juin, 2007

soul: Mavis Staples, les chansons qui appuient la lutte

Le temps a passé et la voix des Staples Singers a pris sa liberté, tout en s’inscrivant dans le respect de l’héritage familial

Dans les années soixante, les Staples Singers accompagnaient le Dr Luther King dans ses combats pour les Droits Civiques. Entre soul et gospel, leur musique et leurs textes engagés défendaient le respect et la fierté des Afro-Américains. Remise en selle par Prince en 1989, Mavis Staples ne déroge pas à sa ligne de conduite de toujours.

Elle reprend sur son dernier album plusieurs chansons hymnes qui appuyèrent ces luttes. Ry Cooder, le producteur, marque son respect pour cette histoire en offrant à la voix de contre alto de Mavis Staples un accompagnement discret (poussé par les chœurs des Freedom Singers et des Ladysmith Black Mambazo), empreint de blues. Tant sur les classiques “Down In Mississippi” de JB Lenoir, “On My Way”, immortalisé par Mahalia Jackson, que sur le très réussi “My Own Eyes”, dont le propos actualise l’engagement de Mavis Staples auprès de ceux qui “sont toujours traités comme des citoyens de seconde classe”.

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ALBUM

  • Mavis Staples, We’ll Never Turn Back (Anti)

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latino: Rio Loco, la fièvre bestiale d’Elbicho

PHOTO: REMY GABALDA

Honneur à l’Espagne… Cette année, le festival toulousain invitait de dignes réprésentants de la Péninsule ibérique. Parmi eux, les sanguins Elbicho

Cinq sauts périlleux en arrière du charismatique chanteur Miguel Campello ponctuent une performance musicale et physique qui ne présente aucun temps mort. Elbicho inocule sa fièvre bestiale pour une fête de samedi soir pleine de couleurs et d’intensité rythmique. L’ouverture poétique sur une belle chanson du cubain Silvio Rodriguez, est suivie d’une déferlante rock-folk où s’alternent références superficielles à divers palos, de la rumba exaltée par les riffs de la guitare électrique à la saeta invoquée par les attaques de la trompette. Un soupçon de Jethro Tull au milieu d’un fandango hypertrophié, des cris, des contorsions et de spasmes pelviens pour provoquer la foule, le mélange hybride de gitan malfrat et de danseuse flamenco fait rage sur le corps du lilliputien leader, énergiquement transporté par sa bande d’énergumènes patibulaires. C’est drôle, mais musicalement assez limité.

Plus tôt, une voix alanguie comme un susurre s’étale sur une note interminable qui enchaîne avec les douces ondulations du corps. Une danse suggérée fait ralentir le tempo et se fonde avec l’interlude improvisé d’une chanson flamenca, dont la sensualité de l’interprétation fait oublier tout dramatisme et lui donne une nouvelle vie. Par une alchimie d’esprit libertaire, d’influences jazzistiques et de sens rythmique afro équatorial, Buika transforme tout avec sa façon personnelle de recréer la copla et le cante.

Cependant, la meilleure expression musicale de ce festival vint du côté du jazz: le nouveau projet évolutif de Chano Dominguez confirme que le pianiste de Cadix est au sommet du flamenco-jazz. Là où se retrouve depuis plus d’une décennie le trio magnifique formé par le bassiste Carles Benavent, le saxophoniste Jorge Pardo et le percussionniste Tino di Geraldo.

VIDEO

  • ElBicho live à Rio Loco 2007

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Kanye West vs. Daft Punk: la vidéo

Premier extrait de Graduation, nouvel album de Kanye West à paraître à l’automne, “Stronger” est basé sur un sample de “Harder, Better, Faster, Stronger” de Daft Punk. La vidéo est l’oeuvre de Hype Williams… Et le net s’enflamme déjà: un remixe de Kanye par Daft Punk aurait mieux valu, la vidéo copie sans retenue le manga Akira

A vous d’émettre vos critiques, impressions et remarques!

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Brian Ferry espère enregistrer avec Roxy Music

Quand il en aura fini avec Dylan, qu’il reprend sur son dernier disque et en tournée, Brian Ferry espère, l’année prochaine, se rapprocher du groupe qui a fait sa renommée dans les années 80. Brian Ferry retrouverait ainsi ses complices Phil Manzanera et Andy MacKay pour donner suite au dernier album en date du groupe, Avalon, de 1982. Brian Ferry confie qu’après la tournée de la reformation, en 2001, les membre de Roxy Music se sont rendus compte qu’ils pouvaient à nouveau travailler ensemble, qu’ils y trouvaient du plaisir. Le trio a même enregistré quelques titres l’année passée, et Brian Ferry continue d’écrire des chansons. A l’horizon Ferry encore, quelques reprises de Dylan pour le moment laissées de côté, mais qui pourraient à terme faire leur apparition publique, après peaufinage…

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Interscope, et ses artistes, vont vendre des boissons

Nouveauté dans l’industrie de la musique: Interscope Geffen A&M Records a signé un contrat avec Drinks Americas. Des boissons alcoolisées et non-alcoolisées seront identifiées, développées et marketées avec les artistes du label, qui comprend Eminem, Dr Dre, Enrique Iglesias, Gwen Stefani et Marilyn Manson, entre autres. Interscope participera aussi au marketing de produits existants de Drinks Americas, comme la Trump Super Premium Vodka de Donald Trump, et le Old Whiskey River Bourbon et Bourbon Cream de Willie Nelson.

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world: Pura Fé, une voix antérieure au blues

PHOTO: PATRICIA DE GOROSTARZU

La belle amérindienne pratique une musique pure, émotionnelle. En tournée en France, et en vidéo sur Vibrationsmusic.com, une artiste qui revient de loin

Robbie Robertson dit de Pura Fé qu’elle a la voix d’un ange. A écouter jouer la chanteuse amérindienne seule en scène, avant Beverly Guitar Watkins, Captain Luke, Sol et d’autres artistes du label Music Maker, nul ne peut songer à contredire le compositeur du Band. Lap slide sur les genoux, elle arrache des notes acoustique rouges, noires et blues qui s’envolent de sa guitare à double manche pour jaillir au coeur du New Morning à Paris.

A peine un an après Tuscarora Nation Blues (prix de la musique du monde par l’Académie Charles Cros), Pura Fé est de retour. “Je suis très reconnaissante envers la France et Dixiefrog”, confiait-elle en riant avant le concert. “J’ai 47 ans, c’est le bon moment pour que ça arrive. Il y a un an, je n’avais nulle part où aller. J’ai perdu ma maison en Caroline du Nord. J’étais complètement fauchée, plus de travail. Un ami à Seattle m’a alors proposé de venir vivre chez lui jusqu’à ce que je retombe sur mes pieds.”

L’ami s’appelle Danny Godinez et a co-écrit deux chansons avec Pura Fé sur un nouvel album, qu’elle produit elle-même, où l’on retrouve également Eric Bibb et le pianiste Joe Ravens. A haute teneur émotionnelle, les chansons de Hold The Rain abordent des thèmes plus personnels que l’album précédent, mais se révèlent toujours plus belles les unes que les autres. D’une modestie à toute épreuve, elle prétend aujourd’hui ne rien amener de neuf. “C’est quelque chose d’antérieur au blues, au moins la partie indigène indienne. J’essaie juste de créer ce que j’entends.” Pura Fe’ ou la “foi pure” en espagnol: si, c’est ça.

ALBUM

  • Pura Fé, Hold The Rain (Dixiefrog/Harmonia Mundi)

SITES

VIDEOS

  • “Let Heaven Show”, avec Danny Godinez (taille de la vidéo: 14.3 Mo)

  • “People You Love”, avec Eric Bibb (taille de la vidéo: 11.8 Mo)

  • Glissés dans ce portrait, des extraits live de Pura Fé seule à la guitare: d’une beauté et d’une force rares… Interview en anglais, mais parsemée de nombreux moments musicaux. (film de Patricia de Gorostarzu & Fabrice Peltier, taille de la vidéo: 23.6 Mo)

CONCERTS :

  • 28/06: Hauterives, Jazz au Palais (avec Eric Bibb)
  • 29/06: Argelès-sur-mer, Fête du travailleur catalan
  • 30/06: Lezan, Fête de l’humanité
  • 20/07: Châlons en Champagne, Festival des musiques et d’ailleurs
  • 23-25/07: Montpellier, Festival radio France
  • 26-28/07: Cognac, Cognac Blues
  • 31/07: Port Grimaud, Festival
  • 9/10: St Etienne, Rhino Jazz Festival
  • 11/10: Montpellier, Festival international de guitare
  • 14/10: Paris, New Morning, JVC Jazz Festival
  • 13/10: Roanne, Théâtre municipal
  • 15-16/10: St Etienne, Rhino Jazz Festival
  • 17-19/10: Nancy, Nancy Jazz Pulsations

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Un rapper de La Rumeur devant la Cour de cassation

La Cour de cassation devra se prononcer sur la confirmation de relaxe par la cour d’appel de Paris en faveur de Hamé, rapper du groupe La Rumeur: ce dernier faisait l’objet d’une plainte en diffamation après qu’il ait tenu des propos critiques envers les forces de police. “Les rapports du ministère de l’Intérieur ne feront jamais état des centaines de nos frères abattus par les forces de police sans qu’aucun des assassins n’ait été inquiété”, écrivait Mohamed Bourokba, alias Hamé, dans un fanzine. Nicolas Sarkozy, alors Ministre de l’Intérieur, avait déposé plainte pour diffamation envers la police nationale.

En décembre 2004, la 17ème chambre du tribunal correctionnel de Paris relaxait Hamé. Le ministère de l’Intérieur fait alors appel, et en juin 2006, et le premier jugement est confirmé. La chambre criminelle de la Cour de cassation décidera, le 11 juillet, si les propos de Hamé qualifiant des policiers d’”assassins” sont effectivement diffamatoirs. Le rapper a expliqué, à plusieurs reprises, que ses propos faisaient allusion aux victimes algériennes d’une manifestation violemment contrée en 1961, au décès, en 1986, de Malik Oussékine et à des bavures plus récentes.

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avant-première: Prince, éclairs dans un ciel terne

A paraître le 16 juillet, Planet Earth dissémine quelques traits de génie dans un ensemble un peu décevant. Un musicien toujours largement au-dessus de ses contemporains, mais parfois à la limite de la routine. Reste que si la rumeur dit vrai, le génie pourrait bien enflammer la soirée “surprise” du Montreux Jazz Festival, le jour de la sortie de l’album…

Planet Earth Une intro au piano, un côté un peu opéra rock dans les arrangements, la voix haut perchée de Prince. Il love son message universaliste dans une mélodie classique un rien surannée et grandiloquente. Et s’en sort in extremis par un solo de guitare (le premier mais pas le dernier) en crescendo jusqu’au final.

Guitar Une guitare nerveuse et rageuse sur un beat rock embarque ce thème sur une cadence élevée. “I Love My Guitar” gueule Prince façon Jagger. Le groove funkysant de ce premier single vient rappeler celui de “Cream”. Un morceau à refiler aux Stones. Et un Prince toujours brillant lorsqu’il laisse parler le musicien.

Somewhere Here On Earth Le slow Princier dans toute sa splendeur. Mais la voix posée et le mood romantique tirent plutôt cette ballade du côté old school, dans la lignée d’un Smokey Robinson.

The One U Wanna C Nouvelle décharge rock tractée par une batterie très (trop) présente et insistante. Clappements de mains au milieu. Encore une fois, l’écriture reste prévisible, rien de révolutionnaire dans ce tempo ni dans le découpage du thème, mais une énergie communicative qui entraîne l’auditeur. Nouveau solo de guitare pour conclure.

Future Baby Mama Deuxième temps calme de la session, plus moite et plus sexy, plus typiquement Prince en fait. La voix éthérée et le beat synthétique jouent sur ce ressort funky “quiet storm” comme on disait dans les années 80. C’est toujours classe, mais avec aussi cette impression qui s’insinue: des ballades comme celle-ci, Prince semble capable d’en produire tous les jours. Oui mais en même temps, qui d’autre?

Mr.Goodnight “All over the world, they call me Prince, but you can call me Mr. Goodnight”, scande Prince, suivi par des voix féminines lascives. Le morceau groove sévère. C’est simple, efficace et bon pour des oreilles repues de R’n’B formaté.

All The Midnights In The World Aïe! Mélodie nunuche, paroles dégoulinantes de mièvreries, orchestrations et voix mielleuses. Next!

Chelsea Rodgers La tuerie de cet album. Une intro proto disco qui propulserait Sylvester jusqu’en 2007, une voix black féminine comme on en collait sur tous les singles des 70’s. Le titre pour remplir les dancefloors cet été. Avec toute la section de cuivre qui défile à la suite, sax, trombone, trompette, puis les chœurs, les clappements de mains, les percus: irrésistible!

Lion Of Judah Rock convenu et oubliable malgré une nouvelle démonstration du leader à la guitare.

Resolution Des bons sentiments un peu naïfs dans leur énoncé, sur un autre rock mollasson sauvé ni par le pont vaguement reggae, ni par la basse mixée très en avant.

ALBUM

  • Prince, Planet Earth (NPG/Sony BMG) sortie 16 juillet

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SUR VIBRATIONSMUSIC.COM

  • news: 21 concerts cet été à Londres
  • news: concerts VIP à Los Angeles
  • news: Prince invité sur l’album de Cornel West

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Cet été sur Vibrationsmusic.com: 1-2-3… Soul!

Otis Redding a chanté le «Dictionary Of Soul» mais le palmarès restait à établir. Vibrationsmusic.com relève le défi et présente, tout au long du mois de juillet, les 25 meilleurs disques de soul de tout les temps. Et tente par là une redéfinition d’un genre souvent galvaudé.

Pierre-Jean Crittin et Vincent Tarrière vous offrent une sélection qui englobe diverses époques, plusieurs “écoles”; les deux connaisseurs se forcent à faire des choix, à ne pas s’égarer dans les marges, même si celles-ci renferment leur lot de merveilles… Seule règle du jeu immuable: un album par artiste. Quant au premier de la liste, le traditionnel vainqueur sur qui tous les regards sont braqués au point de masquer les 24 autres, nul doute que son choix fera l’objet de contestations, de débats. A vos commentaires! Rendez-vous est pris: le compte à rebours commence dans quelques jours…

(La sélection reprend celle parue en mars 1999 dans le magazine Vibrations: des coups de coeur encore et toujours vibrants…)

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Beastie Boys: The Mix-Up, les directions du pas de côté

The Mix-Up, 7ème album des Beastie Boys, paraît aujourd’hui. Green Giant, aux platines de l’émission de radio Downtown Boogie sur Couleur 3 et DJ incontournable des soirées rap et funk, fait le tour de ses impressions. Qu’en pense l’adepte de hip hop? L’amateur de funk? Le connaisseur de grooves?

Green Giant: The Mix-Up est un album agréable à écouter, mais je regrette que les Beastie Boys, un groupe super novateur, se soient mis au niveau des autres. Des groupes qui jouent du funk 70’s, il y en a dans n’importe quel bled! Reste que c’est bien fait, c’est sûr. Il faut vraiment prendre cet album pour ce qu’il est: seulement une facette des Beastie Boys. Je trouve dommage quand même que les morceaux soient si “normaux”, les structures si classiques: tout va tout droit, pas de surprises. Deux ou trois titres laissent pourtant espérer mieux: un break qui fait une rupture, une vraie évolution… Côté ambiances, on trouve un peu de dub, avec d’énormes réverbs, quelques petites vibes reggae, des rythmiques latino, deux-trois trucs vaguement afro-beat, et une bonne présence de guitares électriques rugueuses… Au final, j’aurais aimé des tentatives plus destructurées, un plus grand mélange de genres: pour un album qui porte ce titre… Mais j’imagine The Mix-Up comme un intermédiaire, qui peut relancer la machine de guerre.
Classique… Mais classique de haut vol?
Ça tient la route! Très plaisant à l’écoute. Je ne m’ennuie pas. Mais quand même, ce serait n’importe quel autre groupe, je n’aurais pas cette amertume. Pourtant dans un sens, les Beastie Boys ont raison: ils ne se posent pas la question commerciale, et en 2007, c’est assez rare pour être noté. Mais j’aurais préféré un truc décalé avant-gardiste à un truc décalé rétro! Il est vrai que la tendance actuelle, chez les groupes de funk, c’est les instruments vintage, les vieilles presses à vinyle… Le délire de faire exactement comme à l’époque. Délire dans lequel les Beastie Boys sont entrés en partie.
Qu’en est-il de la production?
Rien d’exceptionnel. L’écoute donne à penser que les trois musiciens ont joué ensemble, en une prise. Les sons ne sont pas millimétrés. Les Beastie Boys ont dû avoir envie d’un maximum de grain: la batterie n’est pas très claire, elle sonne étouffée, un peu rugueuse.
Vos morceaux préférés?
“The Cousin Of Death”: lourdeur, originalité, plusieurs vibes qui se mélangent : clairement le titre que je préfère. J’adore ce genre de son : plus agressif, plus d’ambiance. Une direction clairement plus rock, au niveau de la batterie.
“Suco De Tangerina”: cosmique à mort, des réverbs monstrueuses. Proche de ce que pourrait faire Morcheeba. J’aime vraiment bien la structure, la basse… Mais c’est quand même pas la révolution!
“Off The Grid”: tout à coup, au milieu du morceau, ça part complètement ailleurs: ça c’est frais! Je m’étonne moi-même de dire ça, mais c’est quand les Beastie Boys sont le plus rock que ça le fait le plus.
Vous envisagez de jouer ces titres dans vos sets?
C’est un peu mou pour les clubs. Et dans les soirées funk, les Beastie Boys sont en compétition avec les dieux du genre: si tu joues un de leurs instrumentaux après James Brown, quelle chute!
Les Beastie Boys ont toujours été radicaux, vous les voyez maintenant un peu “mous”…
Quel groupe qui a amené quelque chose de révolutionnaire l’a fait au 7ème album? Ils n’ont forcément pas la même fraîcheur qu’il y a 15 ans… D’ailleurs, ils n’ont plus rien à prouver. Il ne leur reste qu’une chose: se faire plaisir.
Sans vous faire réellement plaisir!
Les Beastie Boys devenus conventionnels? C’est le pire qui pouvait arriver. The Mix-Up serait un bon album, si ce n’était pas un album des Beastie Boys. Ceci dit, je l’écoute avec plaisir. C’est ça qui est perturbant.

ALBUM

  • Beastie Boys, The Mix-Up (Capitol)

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Beastie Boys: Run DMC, Public Enemy et Biz Markie

DESSIN Beastie Boys et Run DMC: ALEX POINTET

A l’heure où le trio s’éloigne du hip hop pour se tourner vers le groove instrumental (The Mix-Up paraît demain), retour sur les micmacs rap des débuts: échanges de bons procédés entre groupes mythiques

A leurs débuts dans le hip hop, les Beastie Boys avaient tout d’une vulgaire décalque de Run DMC, attitude de mauvais garçons en moins et humour potache en plus, à tel point que pour leur premier album, ils reprirent quasi-intégralement “Slow And Low”, un morceau que le trio du Queens avait crû bon d’écarter, changeant la musique mais ne modifiant qu’un ou deux détails des paroles. Dans un amusant mouvement de balancier, leurs compagnons de label Public Enemy s’inspirèrent à leur tour d’un de leur titre, “(You Gotta) Fight For Your Right (To Party!)” qu’ils transformèrent en “Party For Your Right To Fight”. Sauf que là où le morceau des Beastie était une grosse farce d’adolescents attardés, un hymne white trash avant l’heure, celui de Public Enemy est un véritable brûlot pro black. Difficile d’imaginer transformation plus radicale (ici on n’ose même plus parler de relecture).

Lorsque quelques années plus tard, les Beastie Boys se livrèrent à leur tour à l’exercice de la reprise avec un de leur collègue rapper, le génial et totalement loufoque Biz Markie, ils portèrent leur choix sur “Benny And The Jets” d’Elton John. A l’origine, cette reprise improbable figurait sur un flexidisc glissé dans le numéro 2 du magazine Grand Royal. Elle fut ensuite reproduite sur le double CD anthologie The Sounds Of Science. On y entend un Biz au sommet de son art (c’est-à-dire sur le fil du rasoir) marmonner une bouillie de paroles dont émergent à peine ici ou là quelques mots intelligibles. Comme quoi, Beastie ou pas, “Nobody Beats The Biz”.

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Love à nouveau sur le devant de la scène, et sur les écrans

Sous-estimé en son temps, le groupe californien a tous les honneurs post mortem: un coffret de rééditions, et un film. Love, auteur du cultissime Forever Changes, est le sujet du documentaire réalisé par Chris Hall, Love Story, qui fait défiler les témoignages: le leader du groupe Arthur Lee (dont l’interview a été faite peu avant sa mort l’été passé), des membres de Primal Scream et The Doors, et le directeur du label Elektra, Jac Holzman.

Un coffret CD est encore récemment paru sur Hip-O Select: les trois disques de Blue Thump Recordings comprennent des enregistrements de la période qui suit Forever Changes, avec des versions remastérisées de Out There, et de False Start, comme des enregistrements live en Angleterre en 1970. Plus de détails sur le coffret: voir une news antérieure…

TRACKLISTING

Disque 1: Out Here

  • 01 I’ll Pray for You
  • 02 Abalony
  • 03 Signed D.C.
  • 04 Listen to My Song
  • 05 I’m Down
  • 06 Stand Out
  • 07 Discharged
  • 08 Doggone
  • 09 I Still Wonder
  • 10 Love Is More Than Words or Better Late Than Never
  • 11 Nice to Be
  • 12 Car Lights on in the Daytime Blues
  • 13 Run to the Top
  • 14 Willow Willow
  • 15 Instra-Mental
  • 16 You Are Something
  • 17 Gather ‘Round

Disque 2: False Start

  • 01 The Everlasting First
  • 02 Flying
  • 03 Gimi a Little Break
  • 04 Stand Out
  • 05 Keep on Shining
  • 06 Anytime
  • 07 Slick Dick
  • 08 Love Is Coming
  • 09 Feel Daddy Feel Good
  • 10 Ride That Vibration

Disque 3: Live In England 1970:

  • 01 Good Times
  • 02 August
  • 03 My Little Red Book
  • 04 Nothing
  • 05 Orange Skies
  • 06 Andmoreagain
  • 07 Gather Round
  • 08 Bummer in the Summer
  • 09 Singing Cowboy
  • 10 Signed D.C.
  • 11 Love Is More Than Words or Better Late Than Never

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50 Cent joue aux côtés de De Niro et Pacino

Le meneur de la G-Unit vient de révéler qu’il jouera, dans un film dont le tournage commence en août, le rôle d’un dealer de drogue aux côtés de Robert De Niro et Al Pacino. Ecrit par Russell Gewirtz (auteur déjà de Inside Man de Spike Lee), Righteous Kill, histoire de deux flics à la poursuite d’un tueur en série, apparaîtra sur les écrans américains courant 2008. 50 Cent joue encore un policier dans un autre film de De Niro, New Orleans.

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Beastie Boys: Money Mark, le quatrième mec du trio

PHOTO: AUTUM DEWILDE

Collaborateur précieux, Money Mark gratifie The Mix-Up, comme trois albums précédents, de ses claviers au groove agile, de sa perceuse, de ses baskets couinantes…

Comment avez-vous rencontré les Beastie Boys?
Je travaillais comme charpentier de plateau à Hollywood. J’étais aussi musicien de studio, mais à temps partiel, et j’avais du mal à payer mes factures. On m’a appelé pour une réparation sur une maison des hauts de Hollywood… Il s’est trouvé que cette maison était celle que louaient les Beastie Boys pour l’enregistrement de Paul’s Boutique. Nous sommes devenus amis, et j’ai construit le studio de Los Angeles qui a servi aux premières prises de Check Your Head. Une histoire à la Cendrillon!
Que représentait leur musique pour vous, à cette époque?
J’écoutais les Beastie Boys en fan modéré, mais en faisant leur connaissance, j’ai remarqué que nous avions beaucoup en commun. J’ai vu qu’ils avaient des idées ambitieuses, et ça a fait que nous nous sommes très bien entendus. Je me disais que je pourrais faire partie de la musique à venir… Encore maintenant, je trouve que nous sommes un bon groupe!
Quand l’idée de la collaboration est née, que pensez-vous que les Beastie Boys attendaient de vous?
Je me suis dit que j’allais proposer toutes mes idées, et voir lesquelles ils choisiraient. Nous avons tous mis ce que nous avions de mieux dans la balance, et le mélange est équitable. Nous étions très proches. Nous traînions, échangions des tas d’idées. Tout ça avec un twist hip hop, et des horizons inédits… La musique qui en sortait était parfois farfelue, mais nous travaillions jusqu’à ce qu’elle ait un sens.
Peut-on affirmer que vous avez été un élément clé dans le tour groovy qu’ont pris les Beastie Boys?
Je ne dirais pas que leur musique est “groovy”… Tout ce que je peux dire, c’est que je suis reconnaissant d’avoir participé aux enregistrements des Beastie Boys, mais que j’ai toujours eu une trajectoire musicale de mon côté. J’ai rencontré ces types, et nous avons suivi le même chemin… Tellement de gens ont été cruciaux dans leur évolution: des producteurs, des réalisateurs de clips… Mais ils sont redevables avant tout à leur propre volonté.
Vous avez participé à tous les albums depuis Check Your Head (excepté To The Five Boroughs): toujours aux claviers?
Parfois à la guitare, ou à la perceuse, ou à la basket couinante, ou à l’eau qui gicle: tout ce qui produit du son, et qui est approprié!
Sur The Mix-Up, comment avez-vous travaillé les morceaux?
Certains titres se sont faits très vite, d’autres se sont construits grâce à un effort cérébral intense sur une période plus longue. Comme une femme qui accouche: certaines naissances sont faciles, d’autres moins, mais c’est toujours l’effort qui compte. Nous avons joué ensemble, parfois nous avons joué séparément… Des configurations assez classiques en fait. Les sons de The Mix-Up sont principalement analogiques. Vintage, chaud, assez traditionnel, mais la combinaison est unique. De toute façon, la musique vient de l’intérieur.
Comment qualifieriez-vous The Mix-Up?
Stéréo.


ALBUMS

  • Beastie Boys, The Mix-Up (Capitol)
  • Money Mark, Brand New Tomorrow (Brushfire/Barclay)

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SUR VIBRATIONSMUSIC.COM

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Beastie Boys: les rois de l’image en portfolio

PHOTOS: ARI MARCOPOULOS

Complice du trio depuis 1984, le photographe Ari Marcopoulos contourne les “codes Beastie Boys” et immortalise les musiciens au naturel: dans les coulisses de The Mix-Up

“Beaucoup des photos des Beastie Boys sont des poses. Leur esthétique en tant que groupe a un look particulier: l’objectif “fish-eye”, les films des 70’s… Leur esthétique est très diversifiée. Mais ils savent très bien ce qui se passe, et sont très réfléchis.” Le photographe Ari Marcopoulos a publié un livre, Pass The Mic: Beastie Boys 1991-1996 (PowerHouse Books, 2001), collection de clichés du trio. “Mes photos étaient ce qu’ils font, ce qu’ils sont. Sans prétention. Dans mon livre, c’est juste des types qui trainent. Et oui, c’est les Beastie Boys. Mais sans projection vers le monde extérieur.”

C’est que Ari Marcopoulos, né à Amsterdam mais atterri à New-York en pleine vague punk, nourrit très vite la même fascination que les trois mecs bestiaux pour le hip hop. La musique, et l’image: “Autour de 1984, j’ai rencontré Mike D par l’entremise d’un ami qui jouait, comme lui, dans le groupe Big Fat Love. Il était intéressé par l’art, et nous visitions des galeries ensemble. J’ai fait la connaissance des autres par lui.”

En 1987 paraît un livre de ses photos documentaires de New York, de portraits de passants: Mike D propose à Ari Marcopoulos de travailler pour eux. “Quand les gens deviennent si connus, les photographier devient quelque chose de différent. Je ne me sentais pas forcément à l’aise avec ça.” Des photos de presse, une vidéo (pour “Somethings Got To Give”)… Mais sourtout des portraits pris sur le vif. C’est l’époque de Check Your Head. “Les Beastie Boys étaient à Los Angeles, et j’habitais chez Mike D. Je les accompagnais chaque jour en studio… Les circonstances étaient bonnes: ils travaillaient, et je travaillais. C’était un bon moyen d’obtenir de bonnes photos, d’éviter les poses.”

Plus de quinze ans après, le photographe et réalisateur documentaire publié par The New York Time, Interview, Paper et de nombreux magazines de snowboard – régulièrement exposé de par le monde – immortalise les Beastie Boys, aux abords de The Mix-Up. Les conditions sont les mêmes. La musique. Les Beastie Boys. Les Beastie Boys qui font de la musique. “Je m’intéresse aux activités de groupe, quand l’activité est la raison même du temps passé ensemble. La musique ici, mais aussi le skate. Et maintenant la famille. La plupart de mes photos des Beastie Boys sont d’eux ensemble, travaillant, traînant… Ce qui m’a intéressé, c’est ce petit “club”.

LIVRES

  • Pass The Mic: Beastie Boys 1991-1996 (PowerHouse Books, 2001)

  • Flow, Selected Photographs 1982-2006 (Veenman Publishers, 2006)

  • Even The President Of The United States Sometimes Has Got To Stand Naked (JRP/Ringier, 2005)

  • Out And About (Damiani, 2005)

  • Kids Born Out Of Fire/The Maestro (PAM Books, 2004)

  • Portraits From The Studio And The Street (Bert Bakker, 1998)

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Elvis Costello réédité: inédits à foison

L’album classique de 1977, My Aim Is True, est réédité par Hip-O/UMe, et paraîtra le 11 septembre. Mais loin de se contenter de retrouver une nouvelle jeunesse, la “Deluxe Edition” est généreuse en titres précieux: sur 48 chansons, pas moins de 29 sont inédits. Les chansons originales sont par exemple augmentées des versions de travail de “No Action”, “Living In Paradise”, “Radio Sweetheart et “Stranger In The House”, tout comme 8 démos enregistrées aux Pathway Studios de Londres. Le deuxième CD contient principalement des enregistrements live d’un concert donné le 7 août au Nashville Rooms de Londres (dont 5 titres enregistrés lors des sound-checks). Elvis Costello est en tournée européenne cet été, dont le 25 juillet au Blue Balls Festival de Lucerne.

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La réunion de Salt’N'Pepa en reality-show

Le duo R’n'B, qui a connu le succès dans les 90’s avec des tubes tels que “Lets Talk About Sex”, “Whatta Man” et “Shoop”, n’a pas sorti d’album depuis 1997. Salt et Pepa ont même annoncé leur séparation en 2001: Salt s’est tournée vers la foi, et Pepa est devenue une actrice de séries télévisées… A la fin de l’année, VH1, la chaîne américaine, propose un reality-show, “The Salt’N'Pepa Show”, qui suivra la tentative de come-back du duo, et promet des rebondissements à foison dans la relation devenue difficile entre la fêtarde et la bigote…

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Beastie Boys: Grand Royal, fanzine sur papier glacé

Les trois mecs bestiaux laisseront derrière eux un esprit: le talent mêlé de fun. A leur image, le magazine collector reste pour ses chanceux lecteurs le parfait exemple d’une liberté exploratrice…

Ce fut d’abord un label de disque, et pour finir un site internet; entre les deux, ce fut aussi et surtout un journal, au contenu aussi touffu et délirant qu’était aléatoire sa parution, bref une publication à l’image du groupe, complètement imprévisible et souvent très drôle.

Sauf que si le premier numéro de Grand Royal fut bien l’œuvre collective du trio, très vite il devint essentiellement le dada de Mike D, au point que son collègue Ad-Rock se crut obligé de prendre publiquement ses distances, exprimant son total désaccord avec certaines des opinions exprimées dans le journal.

Le contenu de Grand Royal ne prêtait pourtant pas à polémique. S’il y était bien sûr largement question de musique (on se souvient entre autres des dossiers exhaustifs sur Lee “Scratch” Perry, le synthétiseur inventé par Robert Moog ou la Miami bass), ce n’était là que la partie émergée de l’iceberg.

On y causait avec le même sérieux des “Demolition Derby” (ou “stock cars”, ces compétitions de démolition de véhicules si chères à l’Amérique profonde), des films de Bruce Lee, de l’enseignement du Dalaï Lama, des polaroïds, du commandant Cousteau ou du retour en grâce des platines disques portatives grâce aux japonais – ainsi que flipper, recettes de cuisine, basket, skateboard ou coupes de cheveux…

Dire que tout ça était toujours passionnant serait très exagéré, mais c’était toujours au minimum décalé et surprenant. Surtout, ça ne ressemblait à rien d’autre. Rien que pour ça, depuis sa disparition en 1997, Grand Royal nous manque.

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Thurston Moore, coup d’oreille sur son album solo

Non content de faire honneur à l’album culte Daydream Nation, de 1988, que Sonic Youth rejoue en intégralité en tournée cet été, Thurston Moore se prépare à faire paraître, sur son label Ecstatic Peace, un nouvel album solo. Une interview à Pitchoforkmedia.com révèle que Trees Outside The Academy voit Thurston Moore jouer principalement de la guitare acoustique, avec l’aide à la guitare électrique de J Mascis, et à la batterie de Steve Shelley… Pour patienter d’ici au 18 septembre, date de sortie de l’album, une vidéo des coulisses de l’enregistrement donne à entendre deux morceaux, “Never Light” et “The Shape Is In A Transe”…

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La vie après Notorious BIG: un film sur la “Biggie family”

A paraître en DVD aux Etats-Unis en juillet, Life After Death: The Movie recueille les témoignages des proches de Notorious BIG, assassiné à Los Angeles le 9 mars 1997. Réalisé par April Maiya, le film suit D-Roc, Lil’ Kim et Junior M.A.F.I.A. à la suite de la mort de leur complice. En exclusivité, une interview de D-Roc qui s’exprime pour la première fois au sujet de la fusillade de 2001 dans les locaux de la radio new-yorkaise HOT 97, incident qui lui a valu, comme à Lil’ Kim, de se retrouver derrière les barreaux. Le film, en plus d’images de Biggie, et de Diddy, Jay-Z, Mase, C-Gutta, Lil Cease et The Lox, comprend des apparences de Mary J. Blige, Missy, Queen Latifah, Snoop Dogg, Sisqo, Redman, Charli Baltimore, Pamela Anderson et Tommy Lee… Bande annonce, en anglais, sur www.lifeafterdeaththemovie.com.

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Beastie Boys: Ratcage Records, le flair d’un homme

C’est à New York, au sous-sol du 171 Avenue, que David Parsons crée le label Ratcage. Les Beastie Boys y enregistrent leurs premiers 45-tours

Le son caverneux et la basse tellurique de “The Rat Cage”, sur The Mix-Up, ravivent des souvenirs. Au début des années 80, alors que la scène hardcore new-yorkaise est en pleine ébullition, Ratcage est un nom mythique. Ce magasin de disque est situé au sous-sol d’une ancienne vitrerie abandonnée au 171 de A Avenue, au coin de la 11e rue. Des dizaines de groupes répètent au premier étage et traînent la journée dans la boutique de David Parsons, qui joue autant un rôle social que musical.

Lorsqu’il entend les Beastie Boys dans une fête privée, David Parsons leur propose de les enregistrer sur le label qu’il vient de créer, Ratcage Records. “Polly Wog Stew EP” (1982) et “Cookie Puss / Beastie Revolution” (1983) sont les premières traces discographiques du quatuor (formé à l’époque de Mike Diamond, Adam Yauch, John Berry et Kate Schellenbach).

David Parsons est une personnalité artistique à multiples facettes. Éditeur du mythique fanzine Mouth Of The Rat, on lui doit le fameux dessin qui orne la première cassette des Bad Brains, une représentation de la Maison-Blanche frappée d’un énorme éclair jaune. Un dessin prophétique. Exilé en Suisse dans les années 90, David Parsons endosse le personnage de Charlot dans les rues de Lausanne ou de Vevey. La famille Chaplin, pourtant habituée à voir des sosies frapper à leur porte, le prend immédiatement sous son aile, lui offrant un contrat d’exclusivité.

Mais la musique ne le quitte jamais vraiment. Un ukulélé relié à un ampli Marshall et des pédales d’effet, il devient vers la fin des années 90 un homme-orchestre parfois accompagné de sa fille Amilou, alors âgée de quatre ans. Les derniers jours de sa vie, alors qu’il se bat contre un cancer sur un lit d’hôpital de Lausanne, ses amis du milieu hardcore new-yorkais sont à ses côtés. David “Donna Lee” Parsons meurt le 23 septembre 2003. Il a juste eu le temps de rajouter entre son prénom et son nom le plus beau thème de Charlie Parker.


Les trois vinyles Ratcage Records

  • The Young And The Useless - “Real Man Don’t Floss” (premier groupe de Adam Horovitz)
  • Beastie Boys - “Cooky Puss Maxi 12″
  • Beastie Boys - “Polly Wog Stew”

collection David Lee Parsons  Pascale et Amilou Parsons

Merci à Pascale Parsons

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Le fils du roi, Seun Kuti, est prêt à enflammer Paris

Dans la famille Kuti, je demande… Le fils, l’héritier. Si Femi a déjà fait sensation, Seun est celui qui revient avec le plus de ferveur à la source afro-beat, que son père Fela a marqué d’une pierre blanche. Deux concerts sont annoncés à Paris: le 24 juin et le 12 juillet au Bataclan, il s’adonne à un “Tribute to Fela”, entouré qu’il sera d’Egypt 80, les musiciens originaux de la formation de son père. La Voodoo Night célèbre les deux premiers maxis de Seun Kuti, “No Oil” chez Still Music et “Think Africa” chez Betino’s

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Damon Albarn signe la musique d’un cirque chinois

Monkey: Journey To The West“, spectacle dirigé par Chen Shi-Zheng, peut se targuer d’une musique originale composée par Damon Albarn, meneur de Gorillaz, et de design de visuel par Jamie Hewlett, cartoonist du groupe virtuel. Le cirque, qui comprend 40 acrobates, vocalistes et artistes d’arts martiaux chinois, fera halte au Théâtre du Châtelet à Paris, pour un mois entier, du 13 octobre au 13 octobre.

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UNKLE invite Massive Attack, Queens Of The Stone Age…

Nouvel album pour le cerveau derrière Mo’ Wax: James Lavelle, quatre ans après son dernier disque (Never, Never Land), annonce la sortie de War Stories le 9 juillet, sur son nouveau label Surrender All. Peu après le EP “Night’s Temper”, paru en mai, UNKLE fait appel aux contributions de Josh Homme des Queens of the Stone Age, Ian Astbury de The Cult, 3D de Massive Attack, Matthew Caws de Nada Surf, David Catching des Eagles Of Death Metal, Autolux, The Duke Spirit et Jeordie White, le bassiste de Marilyn Manson. War Stories voit en plus James Lavelle donner de la voix pour la première fois, et a été enregistré presque entièrement dans les conditions du live. Le producteur des Queens of the Stone Age Chris Goss a aidé à la production, et 3D est responsable de la cover. Surrender All proposera aussi un coffret en édition limitée, avec instrumentaux et livret riche en photos. Le premier single, “Burn My Shadow”, sera disponible dès le 25 juin. UNKLE est en concert au Montreux Jazz Festival le 10 juillet, et à Rock en Seine, à Paris, le 24 août.

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Quincy Jones, une marque d’habits et de cosmétique?

Le producteur de génie envisage de prêter son nom à des marques de produits de tous les jours, et de médias digitaux. A l’occasion de la foire commerciale Licensing International qui se tient à New York, l’entourage de Quincy Jones cherche à établir des contrats commerciaux avec des produits audio, des maisons d’éditions de livres, des habits et accessoires, des cosmétiques, de la décoration d’intérieur et du matériel éducatif. Robert Thorne, qui mène l’affaire conjointement avec Quincy Jones, affirme que “tout doit avoir une caractéristique qualitative qui rend évident que cela vient de Quincy”. Les hommes d’affaire derrière l’entreprise ont constaté que le pouvoir d’appel de l’image du producteur touche tous les groupes démographiques, aussi bien les fans de hip hop que les adeptes de la “Nouvelle Star”.

Parallèlement, Quincy Jones s’apprête à lancer quincyjones.com, un site web qui ira puiser dans ses archives du matériel audio, vidéo, photos et démos du travail de la légende avec Frank Sinatra, Michael Jackson ou Celine Dion. Des projets d’espace communautaire pour l’industrie du disque, un label et une maison de distribution sont aussi du projet. Quincy Jones prévoit encore la mise sur pied d’une radio satellite à son nom, d’une émission radio hebdomadaire sur les ondes, et du contenu pour téléphones mobiles…

Quincy Jones, dont l’agenda est décidemment chargé, sera le maître de cérémonie des 50 ans des Grammy Awards, et sera à l’honneur à travers une série de compilations, et un album, à paraître sur Interscope et produit par will.i.am et Akon, rendra hommage aux 25 ans de la sortie de Thriller.

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Beastie Boys: Ad-Rock en interview, deuxième partie

Alors que le compte à rebours a commencé (parution de l’instrumental The Mix-Up le 26 juin), Adam “Ad-Rock” Horovitz, au bout du fil, fait l’apologie paradoxale de l’art du sampling… Et dit qu’il n’a rien à dire

Votre musique a presque toujours tourné sur des beats. Sur The Mix-Up, pas une seule boucle: vous ne samplez pas vos propres instruments, comme vous l’aviez fait pour Ill Communication… Etes-vous fatigués du sampling? A-t-on fait le tour du genre?
Le sampling, c’est super. C’est mon hobby, et mon job. C’est tellement fun de trouver des samples. Et c’est intéressant de voir à quel point le sampling fait partie intégrante de notre manière d’écouter des disques. On se dit: “Voilà qui ferait un bon sample…” Et ce n’est pas un travers de musicien: maintenant tout le monde le fait.
Qu’est-ce qui fait un bon sample?
C’est différent pour tout le monde. C’est ce qui fait que la musique est bonne. Les gens qui utilisent les samples se posent souvent la question: est-ce la chanson, ou juste l’extrait? Il y a des tonnes de boucles issues de chansons merdiques. Billy Joel a quelques samples. Mais je ne suis pas un fan de Billy Joel. J’utiliserais son sample, mais n’écouterais pas sa musique à la maison…
Choisir tel sample est donc bien loin de l’affirmation d’un palmarès personnel…
L’affirmation, c’est “ce qui a été fait est maintenant ce que je fais”. Les gens disent qu’on emprunte: mais on prend! On vole! On s’approprie ce que d’autres ont fait. Voilà comment ça se passe. Les gens qui samplent se disent qu’ils sont meilleurs que Billy Joel, parce qu’ils se sont approprié sa musique. Par contre même si James Brown est très samplé, personne ne se dira jamais qu’il s’est approprié sa musique. Mais c’est une manière de jouer à son niveau. C’est assez punk.
Jouer des instruments, c’est aussi la plupart du temps s’approprier un genre.
C’est aussi une forme de vol. Mais c’est ce que fait tout musicien. Tu ne peux que rêver de t’approcher de tes influences, et donc tu les copies. Tout le monde fait ça. Tu veux être le plus cool. Tu veux peindre comme Picasso.
Il faut avoir un certain culot pour se mesurer à ses influences.
C’est d’où vient le punk. Et le hip hop. En fait, tu dois dire “fuck it”. “Je m’en fous: c’est ce que je fais, et je le fais.” Peu importe qui aime ça, ou si c’est bon ou mauvais, tu le fais…
En plus de vos qualités de rhéteurs, vous avez toujours su l’ouvrir pour défendre des causes sociales ou politiques. Alors que rien ne va plus, vous sortez un album instrumental. Ne serait-ce pas le moment de dire quelque chose?
Peut-être que d’une certaine manière, c’est une prise de position politique que de dire que nous n’avons rien à dire… L’Amérique est tellement foutue ces temps que je ne sais pas quoi dire. Je n’insinue pas que c’est ce que les gens devraient faire. Je veux encourager les gens à faire état de leurs opinions, et s’ils se sentent maltraités par leur gouvernement, ou pas écoutés, ils devraient dire ce qu’ils ont à dire. C’est important. Spécialement maintenant. C’est pas comme si nous n’allions plus jamais rien dire. Mais ces temps, nous écoutons simplement de la musique. Dans un monde foutu, peut-être faut-il une échappatoire…

ALBUM

  • Beastie Boys, The Mix-Up (Capitol) sortie le 26 juin

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Sonic Youth vend une compilation chez Starbucks

De grosses pointures de l’industrie du disque ont déjà fait l’expérience de la vente de musique par l’entremise du réseau de cafés Starbucks (Paul McCartney tout récemment). C’est maintenant au tour de l’indie américaine de se lancer dans ce nouvel esprit commercial: les cultissimes Sonic Youth vendront chez Starbucks une compilation de titres choisis par des célébrités. C’est lors d’une interview à Pitchformedia.com que Thurston Moore a révélé la nouvelle, sans pourtant donner la date de sortie de cet album: le groupe doit encore enregister un titre inédit pour l’occasion. Parmi les vedettes à choisir leur titre préféré de Sonic Youth, et à écrire un texte d’accompagnement: Jeff Tweedy, Beck, Marc Jacobs, Portia de Rossi, Michelle Williams…

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Ornette Coleman s’est évanoui pendant un concert

Le jazzman de légende s’est évanoui, hier, pendant son concert au festival Bonnaroo à Manchester, dans le Tennessee. Ornette Coleman, âgé de 77 ans, a souffert d’un coup de chaleur, mais est resté lucide et a affirmé n’avoir pas connu de symptômes annonciateurs avant l’incident. Il est maintenant hospitalisé au Coffey County Hospital. Sa prochaine apparition en public est anoncée pour le 6 juillet à Kongsberg, en Norvège.

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Un live de Johnny Cash extirpé des archives d’Universal

Le 24 juillet, Universal sort The Great Lost Performance, un enregistrement live de Johnny Cash retrouvé dans les archives. Le concert en question, donné le 27 juillet 1990 au Paramount Theatre à Asbury Park dans le New-Jersey, comprend des classiques comme “I Walk The Line” et “Folsom Prison Blues”, mais aussi des duos de la légende disparue en 2003 avec June Carter (”Jackson”, “The Wreck Of Old ‘97″), et avec Lucy Clark (”What Is Man” et “Forty Shades Of Green”).

TRACKLIST

  • Ring Of Fire
  • Life’s Railway To Heaven
  • Wonderful Time Up Here
  • Folsom Prison Blues
  • Sunday Morning Coming Down
  • What Is Man
  • Forty Shades Of Green
  • Come Along And Ride This Train
  • Five Feet High And Rising
  • Pickin’ Time
  • A Beautiful Life
  • Hey Porter
  • Ragged Old Flag
  • Tennessee Flat Top Box
  • Ghost Riders In The Sky
  • Jackson
  • The Wreck Of Old ‘97
  • I Walk The Line

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Beastie Boys: Ad-Rock en interview, première partie

Le nouvel album des Beastie Boys, The Mix-Up, paraît mardi prochain. Vibrationsmusic.com marque le coup avec une semaine spéciale, et saisit l’occasion d’en discuter au téléphone avec un Adam “Ad-Rock” Horovitz facétieux, laconique, mais “simplement honnête”

The Mix-Up, à paraître mardi prochain, est totalement instrumental. Quelle fut l’impulsion de départ?

C’était l’idée de Adam Yauch. Il est très audacieux. Très têtu. Alors on l’a fait, c’était fun. Il n’a pas eu de peine à nous convaincre: nous n’avions pas vraiment d’autre idée, de toute façon. Habituellement, quand on se met à un nouvel album, on se fait des mixtapes les uns pour les autres, pour faire savoir ce que nous écoutons.

Alors, qui écoutait quoi?

Bon, nous ne l’avons pas vraiment fait pour cet album! Mais nous l’avons souvent fait par le passé…

L’influence post-punk, en particulier, paraît nouvelle chez vous…

Nous n’avons jamais joué des choses de ce type, mais nous avons toujours écouté ce genre de musique, nous avons grandi avec. Il était temps de jouer des choses inédites.

Vos enregistrements comportent une guitare-sitar, des touches afro-beat, des cloches latino… Vous écoutez un peu de ce qu’on appelle “world music”?

Pas tellement. Nous avons traversé une phase brésilienne… Vous savez, quand tout le monde écoutait Os Mutantes, nous les avons écouté aussi! On écoute beaucoup de reggae.

De la musique africaine aussi?

Un peu. Fela Kuti… Tony Allen, j’aime bien, Manu Dibango aussi.

Pourquoi ce titre, The Mix-Up?

C’est venu tout à la fin: l’album est un grand mélange de genres…

Mais c’est quelque chose que vous avez toujours pratiqué! Pourquoi insister là-dessus maintenant?

C’est tout ce qui nous est venu au dernier moment. Le mieux que nous ayons trouvé, tout à la fin. Là je suis simplement honnête.

Vous pensez convertir de nouveaux fans? Vous donnez cet été des shows intégralement instrumentaux. Qui va se pointer?

Nous essayons de pénétrer le marché de la musique de restaurants, et de spas. Vous savez, les lobbys d’hôtels? Ce genre de public. Dans les spas, on veut être la musique d’ambiance.

Vous avez été trop exposés jusqu’ici?

Non. Dans les cabinets de dentistes, par exemple, nous voulons être au premier plan. Quand vous vous faites fraiser les dents, on veut être dans les écouteurs, super fort.

Vous allez sûrement décevoir les fans de rap.

C’est possible, mais qu’est-ce qu’on y peut?

The Mix-Up ne contient pas à proprement parler de titre taillé pour MTV. Vous avez toujours fait des vidéos marquantes: qu’en est-il ce coup-ci?

Nous allons monter un DVD, avec un clip pour chaque chanson. Ça devrait sortir autour de Noël. Nous filmons tout le temps. Des trucs.

Dans votre nouvel album, que reste-t-il du hip hop et du hardcore qui définit votre style?

Nous voulions faire quelque chose de différent. Nous avons fait des disques de rap, des disques avec un peu de ci, un peu de ça… Nous avons commencé à jouer instrumental, et nous nous sommes pris au jeu. Ce n’est pas un album d’adieu, ni un album qui nous définirait: c’est un de nos disques parmi d’autres.

SUITE DE L’INTERVIEW DEMAIN

ALBUM

  • Beastie Boys, The Mix-Up (Capitol) sortie le 26 juin

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Mr Oizo

Quentin Dupieux, alias Mr Oizo, a fait rigoler la planète entière avec sa peluche Flat Eric. Il s’attelle maintenant à la faire s’esclaffer avec la sortie de Steak, film écrit et réalisé par lui, sur les écrans mercredi prochain – la B.O. est composée par le génie de l’électro française, et les complices Sebastien Tellier et Sebastian. Mr Oizo, un grand rigolo qui n’est pas que cela: sérieux, son talent. Sûrs, ses goûts.

Herbie Hancock Sextant. C’est incroyable comme ce disque, qui date pourtant du début des années 70, est gavé d’électronique! Un album pas du tout conventionnel, à la fois très hard dans sa texture, et deep au niveau du déroulement. J’ai mis beaucoup de temps à le découvrir - avant, je connaissais surtout la période électro-funk de Hancock. 8000 écoutes ne suffiront pas à me lasser.

Miles Davis Big Fun. Là, c’est la période électrique de Miles Davis que j’affectionne. On The Corner et celui-ci, qui date de 1974: l’année où je suis né – il se trouve que c’est également une année musicalement incroyablement prolifique.

Beastie Boys Check Your Head. Pour l’énergie, mais également pour la richesse musicale: il se passe plein de choses dans ce disque, ils peuvent enchaîner un morceau de rock alternatif avec un morceau de pur hip hop avec un passage jazzy… Et quand ils font du funk, c’est pas à la Jamiroquaï, ça remue vraiment.

Portishead Dummy. Je l’écoute inlassablement depuis cinq ans. Je me sens énormément d’affinités au niveau de la vision sonore, et j’adore la voix de la nana. Je pense que ma démarche est semblable à la leur, même si eux sont mélancoliques. Mon disque est plus brutal, plus sec.

Q-Bert Wave Twisters. Sa virtuosité est impressionnante. Et d’un autre côté, en incluant à sa technique tout le côté accidentel des scratches, il parvient à rendre ses platines humaines. Rien qu’avec ses doigts, il rend un son long court, et inversement. J’aime le côté solo du scratch. La platine, c’est la guitare d