
A paraître le 16 juillet, Planet Earth dissémine quelques traits de génie dans un ensemble un peu décevant. Un musicien toujours largement au-dessus de ses contemporains, mais parfois à la limite de la routine. Reste que si la rumeur dit vrai, le génie pourrait bien enflammer la soirée “surprise” du Montreux Jazz Festival, le jour de la sortie de l’album…
Planet Earth
Une intro au piano, un côté un peu opéra rock dans les arrangements, la voix haut perchée de Prince. Il love son message universaliste dans une mélodie classique un rien surannée et grandiloquente. Et s’en sort in extremis par un solo de guitare (le premier mais pas le dernier) en crescendo jusqu’au final.
Guitar
Une guitare nerveuse et rageuse sur un beat rock embarque ce thème sur une cadence élevée. “I Love My Guitar” gueule Prince façon Jagger. Le groove funkysant de ce premier single vient rappeler celui de “Cream”. Un morceau à refiler aux Stones. Et un Prince toujours brillant lorsqu’il laisse parler le musicien.
Somewhere Here On Earth
Le slow Princier dans toute sa splendeur. Mais la voix posée et le mood romantique tirent plutôt cette ballade du côté old school, dans la lignée d’un Smokey Robinson.
The One U Wanna C
Nouvelle décharge rock tractée par une batterie très (trop) présente et insistante. Clappements de mains au milieu. Encore une fois, l’écriture reste prévisible, rien de révolutionnaire dans ce tempo ni dans le découpage du thème, mais une énergie communicative qui entraîne l’auditeur. Nouveau solo de guitare pour conclure.
Future Baby Mama
Deuxième temps calme de la session, plus moite et plus sexy, plus typiquement Prince en fait. La voix éthérée et le beat synthétique jouent sur ce ressort funky “quiet storm” comme on disait dans les années 80. C’est toujours classe, mais avec aussi cette impression qui s’insinue: des ballades comme celle-ci, Prince semble capable d’en produire tous les jours. Oui mais en même temps, qui d’autre?
Mr.Goodnight
“All over the world, they call me Prince, but you can call me Mr. Goodnight”, scande Prince, suivi par des voix féminines lascives. Le morceau groove sévère. C’est simple, efficace et bon pour des oreilles repues de R’n’B formaté.
All The Midnights In The World
Aïe! Mélodie nunuche, paroles dégoulinantes de mièvreries, orchestrations et voix mielleuses. Next!
Chelsea Rodgers
La tuerie de cet album. Une intro proto disco qui propulserait Sylvester jusqu’en 2007, une voix black féminine comme on en collait sur tous les singles des 70’s. Le titre pour remplir les dancefloors cet été. Avec toute la section de cuivre qui défile à la suite, sax, trombone, trompette, puis les chœurs, les clappements de mains, les percus: irrésistible!
Lion Of Judah
Rock convenu et oubliable malgré une nouvelle démonstration du leader à la guitare.
Resolution
Des bons sentiments un peu naïfs dans leur énoncé, sur un autre rock mollasson sauvé ni par le pont vaguement reggae, ni par la basse mixée très en avant.
ALBUM
- Prince, Planet Earth (NPG/Sony BMG) sortie 16 juillet
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Tags: Prince, Planet Earth, NPG, avant-première