juillet, 2007

afro-beat: Fela, hommage en images, 1ère partie

Le compte à rebours soul de Vibrationsmusic.com reprend lundi prochain: il est temps de faire une révérence devant le Black President, disparu il y a dix ans jeudi… Notre hommage bio-discographique en quatre parties est illuminé par les covers qui prolongeaient les couleurs des albums

La stratégie discographique de Fela était unique. De 1974 à 1977, il se rendait pratiquement chaque mois dans les studios d’EMI au Nigeria pour y enregistrer des versions étendues de ses compositions les plus populaires jouées sur scène. Il appelait ça des “bulletins de news” et les ventes étaient remarquables, d’autant plus que Fela arrêtait immédiatement de jouer ces morceaux sur scène une fois qu’ils étaient sortis. Il est aujourd’hui difficile de commenter cette discographie album après album. Les morceaux les plus forts sont liés à des évènements politiques et personnels. Parcourt à travers les covers de jalons forts d’une carrière haute en couleurs

1970 - 1972

London Scene / Open & Close / Shakara

De retour des Etats-Unis où il découvre le funk de James Brown et les idées de Malcolm X, Fela change le nom de son groupe Nigeria 70 en Africa 70. Il ouvre à Lagos le club Afro Spot qui deviendra plus tard le Shrine dans le quartier Ikeja de la banlieue de Lagos. Moins lyrique, plus tranchant qu’à ses débuts, l’afro-beat de Fela se complexifie. London Scene, enregistré à Abbey Road, est produit par le batteur de Cream Ginger Baker. Shakara contient le fameux “Lady” qui va devenir un des morceaux les plus populaires de son répertoire. Open & Close est considéré par beaucoup comme le meilleur album de cette période.


1973 - 1974

Confusion / Gentleman

En 1974, Fela fonde une commune autonome qu’il proclame “Etat indépendant”. Il l’appellera plus tard “République Kalakuta” (Calcutta) du nom d’une cellule particulièrement sordide de la prison de Lagos. Avec le départ de certains membres — dont son extraordinaire saxophoniste ténor Igo Chico —, la nature du groupe change du tout au tout. Les thèmes s’allongent, Fela affine son jeu de claviers et la direction des cuivres est laissée au saxophoniste baryton Lekan “Ani” Animashaun. L’âge d’or de l’afro-beat.

Bio-discographie parue en 1999 dans Vibrations

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  • Fela Kuti expose ses ambitions politiques

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SUITE DE NOTRE HOMMAGE DEMAIN, REPRISE DU PALMARES SOUL LE 6 AOUT

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Palmarès des 25 meilleurs albums soul: rangs 19 et 18

19
Maze

Live In New Orleans (Mastercuts)

On envie ceux qui ne connaissent pas encore Live In New Orleans. On aimerait être présent pour voir la joie sur leurs visages quand ils écouteront pour la première fois les poignants “Joy And Pain”, “Changin Times”, “Running Away”, “Reason”. On voudrait comme eux ne pas être si familier de la voix du chanteur Frankie Beverley. Selon le journaliste Nelson George, elle sonne “comme celle d’un époux qui, après toutes ces années, est toujours amoureux de sa femme”. Quatrième album d’un groupe formé à Philadelphie en 1977, Live In New Orleans regroupe tous les succès de Maze dont le plus grand fan était un certain Marvin Gaye (il les emmena en première partie de sa tournée, ce qui leur valut un contrat avec Capitol). Le plus fort est que cet enregistrement est techniquement plutôt moyen. Cela n’empêche pas de faire de ce Live In New Orleans un des meilleurs – si ce n’est le meilleur – album en public de l’histoire de la soul. PJC

Maze: “Joy And Pain” (extrait)

18
Various Artists

Just My Imagination (Soulful Reggae For Lovers) (Trojan)

Nul doute que s’il avait écouté Jimmy London interpréter “Bridge Over Trouble Water”, le romancier anglais Nick Hornby n’aurait pas fait dire au héros de son roman Haute Fidélité qu’on ne peut à la fois apprécier Solomon Burke et Simon & Garfunkel, que ça revient à la fois à être dans le camp des Palestiniens et dans celui des Israéliens. Que dirait-il alors des 15 autres titres que comporte ce disque, 15 reprises de standards soul par des artistes jamaïcains? Que ce soit les Pioneers avec “Papa Was A Rolling Stone” ou Ken Boothe avec “Let’s Get It On”, ceux-ci montrent sans exception qu’ils n’ont rien à envier à leurs homologues américains. Mieux, certaines de ces covers parviennent même à nous faire oublier les versions d’origine. C’est le cas du “Ain’t No Sunshine” de Bill Withers revisité par Ken Boothe, ou du “Loving You” de Minnie Ripperton sublimé par le falsetto de Lloyd Parks. VT

Just My Imagination (Soulful Reggae For Lovers) - Ken Boothe: “Ain’t No Sunshine” (extrait)

SUITE DU PALMARES SOUL DES LE 6 AOUT

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world: Seun Kuti & Egypt 80, la danse du feu

PHOTOS: DAVID COMMEILLAS

Le fils du Black President passe ce samedi par les Nuits du Sud de Vence. Son concert donné le 24 juin au Bataclan de Paris annonce la canicule à venir…

19 musiciens, dont 7 cuivres, 4 percussions, et trois danseuses aux visages maquillés de toutes les couleurs et aux bracelets de ventres ondulant de façon hypnotique… Rarement la scène du Bataclan parisien n’avait paru si étriquée, et pourtant Seun Kuti trouva, ce dimanche 24 juin, encore assez d’espace pour danser, se déhancher, tourner et rouler des épaules avec panache. Pour fêter la sortie de son premier maxi (”Think Africa/ Na Oil”), le plus jeune des fils de Fela parcourt la planète avec une reformation d’Egypt 80. “Ceci n’est pas que du divertissement, c’est un statement. Je suis ici pour vous dire comment vivent les jeunes à Lagos”, crie-t-il à la foule.

En provenance directe du Nigéria, le groupe n’avait même pas eu le temps de décoller les étiquettes des douanes sur leurs tambours traditionnels. Pendant plus d’une heure, Seun Kuti s’aventura dans de longs tunnels enflammés d’afro-beat, invitant Tony Allen à s’installer derrière la batterie pour un titre, et faisant monter sur les planches le rapper Mokobé du 113 (Seun Kuti apparaît sur son nouvel album, Mon Afrique). La comparaison avec l’autre héritier musical de la famille Kuti est inévitable: Femi est d’avantage un chef de tribu inébranlable, au spectacle précis et peut-être mieux huilé, mais à 23 ans seulement, Seun affiche une fougue et une ardeur hors du commun. Mené par le saxophoniste vétéran Baba Ani, sa fanfare roots et funky semble incontrôlable. Les improvisations fusent dans tous les sens, gratifiant à la fois les yeux et les oreilles des spectateurs extasiés.

Après avoir interprété surtout des compositions de son prochain album (toujours pas signé en maison de disque), il acheva le concert torse nu, les deux poings en l’air après une “Fire Dance” du tonnerre. Une clameur assourdissante monte du public en guise de remerciements, et lorsqu’il se retourne pour sortir de scène, on peut enfin lire clairement le tatouage entre ses omoplates transpirantes, en lettres majuscules: “Fela lives”.

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CONCERTS

ALBUMS

Les enregistrements studio de Seun Kuti ne sont disponibles que sur vinyle

  • Seun Kuti, “Na Oil”/”Think Africa”, en vente dans le shop de Vibrationsmusic.com
  • Seun Kuti, “Fire Dance” (Betino’s) à paraître en septembre
  • Album annoncé: 90 minutes de ses meilleures prestations live, avec DVD: octobre-novembre

SUR VIBRATIONSMUSIC.COM

  • Du 31 juillet au 3 août, hommage à Fela, mort le 2 août 1997, à travers une bio-discographie illustrée

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Palmarès des 25 meilleurs albums soul: rangs 21 et 20

21
Isaac Hayes

Hot Buttered Soul (Stax)

Isaac Hayes avait écrit tellement de hits pour Stax – en particulier ceux de Sam & Dave –, il avait fait gagner tellement d’argent à la compagnie que lorsqu’il a enfin l’opportunité de graver son premier disque en 1971, les hauts bonnets de Stax lui laissent carte blanche. Le résultat les laissera un brin pantois. Pensez, la firme de Memphis s’était fait la réputation d’être le label le plus “noir” de la soul, de produire une musique rocailleuse, bien loin des tentations pop de Tamla Motown. Quand Isaac Hayes leur livre Hot Buttered Soul, le malaise est tangible. L’album commence par une version de “Walk On By”, une chanson signée Bacharach/David popularisée par Dionne Warwick. On est à mille lieues de Stax. Et puis les morceaux sont longs, très longs, impossible à programmer en radio. “By The Time I Get To Phoenix”, une magnifique version d’un morceau de Jim Webb, s’étire jusqu’à… 18 minutes 40. L’album n’a marché qu’à cause du très funky “Hyperbolicsyllabicsequedalymistic”. Aujourd’hui, il est devenu un classique et Isaac Hayes une référence pour des groupes comme Portishead ou Massive Attack qui affectionnent ses envolées symphoniques et sa production sophistiquée. PJC

Isaac Hayes: “By The Time I Get To Phoenix” (extrait)


20
Blackstreet

Blackstreet (Interscope/Universal)

Lorsqu’il revient sur le devant de la scène avec Blackstreet, Teddy Riley a clairement une revanche à prendre. Celui que la presse avait baptisé la petite merveille du new jack swing est donné pour fini par une bonne part de la critique qui le moque sur sa prétendue incapacité à chanter sans déguiser sa voix derrière un vocoder. Et les mêmes de citer en exemple la carrière solo d’Aaron Hall, son ancien collègue au sein de Guy. Mais Teddy Riley n’en a cure, il sait qu’il a en sa possession l’arme fatale, un disque en deux parties, la première très funk synthétique, et la seconde – c’est celle-là qui nous intéresse – uniquement constituée de ballades imparables. Et peu importe qu’il abandonne à ses trois nouveaux acolytes le soin de chanter les voix lead puisque personne n’a le moindre doute quant à l’identité du capitaine. Des années plus tard, des titres comme “Joy”, “Before I Let You Go” ou “Tonight The Night” n’ont pas pris une ride et se dégustent avec le même plaisir qu’au premier jour. V.T

Blackstreet: “Before I Let You Go” (extrait)

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live: Björk, la magie dans la voix, dans les pieds

PHOTOS: LIONEL FLUSIN

Hier soir, l’Islandaise, sur la grande scène du Paléo de Nyon, donnait corps aux chamanismes de son dernier album, et transfigurait avec force et plaisir ses classiques passés

Des poursuites bleues qui cherchent. Puis un noir relatif. Enfin un rouge vif. Björk entre sur la grande scène du Paléo Festival en sautillant, dans une robe écarlate presque aussi simple que l’attente de la découverte de ses atours était grande. La robe, comme le concert, révèlera ses beautés fluctuantes au fil des danses, au fil de son appropriation.

“Earth Intruders” est le premier morceau à faire enfler les membranes des enceintes. La puissance sonore est euphorisante, et se marie aux compositions avec une telle force que la voix pourtant majuscule est embrassée, tenue serré – sans être désarmée, sans capituler. Un choeur de cuivres (les Islandaises qui ont donné son identité au dernier album, Volta), un laptop, un clavier qui délivre mille sons de synthèse et la batterie ponctuelle de Chris Corsano encadrent les vocalises à la fois si brutes et tellement fines d’une diva qui sait trouver la justesse dans chaque chanson, l’émotion dans l’aisance. Là où on craignait la surenchère dans la mise en scène, de la prétention dans l’affirmation esthétique, il y a eu le jeu.

Magistrales, les versions, revisitées à l’aune d’orchestrations nouvelles portées par les cuivres, des classiques “Army Of Me”, “Bachelorette”… Simplement grande, l’interprétation de “Joga”. Complètement démesuré, le final “Declare Independance”. Les moments plus indéfinis, les titres plus poétiques, sont grandis aussi par l’intensité de la présence de Björk, et ces déclinaisons live tendent la main au public quand celles des disques la gardent parfois dans la poche.

Un demi-masque épidermique, une robe vivante, et Björk est la plus raffinée des sauvages. Jambes agitées, tête secouée, bras lancés. Transe corporelle explosive. La danseuse mêle avec la franchise du corps les plaisirs distincts du défoulement enfantin, et la naïveté corsetée des petits pas de comédie musicale. La foule crie quand l’Islandaise entame un titre phare, bien sûr. La foule hurle quand la belle pousse sa voix jusqu’au cri, évidemment. Mais la foule s’époumone aussi quand Björk tape du pied. Et quand elle frappe le sol au son d’un gong profond, on oublie la résonance du métal pour croire à la toute-puissance de son talon.

ALBUM

  • Björk, Volta (One Little Indian/Universal)

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CONCERTS

SUR VIBRATIONSMUSIC.COM

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Cinq extraits de l’album de Thurston Moore en écoute

Trees Outside The Academy paraît le 18 septembre prochain sur Ecstatic Peace. L’album, premier effort solo dans une direction pop de Thurston Moore depuis Psychic Hearts en 1995, a été enregistré dans le studio de J Mascis. Les douze titres invitent Steve Shelly (Sonic Youth), J Mascis (Dinosaur Jr.), Samara Lubelski, Christina Carter (Charalambides), John Moloney (Sunburned Hand of the Man), Andrew MacGregor et Leslie Keffer. Cinq extrait en écoute sur le site d’Ecstatic Peace.

TRACKLISTING

  1. Frozen Gtr
  2. The Shape Is In A Trance
  3. Honest James
  4. Silver>Blue
  5. Fri/End
  6. American Coffin
  7. Wonderful Witches
  8. Off Work
  9. Never Day
  10. Free Noise Among Friends
  11. Trees Outside The Academy
  12. Thurston@13

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Jay-Z pourrait quitter Def Jam pour Colombia

Le président du label Island Def Jam pourrait bien quitter son poste, selon la presse américaine, pour rejoindre Colombia Records. Jay-Z serait opposé à la venue de Jermaine Dupri à la tête de Island Urban Music, une sous-division de la firme. Si le rapper est effectivement engagé chez Colombia, il rejoindra le co-fondateur de Def Jam, Rick Rubin, qui a fait le saut en mai dernier. Les deux maîtres ont déjà collaboré, sur le titre “99 Problems” du Black Album.

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Curiosité: Will Oldham rencontre Kanye West en vidéo

C’est le clash des univers: le producteur et rapper Kanye West invite, sur la vidéo de son prochain single “Can’t Tell Me Nothing”, le songwriter du rock indie Will Oldham. La rencontre s’est faite par l’entremise de Zack Galifianakis, comédien de stand-up, qui a réalisé le clip. Cette version à petit budget fait maintenant concurrence à la vidéo officielle, tournée par Hype Williams. Les deux films sont en diffusion sur le site de Kanye West. Graduation, le nouvel album du maître doit paraître sur Def Jam fin août-début septembre.

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Palmarès des 25 meilleurs albums soul: rangs 23 et 22

23
Jackie Mittoo

Macka Fat (Studio One)

Vous vous demandez peut-être ce que vient faire dans cette liste un artiste plus connu pour sa contribution au reggae qu’à la soul proprement dite – et un instrumentiste de surcroît. C’est qu’alors vous n’avez jamais prêté l’oreille à ses enregistrements Studio One. Car mieux que n’importe lequel de ses pairs jamaïcains – Ernest Ranglin, Tommy McCook, Cedric “Im” Brooks – ou même américains – Booker T, Ramsey Lewis, Groover Washington Jr. – Jackie Mittoo incarne la soul instrumentale dans ce qu’elle a de meilleur. Qu’il œuvre dans l’ombre des plus belles voix de la musique jamaïcaine ou bien qu’il soit à la tête d’un ensemble instrumental – Soul Vendors, Soul Brothers et autre Sound Dimension –, qu’il marche dans les traces de Marvin Gaye en reprenant son “What’s Going On” ou qu’il joue une rythmique de son cru, chacune des notes qu’il tire de son orgue exprime la quintessence de la soul, cette chose indéfinissable dont Ishmael Reed dit dans son livre Mumbo Jumbo qu’elle est “la voix par delà la voix d’Otis Redding”. VT

Jackie Mittoo: “Henry The Great” (extrait)


22
Smokey Robinson

Pure Smokey (Tamla Motown)

Bob Dylan a dit de lui qu’il était “le plus grand poète américain vivant” et ce n’était pas un mince compliment. Smokey Robinson était en effet un poète, dans le sens où la poésie est une performance. Et là, personne ne pouvait le toucher. Son truc, c’est la sérénade. Du pur sucre dont on ne se rassasie jamais. On y regoûte encore et encore. Au lieu de chanter sur le beat, il se dissout dedans. D’ailleurs on ne sait pas vraiment s’il chante, murmure ou parle… On aurait pu choisir le précédent Smokey (1973) ou un disque de son groupe les Miracles. Ce Pure Smokey (1974) lui rend parfaitement justice. PJC

Smokey Robinson: “Quiet Storm” (extrait)

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Joni Mitchell signe avec Starbucks: nouvel album à venir

La plus gracieuse des chanteuses fait suite à Paul McCartney, qui a essuyé il y a peu les plâtres du label Hear Music, maison rattachée à Starbucks Entertainment. Son nouvel album, Shine, sera mis en vente dès le 25 septembre dans tous les établissements de la chaîne, comme chez les disquaires plus conventionnels. Neuf chansons originales sont annoncées, tout comme une réinterprétation de “Big Yellow Taxi”. L’album s’inscrit dans une activité créative débordante de Joni Mitchell, qui est l’auteur d’un ballet, “The Fiddle And The Drum”, et d’une exposition d’art vernie à l’automne à New York.

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Manu Chao sort un EP annonciateur de l’album

La Radiolina sort le 4 septembre sur Nacional/Because. Pour ménager notre patience, Manu Chao a fait paraître hier un EP, Rainin In Paradize EP, qui entoure le premier single, “Rainin In Paradize”, de deux nouvelle chansons: “Mama Cuchara” et “Panik Panik”. Disponible sur iTunes exclusivement, un remix par Mario Caldato du morceau titre. Manu Chao donne un premier concert en France au festival Tempo Latino à Vic-Fezensac le 30 juillet.

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Palmarès des 25 meilleurs albums soul: rangs 25 et 24

25
Various Artists

Salsoul Essentials vol. 1 (Charly)

Pour certains, Salsoul est le label disco ultime, celui qui a le mieux incarné durant près d’une décennie les valeurs festives, hédonistes, orgiaques même de cette musique, mais aussi sa dimension spirituelle, sa profondeur. Bref tout ce qui fait qu’on peut aujourd’hui parler du disco comme d’un noble art plutôt que comme d’une horrible machine à faire danser le pékin de base, une musique kitsch et stéréotypée, produite au kilomètre. Et à l’écoute de joyaux comme “Ten Percent” de Double Exposure, “The Beat Goes On And On” de Ripple, “Ain’t No Mountain High Enough” de Inner Life ou “Runaway” de Loleatta Holloway, il est difficile de contester ce point de vue. Arrangements luxuriants convoquant force cuivres, cordes et percussions, grooves insistants voir obsédants sans jamais être lourds, harmonies soignées, mélodies joyeuses sans jamais être frivoles ni légères, portées par des interprètes d’exception… Dans le genre, on n’a jamais vraiment fait mieux. VT

Salsoul Essentials - Loleatta Holloway: “Love Sensation” (extrait)


24
Ten City

Foundation (Atlantic)

Quand la house music est apparue, on entendait à son propos les mêmes reproches – parfois justifiés – qui avaient déferlé sur la disco: cette musique est mal produite, mécanique, elle ne dégage aucune émotion. Bref, elle souffrait de la pire tare pour une musique d’inspiration noire: elle n’avait pas de soul. Plus encore que 25 Years Later de Blaze ou Rhythms In Me de Robert Owens, Foundation du groupe de Chicago Ten City paru en 1988 a réduit ces critiques en miettes. Véritable groupe live emmené par les multi-instrumentistes Herb Lawson et Byron Burke, Ten City bénéficiait de l’extraordinaire falsetto de son chanteur Byron Stingily. L’album, excellemment produit par Marshall Jefferson, réussit la gageure de tenir la route dans son ensemble tout en égrenant des tubes (”Devotion”, “That’s The Way Love Is”). Le soin est niché partout: les paroles sont même imprimées sur la pochette! Malheureusement, le groupe était en avance sur son temps. Le public n’était pas prêt pour un big band house. Après deux autres albums, Ten City se sépare. Seul Byron Stingily continuera. Mais sa voix, entre les mains de producteurs aux formules toute faites, ne s’élève plus aussi haut. Reste ce Foundation, pierre de touche d’une house spirituelle qui n’attend qu’à renaître. PJC

Ten City: “Devotion” (extrait)

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live: MIMI, le festival de tous les possibles

PHOTOS: FRANCISCO CRUZ_Haale

Le festival marseillais confirmait ce week-end son identité marquée par la différence. Un évènement beau et rare par sa programmation ouverte à l’expérimentation et à l’innovation, privilégiant l’aspect créatif de la musique à tout impératif de rentabilité

Un festival rempli de surprises. Certains, séduits par la série Ethiopiques et les commentaires enthousiastes de Gigi et de Susheela Raman, sont venus danser avec le célèbre Mahmoud Ahmed; d’autres, très motivés pour découvrir le rock de la belle iranienne Haale, ou délirer avec les folles improvisations de l’ensemble batave Pow et son guest Joseph Bowie (ex-Defunkt). Ils en ont eu pour leur compte, mais le meilleur était ailleurs.

On a été happés par la voix claire et chaude de la chanteuse éthiopienne Eténèsh Wassié, émotive et sensuelle, au regard perçant, soutenue par le groove très entraînant du Tigre des Platanes, le groupe du saxophoniste toulousain Marc Démerau, dont la musique ludique, bruitiste et truffée “d’incidents” séduit et fait danser femmes, enfants, fonctionnaires, et un type habillé en Superman!

Nous avons été agréablement impressionnés par le duo slovaque Longital, surtout par la performance de la bassiste et chanteuse Shina Lo. Cependant, la plus rafraîchissante des musiques était celle du groupe japonais Expo, dirigé par le compositeur des manga sounds Suguru Yamagushi. Cinq allumés qui jouent et déjouent, mélangeant folk d’Okinawa et rock expérimental, délires de cirque et techno-pop, séquences faussement improvisées et sons hyper élaborés, poussant vers la micro-tonalité en distorsion parfaitement structurée et s’amusant avec des rythmiques impaires. Une fête de sons utopiques là où, autrefois, on prétendait soigner par les vertus des courants d’air. Celles des sons s’avèrent drôlement thérapeutiques !

Expo

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Devo à nouveau en studio… pour une pub

17 ans que le groupe culte n’a pas produit de nouvelle musique (malgré “Girl U Want” réenregistré pour la B.O. de Tank Girl, et le projet solo, Jihad Jerry & The Evildoers, de Gerald Casale). Retour de Devo en studio pour les besoins publicitaires de la sortie d’un nouveau laptop Dell: ainsi naît un nouveau morceau, “Work It”.

Si les groupes se mettent de plus en plus à vendre leur musique aux publicitaires, le phénomène n’est pas nouveau: pour le plaisir, et l’édification des plus jeunes, une pub concoctée par les Rolling Stones en 1964.

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Les 25 meilleurs albums soul: à vos marques…

Les 25 meilleurs albums soul de tous les temps? Vincent Tarrière et Pierre-Jean Crittin comptent sur leurs cinq mains. Compte à rebours dès demain

DESSINS : NOYAU_Stevie Wonder, Aretha Franklin, Ray Charles

Premièrement la soul, ce n’est pas le funk et plus tout à fait le rhythm’n'blues. La ligne de démarcation est mince, mais vous irez chercher vainement dans cette sélection des albums de James Brown (post-68), de Sly Stone, de Funkadelic/Parliament, de War, de Tower of Power, de Commodores, d’Earth Wind & Fire ou des Meters.

Deuxièmement, la soul s’est souvent mieux exprimée par le biais de 45-tours que d’albums. Les exemples les plus évidents sont les productions Tamla Motown ou Stax. Ainsi avons-nous préféré pour certains artistes conseiller des compilations lorsqu’un album ne s’imposait pas plus qu’un autre.

Troisièmement, certains disques choisis ne l’ont pas été en fonction de leur importance historique. Enfin, la soul, plus qu’un genre, c’est un feeling. Ainsi ne vous étonnez pas de trouver dans cette sélection des albums traditionnellement rangés sous l’étiquette reggae, pop ou house. Soulful, ils le sont assurément. Seule règle du jeu immuable: un album par artiste.

Cette sélection est publiée telle qu’elle est parue initialement dans le magazine Vibrations en mars 1999. Depuis, en huit ans, d’autres disques sont parus, d’autres redécouvertes nous sont tombées entre les oreilles. Vous ne trouverez pas dans cette liste les albums de D’Angelo (Voodoo, 2000), Jill Scott (Beautifully Human, Words And Sounds Vol. 2, 2004), James Carr (The Complete Goldwax Singles, 2003), Howard Tate (Howard Tate, rééd 2001), Doris Duke (I’m A Loser, The Swamp Dogg Session And More, 2005), Candy Staton (Candy Staton, 2005). Ils auraient certainement mérité d’y figurer.


A vos commentaires: nous attendons vos listes!

live: les New Mastersounds rejouent le Parrain

PHOTO: YVES QUERE_Reverend Chunky avec les saxophonistes des New Mastersounds, Diplomats Of Solid Sound et Reverend Cleatus

Saint-Paul Soul Jazz invitait ce week-end les meilleurs ambassadeurs actuels du deep funk: hommage à James Brown autour du Hammond

Pour sa deuxième édition, le Festival Saint-Paul Soul Jazz affirme avec un enthousiasme jamais démenti son amour des musiques afro-américaines organiques. Il reflète la passion indéfectible des frères Garcia, organisateurs mordus de “Hammond funk”. Articulées autour d’un indispensable orgue Hammond B-3, les performances des sept groupes invités laissent la part belle aux tournoiements de la cabine Leslie qui diffuse le son velouté du Hammond, enveloppant la vaste salle omnisport de Saint-Paul 2003.

A ce jeu, les Britanniques des New Mastersounds excellent. Originaires de Leeds, ils personnifient le deep funk actuel comme peu d’autres, véritables réincarnations des Meters. Leur concert du deuxième soir éclipse les impeccables Diplomats Of Solid Sound & The Diplomettes, un orchestre épatant à l’ancienne venu de l’Iowa. Lors de la troisième soirée, les New Mastersounds se lancent dans un “Tribute To James Brown”, accompagnés sur scène par Reverend Chunky, un solide chanteur à la voix âpre présent sur leur premier album. La batterie très inspirée de Simon Allen, la basse de Pete Shand et les bordées de Hammond de Joe Tatton, secondent la guitare bleue et écorchée d’Eddie Roberts, un musicien issu de la scène jazz. En onze morceaux, classiques comme “Papa’s Got a Brand New Bag” ou méconnus comme “On It”, ils rendent un hommage respectueux au Godfather Of Soul. Sur les explosifs “Make It Funky” et “Superbad”, ils sont rejoints par les cuivres des Diplomats Of Solid Sound alors que les Diplomettes et Baby Charles vocalisent dans une ambiance bon enfant. Ces découvertes et interactions chaleureuses laissent augurer d’une réjouissante troisième édition.

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live: Memphis au coeur de la Côte d’Azur

PHOTOS: EMRÂ ISLEK (www.imraislek.com)_Booker T. Jones

Le 50e anniversaire du label Stax, commémoré cette année, a renvoyé sur les routes quelques illustres pionniers de la soul. Au Nice Jazz Festival hier, l’organiste Booker T. Jones ouvrait, flanqué des MG’s, une soirée prolongée par Isaac Hayes

Fins limiers et vieux briscards, les quatre musiciens (Booker T. Jones, Steve Cropper à la guitare, Donald “Duck” Dunn à la basse et Steve Potts, en lieu et place du batteur Al Jackson, Jr. assassiné en 1975) revisitent avec une étonnante délicatesse les thèmes qui firent leur succès. Steve Cropper, Donald Dunn et Booker T. Jones, chemises bariolées et look de touristes en goguette sur la Côte d’Azur, prennent toujours autant de plaisir à jouer ensemble. Sans se regarder, sans bouger d’un pas, à coup de riffs au cordeau, de lignes de basse tout en rondeur, le duo Cropper-Dunn donna une leçon de groove minimaliste sous le ciel étoilé de cette nuit niçoise. A l’orgue, Booker T. Jones, le plus éloigné de cette histoire passée (il quitta Memphis pour la Californie à la fin des années 60), ajoutait cette note gospel – jazz légère, qui de “Soul Limbo” à “Green Onions” fit de cette heure guettée par la nostalgie un pur moment de soul instrumentale hors du temps.

Affaibli par de récents ennuis de santé, Isaac Hayes tout de blanc vêtu, enchaîne – côté jardin – avec ses orchestrations qui (avec Norman Whitfield chez Motown) révolutionnèrent la musique noire au tournant des années 70. Malgré la présence de trois claviers en lieu et place d’une belle section de cuivres, un début de concert poussif voire déroutant (un solo de batterie au milieu du “Walk On By” de Burt Bacharach!), le divin chauve eut la bonne idée de laisser les clés de son concert à son fidèle guitariste Charles “Skip” Pitts. Le “Shaft” final, étiré à souhait, offrit donc l’occasion à ce dernier (présent sur la session originale) de caresser l’échine des auditeurs avec ce riff historique, pris de bas en haut et de haut en bas, savamment accéléré, ralenti, jusqu’à l’extase: irrésistible! Stax repart, de nouvelles signatures sont annoncées (Angie Stone, N’Dambi), mais ses anciens ont encore plein de belles histoires à raconter.

Isaac Hayes

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Premier titre du nouveau Common en écoute

Dans les bacs le 31 juillet, le nouvel album de Common, Finding Forever, contient des productions de J Dilla, Will.i.am, et Devo Springsteen, comme des participations de D’Angelo, Kanye West, Bilal et Lily Allen: Thefader.com donne à entendre un premier extrait, “Drivin’ Me Wild”, qui invite cette dernière.

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Le nouvel Al Green dans les bacs début 2008

Quinze morceaux du nouvel album de la légende soul sont déjà écrits: The Duet Album, titre de travail du disque, devrait paraître début 2008. Conduit par Questlove, batteur de The Roots, Al Green sera mis en musique par le groupe hip hop séminal. La musique est jouée et produite par The Roots. Des effluves hip hop seraient évidentes, même s’il n’y aura pas de rap. Devraient apparaître, en invités, D’Angelo, Anthony Hamilton et éventuellement Alicia Keys et/ou Joss Stone. Blue Note aurait réservé du temps de studio pour l’enregistrement en août, septembre et octobre.

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New Order dans le flou: séparation, ou pas?

Peter Hook annonçait récemment la séparation de New Order (news sur Vibrationsmusic.com). Contrairement aux propos du bassiste, le chanteur Bernard Sumner et le batteur Stephen Morris faisaient savoir dans un communiqué vendredi que New Order est toujours en vie. On ne sait pas encore quel genre de carrière fera le groupe, comme aucun album, ni aucun concert, ne sont annoncés pour l’heure. On se doute pourtant que Peter Hook ne devrait pas être de la partie: “Après 30 ans passés ensemble dans le groupe, nous sommes très déçu que Hooky ait décidé d’annoncer à la presse, de manière unilatérale, la séparation de New Order. Nous aurions espéré qu’il nous en parle avant. Il ne s’exprime pas au nom du groupe, et nous ne pouvons que présumer qu’il ne veut plus faire partie de New Order.”

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Sly Stone plébiscité

A l’heure du come-back controversé du génie fatigué, ce florilège de témoignages présente quelques artistes qui ont mentionnés Sly & The Family Stone dans leur sélection d’albums incontournables. There’s a Riot Goin’ On et Fresh loin devant


Money Mark There’s a Riot Goin’ On. Chaque chanson de cet album possède une ardeur et une témérité impressionnantes. Quand j’étais petit, la radio diffusait énormément de hits soul splendides. J’adorais Al Green, Bobby Womack. Sly Stone parvenait en plus à déborder d’inventivité et de subversion sur la durée d’albums entiers – Fresh aussi est particulièrement brillant.

Ian Dury Fresh. Une autre victime du mode de vie généré par le grand cirque du rock. Aujourd’hui, Sly s’impose cependant comme un des trois plus grands inventeurs de la funky-music. Les deux autres: James Brown et George Clinton.

Van Hunt There’s a Riot Goin’ On. C’est le disque qui me rappelle le plus moi-même! Ou du moins ce que je voudrais faire en musique.

Etienne de Crécy Fresh. Avant, le funk pour moi c’était “Sex Machine”, c’est tout. Une chanson comme “Somebody’s Watching you” vous touche forcément. J’ai alors acheté tous les Sly Stone. Les derniers possèdent encore tous les ingrédients, ils ne fonctionnent pourtant plus. Le meilleur, c’est probablement There’s a Riot Going On.

Basement Jaxx There’s a Riot Goin’ On. Pour l’énergie. Ce disque donne une pêche incroyable. Les morceaux sont très expressifs, très sauvages. Ce pourrait être une collection de singles, tellement tout l’album est fort. Je trouve Fresh moins régulier dans l’excellence. Du même niveau que Sly Stone, j’aurai pu citer Prince, mais il est devenu trop mauvais.

Archive There’s a Riot Goin’ On. Le Sly Stone que je préfère, parce que c’est celui que j’ai découvert en premier. Depuis, j’ai acheté Fresh et Small Talk, mais c’était il n’y a pas si longtemps que ça, je n’ai pas eu la même surprise, la même claque. Sur Riot, le son est si brut et la basse de Larry Graham si monstrueuse!

Arto Lindsay There’s A Riot Goin’ On. J’adore la musique de Sly, et ce disque plus que les autres parce que c’est la rencontre du swing et de la poésie. Là, Sly atteint un état d’équilibre précaire et on peut comprendre combien le bonheur est cher (à payer) pour les Afro-Américains. On peut sentir ce côté ironique, acide, douloureux, corrosif, mais aussi le plaisir de la vie, de façon très forte, presque violente.

Roy Ayers Stand. A cause de cette phrase, dans le morceau-titre, qui dit: “There’s a midget standing tall and a giant besides him about to fall”. Incroyable! J’en suis encore sur le cul.

Ces commentaires sont extraits de différentes playlists publiées antérieurement dans Vibrations

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CONCERTS

  • 23/7: Paris, Olympia (avec Martha High et les Shaolin Temple Defenders)
  • 27/7: San Sebastian, Square Trinidad

SUR VIBRATIONSMUSIC.COM

  • Live: compte-rendu du concert au Montreux Jazz Festival
  • News: Sly Stone sort de son mutisme, rencontre avec Vanity Fair

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jazz: John Coltrane, hommage. 3ème partie

PHOTO: DON HUNSTEIN/SONY JAZZ_John Coltrane, Cannonball Adderley, Miles Davis et Bill Evans

Suite et fin du reportage de John Lewis dans la ville natale du saxophoniste. Georgetta Watkins, sa cousine, touche droit au coeur

Cette intensité se retrouve dans la jeunesse du musicien. John Coltrane était très proche de son père, un tailleur. Après l’école, il le rejoignait dans son atelier, où celui-ci lui jouait du violon ou du ukulélé. Mais en 1939, alors que John avait 12 ans, son père mourut subitement d’une maladie qu’aucun docteur n’avait su diagnostiquer. Cette même année décédait également le père de Mary. Si ces morts provoquèrent chez lui des interrogations profondes, Georgetta Watkins dit que le saxophone que sa mère lui offrit amena non pas des réponses, mais une ouverture sur un large spectre de réponses émotionnelles. Quand Coltrane mit son saxophone au service du blues, il injecta une vie nouvelle aux ancestrales chansons de travailleurs et autres refrains venus des champs de coton. “Si vous écoutez attentivement, vous entendez aussi du Hamlet, dit Georgetta Watkins. Parfois aussi je jurerais que j’entends ces tristes et solitaires sifflements de trains.”

L’écrivain Ralph Ellison devait penser à la musique de Coltrane quand il écrivit que “le blues est une impulsion pour conserver dans sa conscience blessée les détails pénibles et les épisodes d’une vie brutale. Pour toucher cette mémoire écorchée et la transcender en lui arrachant un lyrisme proche du tragique.” Georgetta Watkins entend quelque chose de similaire quand elle écoute du jazz, en particulier la musique de son cousin. “Le jazz est ma thérapie, dit-elle. Quand je buvais – je ne bois plus maintenant – je pouvais me verser un grand verre, en écouter et évacuer mes problèmes. Aujourd’hui, quand je me sens mal, me passer du Coltrane m’aide toujours à me sentir mieux. Cela me donne de l’énergie.” Elle dresse la tête en direction de la stéréo. “Ecoutez-ça”, dit-elle en se précipitant dans le salon. Je la suis et la trouve assise sur le canapé, les yeux fermés, absorbée dans le solo de “Body And Soul”. “Il est différent, écoutez-le. Il a un son particulier. Il ne revient pas à la mélodie aussi souvent que les autres saxophonistes. Il est ailleurs.”

Je m’assieds à côté d’elle. Elle me prend la main et la serre dans la sienne. On reste assis un moment sans dire un mot, juste à écouter. Puis la cousine de John Coltrane me murmure quelque chose à l’oreille. “Je suis fière de lui.” Toute la journée, j’ai attendu d’entendre ça.

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  • John Coltrane et Miles Davis jouent “So What”, en 1959.

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Queen Latifah s’entoure de Stevie Wonder, Erykah Badu

Le prochain album de Queen Latifah, à paraître le 25 septembre, invite ni plus ni moins que la légende soul Stevie Wonder et la diva Erykah Badu. Joss Stone, jeune pousse, et aussi du lot. Trav’lin Light voit la rappeuse reprendre des titres immortalisés par Nina Simone, Roberta Flack, Etta James, Sarah Vaughn, Carmen McRae, Pheobe Snow et Peggy Lee. Le disque est co-produit par Tommy LiPuma et Ron Fair, et fait suite au succès de 2004, The Dana Owens Album.

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jazz: John Coltrane, hommage. 2ème partie

PHOTO: CHUCK STEWART/IMPULSE!/UNIVERSAL MUSIC JAZZ FRANCE_ John et Alice Coltrane

Suite du reportage de John Lewis à Hamlet, en Caroline du Nord, sur les traces du saxophoniste. Histoires de famille

Je regarde ma montre. Il est presque l’heure de me rendre à mon rendez-vous avec la cousine de Coltrane, sa seule parente connue dans la région, Georgetta Watkins. Je trouve sa petite maison au nord de Hamlet. Grand-mère pleine de vie, elle m’accueille, un tablier autour de la taille et des tennis au pied. Des photographies de famille recouvrent l’essentiel des murs du salon, une bonne odeur de dîner remplit l’air et l’album Coltrane Sound passe sur la stéréo. Elle a préparé à manger et m’emmène dans la cuisine. Des plats de poulet grillé, du riz, des haricots, du maïs, des tomates, du pain et une carafe de thé glacé sont posés sur une table.

Quand elle ne verse pas du thé ou ne sert pas une nouvelle ration de légume, Georgetta Watkins parle de son cousin et de sa famille. Elle n’a jamais rencontré le père de Coltrane, mais elle se souvient de sa mère, une très grande femme calme et modeste comme son fils. “On ne parlait pas beaucoup de John à cette époque, dit-elle. Je ne sais pas si c’était par fierté, mais personne n’évoquait sa célébrité. Sa maman faisait comme si elle ne savait rien.” Georgetta Watkins raconte que son cousin a passé le plus gros de sa jeunesse à High Point, quelques centaines de miles au nord, mais qu’il revenait à sa ville natale pour voyager en train avec son oncle John Blair, serveur dans les wagons-restaurant.

“John aimait les trains. Il accompagnait souvent son oncle à Washington ou à New York.” D’après elle, le jeune garçon aimait aussi le sport, les bandes-dessinées et réalisait des croquis humoristiques qu’il échangeait avec sa cousine favorite Mary. Dix mois les séparaient, ils étaient comme frère et sœur. “Ils se portaient sur les épaules, se jetaient sur les lits, faisaient les petits diables.” Le fameux morceau avec son saxophone joyeux et son piano percussif évoquant des danseurs aux bras levés reflète la période tumultueuse de l’enfance dans un vibrant contraste avec le blues profond qui est au cœur de la plupart de ses autres compositions. “Ils sont plutôt du genre intense”, approuve Georgetta Watkins.

SUITE ET FIN DU REPORTAGE DEMAIN

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Live : Prince donne une leçon de Musicology

PHOTO: © ARMOUR_Prince en 2004

2 heures 30 d’un concert très spécial hier au Montreux Jazz Festival: Prince et son “Special Unit” ont revisité cinquante ans de Great Black & White Music

Des petites lampes de poche éclairent le côté droit de la salle. Greg Boyer, Mike Philips et William Lee Hogan déambulent dans le public, tous cuivres dehors, avant de monter sur scène sur un air de marching band. Il est 21h45 à Montreux, et le public prend lentement place dans l’auditorium Stravinsky, complet ce soir (les 4000 places ont trouvé preneurs en quinze minute). Le ton est donné d’entrée. “When The Saints Go Marching In” ouvre le concert, enchaîné à un standard de Miles Davis Wayne Shorter, à une longue relecture du “World Is A Ghetto” du chanteur soul Donny Hathaway du groupe War, puis à “It Don’t Mean A Thing” de Duke Ellington. Message subliminal: If it ain’t got that swing, ce n’est pas la peine! En trente minutes à peine, avant même l’entrée du maître, le groupe a traversé cinquante ans de musique noire. Et ce n’est pas fini.

Roger “Prince” Nelson arrive nonchalamment sur la scène, une bonne demi-heure après le début du concert dès le deuxième morceau. Ce n’est pas une star conquérante. Chapeau gangsta vissé sur la tête, il observe son groupe, s’installe petit à petit dans le groove, d’abord par de brefs soli de guitare saturés, puis au chant. Il est élégant dans chacun de ses gestes, en chef d’orchestre ou en guitar-hero. Et lorsqu’il invite une poignée de spectateurs à investir la scène, il les place correctement et respectueusement au milieu des musiciens, avant de se nicher derrière un ampli. La musique et la danse avant tout.

A la manière du Miles Davis des années 90, Prince donne sa direction musicale. A son invite, les trois cuivres chorusent en force, les deux pianistes – Morris Hayes et le Brésilien Renato Neto – sortent régulièrement des grilles. La batteuse Cora Duham et son mari Josh à la basse sont les dernières recrues de ce New Power Generation rebaptisé Special Unit. Prince les a engagés l’an passé lors de jam-sessions et after parties inofficielles. Lorsqu’il a entendu Cora, il lui a offert une batterie toute neuve. Elle était engagée. C’est un bel orchestre, sans doute le meilleur qu’a eu Prince depuis de longues années.

“Vous voulez des vieux morceaux ou des nouveaux?”, lance le chanteur. La réponse est indécise. “Bon, alors on va jouer des vieux et des nouveaux.” Le public aura ses “Purple Rain”, “Controversy”, “Nothing Compares 2 U” (et à la fin “Little Red Corvette”), mais c’est sur le nouveau single “Guitar” qu’il s’emballe. Preuve que, question hit, ce tube en puissance n’a pas à pâlir de ceux des années 80. Les reprises sont légions, mais ne sont pas lancées comme des balises à la mer. On pense encore et toujours à Miles Davis qui s’emparait des mélodies du moment. Ce soir, celle de “Crazy” (Gnarls Barkley) fait l’affaire, tout comme le “Come Together” des Beatles, le morceau le plus groovy des Fab Four.

On parlait beaucoup en coulisse de l’after show que Prince donna vers trois ou quatre heures du matin au Montreux Jazz Café. Ce fut plus tard. A l’auditorium Stravinsky, débarrassé des écrans vidéos, le musicien a délivré deux heures et demie de Great Black And White music. Sans interruption. C’est vrai, ce que dit la chanson: Prince aime sa guitare.

ALBUM

  • Prince, Planet Earth (Sony-BMG) Sortie le 24 juillet

CONCERTS

  • 1/8-21/9: Londres, Arena

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SUR VIBRATIONSMUSIC.COM

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  • News: Le dernier Prince gratuit en Angleterre, émoi de l’industrie
  • News: 21 concerts cet été à Londres
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  • News: Prince invité sur l’album de Cornel West

A VOUS DE JOUER

  • Vous étiez à l’after-show au Montreux Jazz Café? A vos commentaires, racontez-nous une expérience rare…

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Le nouveau Prince, gratuit, dans les charts anglais?

Dimanche dernier, le journal anglais Mail On Sunday distribuait gratuitement Planet Earth, nouvel album de Prince encore inédit, au grand dam de l’industrie du disque britannique: Sony BMG s’est retiré de ses obligations de promotion et distribution (voir news). Le Mail On Sunday va maintenant plus loin, menaçant d’action judiciaire l’Official UK Chart Company: il demande que Panet Earth, distribué à hauteur de 2.9 millions de copies, entre dans les charts anglais. Les responsables des charts anglais prétendent quant à eux que l’écoulement de l’album ne résulte pas de vente à proprement parler, et qu’ils ne peuvent donc pas en mesurer les chiffres commerciaux. Côté chiffres, le Mail On Sunday aurait déboursé 250.000 £ pour les droits de distribution, et Prince, en plus de cette manne, touchera aussi des royalties sur chaque copie écoulée.

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Cate Blanchett joue Bob Dylan: premier clip vidéo

Le film conceptuel de Todd Haynes, I’m Not There, commence à pointer le bout de son nez. Sur les écrans américains le 21 septembre, le film, qui se base sur la vie de Bob Dylan, voit six acteurs incarner la légende (dont Richard Gere et Heath Ledger). Dans le premier extrait à faire surface sur le net (en anglais), Cate Blanchett, confondante, joue un Dylan qui rencontre Allan Ginsberg (interprété par David Cross).

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jazz: John Coltrane, hommage. 1ère partie

PHOTO: CHUCK STEWART/IMPULSE!/UNIVERSAL MUSIC JAZZ FRANCE

A cette date, il y a quarante ans, s’éteignait le saxophoniste. Nous republions pour l’occasion un reportage du correspondant américain de Vibrations. John Lewis s’était rendu en 1999 à Hamlet (Caroline du Nord) dans la ville natale de John Coltrane. Il y avait trouvé un fantôme

J’ai roulé pendant plus de dix heures et je me retrouve devant un immeuble au coin de Bridge Street et Spring Street à Hamlet, une petite ville près de la frontière sud de la Caroline du Nord. Comme un invraisemblable tombeau, l’immeuble en briques rouges est dépourvu de tout style architectural, il ressemble plutôt à une boîte à chaussures géante. Des enseignes faites main pour le salon de beauté Mary et les fournitures pour fêtes Renee sont clouées à même la façade. Un arrangement de fleurs en papier, fanées et détrempées, est posé sur le trottoir. Dans un coin, une plaquette indique que John Coltrane est né ici il y a 72 ans.

Je regarde fixement la bâtisse en essayant de ressentir quelque chose. Peut-être suis-je engourdi par le voyage, mais je me sens très loin du pèlerin arrivé à destination. De retour à la voiture, je me promène dans la ville à la recherche d’hommages au titan du jazz. Je traverse la rue principale presque déserte, je passe devant la mairie, la bibliothèque, la poste, des magasins vides, une piscine et les bureaux de la Confrérie internationale des conducteurs de locomotive. Aucune bannière, aucune statue en vue. La seule chose que j’associe au saxophoniste, c’est la désolation et le calme mystérieux qui règnent dans la ville, une atmosphère que l’on retrouve dans les solos de “Village Blues” et “Alabama”. Finalement, je parque la voiture et j’aborde des types qui prennent un café au drugstore. Il ne leur faut pas longtemps pour m’expliquer qu’ils ne se sont jamais intéressés à Coltrane, parce qu’il était Noir.

“Les Noirs, soit ils vous volent, soit ils vous saignent”, dit un des hommes. Les autres acquiescent. Je grimace, les laisse à leurs idées racistes et je continue mes recherches à pied. Au bureau de poste, un employé fait mine de ne rien savoir du timbre à l’effigie de Coltrane émis il y a quelques années. A la bibliothèque, les rayons réservés à l’histoire locale l’ignorent complètement, la responsable prétend qu’il n’existe aucune biographie qui lui soit consacrée. Effrayé, je lui écris les titres de trois ouvrages disponibles. Le magasin de disques du coin n’a aucun de ses albums en stock. Le type derrière le comptoir m’explique que ses clients écoutent du hip hop, pas du jazz.

DEUXIEME PARTIE DU REPORTAGE DEMAIN

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funk: Sly & The Family Stone, l’esprit de famille