
Dix disques. Ceux qu’emporterait dans son île Vincent Ségal, moitié de Bumcello, qui vient de sortir un double vinyle de violoncelle solo, conçu comme une suite d’instantanés où il revisite certains des lieux qui l’ont habité, de Pigalle à Oakland, où il se souvient aussi d’amis comme Nana Vasconcelos ou Bébé Vampire. « Un peu à la manière de Bach, mais avec le groove… »
Novos Baianos “Acabou Chorare”
Sur une île, il vaut mieux emmener des disques que tu as écoutés des centaines de fois. Et puis c’est la synthèse parfaite de tout ce que j’aime au Brésil : spontanéité, musicalité, belles chansons, superbes voix…
Booker Little “Out Front”
Avant tout pour le thème “Man Of Words”, comme du hip-hop avant l’heure, sans parole mais avec mélancolie. Un disque fait pour l’éternité, mon préféré en jazz.
Ferenc Fricsay “Musique pour percussions et celesta”
Par le symphonique de Berlin. Un vinyle que j’ai écouté depuis tout petit. Je ne peux pas écouter d’autres versions. Surtout le troisième mouvement : un modèle !
Muddy Watters “Louisiana Blues”
1950, sur Chess. Juste pour sa voix, parmi les plus graves et les plus chaudes. Du pur velours capitonné. Normal que les filles craquaient.
Les Beatniks “Les Beatniks”
Mes guitariste de compa haïtien, juste trouvable en vinyle. Ce pourrait être aussi Robert Martino dans Scorpio ou les Gypsies de Petionville. Impossible de ne pas danser.
T-Rex “Unicorn”
Mon album préféré de pop-folk, avec le son extraordinaire de Tony Visconti. Une liberté extrême, une étrangeté et un laisser-aller qu’on ne trouve pas aujourd’hui. Ceux qui écoutent Devranda Banhart devraient se pencher sur cet album. La version vraiment originale.
Magic Malik “OO-237 XP1”
Un jour, j’ai mis le thème “Alti-Plan” en boucle sur ma platine, sans le savoir. J’ai dû l’écouter des heures sans m’en rendre compte, sans que ça me choque. Un type capable de ça est un génie. Malik est de toute façon le meilleur musicien français.
Xenakis “Nomos Alpha”
Une œuvre qui explose, fortissimo. Et la version par Pierre Penassou au violoncelle. Il fut mon premier professeur et sur une île, j’aurai besoin de lui. Forcément. Avec ce disque, même s’il est mort, il sera toujours à mes côtés. Là, vibrant.
Johnny Guitar Watson “Listen”
Surtout si ma femme est avec moi sur l’île… Mais sans les enfants.
Bumdu Khan “Bhairavi”
Une pièce de 1948. Quel récital ! Soixante après, seul le sarangi de Ram Narayan peut rivaliser avec ce sorcier. Ce disque m’encourage à persévérer.
Recueillis par Jacques Denis
ALBUM
- Vincent Ségal “Cello” (Label Bleu)








Bon sang ! C’est un curieux le Vincent Segal, remarque on s’en doutait un peu avec ses albums et participations…