
ROBBIE SHAKESPEARE ET SLY DUNBAR
Premier concert français pour un trio qui s’est bien trouvé: ravivées, les années lumières du reggae…
Alors que les grandes formations du reggae roots disparaissent ou fusionnent au gré du marché mondial des transferts jamaïcains, un seul duo reste indestructible : Sly Dunbar, à la batterie, et Robbie Shakespeare, à la basse. Comme tous les couples mythiques, ils ont connu des hauts (Rolling Stones, Gregory Isaacs, Black Uhuru, Gainsbourg, Chaka Demus & Pliers…) et peut-être quelques bas, mais restent inséparables pour le meilleur, soudés par un engagement rythmique scellé il y a plus de 30 ans.
“Quand je dis je suis Sly, j’ajoute “de Sly et Robbie” et les gens comprennent tout de suite! Malgré les années, je suis toujours charmé par la magie de la basse de Robbie, un son lourd, propre, unique!”, rigole Sly. Les deux ont vite décidé de monter leur label, Taxi, ravivé grâce à des économies amassées pendant une tournée avec Peter Tosh et des avances perçues pour services rendus sur des productions de majors. Aujourd’hui, ce label produit toujours “de jeunes talents, comme la fille de Toots, Buju Banton ou Tina, sur des riddims dancehall, ou même one drop, car ce style roots revient à la mode: cette chaleureuse ligne de basse manquait à la musique jamaïcaine.”
Mais le nouveau partenaire régulier du duo est né après l’invention du one drop. Il n’a que 30 ans et a grandi dans la grisaille de Birmingham, loin des Caraïbes, mais chante comme les vieux de la vieille: on sent que le petit connaît ses classiques (Gregory Isaacs, John Holt, Johnny Clarke ou Nat King Cole). Bitty McLean (myspace) a beaucoup de cordes à son arc vocal (lovers, soul, rub’a’dub), et il est aussi ingénieur du son. Il a d’ailleurs mixé l’album d’UB40 Promise And Lies et y a posé sa voix, de quoi se faire remarquer par le duo Sly-Robbie, puis enchaîner quelques hits dans les charts anglais. Sly et Robbie viennent tout juste d’enregistrer un album en Jamaïque avec Bitty McLean, déjà la coqueluche des sound systems de l’île.
Sur scène, les trois semblent s’être bien trouvés, plus pour prôner l’amour que la révolution, en ravivant le meilleur son des années lumières du reggae… Alors que leur première performance française, à Banlieue Bleues le 24 mars dernier, s’achève, le public en redemande, mais le génial et vétéran ingénieur du son Godwin Logie (Steel Pulse, Black Uhuru, Toots, LKJ) souffle le mot de la fin, hilare : “C’est bon d’être désiré!”
EN ECOUTE
Bitty McLean, secondé par Sly & Robbie: extrait de medley, enregistré le 24 mars 2007 à Banlieues Bleues
VIDEO
Dernière répétition du groupe dans les loges à Paris avant le concert de Banlieues Bleues
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Ils sont aussi programmés cet été aux Nuits de Fourvière de Lyon, le 28/07 http://www.nuitsdefourviere.com/2007/soiree.php3?id_article=229