
PHOTO: © ARMOUR_Prince en 2004
2 heures 30 d’un concert très spécial hier au Montreux Jazz Festival: Prince et son “Special Unit” ont revisité cinquante ans de Great Black & White Music
Des petites lampes de poche éclairent le côté droit de la salle. Greg Boyer, Mike Philips et William Lee Hogan déambulent dans le public, tous cuivres dehors, avant de monter sur scène sur un air de marching band. Il est 21h45 à Montreux, et le public prend lentement place dans l’auditorium Stravinsky, complet ce soir (les 4000 places ont trouvé preneurs en quinze minute). Le ton est donné d’entrée. “When The Saints Go Marching In” ouvre le concert, enchaîné à un standard de Miles Davis Wayne Shorter, à une longue relecture du “World Is A Ghetto” du chanteur soul Donny Hathaway du groupe War, puis à “It Don’t Mean A Thing” de Duke Ellington. Message subliminal: If it ain’t got that swing, ce n’est pas la peine! En trente minutes à peine, avant même l’entrée du maître, le groupe a traversé cinquante ans de musique noire. Et ce n’est pas fini.
Roger “Prince” Nelson arrive nonchalamment sur la scène, une bonne demi-heure après le début du concert dès le deuxième morceau. Ce n’est pas une star conquérante. Chapeau gangsta vissé sur la tête, il observe son groupe, s’installe petit à petit dans le groove, d’abord par de brefs soli de guitare saturés, puis au chant. Il est élégant dans chacun de ses gestes, en chef d’orchestre ou en guitar-hero. Et lorsqu’il invite une poignée de spectateurs à investir la scène, il les place correctement et respectueusement au milieu des musiciens, avant de se nicher derrière un ampli. La musique et la danse avant tout.
A la manière du Miles Davis des années 90, Prince donne sa direction musicale. A son invite, les trois cuivres chorusent en force, les deux pianistes – Morris Hayes et le Brésilien Renato Neto – sortent régulièrement des grilles. La batteuse Cora Duham et son mari Josh à la basse sont les dernières recrues de ce New Power Generation rebaptisé Special Unit. Prince les a engagés l’an passé lors de jam-sessions et after parties inofficielles. Lorsqu’il a entendu Cora, il lui a offert une batterie toute neuve. Elle était engagée. C’est un bel orchestre, sans doute le meilleur qu’a eu Prince depuis de longues années.
“Vous voulez des vieux morceaux ou des nouveaux?”, lance le chanteur. La réponse est indécise. “Bon, alors on va jouer des vieux et des nouveaux.” Le public aura ses “Purple Rain”, “Controversy”, “Nothing Compares 2 U” (et à la fin “Little Red Corvette”), mais c’est sur le nouveau single “Guitar” qu’il s’emballe. Preuve que, question hit, ce tube en puissance n’a pas à pâlir de ceux des années 80. Les reprises sont légions, mais ne sont pas lancées comme des balises à la mer. On pense encore et toujours à Miles Davis qui s’emparait des mélodies du moment. Ce soir, celle de “Crazy” (Gnarls Barkley) fait l’affaire, tout comme le “Come Together” des Beatles, le morceau le plus groovy des Fab Four.
On parlait beaucoup en coulisse de l’after show que Prince donna vers trois ou quatre heures du matin au Montreux Jazz Café. Ce fut plus tard. A l’auditorium Stravinsky, débarrassé des écrans vidéos, le musicien a délivré deux heures et demie de Great Black And White music. Sans interruption. C’est vrai, ce que dit la chanson: Prince aime sa guitare.
ALBUM
- Prince, Planet Earth (Sony-BMG) Sortie le 24 juillet
CONCERTS
- 1/8-21/9: Londres, Arena
SITES
- Le site officiel de Prince
- Site de fans, avec forum et news
SUR VIBRATIONSMUSIC.COM
- News: Le nouveau Prince, gratuit, dans les charts anglais?
- News: Le dernier Prince gratuit en Angleterre, émoi de l’industrie
- News: 21 concerts cet été à Londres
- News: concerts VIP à Los Angeles
- News: Prince invité sur l’album de Cornel West
A VOUS DE JOUER
- Vous étiez à l’after-show au Montreux Jazz Café? A vos commentaires, racontez-nous une expérience rare…











Imprécision dans ce compte-rendu.
Le groupe n’a pas joué seul durant 30 minutes le répertoire instrumental puisque Prince est apparu dès le milieu du second morceau “Footprints” (qui est par ailleurs un standard de Wayne Shorter et non de Miles Davis) et a joué sur tous les autres morceaux, même s’il disparaissait quelques instants parfois laissant la scène libre aux solistes.
L’after-show n’a pas eu lieu si tardivement. Il a commencé à 3 heures, pour se terminer à 3 h 30. Au programme : - Brick House (d’abord sans Prince) - 3121 Les deux morceaux enchaînés sans interruption avec une petite improvisation de Prince au piano électrique.
S’en est suivi une pause avec tout le monde quittant la scène. Puis retour des musiciens : - The Chicken (sans Prince) - Get On The Boat
On trouve facilement sur internet quelques belles photos de l’événement.
Je n’étais pas à Montreux mais à Paris lors de la dernière tournée et j’ai aussi eu cette sensation de traverser la musique noire américaine du siècle dernier. Et Prince m’a vraiment impressionné quand il joue saturé, fort, rock parce que cela reste clair
Hey Mr P.C.! C’est possible d’avoir le lien avec la page où se trouvent dites photos?
Pour les photos, il y :
http://www.housequake.com/showthread.php?s=&threadid=89498 (mais je pense qu’il faut être inscrit)
http://www.blick.ch/showbiz/artikel67243 (là il y a un diashow)
Grosse boulette : the world is a ghetto est de War pas de Hathaway !!!!