Sous la poussière accumulée peuvent se cacher des sillons peu fréquentés. Entre rééditions récentes et autres compilations qui le sont un peu moins, aperçu choisi parmi une discographie reggae pléthorique

Delroy Wilson Better Must Come - The Anthology (2CD, Trojan, 2004). Contrairement à ce que l’on pourrait croire, il ne s’agit pas de la réédition de l’abum Better Must Come augmenté de quelques bonus, mais d’une excellente compilation d’enregistrements pour la plupart peu disponibles, éparpillés sur la période 1968-1978, et enregistrés pour de nombreux producteurs (même si celles de Bunny “Striker” Lee y abondent).

Keith Hudson and Friends The Hudson Affair (2CD, Trojan, 2004). Un gars sacrément culotté, ce Keith Hudson. En organisant une session avec U Roy, il le propulse sur orbite. Peu après, en rachetant des rythmes rocksteady enregistrés en 1968 par Karl Bryan (l’histoire est peu documentée, mais un passionné a retrouvé les disques originaux ici), il persiste dans la production. Malgré une voix peu gratifiante, quand il s’agit d’évoquer les grands sentiments, il ne laisse pas indifférent.

Joe Mansano and Friends Joe The Boss (2CD, Trojan, 2006). Trinidadien débarqué à Londres en 1963, Joel Mansano commença à organiser des sessions d’enregistrements qui devinrent en bonne partie des références en matière de reggae skinhead anglais. Cette compilation reprend nombre de titres parus en singles entre 1968 et 1970, certains devenus vraiment rares, comme “Bad Day At Black Rock”, résumé sonore saisissant du western du même nom, avec quelques répliques directement tirées du film.

Rebel Music Vol. 2 (Trojan, 2007). 27 ans après la collection “Rebel Music”, un double vinyle d’anthologie, voici donc une suite par le même compilateur, Dave Hendley. Certes, l’impact sera moins sensationnel, mais la sélection impeccable comprend quelques vraies raretés.

Big Youth Screaming Target (Trojan, 2006). Cette réédition propose en supplément de découvrir la plupart des versions vocales (ou instrumentales) des titres utilisés par Big Youth sur ce premier et classique album de 1972. Avec comme producteur Augustus “Gussie” Clarke, âgé alors d’à peine 20 ans, c’est toute une génération de jeunes talents qui venait bousculer un peu plus les vétérans.

Toots and The Maytals Roots Reggae : The Classic Jamaican Albums (Trojan, 2005). Une réédition qui pourrait passer inaperçue. Pourtant on a là 6 albums dans leur forme originale (sans bonus), avec une excellente qualité de son. De “The Sensational Maytals” (la période ska, 1965, en pure mono non trafiquée) à “Roots Reggae” (1974), peut-être le meilleur de Toots, jusqu’à la reconnaissance internationale avec des titres comme “Pressure Drop” ou “54 46 That’s My Number”.

Haul And Pull Up Selecta Heavy Weight Dancehall 1979-1982 (2CD, Trojan, 2003). Une excellente introduction à l’ambiance lourde et menaçante des sound systems au tournant de la décennie 1980. Le dub est largement présent puisqu’il s’agit surtout de discomixes, avec souvent Prince Jammy aux manettes. Ou comment le son, sous-tendu par une basse puissante, à la fois effraie et réjouit.

Head Shot (Heartbeat, 2002). Cette compilation montre à quel point Winston “Niney the Observer” peut être comparé aux plus grands magiciens du reggae, à savoir Lee Perry et King Tubby. L’imagination et l’excentricité sont ici de mise, comme en témoigne une reprise du générique du feuilleton télé Zorro (”Zorro”), ainsi qu’une kyrielle de versions dub ou instrumentales des plus grands classiques du producteur.
Jackie Opel & Ferdie Nelson Réédité en 1997 par le label Westside qui généralement se contente de compilations à partir des catalogues Trojan ou autres, ce disque inclut un album original de Jackie Opel (A Love To Share, paru en 1965 sur le label Top Deck), dix ballades et skas emmenés par la voix fiévreuse d’Opel, augmentés de quelques titres plus anodins de Ferdie Nelson. Opel laissa à la Jamaïque une floppée de chansons incandescentes enregistrées surtout pour Studio One, avant de retourner dans son île où son destin fut moins heureux.





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