hommage: le mento pleure Stanley Beckford

PHOTO: BENOIT PEVERELLI

Les véritables origines du reggae ont toujours été le fer de lance du Jamaïcain, qui laisse derrière lui des tubes, des métaphores graveleuses et un enthousiasme incroyable

Le 30 mars, Stanley Beckford a définitivement succombé au cancer de la gorge qui l’accablait depuis plusieurs mois. Il venait d’avoir 65 ans, en février. Tous les habitants de son petit village de Riversdale, un hameau jamaïquain de quelques centaines d’habitants où il demeurait depuis les années 80, porte aujourd’hui le deuil de son héros régional.

En revanche, le reste de l’île semble actuellement trop occupé à organiser la coupe de monde de cricket pour se souvenir de ce grand-père au sourire juvénile. Car sur les terres de Marley, son nom était tristement retombé dans l’anonymat. Seuls d’autres vétérans comme Ken Boothe ou Derrick Morgan se rappellent encore de cette légende d’une époque révolue (ils réglèrent d’ailleurs ses dernières factures d’hôpital). Il faut dire que sa discographie se résume en quelques lignes : dans les années 60 et 70, Beckford signa quelques hits populaires avec son groupe The Starlites, compilé sur l’album Soldering par le producteur Alvin GG Ranglin. Citons aussi Gipsy Woman avec les Revolutionaries de Sly & Robbie en 79.

Dans ses chansons, ce petit homme au caractère rieur et espiègle aimait les métaphores en dessous de la ceinture, tel “Big Bamboo” ou “Banana”… Depuis ces succès éphémères, Stanley Beckford avait surtout œuvré à présenter les racines du reggae à la jeune génération. Via un contrat chez Universal, il était devenu le dernier ambassadeur du mento, ce cousin du quadrille et du calypso, musique champêtre du milieu du 20ème siècle que l’on jouait dans les bals des villages jamaïquains sous le joug colonial. Il publia ainsi deux albums en France, notamment l’excellent Beckford Plays Mento en 2002 avec le Blue Glaze Mento Band, chapeauté par son ami et directeur artistique Sylvain Taillet. Ce dernier monta ensuite le label Calaloo pour soutenir son second disque, Reggaemento. Sylvain Taillet: “Rappeler les véritables origines du reggae était une mission à part entière pour lui. De 2002 à 2005, il a donné près de 250 concerts en Europe avec un enthousiasme incroyable. Je crois que tous les journalistes qui l’ont rencontré et tous les gens qui l’ont vu sur scène ont pu sentir son plaisir de chanter et son extrême gentillesse.”

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1 Réponse à “hommage: le mento pleure Stanley Beckford”


  1. 1 mamdame c avr 12th, 2007 à 1:05

    R.I.P, un grand monsieur s’en va.

    Là, tout de suite, je trouve qu’il manque une petite chanson de Stanley, en hommage, hum?

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