Hommage: Andy Palacio, martyre garifuna

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Emporté à 47 ans par une attaque cérébrale, Andy Palacio était sur le point d’inscrire le Bélize sur la carte des musiques du monde. Comme en son temps Cesaria Evora l’a fait avec le Cap Vert.

Injuste: voilà le premier mot qui vint à l’esprit le 19 janvier 2008 à l’annonce de l’attaque cérébrale puis du décès de Andy Palacio chanteur garifuna et haut diplomate au Bélize. L’année passée, Andy Palacio nous avait envoûtés avec Watina. Voix vibrantes, rythmes aux confluents de l’Amérique latine et de l’Afrique, mélodies viscéralement nostalgiques et esprit funky ont fait de ce disque un incontournable qui s’écoutait en boucle.

Watina c’était aussi l’aboutissement d’un travail acharné pour faire connaître au reste du monde la culture garifuna. Les ancêtres des Garifunas étaient des esclaves ouest-africains qui, sur le point d’achever leur triste traversée de l’Atlantique tentèrent la rébellion. A l’approche de l’Amérique, leurs navires firent naufrage. Les Garifunas parvinrent ainsi à établir leurs colonies le long des côtes d’Amérique centrale en se mêlant à la population locale indienne et caraïbe. Irréductibles défenseurs de leur identité, les Garifunas sont aujourd’hui 250 000 et ont su préserver leur musique, leur danse, leur langue à tavers les siècles.

Depuis plus de dix ans, Andy Palacio et son ami et producteur, Ivan Duran, essayaient par tous les moyens de diffuser la musique garifuna, sous sa forme traditionnelle, comme dans ses derniers avatars hautement sexy du punta rock. Chaleureux, joyeux, empreint de spiritualité, Andy Palacio, était le meilleur ambassadeur de cette musique en devenir. Watina, unaniment salué par la critique, lui ouvrait enfin la clef de la sène internationale. Une tournée était prévue en mai. Coupé dans son envol, Andy Palacio n’aura pas eu le temps de savourer son succès. Il aura toutefois entrouvert une porte. A d’autres, comme le talentueux Aurelio Martinez, de prendre le relais et de l’ouvrir toute grande.

Prophète en son pays, Andy Palacio a reçu des funérailles nationales. Le 25 janvier un hommage en musique lui sera rendu dans la ville de Bélize. Amis, fans ou simples auditeurs sont invités à écrire leurs commentaires sur les blogs référencés ci-dessous.

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