PHOTO: Universal
Découvreur et catalyseur hors pair, l’une des personnalités les plus influentes du jazz contemporain fait une escale parisienne très attendue
Wayne fut la pièce angulaire du légendaire quintet de Miles Davis, en compagnie d’Herbie Hancock, Tony Williams et Ron Carter, et des premiers groupes électriques du célèbre trompettiste. Ancien directeur musical des Jazz Messengers d’Art Blakey et fondateur de Weather Report, en association avec Joseph Zawinul, rencontré chez Miles, Wayne Shorter est un formidable organisateur de musique, doublé d’un excellent saxophoniste
Plus introverti que Miles, Shorter est pourtant le musicien de jazz qui a davantage inspiré les nouvelles générations, du point de vue de la structuration harmonique des compositions, et par rapport à la fonction des spécificités mélodiques et rythmiques du matériau. Dépassant toutes les conventions, il a porté le jazz dans une nouvelle dimension de musique composée, qui suppose l’improvisation, bien au-delà des codes qui tendent à figer le genre et des tentatives qui dessinent sa dissolution. Musicien exemplaire, pour Shorter la liberté du jazz suppose une totale maîtrise du langage.
Shorter est l’un des musiciens de jazz qui a le mieux assimilé la richesse des musiques brésiliennes, et sa versatilité comme interprète l’a fait briller dans divers contextes : dans le folk poétique de Joni Mitchell, le rock latino de Carlos Santana, le dub expérimental de Bill Laswell, et même dans le fado novo de Dulce Pontes. Incessant découvreur de talents et catalyseur des meilleures énergies musicales, c’est la trilogie féminine formée par Geri Allen (p), Terri Lyne Carrington (dms) et Marilyn Mazur (perc), qui perdure comme le plus beau souvenir parmi ses dernières formations.
Depuis quelques années, son association avec le pianiste panaméen Danilo Pérez, au sein d’un quartet qui réunit le bassiste John Pattitucci et le batteur Brian Blade, est un événement majeur du jazz contemporain. Musicien peu enclin aux discographies ostentatoires, Shorter atteint le point d’équilibre grâce à la qualité de ses enregistrements. Les dernières productions de son quartet provoquent l’unanimité admirative de la critique, et font remplir rapidement les concerts. « Nous sommes tous les quatre dans un état de réceptivité totale, souligne Wayne. Nous tenons à nous surprendre chaque soir…dans un état d’interactivité permanente, un flux, qui permet de mettre en valeur notre potentiel de composition instantanée ». La rentrée parisienne du jazz sera aux sommets, avec ce musicien qui (durement frappé par la disparition de sa fille et de sa femme) a fait de son art le plus beau moyen d’évolution spirituelle.
CONCERTS
Trois cartes blanches à Wayne Shorter à Jazz à la Villette
- 02/09 Wayne Shorter avec le Gretchen Parlato Quintet
- 04/09 Wayne Shorter Quartet et l’Orchestre National d’Ile de France
- 05/09 Wayne Shorter Quartet et lmani Winds
ALBUM (SELECTION)
- Alegria Verve/Universal
- Footprints live Verve
- Joy Ryder Columbia/Sony
- Atlantis Columbia/Sony
- Juju Blue Note








Votre magazine est l’un des plus précis et complet sur le jazz et toutes les musiques du monde bravo et bravo. Seulement après avoir parlé si longuement de W. SHORTER et ses multiples talents quand allez vous faire un dossier spécial sur son immense compère et aussi découvreur de talents: Feu le Gigantesque Joe ZAWINUL?Aucun magazine n’a parlé aussi précisement et surtout longuement sur cette disparition… peut être Jazz Mag mais pas sur la mort du monsieur… alors vibraphone va-t-il nous transmettre le dossier au “SON DU SOSSO BALA” seul instrument digne de parler d’un “Balaphoniste europeen de cette envergure”? Sincèrement Africa Sam.