world: Lusafrica, label d’amour

PHOTO: YOURI LENQUETTE/ José Da Silva, Cesaria Evora et Cali

Le label qui a découvert Cesaria Evora souffle ses 20 bougies. L’aventure a commencé dans un petit restaurant capverdien de Lisbonne… Pour fêter ça, 20 compilations, hors commerce, à gagner

Un soir de 1987, José Da Silva, un jeune Capverdien de 28 ans, entre dans un restaurant de Lisbonne tenu par Bana, un musicien mythique du Cap-Vert. Ce qu’il entend ce soir-là va changer sa vie. Une chanteuse envoûte l’assistance de son timbre de voix voilé. José Da Silva, alors aiguilleur à la SNCF à Paris, se ruine à la banque pour produire le premier album de la “Diva aux pieds nus”. Il vendra 3000 vinyles dans la communauté lusophone. Mar Azul, le prochain (1991), dépasse les 50.000 copies écoulées. L’année suivante, Cesaria Evora vend 500.000 exemplaires de Miss Perfumado. Le disque arrive jusqu’au Texas et à Hong Kong.

Si à ses débuts Lusafrica rime avec Cesaria, l’ambition de José Da Silva – qui fut lui-même musicien dans les groupes Sun Of Cap et Cabo Verde Show –, est bien plus haute. Il veut refléter toute la richesse des rythmes de l’archipel, et au-delà. Ce qu’il fait dès 1992 en fondant officiellement le label Lusafrica. La politique du label? Le coup de cœur. Uniquement. Certains parlent “des délires de José”… Mais le label, bon an mal an, tient le coup, même lors de la déferlante des papys cubains.

On oublie souvent “Africa” dans “Lusa”. On devrait y ajouter aussi “Cuba”. Ces trois suffixes se marient naturellement dans le catalogue du label, avec les disques de l’épatant Orquesta Aragon (une institution à la Havane) ou du regretté troubadour Polo Montanez, décédé en 2002. Des productions qui, à chaque fois, font date dans la carrière des artistes. Quant à l’avenir de Lusafrica, il s’annonce passionnant avec la sortie, en fin d’année, du deuxième album de Tcheka, un guitariste et auteur-compositeur dont la virtuosité ne gâche pas le talent de mélodiste. Une découverte signée José Da Silva, bien sûr.

VIDEO

  • Tcheka, “Agonia” (extrait de l’album Nu Monda)

SITE

CONCOURS

- Pour gagner une des 20 compilations – hors commerce – de 15 titres d’artistes Lusafrica, envoyez-nous un mail avec vos nom, prénom et adresse postale à concours@vibrations.ch. Merci de rappeler “Lusafrica” dans l’intitulé du message.

Les gagnants seront avertis par email.

LE CONCOURS EST FERME

Tracklisting de la compilation:

  • Teofilo Chantre & Cesaria Evora, “Mae pa fidje”
  • Bonga, “Cheiro do mato”
  • Akendengué, “Bekelia”
  • Leyanis Lopez, “Deja volar”
  • Michael Benjamin, “Si m’te gen zèl (vole)”
  • Zao, “Elle a deux diables”
  • Tcheka, “Djan kre bejabu”
  • Lura, “Mundo e nos”
  • Issac Delgado, “Adan y Eva”
  • Cubanito 20.02, “Soy yo”
  • Oliver N’Goma, “L.E.O.”
  • Osdalgia, “Lo tuyo no alcanza”
  • Ballou Canta & Luciana, “Al-sy”

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4 Réponses à “world: Lusafrica, label d’amour”


  1. 1 SdC juil 12th, 2007 à 20:06

    Hello Bien reçu merci, je me rappelais plus d’où venait cette surprise

  2. 2 Ariane Morais-Abreu jan 3rd, 2008 à 22:37

    Lusafrica, pour ceux qui s’y intéressent de près depuis le début, est tout sauf un label d’amour. C’est plutôt une entreprise peu vertueuse, voire frauduleuse, qui n’a pas hésité à spolier l’auteur de “Sodade”, Zeferino Almeida (un vieux monsieur de plus 80 ans) qui est décédé en 2007 sur l’île de Sao Nicolau sans jamais voir un seul centime des millions d’euros de droit d’auteur perçus indument par 1. Lusafrica/Africa Nostra (producteur/editeur), 2. Luis Morais (décédé) et 3.Amandio Cabral (USA) tous deux arrangeurs, qui se sont entendus pour détourner la propriété de cette oeuvre très populaire au Cap-Vert et déjà enregistrées dans les années 1960 et en 1974 par Bonga sous le titre de “Caminho longe”.

    Cette association de “malfaiteurs” qui a agit en parfaite connaissance de cause, s’est tout simplement appropriée d’une oeuvre dont l’auteur a été reconnu par les tribunaux cap-verdiens. Cette décision de justice n’est malheureusement pas appliquée en France où les droits continuent d’enrichir les spolieurs José da Silva et complices dénués d’éthique déontologique et artistique. Le patron José da Silva piétine ouvertement non seulement la propriété intellectuelle mais aussi les droits laboriaux des artistes et des musiciens de son écurie, à commencer par la diva!!!

    Son label n’est rien de plus qu’une entreprise d’exploitation mercantiliste où la qualité laisse à désirer malgré la voix et la personnalité de sa pouliche Cesaria. Il faut savoir du reste que le premier LP de Cesaria a été produit à Lisbonne par Bana en 1987 précisément; JDS a certainement découvert Cesaria au cours du dîner de promotion de cet album (sans conteste le meilleur de la chanteuse). Il s’est alors empressé de récupérer le phénomène Cesaria et de démonter au passage Bana, un interprète d’exception qui a à son actif 50 ans de carrière brillante, un crooner hors temps avec une voix incomparable…. Ce grand artiste était assurément un rival à double titre à abattre et JDS ne s’est pas privé pour salir la réputation de Bana qui a d’ailleurs gagné au Portugal un procès en diffamation contre Césaria et compagnie.

    Voici un bref aperçu de ce que cache la réussite affichée de Lusafrica qui apprendra tôt ou tard que bien mal acquis ne profite point !!

    Tcheka quant à lui, appartient à la catégorie des petits produits commerciaux édulcorés qui pratiquent aussi la spoliation d’oeuvres… Qui se ressemblent, s’assemblent!!

  3. 3 SdC jan 7th, 2008 à 16:05

    Fort intéressant tout cela… Références notées pour ma part

  4. 4 JML jan 9th, 2008 à 14:20

    Il ne m’appartient pas de répondre point par point aux élucubrations d’une personne qui innonde à peu près tous les forums culturels africains. Je laisse ça aux personnes diffamées.

    Un fait – puisque votre mail n’en comporte aucun – qui nous changera de vos confusions élucubrations et autres mensonges : Comme beaucoup, j’ai découvert l’existence du Cap-Vert avec le succès de Cesaria. Cette musique si particulière pour une musique africaine m’a donné l’envie de poursuivre dans la découverte de cette culture. D’un point de vue musical, les artistes les plus intéressants, les plus métissés les plus ouverts à l’autre tout en gardant leurs racines sont pour beaucoup édités par ce label : Lura, Tcheka mais pas seulement : Maria Andrade, Sara Tavares etc.

    Ne pas reconnaître à Lusafrica sa part dans cet étonnant rayonnant culturel – pour un si « petit pays » –, c’est au mieux une malhonnêteté au pire un règlement de compte personnel.Lusafrica, c’est avant tous ses artistes et la cohérence du catalogue, les musiciens choisis pour créer les ambiances, les arrangeurs, les auteurs, le graphisme des disques, tout ca relève du travail du producteur. Il n’existe pas beaucoup de label qui donne encore envie d’acheter un disque plutôt que de télécharger un médiocre mp3 pour son IPOD débilitant. Lusafrica est un de ceux-là.

    Deux précisions : Bana est un chanteur exceptionnel mais s’il n’a pas eu la carrière qu’il méritait c’est avant tout se faute. L’alchimie avec le public est quelque chose qui ne s’explique pas forcément. Beaucoup ne comprenne rien à la différence entre le travail de l’artiste et celui du producteur. Vous en faite partie. Question : qu’auraient été les Beatles sans George Martin ?

    Sur l’album Angola 72 de Bonga, il est présenté comme l’auteur de “Sodade”. Est-il un sale malfaiteur ? On a pu lire dans Le Monde ou Libé un article sur cette rocambolesque affaire de paternité. Pas forcément à la gloire du tribunal perdu au fin fond de Mindelo qui a jugé l’affaire…

    Enfin, après une petite recherche sur Internet, un petit conseil à Ariane: transformez toute l’ardeur que vous mettez à déverser votre haine, votre mépris ou bien à distribuer vos petits conseils en quelque chose de positif. Retrouvez votre fil ! Plutôt que des « faudrait faire », « faites ceci », « ce que vous faites est nul ou malhonnête »

    Agissez, chère Madame. Créez votre label et publiez vos lumières. Créez votre université culturelle africaine. Créez ce que vous voulez mais A.G.I.S.S.E.Z ! L’Afrique crève de gens comme vous qui n’ont que la bouche…

    Que faites-vous pour le Cap-Vert ? Moi j’achète les disques de ses artistes. Par les temps qui courent, c’est déjà beaucoup…


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