. Je l’ai écouté pour la première fois à treize ans, et aujourd’hui il sonne encore mieux qu’à l’époque.

Jim Hall et Bill Evans Intermodulation. J’avais quinze ans quand je suis tombé dessus. Cela pourrait sembler totalement à l’opposé de BB King, mais moi je les aime tout autant. Plus que le jeu formidable qui est déployé, ce disque parvient à retranscrire une atmosphère qui dépasse les mots, même si beaucoup ont essayé de la nommer…

Bud Powell The Bud Powell Trio. J’aime Charlie Parker et Dizzy Gillespie, mais dernièrement Bud Powell est le musicien de bebop qui m’intéresse le plus.

Compilation When Gospel Was Gospel Si vous aimez la soul, tout est là… et même plus. C’est vraiment le truc! Le gospel est à la base de tout et cette fantastique sélection de Shanachie Records propose des versions mortelles avec la plupart des meilleurs artistes du genre.

George Jones Greatest Hits. La country peut être une musique très profonde. Vraiment. Ecoutez-ça.

The Beatles Revolver. Souvenirs d’adolescence. La bande-son de ma jeunesse… Un classique.

ALBUM

  • Medeski, Scofield, Martin & Wood, Out Louder (Indirecto Records/Universal)

SITES

reggae: Sly, Robbie et Bitty McLean à Banlieues Bleues

ROBBIE SHAKESPEARE ET SLY DUNBAR

Premier concert français pour un trio qui s’est bien trouvé: ravivées, les années lumières du reggae…

Alors que les grandes formations du reggae roots disparaissent ou fusionnent au gré du marché mondial des transferts jamaïcains, un seul duo reste indestructible : Sly Dunbar, à la batterie, et Robbie Shakespeare, à la basse. Comme tous les couples mythiques, ils ont connu des hauts (Rolling Stones, Gregory Isaacs, Black Uhuru, Gainsbourg, Chaka Demus & Pliers…) et peut-être quelques bas, mais restent inséparables pour le meilleur, soudés par un engagement rythmique scellé il y a plus de 30 ans.

“Quand je dis je suis Sly, j’ajoute “de Sly et Robbie” et les gens comprennent tout de suite! Malgré les années, je suis toujours charmé par la magie de la basse de Robbie, un son lourd, propre, unique!”, rigole Sly. Les deux ont vite décidé de monter leur label, Taxi, ravivé grâce à des économies amassées pendant une tournée avec Peter Tosh et des avances perçues pour services rendus sur des productions de majors. Aujourd’hui, ce label produit toujours “de jeunes talents, comme la fille de Toots, Buju Banton ou Tina, sur des riddims dancehall, ou même one drop, car ce style roots revient à la mode: cette chaleureuse ligne de basse manquait à la musique jamaïcaine.”

Mais le nouveau partenaire régulier du duo est né après l’invention du one drop. Il n’a que 30 ans et a grandi dans la grisaille de Birmingham, loin des Caraïbes, mais chante comme les vieux de la vieille: on sent que le petit connaît ses classiques (Gregory Isaacs, John Holt, Johnny Clarke ou Nat King Cole). Bitty McLean (myspace) a beaucoup de cordes à son arc vocal (lovers, soul, rub’a’dub), et il est aussi ingénieur du son. Il a d’ailleurs mixé l’album d’UB40 Promise And Lies et y a posé sa voix, de quoi se faire remarquer par le duo Sly-Robbie, puis enchaîner quelques hits dans les charts anglais. Sly et Robbie viennent tout juste d’enregistrer un album en Jamaïque avec Bitty McLean, déjà la coqueluche des sound systems de l’île.

Sur scène, les trois semblent s’être bien trouvés, plus pour prôner l’amour que la révolution, en ravivant le meilleur son des années lumières du reggae… Alors que leur première performance française, à Banlieue Bleues le 24 mars dernier, s’achève, le public en redemande, mais le génial et vétéran ingénieur du son Godwin Logie (Steel Pulse, Black Uhuru, Toots, LKJ) souffle le mot de la fin, hilare : “C’est bon d’être désiré!”

EN ECOUTE

Bitty McLean, secondé par Sly & Robbie: extrait de medley, enregistré le 24 mars 2007 à Banlieues Bleues

VIDEO

Dernière répétition du groupe dans les loges à Paris avant le concert de Banlieues Bleues

SITES

Concert: Tony Allen en guest-star au Glaz’art

De l’afro-beat revisité au violon par le groupe Feva, avec, à la batterie et en guest-star, le parrain du genre, Tony Allen: rendez-vous le 13 avril au Glaz’art, à Paris, de 22 heures à l’aube…

Pere Ubu réédité, célébré et bientôt en concerts européens

Mercury Records réédite les albums du groupe parus originalement sur Fontana: le 16 avril sortiront The Tenement Year (1988), Cloudland (1989), Worlds In Collision (1991) et Story Of My Life (1993). Les disques, remarsterisés, comprendront des bonus et des tracklistings revus… David Stubbs, de The Wire, est l’auteur de notes de pochette extensives. Pere Ubu annonce de plus des dates de concert en Europe. Du côté des hommages, Smog Veil Records sort en novembre des démos, des enregistrements de répétitions et de live de Peter Laughner, décédé en 1977, compositeur, chanteur et guitariste avec Rocket From The Tomb et des débuts de Pere Ubu.

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Le Buena Vista Social Club à nouveau en deuil

Faustino Oramas, connu tout particulièrement pour ses ballades mielleuses, est décédé le 27 mars à 95 ans, annonce Reuters. Surnomé “El Guayabero”, le compositeur était l’auteur de “Candela”, l’un des titres les plus rythmiques de l’album qui a fait connaître la bande cubaine du monde entier en 1997. Faustino Oramas a commencé sa carrière en troubadour, distillant de ville en ville ses paroles aux métaphores volontiers graveleuses. Si ses papiers dataient sa naissance en 1911, l’artiste n’était pas complètement sûr de sa vraie date de naissance: d’aucun prétendent qu’il avait 103 ans…

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Tout sur l’ukulélé: un site célèbre ses charmes multiples

Sept musiciens de tous bords et peu avares en talents, le Ukulélé Club de Paris, révèlent tout sur le petit instrument: histoire de ce parent du cavaquinho portugais, mais surtout recensement d’événements qui s’y rapportent, news sur les sorties de disques, lecture en ligne du magazine du club, et extraits musicaux enchanteurs… www.ukuleleclub2paris.com

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Christian Fennesz: collaboration avec Ryuichi Sakamoto

Le chercheur audio au laptop, après quelques dates européennes en avril, prolonge sa collaboration avec le compositeur (auteur des musiques de The Last Emperor…). Pour faire suite au EP ” Sala Santa Cecilia”, Cendre, composé de onze titres, paraîtra le 15 mai sur touch. Fennesz est à la guitare et au laptop, alors que Sakamoto y joue du piano… et du laptop.

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Encore un festival estival… Connect aligne les bons plans

Voici les beaux jours, et les annonces de line-ups des festivals de l’été qui pointe… La compétition est serrée, mais le Connect Music Festival, du 31 août au 2 septembre, se profile parmi les meilleurs plans. En Ecosse, sur les rives du Loch Fyne, à proximité du Inveraray Castle, se produiront des artistes attendus. En vedettes: Björk, les Beastie Boys, The Jesus & Mary Chain, Mogwai, LCD Soundsystem, Primal Scream, CSS, Nouvelle Vague, The Go! Team, Idlewild… Programme complet sur www.connectmusicfestival.com.

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Les Happy Mondays reviennent avec un nouvel album

Un nouveau single en juin, annonce NME.com, et un album entier, encore sans titre, du groupe de Manchester qui devrait sortir sur Sanctuary Records. Le disque est produit par Howie B et Sonny Levine. Selon le meneur Shaun Ryder: “Je ne suis pas un très bon vendeur… Je ne suis pas vendeur du tout. Je pense que c’est vraiment un très bon album.”

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funk: l’anniversaire du groove à Paris

SHEILA E

Pour célébrer les 40 ans présumés du funk, Zapp Band, The Headhunters, Eumir Deodato et Sheila E avec ses consoeurs, étaient invités à ressusciter la fibre du genre à Paris

En ouverture des festivités funk: Zapp, sans faire oublier l’absence de Roger Troutman, son maître à penser et son leader à jamais, a envoyé ses hits très années 70 avec panache et force vocoder. Roger Troutman laisse un grand vide au milieu des siens, mais la vitalité de ses frères, Zapp et Lester, le show assuré par Big Robb et ses tenues délirantes, auront transporté le public de la Cigale dans le bon mood jusqu’au “California Love” (de Tupac) final.

Le jazz funk est peut-être passé de mode, mais quand des musiciens du calibre de Bill Summers et Mike Clark, du génial bassiste TM Stevens, mettent tout leur savoir-faire en œuvre, les limites esthétiques ou temporelles du genre sont vite dépassées. Invité de dernière minute, le saxophoniste Donald Harrison, avec son sens du swing, sa culture néo-orléanaise, et ses chorus plein de ressources, a constamment tiré la substantifique moelle de morceaux toujours aussi solidement ancrés rythmiquement.

Il n’était jamais venu à Paris, aussi le New Morning était-il plein à ras bord pour voir Eumir Deodato. En trio, le Brésilien avait promis en coulisse qu’on serait surpris de la puissance dégagée par une si petite formation. De fait, le très cool pianiste a mouillé sa chemise pour assurer un gig où funk et jazz électrique, parfumés de rythmes brésiliens, auront tenu la salle en ébullition. Le personnage est en tout cas sympathique, lui qui n’hésite pas à avouer tranquillement que nombre de ses “albums commandés par les maisons de disques dans les années 70 n’étaient sans doute pas indispensables”!

Seul bémol finalement dans cette semaine rétro mais pas trop : le concert réunissant un groupe féminin emmené par Sheila E à la baguette. Timorées, ses partenaires avaient sans doute de bonnes intentions, mais aussi des limites vites atteintes et un répertoire trop fourre-tout et déroutant. Pas grave, le meilleur était passé et les fans de funk étaient déjà reboostés par l’annonce de la venue cet été de Sly Stone en personne à Paris et dans le Sud…

Groove’n’Funky Anniversary, du 10 au 18 mars dernier à Paris.

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électro: DJ Palotaï, la touche hongroise

Ce DJ hongrois quadragénaire est un modèle d’éclectisme dans son pays. Il officie sur des radios alternatives et est le résident du festival de Budapest Sziget

Cela fait quinze ans que Jolt Palotaï officie sur la radio interdite Radio Tilos, enthousiasmante radio alternative de Budapest, jadis pirate, vissée au-dessus d’un bar et recouverte de graffs, autocollants et autres tags qui déclinant les tendances musicales qui traversent cet ex-pays communiste. Punk, techno, garage, hip hop, dub : Palotaï est de toutes ces mini-révolutions.

Jolt Palotaï a grandi à “l’âge de pierre”, une époque où il était difficile de se procurer des vinyles en Hongrie. La mixette et Internet n’existaient pas, et les cassettes psychédéliques s’échangeaient sous le manteau. Aujourd’hui, il fait danser des milliers de personnes sur du breakbeat, de la drum’n’bass ou du hip hop. Il est aussi DJ résident du fameux festival Sziget, îlot de musiques innovantes au milieu du beau Danube bleu. “Palotaï est une institution, un modèle”, soufflent deux jeunes DJ qui préparent une émission techno-indus sur Radio Tilos. Ils s’écartent pour laisser passer ce grand quadra éternellement à la pointe des tendances venu avec ses vinyles, mp3 et CD pour mixer Coldcut, Gotan Project, Juju Orchestra ou des sons de Transylvanie, région qu’il a musicalement explorée dès les années 80.

La fièvre qui y régnait alors valait celle des raves actuelles. “Il y a quelques années, il te fallait une demi-heure pour faire ressentir la musique globale. Aujourd’hui, il suffit de quelques minutes, car toutes ces influences peuvent se retrouver dans une chanson”, raconte Palotaï. Mais aujourd’hui “sono mondiale” se dit encore “Palotaï Touch” en Hongrie.

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CONCERTS

Soirées spéciales Festival Sziget :

  • A Lille à l’Aéronef, le 30 mars avec Swing Gadgé, Romano Drom et DJ Eastenders

  • A Paris au Divan du Monde, le 31 mars avec apéritif et repas hongrois, Romano Drom, DJ Eastenders et DJ Palotaï

SITES

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Rachid Taha conspué à Helsinki

Le rocker franco-algérien a subi la colère du public lors d’un concert à Helsinki dimanche dernier: tout le contraire de son succès à Paris (Vibrations y était). Le journal local rend compte de l’état d’hébriété avancé: “Taha s’est moqué du public pour sa première visite en Finlande”. Le quotidien Hufvudstadsbladet dit encore que Rachid Taha “chantait mal, en dehors du rythme, et bavait sur son micro.” L’artiste se serait vu crier des “Go home” à tout va, lui qui gesticulait sur scène et arrosait d’eau les premiers rangs. Le journal relate encore la fin du concert, date de la grande tournée européenne de promotion de l’album Diwan 2: le rocker aurait fini son show allongé sur la scène.

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Trompettes et cornemuse chez les White Stripes

Loin, le piano du dernier album du duo (Get Behind Me Satan). Si l’on trouve tout de même des claviers, synthétiseurs et Wurlizer sur Icky Thump, à paraître mi-juin sur Third Man/Warner, on y remarque surtout la présence de la trompette et de la cornemuse: Jack White, tête pensante du groupe, est tombé en amour avec le jeu de trompette d’un musicien découvert dans un restaurant de Nashville. Icky Thump, enregistré en trois semaines à Nashville donc, passe du garage-blues caractéristique des White Stripes à des rythmes de tango, une danse écossaise et du spoken word. Meg White donne de la voix sur quelques morceaux, et les deux musiciens devraient écumer les routes américaines dans les temps qui viennent.

TRACKLISTING:

  • Icky Thumb
  • You Don’t Know What Love Is (You Just Do As You’re Told)
  • 300 MPH Torrential Outpour Blues
  • Conquest
  • Bone Broke
  • Prickly Thorn, But Sweetly Worn
  • St. Andrew (This Battle Is In The Air)
  • Little Cream Soda
  • Rag And Bone
  • I’m Slowly Turning Into You
  • A Martyr For My Love For You
  • Catch Hell Blues
  • Effect And Cause

Le festival Sonar fait fort: Beastie Boys, Dizzee Rascal, Devo…

Le rendez-vous le plus classieux du printemps, qui se tient à Barcelone du 14 au 16 juin, invite la crème des productions électro, rock ou hip hop. Les Beastie Boys donneront non pas un, mais deux concerts, le premier qui reprend tous leurs classiques, et le deuxième, instrumental, rend hommage aux B.O. des séries télévisées des 70’s. A l’affiche encore: Dizzee Rascal (un performer incroyable), Devo, Jeff Mills, Mogwai, Rahzel & DJ Js-One, Cornelius, Dave Clark, Nicole Willis & The Soul Investigators, Kode 9 & Spaceape… Programme complet sur www.sonar.es.

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Amy Winehouse annule un concert parisien très attendu

Le concert du 30 mars au Trabendo est annulé: aucune raison n’a jusqu’ici été donnée. On sait pourtant qu’Amy Winehouse a aussi refusé des apparitions à la télévision française… Ce qu’en dit son attachée de presse: “elle se sent bien chez elle”. Dommage, car la première prestation live de la chipie, archi complète, était plus qu’attendue par la presse et par des fans qui faisaient déjà monter les enchères dans la revente des billets au marché noir. Le concert n’est pour l’heure pas reporté à une date ultérieure.

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Abbey Lincoln chante Abbey Lincoln

L’une des grandes voix du jazz se rend un hommage bien mérité à elle-même. Sur Abbey Sings Abbey, à paraître le 21 mai sur Universal, Abbey Lincoln reprend ses compositions personnelles pour un répertoire exigeant tiré des neufs albums sortis chez Verve ces quinze dernières années. Celle qui a collaboré avec les plus grands jazzmen (Coleman Hawkins, Eric Dolphy, Max Roach…) s’entoure cette fois-ci de musiciens de studio dans l’idée de contourner une virtuosité affectée qui pourrait hypothéquer un hommage dévolu à la musique populaire américaine, de la country au blues en passant par le jazz et le folk pop… Le disque s’ouvre sur sa version de “Blue Monk”, dont son interprétation avait conquis Thelonious Monk des années auparavant.

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concours: des places pour Susana Baca

La diva investit la Spirale, à Fribourg (Suisse), pour un concert qui promet une intimité hors du commun: trois fois deux places à gagner

La voix de jeune fille de Susana Baca, tantôt émouvante, toujours élégante, se pose sur des rythmes africains, d’appartenance caribéenne, où les instruments indigènes anciens – cajon, quijada… – marient esprit traditionnel et énergie du présent. La Péruvienne rend hommage aux cultures du monde, chante en espagnol, sa langue, mais aussi en créole sur une reprise du célèbre “Mesi Bon Dieu” (immortalisé par Harry Belafonte), ou en français sur “Etre né quelque part” de Maxime Le Forestier, deux reprises tout en douceur, présentes sur son dernier album Travesias, sorti en 2006.

Grande dame de la chanson du monde actuelle, on avait plutôt l’habitude de la retrouver dans des salles au nombre de spectateurs conséquent. Cette halte à la Spirale de Fribourg, petit caveau chaleureux, est, si ce n’est étonnante, du moins enthousiasmante. On ose imaginer la proximité qu’une telle artiste saura créer dans un si petit espace, elle qui sait déjà tisser des liens dans d’immenses auditoriums.

Trois invitations valables pour deux personnes sont à gagner: LE CONCOURS EST FERME

Envoyez un mail avec vos nom, prénom, adresse postale et email à:

concours@vibrations.ch

Les gagnants seront avertis par mail.

CONCERT

  • 31/3, Fribourg, la Spirale

SITES

ALBUM

  • Susana Baca, Travesias (V2)

Concours Festival Blue Note: les gagnants

À la question du concours ” En quelle année a été fondé le label Blue Note?”
Il fallait répondre: 1939

Voici la liste des gagnants:

Concert de Chico Mann et Kindred Spirits Sound System
le 29 mars à Paris (Bus Palladium)

  • BERLIOZ Julien
  • BRAJOU Alexis
  • COCAULT Anne-Sophie
  • ERWANN Louis
  • GREIPL Roger
  • KLAM Sabas
  • LUCAS Charles
  • ONIDI Anne
  • SABATIER Nico
  • WEGNEZ Sandrine

Concert de Terry Callier Group et Anthony Joseph
le 29 mars à Paris (New Morning)

  • CAPEL Julien
  • JAGLIN Martin
  • KRAKOVICH Michael
  • LODEWYCK Daniel
  • MENAGER Cédric
  • VITASSE Franck

Concert de Dirty Dozen Brass Band
le 3 avril à Paris (La Cigale)

  • AVALLE Elvire
  • BAKELA Dolores
  • BERRAF Karim
  • JUAN Christophe
  • GAUDEFROY Guilhem
  • IVANOFF Anne-Sophie
  • LALOUX Thierry
  • MARTY Guillaume
  • PONDI Simon
  • RICHARD Raphael

Concert d’Omar et Ursula Rucker
le 4 avril à Paris (La Cigale)

  • HERBETH Anne Chloé
  • JOHNSON David
  • KADOURI Salem
  • KADHI Saâd
  • KULENOVIC Boris
  • LLINARES Ophélie
  • LOUIS Gwendal
  • QUEMBRE Vincent
  • ROQUES Bili
  • ROUAULT Vincent


Les gagnants sont avertis par email et reçoivent une invitation valable pour une personne pour le Festival Blue Note 2007.

The Books donne dans le CD

Les artisans du collage audio ne laissent pas de côté les images: leur travail sur le son et les visuels se retrouve désormais sur un DVD qui sera disponible lors des concerts, et sur leur site internet. Playall mélange les enregistrements sonores de leurs albums, et les images de leurs concerts dans une expérience multimédia que l’on dit extraordinaire. Deux titre inédits apparaissent encore sur le DVD: “Classy Penguin” et “8 Frame”.

The Wedding Present publie l’entier de ses Peel Sessions

Les Anglais érigent un monument à leur propre gloire – et un hommage au talent de défricheur du programmateur légendaire de BBC1. The Wedding Present sortent la semaine prochaine Complete Peel Sessions: 1986-2004 sur Sanctuary Records. Le coffret de six CD, projet supervisé par le meneur David Gedge en personne, comprend des enregistrements studio, des live et des interviews. On trouve parmi les raretés une incursion dans le folk ukrainien, et une reprise de Orange Juice, “Felicity”.

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Willie Nelson s’acoquine avec Mariah Carey

La légende country ne fait pas dans les états d’âme: après mille et un duos avec mille et uns talents, après avoir collaboré avec Julio Iglesias, Willie Nelson apparaît, pour un titre, aux côtés de la diva Mariah Carey. Le morceau en question, “I’ve Got A Right To Dream”, appartient à la bande-son du film Tennessee, dont on ignore pour l’heure la date de sortie. L’idée, comme la mélodie, viennent de la jeune bimbo, et le vieux loup – qui vient de lancer un nouveau label, Pedernales Records – est l’auteur des paroles. Willie Nelson, du haut de ses 74 ans, l’admet: “C’est pas vraiment de la country… C’est du Mariah”.

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download: l’art brut sonore d’Infinite Livez vs Stade

PHOTO: ELLEN DOHERTY

Une créativité débridée pour ce trio électro-néo-dada à l’univers sonore drolatique

« De l’art brut pour la jeunesse » sur le label Le Grand Dada, c’est Jean Dubuffet et Tristan Tzara chez les Cockneys. Soit d’un côté un rappeur et cartooniste anglais à l’humour scatologique doublé d’un déconstructiviste du beat et de la rime ; de l’autre deux musiciens qui font grincer leurs samplers et leurs claviers loin des convenances établies. Ensemble ils repoussent les limites du bon goût, explorant un univers sonore drolatique et plein de surprises pour les oreilles, un genre de Captain Beefheart de l’époque digitale.

Stade et Infinite Livez n’y vont pas avec le dos du sampler sur la table à disséquer, improvisant des pièces faussement bancales qu’on met un certain temps à apprivoiser. Mais une fois qu’on a adopté ces adorables petits monstres, on ne peut plus s’en passer. Une créativité débridée, bien loin des sages et convenues tentations électro-jazz.

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Unbiased Reductionism In 21st Century Music Practices

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CONCERT

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photographie: Thomas Dorn, tambours et visages

TINARIWEN, vers Kidal, Mali, 2006

Le photographe allemand expose, à l’occasion du 25ème Cully Jazz Festival, des balades qui vont de musiques en pays, de portraits d’artistes en atmosphères

« Houn-Noukoun » en langue fon (Sud du Bénin) se traduit par « Tambours et Visages ». C’est le titre que le photographe allemand Thomas Dorn a donné à son beau livre de photographies – aujourd’hui épuisé –, fruit de dix années de reportages musicaux en Afrique, de 1987 à 1996.

C’est au Bénin, avec la rencontre d’une Angélique Kidjo encore inconnue en dehors de ses frontières, que débute son histoire d’amour avec le continent, qui va l’amener à traîner son objectif du côté du Congo, du Ghana, de Guinée, du Mali ou de la Tanzanie. Voilà pour les tambours. Quant aux visages, on retrouve ses gros plans aux couleurs saturées dans nombre de pochettes de disques de jazz. Aujourd’hui, le photographe se tourne vers d’autres régions du monde. Son projet en cours l’a amené jusqu’au nord de l’Inde, à Allahabad, où il a suivi les bains sacrés du Maha Khumb Mela.

CHIUTUNGWEA, TANZANIE

RABIH ABOU-KHALIL, Paris, 2001

EXPOSITION

  • Thomas Dorn, Covers & Stories, Cully (Suisse), Galerie Davel 14, Du 23 au 31 mars

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Le premier album de Sa-Ra sort enfin

Annoncé depuis deux ans, le premier album du trio de rappers futuristes Sa-Ra Creative Partners (MySpace) est confirmé pour le 24 avril, annonce le site Okayplayer. The Hollywood Recordings comprendra des collaborations avec Erykah Badu, Talib Kweli, Bilal, J.Dilla, Capone-N-Noreaga, Pharoahe Monch, Kurupt, Georgia Anne Muldrow et Lord Nez.

Le groupe californien avait été signé en 2003 sur le nouveau label du producteur Kanye West G.O.O.D Music. Quand le label fut absorbé par Sony, des tensions apparurent avec la Major, ce qui amena les deux parties à se séparer. Hollywood Recordings sortira finalement sur l’indépendant Baby Grande.

Pour patienter, on peut écouter “Feel the Bass”, un titre exclusif de Sa-Ra sorti en mixtape uniquement avec Talib Kweli en cliquant ici (real player).

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Suzanne Vega, second life?

Après avoir fait sensation (?) en étant la première artiste connue à donner un concert sous forme d’avatar sur Second Life, l’interprète des tubes immortels “Tom’s Dinner” et “Luka” annonce son retour – dans la vraie vie cette fois-ci. Le nouvel album de Suzanne Vega Beauty & Crime produit par l’Anglais Jimmy Hogarth (Corinne Bailey Rae, James Blunt, James Morrison) sortira sur le label Blue Note le 4 juin prochain avec, comme thème central, la ville de New York. On y croise une pléthore de musiciens, dont le guitariste de Sonic Youth Lee Ranaldo.

TRACKLISTING

  • Angel’s Doorway
  • Anniversary
  • As You Are Now
  • Bound
  • Edith Wharton’s Figurine
  • Frank and Ava
  • Ludlow Street
  • New York Is A Woman
  • Pornographer’s Dream
  • Unbound
  • Zephir And I

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Le hip hop est vivant, clame KRS-One sur son nouvel album

“Le hip hop est mort” affirmait le titre du dernier album de Nas. Son aîné KRS-One (Boogie Down Production) lui réplique “Le hip hop est vivant” dans Hip Hop Lives à paraître le 22 mai. Pour ce nouveau disque, KRS-One a retrouvé le producteur Marley Marl, producteur new-yorkais pionnier des années 80.

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world: Rachid Taha, l’ultime rocker de France

Hier soir, premier concert de la tournée de Rachid Taha. Vibrations y était.

“Voilà, voilà que ça recommence… Je croyais que c’était fini, mais non, non, ce n’était qu’un répit”. Tout a débuté pied au plancher. Pas de retard ni de première partie. “Ecoute-moi Camarade” sonne rauque, tout d’un bloc. Suivi de tous les autres classiques de son répertoire, de “Barbès” à “Douce France”, où le chanteur s’étonne encore de voir le public français ne pas connaître ses classiques. “Rock El Casbah” survolté comme un bon vieux pogo et “Ya Rayah” font chalouper les pieds et chavirer les têtes ; Tékitoi ?” est expédié en duo, et “Agatha” rend un hommage appuyé au signataire Francis Bebey.

Un bon tour de chauffe avant de faire tourner du Nord au Sud sa douce transe, deux heures de show bouillant devant un Bataclan qui affiche complet. Entouré de ses fidèles acolytes, tous de noir vêtus, Rachid Taha bombe le torse, tombe la veste et mouille la chemise, motivé ça va sans dire, non sans rire. Vanne entre deux titres sur Faudel, saillie sur les sanglantes infos, quelques non dits aussi entre les lignes.

Il peut sourire. Le public est à l’image de ses rêves créolisés: de toutes les couleurs et origines sociales. Des filles délurées et des dames de bonne famille, des bientôt retraités et des futurs jeunes premiers, tous unis autour d’un son qui un jour fera masse. Classe intégrale et respect total pour l’ultime rocker de France. A l’heure du rappel, un virage relevé de beats technoïdes sur fond de senteurs épicées. Avant qu’un ami dans la confidence ne me glisse : “En ce moment, Rachid bosse sur du rockabilly version Françarabe.”

VIDEO

  • “Ecoute-moi Camarade”, version scopitone

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Les robots roses géants des Flaming Lips à Broadway

Wayne Coyne, leader des anthologiques Flaming Lips, a annoncé dans une interview à EW.com que leur album de 2002, Yoshimi Battles The Pink Robots, sera porté à la scène. La comédie musicale de Broadway verra Yoshimi combattre les robots géants roses, métaphores de sa maladie… Des titres des Flaming Lips issus d’autres albums pourraient aussi être intégrés. Bien qu’aucune date de première ne soit encore annoncée, les robots sont en route…

Neil Young, l’actualité de son passé

L’une des figures cultes du rock américain se voit consacrée par une biographie musicale extensive: à la rentrée sortira Archives Vol.1, un box en travail depuis une décennie, qui couvre la carrière de Neil Young de 1963 à 1972. Les huit CD, deux DVD et livret de 200 pages comprendra les oeuvres de The Squires, premier groupe de Young, enregistrements rares, inédits et live. Live At Massey Hall, paru récemment chez Reprise, fera partie des bonus: loin d’être de la récupération, l’enregistrement est entré cette semaine en sixième position dans les charts américains.

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T.I. fait appel au gotha: Timbaland, Wyclef, Eminem, Timberlake, R. Kelly…

A l’heure de la surenchère dans les featurings des albums, le rappeur T.I. fait fort. T.I. Vs. T.I.P., à paraître sur Grand Hustle/Atlantic le 3 juillet, fait défiler Eminem, Justin Timberlake, R. Kelly, Nelly, Akon et Lil’ Wayne sur des productions de Timbaland, Wyclef Jean, Just Blaze, Scott Storch et Mannie Fresh. 60 titres auraient été enregistrés, pour n’en retenir que 14… Wyclef, dont 3 chansons seront sur le disque, aurait d’ailleur composé pas moins de huit morceaux en trois jours de collaboration. Le premier single sera sur les ondes début avril.

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jazz hip hop: Soweto Kinch, les contes urbains

SowetoKinch

A Birmingham, Soweto Kinch a grandi entre deux mondes, entre le Handsworth étriqué, mal famé et mal aimé, et la culture léguée par des parents anglo-caribéens fans de jazz. Après un premier album renversant (Conversation With The Unseen), il présente au festival Banlieues Bleues un récit poétique entre jazz, grime, spoken word et hip hop

Vous dites que votre premier album voulait “amener un public jazz vers le hip hop”, et que celui-ci fait le chemin inverse…
Je ne crois pas aux barrières érigées entre les genres. J’ai baigné dans une culture jazz profonde tout autant que dans le hip hop. Cet album raconte une histoire, celle d’une réalité urbaine à travers l’expérience de trois individus, un chauffeur de bus, un collégien et un musicien de jazz. Il veut définitivement sortir des clichés sur la banlieue, lieu de violence et de crimes, et plutôt décrire l’ordinaire, la palette des émotions qu’on peut y ressentir, et pour moi ca va d’une ballade jazz à des tonalités hip hop. Mon inspiration vient du quotidien, d’expériences banales, comme monter dans un train ou dans un bus.
L’album se déroule comme une histoire, rythmée par la voix d’une narratrice de la BBC: c’est du hip hop narratif ?
Oui, le titre “Everybody Raps” par exemple, c’est juste un scénario comique traduit en musique. L’album est en deux parties : la première, A Life In The Day Of B19, parle de gens d’un quartier qui veulent toucher le ciel, devenir célèbres, avoir une meilleure vie, et la seconde, Basement Fables, à paraître, parlera de leur retour à des valeurs plus fondamentales. Les trois personnages (Marcus, Adrian et S.) n’existent pas, mais reflètent d’autres histoires vécues par des gens que je connais. Je ne voulais pas écrire une chanson sur le culte de la célébrité, je préfère raconter l’histoire de Marcus qui se laisse dépasser par la notoriété et le bling bling.
Un des personnages est prêt à tout pour donner sa démo à des producteurs… Vous programmez aujourd’hui des soirées Live Box à Birmingham qui laissent place à de jeunes talents: vous êtes de l’autre côté de la barrière?
Oui ! D’un côté je suis enthousiasmé par toute l’énergie des jeunes, comme les MC grime -un style très dépouillé aux rythmiques proches du speed garage que l’on entend beaucoup en Angleterre. Et d’un autre je suis découragé de voir que certains MC n’ont souvent pour modèle que les Etats Unis, les chaînes de tv musicales et qu’ils ne font pas le lien entre Busta Rymes, James Brown, Miles Davis ou le reggae militant qui fait partie de notre culture anglaise. J’ai toujours eu la chance d’être des deux côté de la barrière dans ma vie, j’ai grandi dans des quartiers défavorisés comme Handsworth ou Hockley, connus pour leur taux de chômage ou de criminalité, mais j’ai étudié à l’école privée et à Oxford. Le système voudrait que le quartier dans lequel on grandit détermine la musique qu’on écoute ou les études qu’on ne fera pas… Je suis contre ces étiquettes faciles “musiques urbaines = rap, r’n’b ou violence”.
C’est pour ça que vous prôniez, dans votre premier album, un monde gouverné par le jazz, musique urbaine par essence ?
C’est un concept qui résume mon approche de la vie et de la musique, l’idée que la joie et l’énergie que l’on transmet en concert n’est pas qu’une approche physique, mais que l’on transmet quelque chose qui pourrrait être politique ou social, même si l’on aime faire danser le public. Ca m’inquiète de voir que ma musique, ou celle d’autres MC, a été définie comme étant du hip hop intellectuel. Personne n’aurait utilisé ce terme pour définir du rock ou du folk “intellectuel”. Pour moi, tout le monde a une dimension intellectuelle.

EN ECOUTE: “Love Gamble”, extrait de A Life In The Day Of B19: Tales Of The Tower Block

CONCERT

DISQUE

  • Soweto Kinch, A Life In The Day Of B19: Tales Of The Tower Block (Dune) non distribué en France

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Le R&B en berne: Luther Ingram est décédé

Le chanteur et compositeur, connu pour son titre “(If Loving You Is Wrong) I Don’t Want To Be Wrong”, est décédé lundi 19 mars, à St Louis. Si son interprétation du hit de 1972 est le point culminant de sa carrière, Luther Ingram est connu aussi pour avoir composé, avec Sir Mack Rice, “Respect Yourself” des Staple Singers. Une carrière marquée par des hits, lancée à New York en 1966 en compagnie des producteurs Jerry Leiber et Mike Stoller, et poursuivie à Memphis où il compose pour le label Koko, partenaire de Stax, pour qui il travaille ensuite. La dernière apparition de Luther Ingram dans les charts américains date de 1986, avec “Baby Don’t Go Too Far”.

La plume érudite de Jeff Chang continue d’explorer le hip hop

L’auteur de Can’t Stop Won’t Stop, somme déjà indispensable sur le mouvement hip hop dans ses contours socio-historiques, poursuit ses recherches en publiant Total Chaos. Le livre - en anglais - anaylse le mouvement à travers les visions de ses pionniers, de ses innovateurs, de ses originaux. Un travail de type académique, mené par le spécialiste (auteur de l’introduction), mêle essais et interviews. Nombreux thèmes sont abordés: de l’histoire de la danse hip hop à l’homophobie récurrente, jusqu’au influences du genre sur la littérature et le théâtre. Les 384 pages sont publiées par Basic Civitas Book.

El-P

el-p

Le producteur liste ses besoins audio: surprenant. Voilà qui explique, peut-être, la complexité de I’ll Sleep When You’re Dead, sorti ce mois. L’album prolonge le Who’s who hétéroclite du membre de Compagny Flow et Cannibal Ox: y apparaissent Trent Reznor, The Mars Volta, Aesop Rock et Cat Power

PHOTO: TIM SACCENTI

Prince Under The Cherry Moon. Sur une île déserte, je serais seul et Prince me fait penser au sexe. J’ai tellement baisé sur ce disque. C’est pas son meilleur album, mais je l’écoute toujours car je suis impressionné par la production. Il n’y a aucune boîte à rythmes par exemple. Du coup, c’est assez différent de ce qu’il fait habituellement.

Fat Boys Fat Boys. Quand je les écoute, j’ai l’impression de redevenir un gamin qui découvre le hip hop et c’est un sentiment assez agréable. «Jailhouse Rap» est sûrement l’une des meilleures chansons rap jamais écrites.

EPMD Business As Usual. Ce qui me manque quelque part, c’est cet esprit hardcore B-Boy. Avec EPMD, je m’y frotte un peu. J’aimerais bien être plus sur la brèche, partager ce danger du hip hop, le sentir venir vers moi.

Nine Inch Nails The Fragile. C’est un très beau disque, très bien produit et aussi incroyablement triste. Je me sentirais tellement mal sur mon île déserte que j’aurais envie de m’apitoyer sans arrêt sur mon sort. C’est, je crois, l’album parfait pour extérioriser sa souffrance.

Talking Heads Stop Making Sense. Là par contre, c’est un disque plutôt joyeux qui dégage une certaine bonne humeur. Un album que j’écoutais souvent quand j’étais petit.

Funkadelic Maggot Brain. C’est le disque qui accompagne toutes les émotions et j’espère bien en avoir sur cette île. Ce serait l’album qui me ferait apprendre des choses sur moi-même, sur cette expérience de la solitude complète.

Public Enemy Yo! Bum Rush The Show. Je l’amènerais avec moi simplement parce que c’est un classique absolu et que je ne pourrais pas m’en passer pendant une trop longue période.

The Beatles Sergent’s Pepper. Je pense vraiment qu’il s’agit d’un album parfait. Il est tellement incroyable, tellement riche. Il figure en bonne place dans ma discothèque personnelle.

Jimi Hendrix Voodoo Child. Je suis fan. Hendrix c’est le côté sombre de l’âme. Quelque chose qui apparaît parfois dans ma personnalité et qui apparaîtrait encore plus souvent sur une île déserte.

DEVO Q: Are We Not Men ? Encore un album que j’adorais étant gamin.