live: Memphis au coeur de la Côte d’Azur

PHOTOS: EMRÂ ISLEK (www.imraislek.com)_Booker T. Jones

Le 50e anniversaire du label Stax, commémoré cette année, a renvoyé sur les routes quelques illustres pionniers de la soul. Au Nice Jazz Festival hier, l’organiste Booker T. Jones ouvrait, flanqué des MG’s, une soirée prolongée par Isaac Hayes

Fins limiers et vieux briscards, les quatre musiciens (Booker T. Jones, Steve Cropper à la guitare, Donald “Duck” Dunn à la basse et Steve Potts, en lieu et place du batteur Al Jackson, Jr. assassiné en 1975) revisitent avec une étonnante délicatesse les thèmes qui firent leur succès. Steve Cropper, Donald Dunn et Booker T. Jones, chemises bariolées et look de touristes en goguette sur la Côte d’Azur, prennent toujours autant de plaisir à jouer ensemble. Sans se regarder, sans bouger d’un pas, à coup de riffs au cordeau, de lignes de basse tout en rondeur, le duo Cropper-Dunn donna une leçon de groove minimaliste sous le ciel étoilé de cette nuit niçoise. A l’orgue, Booker T. Jones, le plus éloigné de cette histoire passée (il quitta Memphis pour la Californie à la fin des années 60), ajoutait cette note gospel – jazz légère, qui de “Soul Limbo” à “Green Onions” fit de cette heure guettée par la nostalgie un pur moment de soul instrumentale hors du temps.

Affaibli par de récents ennuis de santé, Isaac Hayes tout de blanc vêtu, enchaîne – côté jardin – avec ses orchestrations qui (avec Norman Whitfield chez Motown) révolutionnèrent la musique noire au tournant des années 70. Malgré la présence de trois claviers en lieu et place d’une belle section de cuivres, un début de concert poussif voire déroutant (un solo de batterie au milieu du “Walk On By” de Burt Bacharach!), le divin chauve eut la bonne idée de laisser les clés de son concert à son fidèle guitariste Charles “Skip” Pitts. Le “Shaft” final, étiré à souhait, offrit donc l’occasion à ce dernier (présent sur la session originale) de caresser l’échine des auditeurs avec ce riff historique, pris de bas en haut et de haut en bas, savamment accéléré, ralenti, jusqu’à l’extase: irrésistible! Stax repart, de nouvelles signatures sont annoncées (Angie Stone, N’Dambi), mais ses anciens ont encore plein de belles histoires à raconter.

Isaac Hayes

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1 Réponse à “live: Memphis au coeur de la Côte d'Azur”


  1. 1 Christophe août 9th, 2007 à 12:26

    Voir Booker T. Jones, Steve Cropper et Donald Dunn réunis sur la même scène…le moins qu’on puisse dire c’est que ca fait rêver! Et ca fait plaisir de voir qu’ils se portent bien et qu’ils sont toujours habités par le groove.

    C’est ce que j’aime à propos de Vibrations, vous n’oubliez pas les “anciens”. A ce sujet j’ai eu l’occasion et la chance de voir en concert Dr. John (66 ans) et Benny Golson (78 ans) la semaine dernière et je peux vous dire qu’ils jouent toujours de facon aussi passionnée si ce n’est plus qu’à leurs débuts. Voir Benny Golson sur scène c’est une expérience fascinante : plus qu’un concert, c’est un véritable spectacle au cours duquel, entre 2 morceaux, il prend le temps de parler avec beaucoup d’humour et de perspicacité des ses expériences passées et de diverses anecdotes : ses jam sessions avec Coltrane lorsqu’il n’etait qu’un ado, les circonstances de la disparition de Clifford Brown et son emerveillement quand Dizzy Gillespie lui a proposé de publier le titre “I remember Clifford”, la facon dont les critiques ont tendance à trop intellectualiser le jazz allant à l’encontre d el’état d’esprit dans lequel la musique a été enregistrée… Et en ce qui concerne Dr. John c’est tout simplement un des plus grands et il n’y a pas de mots pour décrire ses performances live.

    Tout ca pour dire que les grands musiciens sont comme le bon vin, ils se bonnifient avec le temps.

    Et pour finir, une petite citation de Benny Golson lors d eson live, “A musician who think he’s finished (to study) is finished”

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