avril, 2010

jazz: Steve Coleman à la croisée des chemins

PHOTO: BENOÎT PEVERELLI

Au bénéfice de trois cartes blanches au Festival Jazz à la Villette, le saxophoniste diffuse une grande partie de sa musique sur le net gratuitement. Une véritable mine d’or pour les amateurs de jazz et de groove.

Si beaucoup d’artistes de jazz et de musiques improvisées se sont dit prêts à faire le pas, ne gagnant pas leur vie par la vente des disques mais grâce à leurs concerts, peu l’ont encore fait. Steve Coleman, saxophoniste et leader de M-Base, a choisi la solution jusqu’au-boutiste: il a décidé de mettre tous ses enregistrements épuisés en CD et plusieurs morceaux issus de ses derniers albums à la disposition du public en téléchargement gratuit.

“Des gens m’ont demandé : si vous donnez votre musique, comment allez-vous survivre et gagner votre vie ? Partager quelques idées et de la musique ne signifie pas que tout doit être distribué gratuitement. Il y a des gens qui ne peuvent pas s’offrir des disques ou qui n’en écouteraient jamais s’ils devaient payer” explique-t-il sur son site.

On trouvera sur le serveur de Coleman 172 morceaux à télécharger, dont un album entièrement inédit de 2002, Alternate Dimensions Series 1, ainsi que ses tous premiers enregistrements, comme les introuvables Motherland Pulse et On the Edge Of Tomorrow. Plusieurs de ses meilleurs albums d’essence très rythmique et influencés par le hip hop et le funk ont été gravés au tout début des années 90. Parmi ceux-ci Sine Die, Rhythm In Mind et Drop Kick (avec Meshell Ndegeocello à la basse) sont disponibles en MP3. Les fans trouveront également des concerts inédits sur CD. Une véritable mine d’or pour les amateurs de jazz et de groove.

Dépechez-vous. Car Steve Coleman nous avertit: “Mon serveur devient trop petit pour abriter toute cette musique et la partager. Il va falloir que je trouve une autre solution.”

CONCERTS

  • 2/9: Steve Coleman & Ravi Coltrane Polarity
  • 3/9: Steve Coleman Aquarius Ingress (1ère partie: Octurn/Magic Malik
  • 8/9: Steve Coleman & Five Elements avec le Kroger String Quartet
  • Site du festival Jazz à la Villette

DOWNLOADS

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Décès de Hilly “CBGB” Kristal

Hilly Kristal, le fondateur du mythique CBGB, est décédé mardi passé des suites d’un concert cancer des poumons. Il était âgé de 75 ans. A son ouverture en 1973, le club était destiné à la musique country d’où le nom CBGB & OMFUG pour “Country, Bluegrass, Blues and Other Music For Uplifting Gourmandizers.”

Cependant, le club est rapidement devenu le lieu crucial de la scène punk rock new-yorkaise en programment les débuts d’artistes tels que Patti Smith, Television, Blondie, Living Color, The Ramones, Talking Heads, pour n’en citer que quelques-uns. Hilly Kristal mena son club avec la même passion jusqu’au dernier concert du CBGB en octobre dernier.

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Rakim annule sa tournée européenne

Le rapper doit annuler sa tournée européenne à cause d’un problème de passeport qui l’empêche de sortir des Etats-Unis. Rakim ne prenant pas l’avion, il devait venir en Europe en bateau début septembre. Malheureusement son visa ne pourra être prêt à temps. La tournée est repoussée au printemps 2008.

Les billets pour le concert du D! sont remboursés dans les différents points de vente.

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Jazz: Wayne Shorter, la réceptivité totale

wayne shorter PHOTO: Universal

Découvreur et catalyseur hors pair, l’une des personnalités les plus influentes du jazz contemporain fait une escale parisienne très attendue

Wayne fut la pièce angulaire du légendaire quintet de Miles Davis, en compagnie d’Herbie Hancock, Tony Williams et Ron Carter, et des premiers groupes électriques du célèbre trompettiste. Ancien directeur musical des Jazz Messengers d’Art Blakey et fondateur de Weather Report, en association avec Joseph Zawinul, rencontré chez Miles, Wayne Shorter est un formidable organisateur de musique, doublé d’un excellent saxophoniste

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Jazz: Youngblood Brass Band, rafales de vent en prévision

YBB

La tornade Youngblood Brass Band va souffler sur la Suisse et la France dès la fin du mois. Une bonne occasion pour (re)découvrir un brass band réputé pour ses concerts enfiévrés.

Composée quasi exclusivement de cuivres et de percussions, le Youngblood Brass Band est une “fanfare” qui s’inspire du jazz de la nouvelle Orléans pour proposer une fusion particulièrement originale oscillant entre experimentation, hip hop, spoken word et funk. Le premier album des YBB, sorti en 2000, intégrait des rappeurs tels que Talib Kweli, Mike Ladd, DJ Skooly, ou encore le chanteur Ike Willis. Une approche originale qui permis au groupe d’être repéré par le label new-yorkais Ozone Music. Une collaboration qui débouchera sur le l’album remarquable Center:Level:Roar. Portés par des lignes de sousaphone sourdes et profondes, des morceaux tels que “The Movement” ou “Brooklyn” sont des hymnes d’une puissance vivifiante contagieuse. De retour sur leur propre label avec Is That a Riot?, le YBB n’a rien perdu de sa fougue. Grâce à cet équilibre entre expérimentations et émulations festives, le YBB se distingue par ses concerts explosifs.

Le groupe est également actif dans la vie culturelle de Madison, leur ville d’origine, grâce à leur association Layered Arts Collective. Outre le lancement de leur propre label et d’une maison d’édition de partitions musicales, ils dispensent également des cours et des workshops relatifs à l’histoire du jazz. Un cocktail original qu’il sera possible d’apprécier prochainement en concert grâce à leur tournée en France et en Suisse. Quatre places à gagner pour la soirée du 29/9 au Festival Marsatac de Marseille, où le YBB partagera notamment l’affiche avec Mos Def, Rakim, le Cinematic Orchestra, Le Peuple de l’Herbe, TY, Herbaliser, etc.

CONCERTS

28/09 Caves du Manoir/Martigny

29/09 Marsatac/Marseille

02/10 Maison de Folies/Lille

03/10 Le Chabade/Angers

04/10 Le Fuzz’yon/La Roche Sur Yon

05/10 Salle Daniel Fery/Nanterre

06/10 La Cartonnerie/Reims

07/10 Festival Musique de Rue/Besançon

CONCOURS

Pour gagner des invitations pour le festival Marsatac à Marseille, envoyez-nous un mail avec vos nom, prénom et adresse postale à concours@vibrations.ch. 4 invitations pour la soirée du 29/09 au Festival Marsatac, (Merci de rappeler “Marsatac 29″ dans l’intitulé du message).

En plus, nous offrons également 4 invitations pour la soirée du 28/9 au Festival Marsatac qui propose un line up composé de The Divine Comedy, Nathan Fake, GusGus, The Dead 60’s, Modeselektor, Young Gods, etc. Envoyez-nous un mail avec vos nom, prénom et adresse postale à concours@vibrations.ch. (Merci de rappeler “Marsatac 28″ dans l’intitulé du message).

Les gagnants seront avertis par email.

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Grime: Wiley, la récréation est terminée

wiley

PHOTO: PER CREPIN

Le MC et producteur londonien Wiley est considéré, à juste titre, comme l’un des pères fondateurs de la scène grime. Toutefois, avec son dernier album “The Recreation is Over”, Wiley annonce qu’il se retire du jeu

En 2003, Wiley, ancien membre de Pay as U Go, et grand frère du Roll Deep Entourage, sort le morceau emblématique “Wot do u call it?”. Un titre interrogateur à travers lequel il se moquait des dj’s, journalistes et autres commentateurs qui cherchaient absolument à donner un nom au dernier courant qui secouait la scène underground londonienne. Entre substep, sublow ou eski, c’est finalement l’appellation grime qui s’était imposée pour définir cette mutation dark de breakbeat et drum’n’bass, essentiellement produites par des MC’s. Reflets des nuisances sonores de l’environnement urbain, sonneries de natel, bruits de playstation, klaxons et sirènes juxtaposées pour composer des univers low-tech dissonant et menaçant. À cette époque Wiley, alors âgé d’à peine 24 ans, était déjà considéré comme un vétéran au milieu de tous ses collégiens. Une année plus tard, son premier album, l’excellent “Treddin On Thin Ice” (XL Recordings) allait s’imposer comme une référence incontournable.

Aujourd’hui, alors même que le grime est retourné dans l’underground, Wiley reste plus que jamais une figure majeure. Son second album “Playtime Is Over” (Big Dada) prouve une nouvelle fois tout le talent du MC dissident. Pour l’occasion, à l’aide de sons bruts et d’un flow saccadé caractéristique, il est revenu au style initial du courant. Ceci pour la dernière fois. En effet, “la récréation est terminée!”, scande Wiley dans un titre éponyme. Même s’il compte continuer à faire des productions et à s’occuper de son label Eskibeat, Wiley affirme qu’il n’officiera plus en tant que MC. Une décision qui n’est pas totalement surprenante dans une scène qui s’est autojugulée et ne cesse de se rajeunir. Face à ce renouvellement perpétuel, et ces duels fratricides, on comprend que Wiley, même pas trentenaire, se sente vieillir précocement. Il quitte la scène avec l’honneur d’avoir influencé plusieurs générations de MC’s, dont un certain Dizzee Rascal.

SITE

CONCERT

ALBUM

  • “Playtime Is Over” (Big Dada)

VIDEO

  • “50/50″

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Nouvel album d’Aesop Rock

Le nouvel album d’Aesop Rock “None Shall Pass” sort aujourd’hui sur Def Jux. Il est produit par EL-P, Blockhead et Rob Sonic et propose les participations de Cage, Breeze Brewin ou EL-P.

Tracklisting d’Aesop Rock, “None Shall Pass”:
01. Keep Off the Lawn
02. None Shall Pass
03. Catacomb Kids
04. Bring Back Pluto
05. Fumes
06. Getaway Car (ft. Cage & Breeze Brewin)
07. 39 Thieves
08. The Harbor is Yours
09. Citronella
10. Gun for the Whole Family (ft. El-P)
11. Five Fingers
12. No City
13. Dark Heart News (ft. Rob Sonic)
14. Coffee (ft. John Darnielle)

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Décès de Jon Lucien

Jon Lucien est décédé la semaine dernière suite à des complications respiratoires après une opération chirurgicale. Il était âgé de 64 ans. Avec sa voix de bariton douce et enveloppante, le chanteur avait une habilité particulière à créer des ambiances habitées et chaleureuses. En mélangeant le jazz, le rythm’n'blues, les musiques des Caraïbes ou brésiliennes, il a su durant toute sa carrière être un artiste innovant, au style original. Parlant de sa musique, il précisait, “je définirais mon son comme étant romantique, c’est l’eau, c’est l’océan…c’est la tranqulité

SITE - Site officiel de l’artiste

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électro: Von Südenfed, synthétique on the rock

Mark E. Smith rencontre Mouse On Mars: l’alternative dance-punk radicale aux poses de la branchitude ambiante. Vidéo et titre en download gratuit

Il est des petits pères plus dangereux que des grandes gueules. Mark E. Smith est de ceux-là. Petite chemise, petite raie de côté, petite frimousse. Mais la verve verbale du leader de The Fall tranche avec son apparence inoffensive, avec son parlé pâteux. Les répétitions de mots choisis par l’homme qui s’amuse de se voir mi-homme mi-robot viennent, après un album décevant du groupe légendaire, se poser sur les crasses de l’électronique de Mouse On Mars. Nouveau super-groupe donc. C’est dans l’air du temps.

Tromatic Reflexxions, c’est des beats électro de petites frappes qui tapent fort. La moitié du duo électronique, Jan St Werner, explique la chose: “Faire allusion à telle décade, ou avoir les astuces électroniques et les breaks les plus cool: ça ne n’a pas d’importance. L’énergie seule compte.” Au final, Von Südenfed alourdit ses tactiques dancefloor de petites lumières sales de boule à facettes élimée. Sans finauder, efficacité: entre techno et expérimental pourtant - au fur et à mesure de l’avancée dans le disque. Punk aussi. Suffisamment pour distancer les branchouilleux LCD Soundsystem et consorts. Deux titres, “Chicken Yiamas” et “Dearest Friend” laissent pointer, à force de guitares et mélodies, un avenir qui pourrait trouver la diversité dans la radicalité.

DOWNLOAD

  • “Flooded”

[télécharger (clic droit)] pour les 1000 premiers

ALBUM

  • Von Südenfed, Tromatic Reflexxions (Domino)

SITE

VIDEO

  • “Fledermaus Cant Get It”

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Thurston Moore

A quelques jours du concert parisien de Sonic Youth, et peu avant la sortie de son nouvel album, Thurston Moore nous propose une sélection de disques de jazz obscurs.


Dave Burrell Echo A l’automne 69, le free jazz atteignait son sommet. Les traditionalistes étaient outragés par ces types en dashikis et sandales qui soufflaient leurs tripes. Ces musiciens ne trouvaient pas d’engagement à New York. Beaucoup de ces musiciens installés à Paris comme Sunny Murray ou Dewey Redman sont sur cet album.

Milford Graves with Don Pullen Nommo Milford Graves a construit sa batterie lui-même et il a vraiment un jeu unique. Il alterne des moments intenses et tribaux avec des silences et des plages méditatives. Cet album a été enregistré live à l’université de Yale et les artistes l’ont sorti et distribué eux-mêmes en 1967.

Arthur Doyle Plus 4 Alabama Feeling Arthur est un type étrange. Peu de gens savent d’où il vient. D’Alabama, je suppose… Durant les années 70 on pouvait entendre sa musique mystique dans les lofts new-yorkais. Il joue toujours et j’ai eu le privilège de sortir un disque de lui en 1993 sur mon label Ecstatic Peace.

Sunny Murray Sonny’s Time Now Sunny était le premier batteur à jouer free. Sur cet enregistrement super lo-fi, on retrouve Albert Ayler, Don Cherry et le poète Leroi Jones qui lit son superbe poème «Black Art». Cette musique ressemble beaucoup à celle d’Ayler, mais elle est plus bizarre et débridée.

The Ric Colbeck Quartet The Sun Is Coming Up Ric était un saxophoniste blanc assez cool qui traînait à New York avec les musiciens de la Loft Generation. On le connaît surtout pour avoir accompagné Noah Howard sur son premier album pour le label ESP. A propos, les disques ESP sont aujourd’hui tous réédités et sont un must pour tout amateur de free jazz.

Rashied Ali and Frank Lowe Duo Exchange Frank Lowe développe son propre style au saxophone ténor depuis des dizaines d’années. Aujourd’hui, il est dans une phase Lester Young, mais dans ce disque du début des années 70, il crachait du feu. Rashied Ali, de son côté, était le batteur de Coltrane. Quand il est arrivé, Elvin Jones est parti parce qu’il trouvait Rashied trop hardcore. Ils jouent comme des malades en duo. C’était des putains de bonnes années.

John Tchicai and Cadentia Nova Danica Afrodisiaca Quand ce géant moitié-danois moitié-congolais est arrivé à New York à l’invitation d’Archie Shepp à la fin des années 60, il a troué le cul à tout le monde. Ici il est en compagnie de vingt-cinq autres musiciens européens avec lesquels il crée un véritable ouragan sonore. Quand à la fin de la face une, tous les vingt-cinq jouent ensemble et qu’arrive la distorsion, c’est un moment tout simplement MERVEILLEUX.

The Peter Brötzmann Sextet/Quartet Nipples La scène européenne était tout aussi intéressante que sa voisine américaine avec des types comme Evan Parker, Derek Bailey, Han Bennink et le saxophoniste allemand Peter Brötzmann. Ce condensé d’énergie enregistrait pour le label FMP (Free Music Productions) qui, entre parenthèses, est toujours en activité.

The Marzette Watts Ensemble The Marzette Watts Ensemble Cet album sur Savoy faisait partie d’une série produite par le compositeur Bill Dixon. Tout ce qu’a sorti Marzette Watts et Dixon (particulièrement «Intents and Purposes» sur RCA Victor) vaut la peine d’être écouté.

Marion Brown In Sommerhausen … ou encore «In Paris» du Black Artist Group, «Uhuru Na Umoja» du Frank Wright Quartet, «Seikatsu Kojyo Linkai» de Dr Umezu, «Indent, Part 2» de Cecil Taylor. La liste est infinie… Il y a des magasins de disques d’occasion partout dans le monde qui sont susceptibles d’abriter de telles curiosités. Mais attention: le marché se raréfie et les prix augmentent.

Sélection réalisée pour le magazine Grand Royal © Grand Royal 1999

CONCERT

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Le premier clip de Nicole Willis

Le premier clip de Nicole Willis & The Soul Investigators, “If this ain’t love (don’t know what it is)” vient de sortir. Il a été réalisé par Sébastien Alcaraz et Vincent Scotet.

voir le clip

Nicole Willis sur vibrationsmusic.com

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Herbert remixe Bjork

Une annonce faite sur le site de Matthew Herbert nous informe qu’il est sur le point de terminer les remix de deux morceaux extraits du dernier album de Bjork Volta. Il s’agirait de “Wanderlust” et de “Earth Intruders” (une inconnue subsiste car le site bjork.com indique que le deuxième morceau est “Declare Independance”). De son côté, Einar Örn, l’ex-membre des sugarcubes, est également en train de faire le remix d’un morceau avec son nouveau projet Ghostigital.

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Rakim, Lausanne : 20 septembre 2007

Concert annulé Désormais surnommé « le Dieu du rap », le New-Yorkais, a débuté aux côtés d’Eric B., et est devenu l’un des précurseurs du mouvement hip hop. Rakim prépare un nouvel album pour cette fin d’année. Un concert majeur, donc, puisqu’on n’avait plus entendu parler de lui depuis la fin des années 90.

20/9 Lausanne (D !Club)

Nuit Des Musées, Lausanne : 22 septembre 2007

Alors que tous les musées de la ville sont ouverts jusqu’à tard dans la nuit, la devenue mythique “soirée d’after” de la manifestation accueille un monde fou dans une ambiance électronique toujours parfaitement maîtrisée. Cette année, ce seront Peter Digital Orchestra et Radioclit qui se produiront dans l’immense usine Tridel, provisoirement louée à cet effet.

22/9 Lausanne (Usine Tridel)

Le site de la Nuit Des Musées

Chant Du Gros Festival, Noirmont : 13 septembre 2007 au 15 septembre 2007

Avec Tiken Jah Fakoly, Stress, Moonraisers, The Locos, Dub Incorporation, Matmatah, Dj Zebra, Mass Hysteria, Mattafix…

13-15/9 Noirmont

Le site du Chant Du Gros

Akouphène Festival, Genève : 17 septembre 2007 au 22 septembre 2007

Sur le bateau de Genève, le petit festival de musiques expérimentales à tendance bruitiste est toujours l’occasion de découvrir la pointe de la création contemporaine, genevoise ou non. A retrouver cette année : Suboko, Diatribes, Push The Triangle, What’s Wrong With Us ?, Sebkha-Chott, Vincent Courtois, Koch-Schütz-Studer…

17-22/9 Genève (le Bateau)

Le site du festival Akouphène

The Cinematic Orchestra, tournée : 2 octobre 2007 au 12 octobre 2007

En 1999, le groupe anglais signé chez Ninja Tunes revisite, version électronique, la bande originale d’un film de Vertov, The Man With The Camera : album de la renommée. En 2007, The Cinematic Orchestra reviennent avec Ma Fleur, un album plus pop, plus doux.

2/10 Zurich (Moods), 12/10 Vevey (Rocking Chair)

Dubstep Upfront Sound, Genève : 1 septembre 2007

Une soirée sous le drapeau anglais, version dubstep. Digne et lente descendante de la vague trip hop, le Dubstep fait résonner ses graves et inspire un urban spleen des plus sombres. Une soirée avec Skream, Mala Feat. Sgt Pokes, Gregor Dubster, Blade…

1/9 : Genève (Zoo)

Format A’3, Vevey : 7 septembre 2007

Batterie, boîtes à rythmes, contrebasse, piano et claviers divers, tous passés aux cribles des effets, créent cassures et déséquilibres tout en gardant un grand sens de la composition. Format A’3 fait actuellement tourner son nouveau disque Pirate, une merveille.

7/9 Vevey, Espace Guinguette

Rocé + Jonas & le Taxibrousse Orchestra + Trip In, Nyon : 22 septembre 2007

Une soirée totalement dévouée au groove et aux mots avec le jeune rappeur genevois Jonas et son Taxi Brousse, qui tisse des liens entre la Suisse et l’Afrique, Rocé, le Français qui monte, avec son hip hop teinté de jazz et de poésie, et du hip hop aux sonorités jazz des Lausannois de Trip In.

22/9 Nyon (Usine à Gaz)

Shannon Wright, Fribourg : 15 septembre 2007

Les chansons de Shannon Wright peignent le sombre tableau d’un paysage émotionnel foisonnant. Des compositions inspirées, une voix puissante et tendre, et une présence scénique qui marque. Elle est ici la tête d’affiche des dix ans de l’association Petzi.

15/9 Fribourg (Nouveau Monde)

Sophie Hunger, tournée : 2 septembre 2007 au 3 octobre 2007

La jeune songwriter zurichoise possède la voix d’une grande dame de la soul, couplée à un talent autodidacte impressionnant. Très vite repérée par les médias, Sophie Hunger, mérite emplement l’engouement qu’elle génère. En concert, elle est totalement admirable.

2/9 Winterthur (Musikfestwochen), 15/9 Zurich (Schiffbau), 21/9 Düdingen (Bad Bonn), 3/10 Berne (Progr)

Rock Da Doll House, Môtiers : 18 août 2007 au 16 septembre 2007

C’est un projet spécialement imaginé par Emanuelle Antille et Jean-Luc Manz, dans le cadre d’Art En Plein Air 2007. Perdue au beau milieu des champs depuis fin juin, Rock Da Doll House fait jouer entre ses murs de carton des groupes tantôt rock, tantôt électro, toujours intéressant, tous les samedis. A voir encore : What’s Wrong With Us ?, Honey For Petzi, Larytta, Bandini et Toboggan…

18/8-16/9 : Môtiers, Maison de Poupée

Tribute to Neil Young, Paris : 19 septembre 2007

Seb Martel n’est pas que le guitariste surdoué de M ou Camille, il est aussi l’un des musiciens français les plus intéressant du moment. Il se joint, entre autres, à la douce chanteuse Emily Loizeau et aux loufoqueries du grand patron du Sacre du Tympan Fred Pallem pour rendre hommage au père de la folk actuelle, Neil Young.

19/9 Paris, La Maroquinerie

Scopitone Festival, Nantes : 18 septembre 2007 au 22 septembre 2007

Avec Daedelus, Apparat, Jeff Mills, The Dead 60’s, Microfilm, The Moonwalker…

18-22/9 Nantes

Le site du Scopitone Festival

The Procussions, tournée : 22 septembre 2007 au 29 septembre 2007

Derrière ce hip hop instrumenté et très teinté soul-jazz se cachent Mr J. Medeiros, Rez et Stro, trois types du Colorado installés en Californie qui s’imposent depuis leur premier album en 2003, As Iron Sharpens Iron. Face à The Procussions, la Côte Est n’a qu’à bien se tenir…

22/9 Château-Gontier, 27/9 Feizin, 29/9 Marseille

Les Nuits Electoniques de l’Ososphère, Strasbourg : 28 septembre 2007 au 29 septembre 2007

Avec CocoRosie, The Cinematic Orchestra, Wax Tailor, Hexstatic, Hocus Pocus, Andy C & MC Dynamites, Scratch Massive, Ed Rush & Optical, The Dead 60’s, Front 242, Treponem Pal…

28-29/9 Strasbourg

Le site des Nuits Electroniques de l’Ososphère

Ninja Tune Festival, Paris : 1 septembre 2007

Avec les représentants du fameux label électro Ninja Tune: Bonobo, The Herbaliser, Wiley, Ghislain Poirier, The Heavy, The Qemists, Memes, Ping Pong Crew…

1/9 Paris, Batofar

Lovale Festival, Saint-Denis : 6 septembre 2007 au 20 octobre 2007

Avec Gotan Project, le Chœur de Soweto, Rachid Taha, Johnny Clegg, Sergent Garcia, Matmatah, Soledad, Carlos Nuñez, Magyd Cherfi…

6/9-20/10 : Saint-Denis

Le site du Lovale Festival

Jazz à la Villette, Paris : 29 août 2007 au 9 septembre 2007

Avec Sonic Youth, Steve Coleman, Octurn/Magik Malik, Bojan Z, Julien Lourau, Fred Wesley, Anthony Joseph & The Spasm Band…

29/8-9/9 : Paris, divers lieux

Le site de Jazz à la Villette

Le Foirail Festival, Château-Gontier : 21 septembre 2007 au 22 septembre 2007

Avec Mamani Keita & Nicolas Repac, Lo’Jo, Shannon Wright, The Procussions, Nouvelle Vague…

21-22/9 Château-Gontier

Le site du Foirail Festival

Fennesz / Charles Atlas, Paris : 14 septembre 2007

Une rencontre audio-visuelle entre le musicien-compositeur Christian Fennesz et le réalisateur-artiste vidéaste Charles Atlas. Armé d’une guitare électrique et d’ordinateurs, l’un fait tourbillonner le mix d’images de films et d’extraits en tout genre de l’autre.

14/9 Paris, Centre Pompidou

Le site du Centre Pompidou

Feedback (expos et concerts), Dijon : 27 septembre 2007 au 14 octobre 2007

Un événement entre musiques et arts plastiques. A voir, un portrait du compositeur-sound artiste américain Alvin Lucier, un concert de l’ensemble de musique contemporaine allemand Zeitkratzer ou « une soirée dédiée aux larsens de guitares et à une certaine idée du rock bruitiste » par Rob Mazurek / Sonic Boom.

27/9-14/10 Strasbourg Dijon

Le site de Feedback

En Fanfares aux Tuileries, Paris : 15 septembre 2007 au 16 septembre 2007

Deux jours qui fêtent les harmonies et les fanfares. Mais aussi la joie de vivre et à la passion musicale dans le Jardin des Tuileries avec des parades, mises en scène, et interventions variées venues de France comme des Etats-Unis: Ars Nova, Nervous Cabaret, Opus 2 Brass Band…

15-16/9 Paris, Jardin des Tuileries

Le site d’En Fanfares aux Tuileries

Emilie Simon, Paris : 15 septembre 2007

Jeune auteur, compositrice et interprète, Emilie Simon joue des ambiances, des sons et des sa petite voix charmante pour créer son univers bien à elle. Un talent vite reconnu qui lui vaut, en septembre, de jouer dans la prestigieuse salle de concert.

15/9 Paris, salle Pleyel

Dinant Jazz Nights Festival : 21 septembre 2007 au 30 septembre 2007

Avec Eric Legnini, Eliane Elias Quartet + Toots Thielemans, David Linx & Stéphane Belmondo, Omara Poruondo & Gonzales Bubalcaba, Trio Midnight, Django D’or & Philippe Catherine Trio, Elisabeth Kontomanou, Maria João…

21-30/9 : Dinant

Le site du Dinant Jazz Nights Festival

The Dead 60’s, tournée : 22 septembre 2007 au 18 octobre 2007

Le nom de ce groupe anglais de Liverpool lui va comme un gant « à mort 60’s ». Un power trio déchaîné, où le rock se teinte de soul. The Dead 60’s font tourner leur premier album qui a fait une entrée fulgurante dans les charts, non loin des White Stripes.

22/9 Nantes, 23/9 Angoulême, 25/9 Bordeaux, 26/9 Ramonville, 27/9 Montpellier, 28/9 Marseille, 29/9 Strasbourg, 1/10 Tourcoing, 2/10 Amiens, 4/10 Herouville-St-Clair, 5/10 Brest, 6/10 Rennes, 8/10 Orléans, 9/10 Dijon, 11/10 Clermont-Ferrand, 12/10 Lyon, 18/10 Paris

The Cinematic Orchestra, tournée : 28 septembre 2007 au 30 septembre 2007

En 1999, le groupe anglais signé chez Ninja Tunes revisite, version électronique, la bande originale d’un film de Vertov, The Man With The Camera : ce sera l’album de la renommée. En 2007, The Cinematic Orchestra reviennent avec Ma Fleur, un album plus pop, plus doux.

28/9 Strasbourg, 29/9 Marseille, 30/9 Rennes

Festival Seconde Nature, Aix-en-Provence : 14 septembre 2007 au 22 septembre 2007

Cinéma pour l’oreille, musique acousmatique, Jimi Tenor & Kabu Kabu, Mocky…

14-22/9 Aix-en-Provence

Le site du festival Seconde Nature

Azimut Festival, La Pesse : 28 septembre 2007 au 30 septembre 2007

Avec Susheela Raman, Toma Sidibé, Hell’s Kitchen, Shaolin Temple Defenders feat. Martha High, Popa Chubby, Memo Gonzales And The Bluecasters, Akli D…

28-30/9 La Pesse

Le site de l’Azimut Festival

Dobet Gnahoré, Chalette-sur-Loing : 28 septembre 2007

Fougueuse, la Malienne a de ces voix qui ne s’oublient pas, un timbre si particulier, gutural, plongeant, qui fait d’elle une grande dame de la chanson africaine. Dobet Gnahoré puise énergie et inspiration dans les préceptes panafricains du Ki Yi Mbock et décline de nombreuses langues sur des chansons enjouées, puissantes.

28/9 Chalette-sur-Loing

Interview: Manu Chao rencontre Diego Maradona

maradona chao

PHOTOS: JUAN JOSE TRAVERSO

A deux semaines de la sortie du très attendu La Radiolina, Manu Chao nous parle de sa rencontre avec Diego Maradona à Naples, et comment il a finalement eu raison d’ Emir Kusturica dans une station-service de Buenos Aires. Exclusif!



diego maradona chao

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Live: Les Caraïbes via Notting Hill

notting hill 2006 Notting Hill, 2006

Le weekend prochain, comme chaque année depuis 1965, Londres va vibrer à l’heure caribéenne à l’occasion du traditionnel carnaval de Notting Hill.

Dimanche et lundi prochain, tandis que les écoles de danse défilent, tout ce que la ville compte de steel band, de brass brand, et autres sound systems monumentaux vont s’ameuter pendant deux jours pour faire vibrer les bâtiments de l’ouest de Londres. Un spectacle bigarré et chaloupant radicalement dépaysant!

Du calypso au dubstep en passant par le funk, la soca, la drum’n'bass ou le reggae, près d’une cinquantaine de sound systems vont rivaliser de puissance sonique et d’originalité pour faire danser le million de personnes attendu. Une fréquentation exceptionnelle qui impose depuis longtemps le carnaval de Notting Hill comme l’une des plus importantes manifestations de rue en Europe. On est bien loin des émeutes de 1976, qui ont longtemps servi à stigmatiser l’événement. Plus que jamais, et pour autant qu’on ne soit pas trop agoraphobe, le carnaval de Notting Hill est un pélerinage qui s’effectue généralement en famille. Bien que la manifestation officielle se termine en début de soirée, la fête est loin d’être terminée. Un éventail impressionnant d’after-parties permetteront de satisfaire tous les appétits musicaux. À ce titre, il est conseillé de s’organiser un minimum pour éviter certaines déconvenues à l’entrée des clubs.

Une manière également de raviver l’identité d’un quartier qui, après-guerre, était l’un des principaux points de chute des migrants en provenance des Caraïbes. Une page d’histoire définitivement revisée suite, notamment, aux vagues de spéculation immobilière abusives qui ont suivi un fameux coup de foudre cinématographique.

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Joe Zawinul annule son concert à la Villette

Pour des raisons de santé, Joe Zawinul doit annuler son concert du 6 septembre prochain au festival Jazz à la Villette. Il sera remplacé en première partie par “African Flash Back” avec Louis Sclavis, Aldo Romano & Henri Texier. La deuxième partie sera assurée par Michel Portal & Mino Cinelu duo, accompagnés par Linley Marthe. La rencontre prévue le 5 septembre à 18h avec Joe Zawinul est également annulée.

Pour plus d’informations: Jazz à la Villette

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Palmarès des 25 meilleurs albums soul: l’élu

1
The Impressions

Definitive Impressions (Kent/Ace)

Moins connus du grand public que leurs homologues de Détroit les Four Tops, Temptations ou autres Miracles, les Impressions ont eu un impact tout aussi conséquent sur l’histoire de la soul. On leur doit notamment un sérieux dépoussiérage du concept d’ensemble vocal. Jusque-là les groupes étaient plus ou moins organisés avec un ou deux chanteurs principaux au premier plan, les autres ronronnant derrière. Les Impressions rompent avec cette pratique et créent un style beaucoup plus dynamique, basé sur un principe de question-réponse où chacun peut, à tour de rôle, prendre la direction des opérations.

Ce principe sera repris et développé par d’autres, aussi bien en Amérique – les Impressions sont le prototype même de ce que les Anglais appellent la northern soul – qu’en Jamaïque où beaucoup vont adopter cette formule, l’exemple le plus connu étant les Wailers d’un certain Bob Marley. Mais l’altruisme a ses limites, et malgré ce partage des responsabilités exemplaire, Curtis Mayfield est bel et bien le leader des Impressions. C’est lui qui compose toutes les chansons, qui joue de la guitare et son falsetto est la marque de fabrique du groupe. Arrive donc ce qui devait arriver: en 1970, Curtis Mayfield quitte le navire pour mener la carrière solo que l’on sait. Il est remplacé par Leroy Hutson qui ne parviendra jamais à faire oublier son glorieux prédécesseur. Une page est tournée. Reste cette anthologie sur laquelle aucun classique des Impressions n’est oublié. VT

The Impressions: “People Get Ready” (extrait)

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Birdflu de MIA en écoute

Kala, le deuxième album de la chanteuse MIA vient de sortir. Le single “Birdflu” en écoute.

kala mia “Birdflu”, Kala (XL / Beggars)

Le clip de “Boyz”

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Jazz: Mort de Max Roach

max roach

Le batteur Max Roach est mort dans son sommeil mercredi à New York, à l’âge de 83 ans. Compositeur et improvisateur hors pair, il lègue une oeuvre monumentale, caractérisée par des remises en question continuelles et une volonté affirmée d’ouvrir constamment de nouvelles voies.

Max Roach est encore adolescent lorsqu’il débute au côté de Charlie Parker et Duke Ellington dans les bouges de Harlem. En peu de temps, il parvient à imposer son talent et les plus grands jazzmen de l’époque connaissaient son nom avant même qu’il ait fini sa scolarité. Il devînt ainsi l’une des figures pionnières d’un jazz sophistiqué et affranchi qu’on appellera le be-bop. Durant les années 40, il est une figure incontournable de la 52nd Street et on le retrouve également aux côtés de Miles Davis dans les sessions d’enregistrement de “Birth of Cool” en 1949 et 1950.

En 1954, il entame une collaboration mémorable avec Clifford Brown qui marque le point d’origine du hard bop. Le quintette est brutalement disloqué suite à la disparition accidentelle du trompettiste deux ans plus tard. Un choc énorme que Max Roach met plusieurs années à surmonter. Il y parvient notamment grâce au soutien de son épouse de l’époque, la chanteuse Abbey Lincoln.

Il milita aux côtés de Martin Luther King ou de Malcolm X et son oeuvre est indissociable de son engagement politique pour les droits civiques. En 1952 1960, il enregistre “We Insist! Freedom Now Suite”, déclarant dans le même temps qu’il ne jouerait plus jamais quoi que ce soit qui ne recouvre pas une signification socio-politique. Il sera encore impliqué dans l’émergence du free jazz et plus tard dans divers types d’expérimentations, notamment avec des disc jockeys ou des artistes vidéos.

Au début des années 70, il entama une carrière d’enseignant et devînt l’un des premiers jazzmen à être nommé Professeur dans une université. En 1988, il est honoré de la prestigieuse distinction de la MacArthur Fondation. Revenant sur sa carrière avant-gardiste, il déclarait en 1990 au New York Times: “Il n’est pas possible d’écrire deux fois le même livre, malgré le fait que j’ai été impliqué dans de nombreux tournants historiques, je ne peux pas retourner en arrière. Même si je traverse des crises artistiques, celles-ci rendent ma vie intéressante“.

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Palmarès des 25 meilleurs albums soul: deuxième rang

2
Marvin Gaye

What’s Going On (Motown)

Si en 1968 Marvin Gaye est commercialement au sommet, physiquement et moralement par contre il est au quatrième dessous. Rien ne va plus: Tammy Terrell sa partenaire de scène est atteinte d’une tumeur au cerveau, son mariage avec Anna la soeur de Berry Gordy part en lambeaux et son association artistique avec son label suit le même chemin. Plus largement, Marvin Gaye n’est plus en phase avec l’image par trop lisse et impersonnelle que lui a façonné le boss de Motown. Il aspire à autre chose, mais ne sait pas quoi exactement, ni comment le formuler. C’est un disque de Lester Young qui le met sur la piste. Dorénavant, c’est décidé, il va cultiver la douceur à l’extrême. Restait à trouver la source d’inspiration. Celle-ci vient à la lecture des lettres déchirantes que lui envoie depuis le front vietnamien son jeune frère Frankie. Marvin Gaye s’enferme alors en studio et met en boîte sous le coup de l’inspiration divine neuf titres qui composent une suite dans laquelle se reflètent toutes les interrogations qui le taraudent depuis des mois – en vrac, la guerre, la violence urbaine, la pauvreté, la pollution. Le résultat est… tout simplement miraculeux. Les arrangements, luxuriants à souhait, sont en permanence sur la corde raide, épiques juste ce qu’il faut sans jamais sombrer dans le grandiloquent. Quand à Marvin, libéré de toutes tutelles artistiques, il multiplie les voix, dialoguant avec lui-même à l’infini. VT

Marvin Gaye: “Mercy Mercy Me (The Ecology)” (extrait)

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rock: Elvis, il y a 30 ans…

elvis hommage

Tomorrow Night
télécharger (click droit)

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Palmarès des 25 meilleurs albums soul: troisième rang

3
Al Green

The Supreme Al Green (Hi)

Au début il cherchait à concurrencer les teigneux Sam & Dave, Otis Redding et Wilson Pickett sur leur propre terrain. Il faut toute la force de persuasion du producteur Willie Mitchell pour qu’Al Green revienne à de meilleurs sentiments et qu’il consente enfin à privilégier les caresses aux directs du droit, crochets et autres uppercuts. Il n’a jamais eu à le regretter car Willie Mitchell avait vu juste: la sophistication et la douceur de sa nouvelle voix sont le contrepoint parfait à la rustique section rythmique maison, de la même façon que les arrangements soyeux de violons qui l’accompagnent sont le complément naturel au son brut des Memphis Horn. La formule est au point et les tubes se succèdent à vitesse grand V. “Tired Of Being Alone”, “Let’s Stay Together”, “I’m Still In Love With You”, “Love And Happiness”, “You Ought To Be With Me”, “Call Me”, “Here I Am”, “Simply Beautiful” jusqu’à ce que la route d’Al Green croise celle du Seigneur et qu’il ne choisisse de chanter une autre forme d’amour. L’occasion pour lui de revenir à ses premières amours et de pousser à nouveau sa voix. Comme dit l’autre, les voies du seigneur sont impénétrables… VT

Al Green: “Let’s Stay Together” (extrait)

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Amy Winehouse entre en rehab

Après son overdose de la semaine dernière, Amy Winehouse est finalement entrée en cure de désintoxication hier. Elle a été admise au Causeway Rehab Centre, une institution spécialisée située sur une île privée à quelques kilomètres de Londres qui facture £10′000 la semaine. Cette fois-ci, elle n’a pas dit no no no.

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Palmarès des 25 meilleurs albums soul: quatrième rang

4
Otis Redding

Otis Blue (Stax/Volt)

Si le grand public retient avant tout d’Otis Redding le morceau posthume “(Sitting) On The Dock Of The Bay”, nul doute que son album le plus consistant soit Otis Blue auquel on peut aisément ajouter le suivant Dictionary Of Soul. Sorti en juillet 1965 quelque six mois après la mort de Sam Cooke, enregistré paraît-il en seulement 24 heures, Otis Blue est pratiquement un hommage au grand chanteur disparu puisqu’il ne compte pas moins de quatre compositions écrites par Sam Cooke. Mais peu importe finalement le matériel, Otis Redding se l’approprie, n’hésitant pas à changer les mots au passage ou à improviser des paroles en studio – il n’y a qu’à écouter sa version de “Satisfaction” des Rolling Stones si supérieure à l’originale. Les paroles sont pour lui une matière malléable qu’il plie à volonté. Chanteur physique, émotionnel, électrique, il crée une intensité telle autour de lui que les musiciens – dont la fameuse section rythmique composée de Duck Dunn et Al Jackson – se sont littéralement transcendés à son contact. PJC

Otis Redding: “Satisfaction” (extrait)

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The Streets lance un concours de bong

Mike Skinner, The Streets, vient de lancer le concours le plus fumeux de l’été. En effet, en vue de son concert au festival Get Loaded (littéralement Soit Défoncé), il invite toutes les personnes intéressées à lui envoyer une photo ou un dessin du bong le plus original. Les gagnants recevront un VIP Pass et seront invités à monter sur scène pour tester leur dispositif frauduleux avec le groupe. Cette initiative fait référence au titre “The Irony of it All” dans lequel il fait l’apologie de l’herbe par rapport à l’alcool. Une manière plutôt originale de faire des fumigènes.

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Palmarès des 25 meilleurs albums soul: cinquième rang

5
Aretha Franklin

Lady Soul (Atlantic)

Voilà l’exemple typique d’un album de soul des années 60 construit autour d’un poignée de singles et qui, miraculeusement, dégage un sentiment d’unité et de perfection. En lisant l’autobiographie du producteur d’Atlantic Jerry Wexler, The Rhythm And The Blues, on comprend qu’Aretha représentait le joyau du label et que Jerry Wexler prenait beaucoup de soin afin que les sessions soient les meilleures possibles, aussi bien au niveau du choix des chansons que des arrangements et des musiciens convoqués. Ce ne sont pas moins d’une vingtaine d’instrumentistes qui se succèdent sur Lady Soul dont Bobby Womack, Eric Clapton et King Curtis. The Sweet Inspirations assurent les harmonies vocales et la Reine de la Soul délivre ses chansons les plus poignantes (”Natural Woman”, “Chain Of Fools”, “Since You’ve Been Gone”) avec une ferveur contrôlée proprement ahurissante. PJC

Aretha Franklin: “(You Make Me Feel Like) A Natural Woman”

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Décès de Tony Wilson, “Madchester” en deuil

Tony Wilson est décédé des suites d’une attaque cardiaque le vendredi 10 août, à l’âge de 57 ans. Il fut cofondateur du label Factory records qui lança des groupes tels que Joy Division, Happy Mondays, A Certain Ratio, Durutti Column ou encore New Order. Outre ses activités de directeur de label et de journaliste, il fût également le fondateur du club mythique, l’Hacienda à Manchester. Une véritable institution de la club culture où Laurent Garnier, notamment, devait faire ses débuts. La personalité frondeuse de Tony Wilson, ainsi que sa vie parsemée d’anecdotes rocambolesques, est immortalisée dans le film 24 Hours Party People qui évoque l’évolution de la scène de “Madchester”.

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Live: John Zorn, dans l’oeil du cyclone

John Zorn / Marciac

PHOTOS: PIERRE VIGNAUX

Avec l’Acoustic Masada, John Zorn y avait provoqué une véritable révolution, en 2005. Avec son projet Bar Kokhba, le saxophoniste new-yorkais signe le meilleur cadeau musical du 30è anniversaire du festival gersois.

Zorn fit sortir Jazz in Marciac d’un rythme confortable, pour le plus grand bonheur des jeunes. Depuis, sa popularité est devenue spectaculaire. Cette fois, il propose un double concert : Masada acoustique et Bar Kokhba, un septet davantage ludique et joyeux, mais aussi rigoureux que Cobra ou l’Electric Masada.

C’est le percussionniste Cyro Baptista qui ouvre le bal, avant que Marc Ribot ne se déchaîne sur un morceau très dansant. Feldman au violon, Friedlander au violoncelle et Cohen à la contrebasse enchaînent avec un thème très écrit, traversé par des solos de Joey Baron comme des rafales de vent free. Zorn dirige l’ensemble sans jouer du sax.

Un groove très latin balance, derrière des cordes romantiques qui virent du glissando au pizzicato, accélérant subtilement le tempo, évoquant tantôt un bolero ou une BO de western. Dans un contexte ironiquement free, où la musique est parfaitement organisée, Joey et Cyro se régalent de polyrythmies et figures complexes. Sur un thème frénétique, le Brésilien fait étalage de tout son arsenal percussif. Puis, Feldman flirte avec le paroxysme, grâce à un solo enivrant. De son côté, Ribot submerge tout dans une longue séquence de distorsions atonales.

Zorn et ses complices s’amusent comme des dingues. Une ancienne mélodie russe est transformée en une sorte de tango tourné en dérision. C’est une tempête sonique qui se déchaîne. D’un air de descarga afro-cubaine, on passe à un rock expérimental, on revient sur des mélodies slaves, on traverse une zone de faux mambo accéléré avant de retomber sur des thèmes hébraïques truffés de dissonances. La fin est une apothéose (des rappels à n’en plus finir), dans un climat d’exaltation et de joie rares.

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Palmarès des 25 meilleurs albums soul: rangs 7 et 6

7
Ray Charles

The Genius Of Ray Charles (Atlantic)

Il faut s’imaginer un meeting Atlantic à l’été 59. Il y a là Ahmet Ertegun le fondateur-visionnaire, Jerry Wexler le producteur-homme de terrain et Nesuhi Ertegun l’esthète-passionné de jazz. Cela fait bientôt deux ans que ces trois-là en rêvent, de ce titre: The Genius Of Ray Charles. Il faut oser. Mais là ils sont prêts. Et leur homme aussi. Après une brochette de tubes rhythm’n’blues, Ray Charles veut aller plus loin. Il rêve de grands ensembles, de cordes, de jazz… La session (juin 1959) se passe tellement bien qu’Atlantic fait le pas. The Genius Of Ray Charles consacre son auteur bien au-delà de la soul. Peu après la sortie de cet album, Ray Charles quitte Atlantic. Un départ qui, pour beaucoup, est synonyme de déclin. PJC

Ray Charles: “It Had To Be You”


6
Massive Attack

Blue Lines (Circa/Virgin)

A sa sortie Blue Lines avait tout d’un O.S.N.I. (Objet Sonore Non Identifié). Ce collectif aux contours mal définis faisant se rencontrer voix soul, basses reggae, breakbeats, scratches hip hop, nappes de synthés, arrangements de cordes soyeux, fragments d’électro et d’ambient… Certes Soul II Soul avait introduit la notion de sound-system auprès du grand public, mais la réunion de ces différents éléments semblait tout de même totalement révolutionnaire. Le plus étonnant dans cette affaire est que Blue Lines était un disque qui mettait tout le monde d’accord, des soulboys aux rockers en passant par les amateurs de reggae ou de hip hop, comme si ces gens attendaient tous la même chose. Quelques années plus tard, on dispose d’un peu plus de clés pour comprendre le parcours du trio de Bristol. On sait par exemple qu’ils n’étaient pas les seuls à cultiver ce terreau, ni même les premiers. D’autres moins chanceux, tels Smith & Mighty, leur avaient ouvert la voie. Mais cela n’enlève absolument rien à la valeur de ce coup d’essai car, comme What’s Going On en son temps, Blue Lines a redéfini la soul pour dix ans. Au moins. VT

Massive Attack: “Unfinished Sympathy”

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Palmarès des 25 meilleurs albums soul: rangs 9 et 8

9
Stevie Wonder

Songs In The Key Of Life (Tamla Motown)

Que ce disque fut attendu… Annoncé puis repoussé, il sort finalement au début de 1976, année musicalement pauvre que les quatre faces vinyle – plus les quatre autres titres du 45-tours offert en bonus – de Songs In The Key Of Life remplissent à eux seuls. A cette époque, Stevie fait l’unanimité. Le monde du rock l’a adopté, les amateurs de jazz se laissent séduire (pensez, il fait même la couverture de Jazz Hot cette année-là). Il n’y a pourtant rien sur ce double-album que le chanteur et multi-instrumentiste n’ait déjà dit dans Music Of My Mind, Talking Book ou Innervision. Mais par son ampleur même (les double-albums de soul music n’étaient pas légion à l’époque), il exerce une plus grande fascination. Les thèmes et les musiques sont développés avec davantage de profondeur et le ton général est plus ouvert, moins introspectif, malgré des chansons émouvantes et tristes comme “Village Ghetto Land” ou “Ordinary Pain”. Monument qu’il est bon de revisiter régulièrement, Songs In The key Of Life est aussi la dernière œuvre majeure de son auteur. PJC

Stevie Wonder: “Isn’t She Lovely” (extrait)


8
Sam Cooke

The Man And His Music (RCA)

Avec autorité, un vrais soulboy dira: l’année de Sam Cooke, c’est 1962. 1963 sera bonne, mais pas géniale. Et en 1964, le chanteur est assassiné par balle dans des conditions mystérieuses. Une carrière fulgurante, en dents de scie, dont le plus grand mérite aura été d’avoir permis à la ballade de gagner ses lettres de noblesse dans le monde de la soul. Sans Sam Cooke, il n’y aurait pas eu d’Otis Redding, de Bobby Womack, de Franky Beverly. Pourtant le chanteur ne s’est pas immédiatement illustré dans ce domaine. S’adaptant à la demande, il a d’abord chanté le blues, le gospel, s’est souvent égaré dans les chemins trop feutrés des palaces. Mais tout erratique qu’il soit, Sam Cooke est incontournable. Cette compilation définitive le prouve avec 28 titres tous signés de la main de Sam Cooke, dont l’un des plus grands singles de tous les temps: “A Change Is Gonna Come”. PJC

Sam Cooke: “Wonderful World”

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Palmarès des 25 meilleurs albums soul: rangs 11 et 10

11
Harold Melvin & The Blue Notes

To Be True (Philadelphia International)

Lorsqu’ Harold Melvin s’est éteint en 1997, c’est tout un pan de l’histoire musicale de Philadelphie qui a disparu. Pendant 40 ans, nombre d’excellents chanteurs ont défilé dans les rangs de son groupe les Blue Notes, mais aucun n’a eu l’impact de Teddy Pendergrass. Harold Melvin le savait, qui n’hésitait pas à faire figurer son nom en toutes lettres sur les pochettes. Cet album, l’avant-dernier avant qu’il ne quitte le groupe pour partir tenter sa chance en solo – et qu’il ne devienne au passage l’un des plus grand sex symbol de toute l’histoire de la soul – démontre parfaitement pourquoi. Du trépidant “Where Are All My Friends” qui ouvre le disque jusqu’au poignant “It’s All Because Of A Woman” et ses accents gospel, en passant par “Bad Luck”, hymne proto-disco par excellence, Harold et Teddy dominent les débats avec aisance, bien soutenus par Kenny Gamble et le reste du groupe. Sans conteste l’un des tout meilleurs disques de ce qu’on a appelé le Philly Sound, cette soul soyeuse qui n’avait pas peur des violons. VT

Harold Melvin & The Blue Notes: “Hope That We Can Be Together Soon”, featuring Sharon Paige (extrait)


10
Donny Hathaway

Extension Of A Man (Atlantic/Rhino)

Inspiré par Debussy, Rachmanninoff, la peinture des impressionnistes et le chant des Eglises baptistes, Extension Of A Man n’a pas d’équivalent dans l’histoire de la soul. Quatrième et dernier album studio de son auteur qui était entré à Atlantic comme producteur et auteur de chansons, il marque une évolution importante par rapport à ses trois premiers disques. “J’ai envie d’enregistrer autant de styles qu’il est humainement possible pour une seule personne”, affirme-t-il. C’est ce qu’il entreprend sur Extension Of A Man qui débute de façon surprenante par une pièce symphonique jouée sur une gamme pentatonique majeure héritée du gospel. Le reste de l’album, conçu comme une suite classique, touche à tous les styles – blues, funk, ballade – dans diverses configuration de personnel. Malgré l’ambition du projet, Donny Hathaway ne sonne jamais pompeux. Malheureusement cet album restera sans suite. Sept années plus tard, en 1980, le chanteur tombe du 15ème étage d’un immeuble. Ses amis ne peuvent croire au suicide malgré son instabilité chronique et sa fragilité mentale. Il ne sera reconnu que beaucoup plus tard comme un grand de la musique noire américaine. Ils sont en effet nombreux les amateurs de soul à être passés à côté de son style, jugé souvent trop proche de l’easy listening. Encore aujourd’hui, quand on parle de “grand œuvre” soul, on cite Stevie Wonder, Marvin Gaye. Rarement Donny Hathaway. PJC

Donny Hathaway: “Love, Love, Love” (extrait)

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Live: Ondes latines sous le ciel de Marciac

Roberto Fonseca

PHOTOS: PIERRE VIGNAUX

Le soleil étincelait la veille. À 36°, on croyait étouffer par un après-midi à La Havane ou à Salvador de Bahia. Une température familière à Gilberto Gil et à Roberto Fonseca. Pourtant, le jour de leurs concerts, la pluie s’est abattue sur Marciac, le baromètre en chute libre de 17° ! On comptait que sur leurs musiques pour chauffer la soirée.

Roberto Fonseca avait épaté jadis Marciac, accompagnant le regretté Ibrahim Ferrer, puis avec sa propre formation. Ce soir, le jeune pianiste cubain grelotte dans sa loge, mais il est prêt à surpasser les attentes à son égard. Le concert démarre avec le chant (enregistré) de sa mère poétesse et s’enchaîne subtilement avec le dialogue très prolifique entre le pianiste et le souffleur (sax, clarinette) Javier Salva. Après une longue séquence d’harmonisations voix-clarinette, un thème dédié à Cachaito Lopez est le prétexte pour entendre un énorme solo de contrebasse (Omar Gonzalez) au tumbao de guaguanco, tandis que le batteur et le percussionniste donnent une belle leçon de polyrythmie en finesse. La musique monte progressivement en intensité et Fonseca expose toute sa capacité d’invention, de ductilité et de sens rythmique peu communs, par un jeu très percussif, en complicité avec le batteur Ramsés Rodriguez, modulant aisément les paramètres.

Son « secret » est de laisser un grand espace à l’expression des autres musiciens, de gérer la densité du discours, multipliant les notes seulement dans des moments cruciaux. Son jeu maintient le public dans une grande concentration, une permanente expectative, un silence engagé dans une écoute plus qu’attentive. Il n’y a pas d’explosion banale ni d’évidence dansante, mais ça swingue et groove sans répit. Un hommage à Ibrahim Ferrer, « un petit vieux que j’aimais beaucoup », empli la soirée de tendresse, et quand soudain la progression martelée d’accords de septième rend le thème plus spectaculaire, la danse (évocation du son) arrive naturellement sur scène et prépare à un final de fête funky un rien déconstructive.

La suite s’avère très difficile pour le chanteur-ministre Gilberto Gil. Après un bel album acoustique, son nouveau projet « inspiré de la technologie digitale et la communication par haut débit, faisant converger culture, tourisme et politique », débute par des morceaux pop-rock très seventies( !), où Gegé joue Jagger esquissant des pas de danse assez peu inspirés. Desservies par un son démesuré, les propositions frevo-rock et samba-rock déroutent le public. Gil puisse dans le répertoire ancien, une samba de roda est suivie d’une reprise de Cartola. Mais l’illustre sambiste en version électrique sonne étrangement fade. Cela malgré les performances concluantes du percussionniste Gustavo di Dalva et du bassiste Arthur Maia. Une visite au samba-jazz de Jackson do Pandeiro redonne un peu de couleur et l’interprétation des vieux succès comme Aquele Abraço davantage de chaleur à la prestation du groupe. Néanmoins, l’heure tardive et la déception aidant, le public s’en va inexorablement. On aime bien Gil, mais ce soir il est assez loin de ses meilleures soirées.

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PROCHAINS CONCERTS DE ROBERTO FONSECA

31/10 Bruxelles, Ancienne Belgique

07/11 Paris, La Cigale

08/11 Rouen, Hangar 23

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Palmarès des 25 meilleurs albums soul: rangs 13 et 12

13
The Temptations

Anthology (Motown)

Parce qu’ils étaient la perfection faite groupe, tant sur le plan de la musique – arrangement, mélodie, chant et harmonie – qu’au niveau de la présentation de celle-ci – chorégraphies et costumes impeccables –, ils incarnaient mieux que quiconque le “Sound of Young America” cher à Berry Gordy, et ce y compris lorsqu’ils se mirent à chasser sur les plates bandes de Sly Stone avec Cloud Nine. Alors que l’Amérique était sens dessus-dessous, les Temptations portaient le psychédélique proprement – déjà ce côté vieille dame respectable. En vénérable institution qu’ils étaient, ils semblaient pouvoir résister sans dommage à l’affront du temps comme aux changements de personnel successifs. Et puis il a bien fallu se rendre à l’évidence. “Papa Was A Rolling Stone” avait des allures de chant du cygne. Eddie Kendricks, Paul Williams et David Ruffin partis, les Temptations n’étaient plus vraiment les Temptations. “My Girl”, “Ain’t To Proud To Beg” et “Don’t Look Back” appartenaient à un passé révolu, et pour reprendre les paroles d’une de leurs plus belles chansons (”Since I Lost My Baby”), “le soleil était froid et le nouveau jour semblait terriblement vieux”. Heureusement albums originaux, coffrets et anthologies sont là pour nous réchauffer le coeur. VT

The Temptations: “Papa Was A Rolling Stone” (extrait)


12
Gil Scott-Heron

Pieces Of A Man (Flying Dutchman/BMG)

L’année précédente, il s’était révélé sous les traits d’un poète révolté qui, sur un simple tapis de percussions, déclamait avec conviction des textes enflammés. Et voilà qu’on découvre un chanteur encore plus précieux, un de ces anges magnifiquement touchant dont on observe, captivé et troublé, les évolutions parce qu’on ne peut s’empêcher de craindre à tout instant qu’il s’écrase au sol. Mais miracle il y a, puisque la catastrophe maintes fois annoncée est sans cesse repoussée. Magnifiquement entouré par la crème des musiciens jazz-soul du moment (Ron Carter, Bernard Purdie, Hubert Laws), Gil Scott-Heron peut alors convoquer les fantômes de Lady Day et John Coltrane, ou bien encore conter d’une voix fragile et désabusée des petites histoires de rien du tout, bouleversantes d’humanité. VT

Gil Scot-Heron: “Pieces Of A Man” (extrait)

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Palmarès des 25 meilleurs albums soul: rangs 15 et 14

15
Bobby Womack

The Poet (Beverly Glen/Tamla Motown)

Le mot “sous-estimé” semble avoir été inventé pour Bobby Womack. Si les amateurs de soul connaissent bien son œuvre et ses talents de songwriter, ils préfèrent se souvenir de lui pour la dizaine d’albums enregistrés entre 1972 et 1976 – en particulier l’excellent Looking For A Love – plutôt que pour ce disque gravé au début des années 80. Pour sa profondeur et sa spiritualité il n’est pourtant pas exagéré de placer ce Poet aux côtés de What’s Going On. Mais la comparaison est imprécise. Pour situer Bobby Womack, il faudrait mieux parler d’un croisement entre Sam Cooke (avec lequel il partagea plus qu’un style: ses femmes) et Marvin Gaye précisément. Du premier, il a le côté terrien, musclé et l’héritage du gospel; il partage avec le second l’art de flotter avec aisance sur des mid-tempos sensuels ainsi qu’une inspiration qui navigue entre la romance, les amours décus et les désirs interdits. Ce magnifique The Poet sera suivi par The Poet 2, une suite longtemps retardée à cause de ses problèmes avec les maisons de disques. Regroupés, ils auraient formé une œuvre splendide et cohérente. Voilà au fond le cas typique d’un artiste noir majeur maltraité par des grandes compagnies peu soucieuses d’intégrité artistique quand il s’agit de soul music. PJC

Bobby Womack: “Games” (extrait)


14
James Brown & His Famous Flames

Try Me/The Unbeatable 16 Hits (King/Polydor)

Il existe au moins deux versions distinctes de ce disque, toutes deux porteuses des plus belles promesses. La première affiche sous le titre Try Me une pulpeuse pépée en couverture, cigarette et flingue fumant à la main. La seconde, titrée quant à elle The Unbeatable 16 Hits, est ornée d’une main comme en rêvent tous les joueurs de poker, si ce n’est que toutes les cartes sont à l’effigie de James Brown. Dans un cas comme dans l’autre, il n’y a pas tromperie sur la marchandise, car si ce petit dur tout juste sorti de prison, cet ancien boxeur qui espérait bien avoir raccroché les gants pour toujours ne s’était pas déjà auto-couronné Soul Brother #1 et qu’il n’avait pas encore payé toute sa dette à ses modèles de jeunesse, les Louis Jordan, Roy Brown ou autre Little Willie John, si ses Famous Flames n’avaient alors de fameux que le nom, il était déjà le gars le plus bosseur de sa partie. Et surtout il n’avait pas son pareil pour ouvrir la boîte à pleurs, susurrant, murmurant, gémissant, geignant à l’envi comme si son salut en dépendait. VT

James Brown: “Try Me” (extrait)

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Les 25 meilleurs albums soul: rangs 17 et 16

17
Michael Jackson

Off The Wall (Epic)

La fascination qu’exerce aujourd’hui Off The Wall peut se résumer à une seule question: “Que s’est-il passé pour que ça tourne ensuite aussi mal?” Bien sûr, Thriller, le disque suivant, est bon, mais il représente aussi le début de la fin. Qu’est-ce qui fonctionne donc si bien sur Off The Wall? C’est à la fois un grand disque de producteur, une sublime performance de chanteur et un parfait assemblage de musiciens. Quincy Jones commence là sa collaboration avec Michael Jackson avec un disque conçu comme une superproduction à la fois épique et bourrée de détails. Tout est encore à échelle humaine, l’âme vibre toujours. Surtout l’album fonctionne comme un tout, pas comme une succession de singles mis bout à bout. Et puis il y a l’humanité de Michael Jackson – regardez la pochette, il est splendide –, cette voix sortie de l’enfance, préservée, ce style déjà affirmé qui ne bougera plus. “Le dos au mur”, Michael Jackson l’est assurément en regard de sa future carrière. PJC

Michael Jackson: “Don’t Stop ‘Til You Get Enough” (extrait)


16
Prince

Sign O’The Times (Paisley Park)

Prince n’a jamais été homme à se cantonner à un seul style, ne serait ce que le temps d’un album. Aucun de ses disques n’appartient donc en propre à la soul, mais bien peu y sont totalement étranger, et pas un n’en est dépourvu. Prenez Sign O’The Times, que certains considèrent comme son chef-d’œuvre, et certainement l’un de ses disques les plus “soul”. Il contient son lot de petites merveilles pop, d’hymnes rock, de tueries funky mais aussi de délicieuses sucreries soul telles que “Slow Love”, “Starfish And Coffee”, “Adore”, et surtout “The Ballad Of Dorothy Parker”. Prince y croone à merveille, tourne autour de la mélodie, lui fait des manières, minaude comme un chaton, pousse des petits cris de contentement, bref place sa voix au panthéon de la soul, quelque part entre Marvin Gaye et Al Green. VT

Prince: “Sign O’ The Times” (extrait)

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afro-beat: Fela, hommage en images, 4ème partie

En Europe, dès les années 80, on commence à tendre l’oreille du côté de Lagos. Une légende est en train de naître, alors que sa musique sombre dans la mélancolie, et ne gravit plus les sommets passés

1980 - 1981

Authority Stealing / Original Sufferhead / Music Of Many Colours (avec Roy Ayers)

Changement de nom. Influencé par les écrits ésotériques des révisionnistes panafricains, Fela baptise son groupe Egypt 80. De retour d’une tournée triomphale en Europe, plusieurs membres-clés de son groupe le quittent pour des conflits d’argent, dont son fidèle batteur Tony “Ladi Alabi” Allen. Le gouvernement ne laisse plus Fela en paix, sa musique prend une dimension mélancolique, presque tragique. La colère fait place à une sorte de détermination placide. Il enregistre Music Of Many Colours avec le vibraphoniste Roy Ayers et, pour la première fois, des overdubs. La révolte gronde toujours comme le prouve Authority Stealing, qui révèle le scandale de l’argent du pétrole.


1982 – 2005

Live In Amsterdam / Look And Laugh / Beasts Of No Nation / Red Hot And Rio: A Tribute To Fela

Pendant quinze ans et jusqu’à sa mort le 2 août 1997, Fela va alterner des fréquents séjours en prison et des tournées à l’étranger. C’est dans la décennie 80 que le roi de l’afro-beat est découvert par le grand public européen, en Allemagne, en Hollande, en France et en Suisse. Mais l’inspiration est en berne, et peu d’albums, réalisés avec un Egypt 80 à la géométrie variable, sont à la hauteur de ceux des années 70. La posture de Fela est à la défensive, à l’image de Look And Laugh qui définit un retrait des affaires politiques: le musicien encourage son public à “regarder et en rire”… Mais en 2005, la maison de disque française Barclay, en accord avec son fils Femi Kuti, entreprend une politique de ressortie des albums originaux. Et une nouvelle génération d’artistes lui rend hommage. Fela, à l’instar de Bob Marley, devient une nouvelle icône pour la jeune génération. Il était temps.

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  • Fela live: “Teacher Don’t Teach Me No Nonsense”

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DES LUNDI SUR VIBRATIONSMUSIC.COM, RETOUR AU PALMARES DES MEILLEURS ALBUMS SOUL

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afro-beat: Fela, hommage en images, 3ème partie

C’était il y a dix ans aujourd’hui. Malgré la mort du Nigérian, la musique n’a pas pris une ride. Au tournant des 70’s, l’engagement du Black President se radicalise encore, et sa musique monte en puissance. Au fur et à mesure que l’admiration des jazzmen américains grandit, la pression politique fait de même

1978

Shuffering & Schmiling / No Agreement

Les conflits à propos de ses textes avec sa maison de disques Decca/EMI débouchent sur une inévitable séparation. Au fur et à mesure que se radicalise la position de Fela, sa musique devient plus rugueuse, plus puissante. Les musiciens de free jazz américains s’intéressent à sa musique. Sun Ra visite son club à Lagos et le trompettiste de l’Art Ensemble Of Chicago Lester Bowie participe à l’album No Agreement.


1979

Coffin For Head Of State / Unknown Soldier / V.I.P. / I.T.T.

Les brûlots politiques composés après une nouvelle attaque sur sa maison au début de l’année 1978 paraissent un an plus tard, alors que Fela se présente aux élections (sa candidature sera refusée). Prière funèbre, Coffin For Head Of State raconte l’histoire du cercueil de sa mère déposé sur les marches du quartier général de la junte militaire; le poignant Unknown Soldier parle du “soldat inconnu” qui a défenestré sa mère lors de l’assaut de sa maison par les militaires; I.T.T. (International Thief Thief) est son texte probablement le plus dur à l’encontre des Blancs et du président Abiola accusé de servir les intérêts d’I.T.T. en Afrique et au Moyen-Orient.

Bio-discographie parue en 1999 dans Vibrations

A ECOUTER

  • Le récit des funérailles de Fela à Lagos par son ami et attaché de presse Ricky Stein. Interview en français réalisée par Elodie Maillot

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SUITE DE NOTRE HOMMAGE DEMAIN, REPRISE DU PALMARES SOUL LE 6 AOUT

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blues : Les Campbell Brothers allument la foi à Cognac

Comme à son habitude, le festival Blues Passion se révèle plein de surprises. Dont le gospel exalté des Campbell Brothers

LES CAMPBELL BROTHERS EN CONCERT PHOTO: D.R

Il n’est que dix heures du matin à Cognac lorsqu’on découvre le folk-blues habité du songwriter Terry Stamp et le set jouissif du singulier bluesman Super Chikan. L’après-midi avance dans le parc François 1er en compagnie de l’artiste Ninjatune Fink et au son des volutes hypnotiques de Debashish Bhattacharya, accompagné de tablas. Dans un chais de cognac voisin, on est enchanté par la grâce acoustique de la chanteuse soul Ruthie Foster. Cognac Blues Passion vit sa 14e édition avec l’éclectisme qu’on lui connait depuis ses débuts.

Mais le clou de cette journée arrivera à la tombée du jour avec les Campbell Brothers. Rythme, exaltation et virtuosité conduisent aux voies du Seigneur par l’entremise de classiques gospel aux influences rhythm’n’blues et funk et d’une version instrumentale transcendante de “A Change Is Gonna Come” de Sam Cooke. Les guitares de de Chuck, Darick et Phil illustrent l’effervescence de la famille Campbell, servie par deux chanteuses impeccables et une solide section rythmique. Comme un train de marchandise lancé à grande vitesse, rien ne semble être en mesure d’arrêter cette ferveur.

Impie ou croyant, tout le théâtre de verdure est soufflé par leur euphorie. La prestation de clôture de cette journée, pourtant impeccable, de Magic Slim & The Teardrops, pilier du Chicago Blues, pâlit en comparaison de la tornade Campbell.

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  • Le morceau “Sacred Steel” capturé dans une église américaine

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afro-beat: Fela, hommage en images, 2ème partie

A la veille de l’anniversaire de sa mort, Vibrationsmusic.com revient sur “Celui qui porte la mort dans sa poche”, lui qui mène tambour battant une campagne musicale engagée qui le voit varier les styles, et prolonger, grâce à ses complices solistes, l’art de l’improvisation

1975

Expensive Shit / He Miss Road

En 1975, Fela introduit les nombreuses femmes de son entourage dans son groupe, d’abord comme danseuses puis aux chœurs, ce qui modifie le son d’ensemble et introduit les fameux “questions-réponses”. Ces deux albums sont parmi les plus dansants de son auteur. Pour He Miss Road, il retrouve Ginger Baker à la production. Expensive Shit, moins connu, se déploie dans des sonorités chaudes et lyriques.


1976

Monkey Banana / Yellow Fever / Na Poi / Zombie

1976 et 1977 sont deux années extraordinairement riches. Fela change son nom colonial “Ransome” (rançon) en Anikulapo, “celui qui porte la mort dans sa poche”. Les musiques sont explosives et les textes grinçants. Le plus connu des titres de cette époque s’appelle “Zombie”, Fela nommant ainsi les policiers ordinaires qui obéïssent aveuglement aux ordres des militaires. Il existe deux versions du morceau “Napoi”, l’une enregistrée probablement en 1973 et l’autre en 1976 (sur l’album Yellow Fever). Rien n’est pareil — ni le tempo, ni les arrangements. Occasion de vérifier l’incroyable capacité d’improvisation et d’invention des solistes.


1977

Opposite People / Sorrow Tears And Blood / Stalemate / Fear Not For Man

Le 18 février 1977, un raid est effectué par la junte militaire à son domicile. Fela réagit immédiatement en composant “Sorrow Tears And Blood”. Le morceau est d’abord refusé par sa maison de disques à Londres qui le juge “offensant» pour le gouvernement”. Il devient un des hymnes les plus populaires de Fela à Lagos. Des albums très diversifiés voient le jour. Stalemate, au rythme réduit à sa plus simple expression, est le véhicule pour des improvisations au sax tandis que l’orgue mène la danse dans Fear Not For Man.

Bio-discographie parue en 1999 dans Vibrations

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  • Visite guidée du club de Fela, le Shrine, à Lagos dans les années 80 (en anglais)

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