techno: Jeff Mills, seul dans l’espace

Depuis combien de temps n’aviez-vous été séduit par un album techno en entier? Le pionnier Jeff Mills propose sur One Man Spaceship des mantras sonores fascinants

The Wizard est de retour avec un album. Un grand, un vrai. Qui démontre que le style au départ instinctif de Jeff Mills s’est étoffé au fil des expériences menées dans le cadre de ses collaborations avec le philharmonique de Montpellier et les milieux du cinéma et de l’art contemporain.

Moins de saturations, une vitesse de croisière tempérée, des choix de mixage et de sons inédits. Mais toujours autant d’ambition dans le traitement visionnaire de la musique techno. Les répétitions de “Cloak et Life-Timed Device” sont comme des mantras sonores à déchiffrer. Plusieurs fois, on est happés par des nappes dont l’étalement et la tension semblent infinis. L’utilisation dramatique des violons est saisissante.

Le mysticisme, l’étrangeté et la beauté exigeante de One Man Spaceship s’inscrivent dans la brèche afro-futuriste ouverte par Sun Ra il y a un demi-siècle, mais sur un versant quasi tragique. La thématique qui interroge les rapports entre l’espace et le temps, la place instable de l’homme dans l’univers et sa relation complexe à l’environnement sensible et aux autres, tout cela hisse le propos de ce disque vers des sommets.

Le texte ésotérique de Mills, qui fait office de notes de pochette, est ainsi un appel à la communication entre les êtres et à l’accomplissement collectif d’un progrès humain en pleine déconfiture. Un disque sombre, grave, mais dont les trouées de lumière et le rythme ressaisissent à jets réguliers le corps et l’esprit.

ALBUM

  • Jeff Mills, One Man Spaceship (Axis, disponible sur le net uniquement)

SITE

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2 Réponses à “techno: Jeff Mills, seul dans l'espace”


  1. 1 Cadfael mar 14th, 2007 à 18:01

    un album séduisant du début à la fin : oui ceux de Nathan Fake et james holden il y a quelques mois…mais c’est si rare comme vous le soulignez..

  2. 2 Manu août 25th, 2007 à 15:45

    Nathan Fake et James Holden sont des poètes de la techno, et devant Jeff Mills, la seule chose que tu peux dire, c’est: RESPECT.

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