
PHOTO : Nigel Bennett
Presque 10 ans après sa naissance sous étiquette Cassius, le binôme Zdar - Boombass a réussi à faire évoluer sa house-funk bizarroïde. Même sur scène?
Difficile d’être plus en phase sur scène avec le joyeux bordel déjà proposé en studio… Férus de funk, de hip-hop, de house, de techno, de pop et même de punk rock, (Philippe) Zdar et (Hubert) Boombass ont toujours aimé entasser leurs icônes chéries sans réellement les classer ni trancher pour l’avènement de l’une d’entre elles. Et sur la scène du Bataclan, la température tropicale amplifie l’option tous azimuts choisie par Cassius.
Pour le public conquis d’avance, passer de derrière les machines au devant de la scène est aussi évident que la fougue qu’offre en moins de deux, le tandem parisien. Le funk est un poil bancal, la house balancée à l’arrache avec une violence rare, les voix ne cherche pas la perfection pour la perfection, mais, au final, impossible d’accrocher un gilet de sauvetage et on se noie en souriant bêtement avec le reste des fans transis dans cette lave electro toujours soulful cuisinée par une formation sans retenue.
Bien plus organiques en live que Daft Punk, Cassius conserve en permanence un orteil dans les origines black de la house. Et ce soir de septembre, qu’ils citent le cultissime projet Motorbass, que Matthieu Chédid viennent gratouiller pour exciter la plèbe ou que soient samplés Ol’ Dirty Bastard, Prince ou KRS-One, ils conservent toujours en ligne de mire un vrai sens du groove généralement rare, voire factice, chez les musiciens français. Le Bataclan devient rapidement un dancefloor XXL où la qualité du son semble peu importer à la majorité du public. Le studio c’est le studio, la scène c’est la scène! Et à ce petit jeu, la sauvagerie de la house assez funky de Cassius reste en live toujours aussi contagieuse.
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