Beastie Boys: Ratcage Records, le flair d’un homme

C’est à New York, au sous-sol du 171 Avenue, que David Parsons crée le label Ratcage. Les Beastie Boys y enregistrent leurs premiers 45-tours

Le son caverneux et la basse tellurique de “The Rat Cage”, sur The Mix-Up, ravivent des souvenirs. Au début des années 80, alors que la scène hardcore new-yorkaise est en pleine ébullition, Ratcage est un nom mythique. Ce magasin de disque est situé au sous-sol d’une ancienne vitrerie abandonnée au 171 de A Avenue, au coin de la 11e rue. Des dizaines de groupes répètent au premier étage et traînent la journée dans la boutique de David Parsons, qui joue autant un rôle social que musical.

Lorsqu’il entend les Beastie Boys dans une fête privée, David Parsons leur propose de les enregistrer sur le label qu’il vient de créer, Ratcage Records. “Polly Wog Stew EP” (1982) et “Cookie Puss / Beastie Revolution” (1983) sont les premières traces discographiques du quatuor (formé à l’époque de Mike Diamond, Adam Yauch, John Berry et Kate Schellenbach).

David Parsons est une personnalité artistique à multiples facettes. Éditeur du mythique fanzine Mouth Of The Rat, on lui doit le fameux dessin qui orne la première cassette des Bad Brains, une représentation de la Maison-Blanche frappée d’un énorme éclair jaune. Un dessin prophétique. Exilé en Suisse dans les années 90, David Parsons endosse le personnage de Charlot dans les rues de Lausanne ou de Vevey. La famille Chaplin, pourtant habituée à voir des sosies frapper à leur porte, le prend immédiatement sous son aile, lui offrant un contrat d’exclusivité.

Mais la musique ne le quitte jamais vraiment. Un ukulélé relié à un ampli Marshall et des pédales d’effet, il devient vers la fin des années 90 un homme-orchestre parfois accompagné de sa fille Amilou, alors âgée de quatre ans. Les derniers jours de sa vie, alors qu’il se bat contre un cancer sur un lit d’hôpital de Lausanne, ses amis du milieu hardcore new-yorkais sont à ses côtés. David “Donna Lee” Parsons meurt le 23 septembre 2003. Il a juste eu le temps de rajouter entre son prénom et son nom le plus beau thème de Charlie Parker.


Les trois vinyles Ratcage Records

  • The Young And The Useless - “Real Man Don’t Floss” (premier groupe de Adam Horovitz)
  • Beastie Boys - “Cooky Puss Maxi 12″
  • Beastie Boys - “Polly Wog Stew”

collection David Lee Parsons  Pascale et Amilou Parsons

Merci à Pascale Parsons

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1 Réponse à “Beastie Boys: Ratcage Records, le flair d'un homme”


  1. 1 Raf sept 19th, 2008 à 15:19

    Bonjour, je suis touché d’avoir lu cet article sur Dave Parsons. Fan de son label, je l’avais contacté en 2002 par rapport à la sortie d’une compil de titres live des Young and Useless, Reagan Youth etc. en CDR faits main par ses soins, sortie en soutien à Ratcage. Il voulait effectivement relancer le label de façon artisanale / DIY. Nous sommes même allés le rencontrer à Lausanne pendant l’été, 24h riches en discussions et souvenirs, nous devions formaliser ces entretiens en les faisant suivre d’une interview par email mais nous n’en avons pas eu le temps. Dave était déjà malade à ce moment-là, il dut même s’absenter quelques heures pour son traitement à l’hôpital le lendemain suivant et semblait très fatigué. J’ai malheureusement appris sa mort par le net, quelques semaines plus tard. Il avait eu tout de même le temps de se faire opérer. Il avait repris contact avec les Beastie Boys, et avait quelques nouveaux projets. Malheureusement ils ne verront sans doute pas le jour.


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