électro: Bonde do Role, le Brésil façon furie

Le baile funk de ces punks ne fait pas dans la dentelle, mais a une énergie on ne peut plus furibarde. Voltimètres à brandir demain à Festi’Neuch

“J’étais à une soirée/ Et j’ai vu une teupu/ J’ai mis ma langue dans son cul/ Et ma langue est sortie toute crade”. Bonde do Role, trio originaire de Curiciba au sud de Sao Paulo, maîtrise ce genre d’imagerie romantique avec une réelle délicatesse, n’est-ce pas? Deux MC (Marina Ribatski et Pedro D’eyrot) et un DJ (Rodrigo Gorky) plastiquant le baile funk à coup de samples de riffs de guitares métaloïdes, d’électro-funk bien old school et de rapping à la Beastie Boys.

“Notre groupe compile symétriquement nos goûts, précise le ventripotent Gorky. D’eyrot adore le disco bien sirupeux, l’électro et des trucs plus hardcore ou punk comme NOFX. Moi j’ai joué dans un groupe de bossa et j’adore la pop comme l’électro. Quant à Marina, c’était la riot grrrrl typique, écoutant du punk, du grunge, du metal.”

Plus punk, tu meurs! Pour preuve lors de l’after du concert parisien de CSS le mois dernier, Marina s’est lavée sur scène les cheveux au jus d’orange, s’arrachant à moitié le soutien-gorge avant d’enchainer des simulations de broutages de minou par son collègue D’eyrot… “Le baile funk parle de cul, de dope et de violence, confirme l’intéressée. On a gardé que le sexe, en en parlant de la façon la plus fun et trash possible.” Il y a du Beastie Boys période License To Ill chez Bonde do Role. Des cascades de samples plus improbables les uns que les autres (Alice In Chains, la B.O. de Grease, Tone-Loc…). Et une énergie furibarde qui en fait bien plus qu’une gentille blague de collégien.

PLAYLISTS

  • Gorky: Pet Sounds des Beach Boys, 69 Love Songs des Magnetic Fields, Homework de Daft Punk, I’ve Seen Everything des Trash Can Sinatras et Samba ‘68 de Marcos Valle.
  • Marina: Celebrity Skin de Hole, Mellon Collie and the Infinite Sadness des Smashing Pumpkins, Doolittle des Pixies, le Concerto n°1 de Tchaïkovski et un album de L7.

ALBUMS

  • Bonde do Role, Bonde do Role With Lasers (Domino) Sortie le 4 juin
  • Bonde do Role, Solta Frango (Domino)

SITES

CONCERTS

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3 Réponses à “électro: Bonde do Role, le Brésil façon furie”


  1. 1 franck juin 1st, 2007 à 12:12

    hum! qui y a t’il de fou, de punk, d’etrange de voir une personne se laver les cheveux aux jus d ‘orange? Le monde je pense a deja son vrai lot de folies, ce geste d’une soi disant artiste me fait juste penser a ce que l’on peut voir parfois tard le soir sur la chaine tv Arte. Des performances qui n’ont que le nom, souvent phatetique et derisoire, alors peut etre il y a un message derriere tout ca. Mais j’ai vraiment du mal a y voir un message quand un pseudo artiste punk se lave les cheveux au jus d ‘orange sur scene. Est ce drole, intelligent, artistique, violent, punk, musicale, alternatif, different, fou?

  2. 2 jacques juin 6th, 2007 à 6:59

    il est assez cocasse de voir des jeunes gens proprets et tout le tintouin de Sao Paulo - dont je n’ai pas écouté la musique (mais j’imagine) - représenter la musique du getho de rio. Pour y être resté plussieurs semaines, et être allé dans les bailes funk des favelas (et non ceux organisés dans les quartiers pour que les jeunes cariocas de la bourgeoisie se fassent un peu peur), croyez-moi cela n’a rien à voir avec ces trois blancs-becs sortis d’un défilé de galliano… toujours le même problème : pourquoi recopier les dossiers de presse ?

  3. 3 MZ juin 6th, 2007 à 9:15

    Déjà, viennent pas de Sao Paulo mais de Curiciba, à 350 bornes au sud, un bled bien bourge avec une grosse communauté polonaise, russe, ukrainienne, allemande et italienne. Comme c’est une région riche, ils veulent faire sécession et détestent Rio. Bref, Curiciba est un lieu bien réac et raciste… Quant à une quelconque représentation du ghetto, ce trio ne représente que lui même et rien d’autre… Il sont blancs-becs, comme vous dites Mister Denis, sortent peut-être d’un défilé de Galliano mais ça on s’en branle car leur esprit est surtout punk et white trash; donc ils emmerdent tout le monde (y compris les pauvres!) et c’est tant mieux. Ils n’affirment pas faire partie de la scène des bailes funk des favelas en tout cas… Le meilleur pour la fin: toi, tu as peut-être eu la chance d’avoir un dossier de presse (ce que je n’ai pas eu) mais si le coeur t’en dit d’écouter la bande de mon interview pour vérifier que leurs propos n’ont pas été pompés ailleurs, tu sais où me joindre…

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