
En Europe, dès les années 80, on commence à tendre l’oreille du côté de Lagos. Une légende est en train de naître, alors que sa musique sombre dans la mélancolie, et ne gravit plus les sommets passés
1980 - 1981
Authority Stealing / Original Sufferhead / Music Of Many Colours (avec Roy Ayers)
Changement de nom. Influencé par les écrits ésotériques des révisionnistes panafricains, Fela baptise son groupe Egypt 80. De retour d’une tournée triomphale en Europe, plusieurs membres-clés de son groupe le quittent pour des conflits d’argent, dont son fidèle batteur Tony “Ladi Alabi” Allen. Le gouvernement ne laisse plus Fela en paix, sa musique prend une dimension mélancolique, presque tragique. La colère fait place à une sorte de détermination placide. Il enregistre Music Of Many Colours avec le vibraphoniste Roy Ayers et, pour la première fois, des overdubs. La révolte gronde toujours comme le prouve Authority Stealing, qui révèle le scandale de l’argent du pétrole.
1982 – 2005
Live In Amsterdam / Look And Laugh / Beasts Of No Nation / Red Hot And Rio: A Tribute To Fela
Pendant quinze ans et jusqu’à sa mort le 2 août 1997, Fela va alterner des fréquents séjours en prison et des tournées à l’étranger. C’est dans la décennie 80 que le roi de l’afro-beat est découvert par le grand public européen, en Allemagne, en Hollande, en France et en Suisse. Mais l’inspiration est en berne, et peu d’albums, réalisés avec un Egypt 80 à la géométrie variable, sont à la hauteur de ceux des années 70. La posture de Fela est à la défensive, à l’image de Look And Laugh qui définit un retrait des affaires politiques: le musicien encourage son public à “regarder et en rire”… Mais en 2005, la maison de disque française Barclay, en accord avec son fils Femi Kuti, entreprend une politique de ressortie des albums originaux. Et une nouvelle génération d’artistes lui rend hommage. Fela, à l’instar de Bob Marley, devient une nouvelle icône pour la jeune génération. Il était temps.
VIDEO
- Fela live: “Teacher Don’t Teach Me No Nonsense”
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