
Le groupe Lo’Jo fête ses 25 ans d’existence avec une double compilation et 3 cartes blanches à la Maroquinerie où se croiseront amis musiciens, DJs et créateurs de performances visuelles. Un univers foisonnant à découvrir de toute urgence. 20 albums à gagner. Répondez à la question du concours à la fin de l’interview!
- C’est la première fois que vous fêtez un anniversaire. Pourquoi celui-là et pas celui des 10, 15 ou 20 ans ?
- Denis Péan. C’est un prétexte. Un prétexte qui permet de clore symboliquement une étape. Sur un disque, on a compilé des anciennes chansons et sur l’autre celles d’amis qu’on a rencontrés en route qui raconte aussi notre histoire.
- Richard Bourreau. Pour moi Lo’jo est une école. On a appris la vie ensemble. La musique fait partie de ça, mais c’est un tout. Par rapport à d’autres groupes, notre évolution a été très très lente. Mais, petit à petit, on a gravi des marches. Dès que quelque chose d’un tant soit peu merveilleux nous arrive, on est excités comme des gamins. Je crois que c’est notre côté « campagnard» qui nous sauve, qui nous empêche d’être blasés !
- Avez-vous aimé réécouter vos vieux morceaux?
- Denis Péan. Cela m’a fait penser à une construction du facteur Cheval plus qu’à une œuvre musicale.
- C’est-à-dire?
- Denis Péan. Le facteur Cheval est un facteur de la Drôme qui a passé sa vie a récolté des cailloux. En s’inspirant de timbres étrangers qui venaient d’Inde, de Turquie ou d’Amérique latine, il a construit son palais idéal. Se retourner sur son chemin pour récupérer ce qu’on a trouvé et, à partir de là, façonner un monde inédit: Lo’Jo c’est ça.
- Vous vous êtes faits tout seuls, en autodidactes?
- Denis Péan. J’ai appris la musique comme on apprend une langue étrangère, quand j’avais 16 ans. J’ai donc balbutié pendant longtemps. Que ce soit dans la pratique de mes instruments, dans la composition, dans l’écriture de la musique, dans le chant et dans l’organisation sociale. Mais on a immédiatement voulu faire quelque chose qui était nous-mêmes, sculpter notre propre matière, trouver le style. On ne s’est pas mis dans le chemin du reggae, du jazz ou de la musique tzigane.
- Est-ce que vos objectifs initiaux ont beaucoup changé par rapport à aujourd’hui ?
- Denis Péan. Au départ c’était un projet complètement confus qui n’était même pas formulé. C’est le nom qui lui a donné un sens. Parfois, le projet n’existait quasiment plus parce que les gens avaient fui, parce qu’il n’y avait pas de concerts ou de perspectives professionnelles. Il y avait juste le nom qui était un fil. C’est d’ailleurs le nom Lo’Jo qui fête ses 25 ans. Le mot de Lo’Jo peut se traduire en musique, en image, en philosophie de vie. C’est un mot inventé qui n’a aucune signification et qui nous laisse toute liberté.
- On vous qualifie maintenant volontiers de passeurs puisque vous avez initié les carrières du Gangbé Brass Band ou de Tinariwen. Comment vous situez-vous par rapport à ce rôle?
- Denis Péan. Nous avons indéniablement joué ce rôle. C’est une autre improvisation générale en dehors de la musique en fonction des circonstances.
- Vous vivez dans une maison communautaire et vous êtes également très actifs à Angers et dans toute votre région?
- Denis Péan. On a toujours été très actif et militant dans toute la région, que ce soit auprès des écoles, des hospices, des centres pour handicapés, ou de toute autre institution qui fait appel à nous. On a arpenté partout. On fait toutes «les brousses» d’ici. Ce n’est donc pas un hasard si le maire de Mûrs-Erigné nous a offert la jouissance de la maison de la Fontaine du Mont.
- La deuxième compilation «Chants d’amis» que vous faites paraître dans ce coffret anniversaire rassemble des musiques très variées et pourtant il s’en dégage une certaine unité, une cohérence. Quel en est le fil conducteur?
- Nadia Nid El Mourid. Nous avons choisi uniquement des artistes amis, des gens avec qui l’on a partagé quelque chose, qu’on a côtoyé. Il y a une histoire avec chaque personne de ce disque. Denis Péan. Cela nous a aussi permis de revendiquer certaines choses musicalement. Par exemple en y mettant un titre de Scott Taylor qui est un musicien tellement inspiré, tellement original, mais tellement peu reconnu. De cette façon Lo’Jo peut aussi être un label pour certaines personnes. On voit bien ce qui relie tous ces gens-là. Qu’ils viennent de très loin comme Tinariwen ou d’à côté de chez nous comme Gérard Piéron. Ce disque rassemble toutes nos influences, des cultures très anciennes à des formes très actuelles comme le groupe Ez3kiel.
- Quelle est l’histoire du morceau d’ouverture de ce disque, ce rap de Bamako bourré d’énergie?
- Nadia Nid El Mourid. Le groupe s’appelle Guérébou Kounkan (myspace). Ce sont des enfants de rue de Bamako. En en public, c’est incroyablement fort et c’est un gamin de 13 ans qui chante ! Cette chanson est un appel au Président malien pour lui dire qu’il y a une urgence à s’occuper de la jeunesse. On les a rencontrés lorsqu’ils sont venus travailler chez nous avec le rapper Kwal (myspace)
- Parallèlement paraît le recueil de poésie de Denis Péan «Musée de la Parole» ?
- Denis Péan. Ça c’est un projet personnel. J’aime la poésie parce que c’est quelque chose de tout à fait invendable. Il est impossible d’en vivre, ce qui épure le nombre des concurrents… C’est un artisanat très précis, comme celui d’un tailleur de pierres. Dans ma poésie, il y a le son des créoles, des Africains, des touarègues, des anciens. J’ai illustré ces textes avec des images que des artistes côtoyés m’ont données comme le photographe Bogdan Konopka ou la peintre Jo Pinture qui signe aussi la pochette du coffret.
CONCOURS:
Question: De quelle région vient le groupe Lo’Jo?
- Paris
- Marseille
- Angers
Pour gagner un des 20 albums de Lo’ Jo, envoyez votre réponse avec vos nom, prénom, adresse postale et email à:
concours@vibrations.ch LE CONCOURS EST FERME
La liste des gagnants sera affichée sur le site.
Références :
ALBUM
- “Tu connais Lo’Jo?” (double CD collector, Emma Productions/AZ)
CONCERTS
- Paris, La Maroquinerie, les 4 , 5 et 6 avril. Invités : Beau Catcheur (le 4) Tinariwen (le 5), Frank Vaillant et René Lacaille (le 6). Les 3 soirs, performances du groupe ZUR www.groupe-zur.com. Musée Lo’JO avec objets et instruments insolites dans la cour de la Maroquinerie.
LIVRE
- Musée de la Parole : 45 textes poétiques, chroniques de voyages avec 15 illustrations d’artistes. (Editions Almarita)
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