
PHOTOS: 2007 © DANIEL BALMAT - Montreux Jazz Festival Foundation
Soirée de Gala au Montreux Jazz Festival hier: le trio jouait “instrumental” – qu’ils disaient – après avoir donné de la voix lundi. Les New-Yorkais dans tous leurs états
“Sabotage”. La basse ronronne avec une sérénité frondeuse contredite par les sauts d’une foule qui lévite jusque dans les tréfonds d’un Auditorium Stravinski débordant. Une heure et demie que les Beastie Boys font feu de tout bois: ce qu’il faut bien appeler des tubes sont entrelardés de fulgurances punk. La pression imposée par les stars révérées fléchit – respiration pour les uns, manque de souffle pour d’autres – à trois ou quatre reprises: les trois ou quatre morceaux instrumentaux de leur dernier album, The Mix-Up.
Un concert pourtant parfait. Ou plutôt suffisamment assuré pour ne pas appeler aux critiques. Elles viendront, rétroactivement, le lendemain, lors du show dit “de gala”, dit “instrumental”, qui laissait pourtant craindre une baisse de régime. Lundi, à force de morceaux qui ont fait l’histoire des Beastie Boys – qui ont fait celle du rap et de la musique populaire américaine aussi –, les Beastie Boys ont roulé pour leur réputation. Mardi, ils ont joué pour leur plaisir. Avec ce petit “supplément d’âme” dont on parle quand on ne sait pas comment s’expliquer vraiment.
Dans une fin de concert ascendante au Miles Davis Hall, trois MC et un DJ reprennent leur tube de 1998 a cappella, portés seulement par les scratches de Mix Master Mike. Un show “instrumental”, qu’ils disaient. En fait, en plus de titres fidèles à l’intitulé de la soirée – ceux de The Mix-Up et autres extraits d’albums précédents, qui ont la sagesse punk de la concision et pas la mollesse redoutée du plaisir jam –, le trio augmenté des claviers de Money Mark, des percussions de Alfredo Ortiz et des platines de Mix Master Mike, fait valser les micros. Titres punk, aussi, et classiques rappés, encore, comme le soir précédent. Mais il fallait entendre “So What’Cha Want” et “Sure Shot”, joués avec les instruments du bord: la batterie dessine un beat métallisé, le clavier arondit le drive pointu du sample original… Le “supplément d’âme”: les traitements de faveur, les collectors qu’on n’espérait même pas. Les Beastie Boys, hier soir, faisaient ce qu’on est en droit d’attendre d’eux. Mieux que parfait: vivant.

SITES
ALBUM
- Beastie Boys, The Mix-Up (Capitol)
SUR VIBRATIONSMUSIC.COM
- Interview de Ad-Rock, parties 1 et 2
- Interview de Money Mark
- Critique de The Mix-Up par DJ Green Giant
- Portfolio de Ari Marcopoulos








Loise apprécie les Beastie ; ça se lit aussi dans le magazi ce mois-ci.
Ps: en revanche le cadeau cartes postales fait un peu genre Pif Gadget et même pas une de Glen E Friedman. too bad