Droit de réponse du label Lusafrica

Il nous a été rapporté des propos préjudiciables à l’encontre de la Société Lusafrica et de son fondateur, Monsieur José da Silva, tenus sur le site internet du magazine Vibrations par une dénommée Ariane Morais-Abreu. Sous réserve d’une suite judiciaire que nous nous réservons de porter contre l’auteur de ces propos confus et diffamatoires, nous souhaitons exercer notre droit de réponse et vous prions de publier le présent texte sur votre site internet, conformément aux dispositions légales en vigueur.

Madame Ariane Morais-Abreu n’aime pas la direction artistique du label Lusafrica, c’est son droit; elle entame l’antienne du Producteur voleur et de l’Interprète spolié, c’est une vieille chanson, - on se demande simplement pourquoi l’interprète continue à travailler avec ce producteur et ne diligente pas ses avocats ? Plus grave, cette personne sous-entend que Lusafrica aurait cherché à nuire à la carrière de Bana, l’une des grandes voix de la musique capverdienne depuis les années soixante qui a mené brillamment sa carrière au Portugal : c’est quand même prêter beaucoup de pouvoir à un label indépendant français qui n’existait pas lorsque Bana gagnait ses galons de vedette.

Quant au procès auquel fait allusion Madame Morais-Abreu, dans lequel ni Lusafrica ni José da Silva n’étaient cités contrairement à ses sous-entendus, il s’agit d’une affaire jugée à Lisbonne, Bana ayant cité à comparaître Cesaria Evora qui avait tenu des propos peu amènes envers lui lors d’une émission de télévision au Portugal, ces propos faisant suite à des commentaires désobligeants tenus par Bana dans un journal portugais. Le juge a condamné Cesaria Evora à payer une amende, quels qu’aient été ses griefs, car nul ne peut publiquement dénigrer un tiers en tenant des propos diffamatoires envers lui, ni ne peut se faire justice lui-même en utilisant les médias. Madame Morais-Abreu devrait d’ailleurs méditer les termes d’un tel jugement et en faire son profit.

Quant à l’affaire Sodade, si affaire il y a, car rien n’est caché dans ce que Madame Morais-Abreu présente comme un complot. Un Auteur capverdien reconnu, compositeur de nombreuses œuvres réputées, revendique la paternité d’une œuvre intitulée Caminho Longe, sous-titrée Sodade (c’est une habitude capverdienne de désigner une chanson par un titre différent de celui donné par son Auteur, le refrain ou les premiers mots de la chanson devenant le titre reconnu du public). Des années après le dépôt de l’œuvre auprès des Sociétés d’Auteurs, un dénommé Zeferino Almeida – qui par ailleurs n’a écrit aucune autre musique – déclare à un journaliste capverdien qu’il est le seul compositeur de l’œuvre. Cette révélation suscite un certain remous au Cap-Vert, deux autres personnes revendiquant à leur tour la supposée vraie paternité de l’œuvre. Une première procédure se tient dans la capitale Praia. Le Cap-Vert n’ayant pas ratifié les conventions internationales sur le droit d’auteur, c’est pour contrefaçon que l’avocat de Zeferino Almeida, par ailleurs son cousin, porte l’affaire devant la justice capverdienne, avec comme conséquence la saisie, sur tout le territoire capverdien, des CD de Cesaria Evora contenant Sodade. Il est par ailleurs intéressant de remarquer que seuls sont visés les enregistrements de Cesaria Evora, alors que ne sont pas inquiétés les nombreux autres albums contenant cette chanson phare du répertoire capverdien ; c’est comme si l’on ne voulait s’en prendre qu’à celle qui a fait découvrir le titre à un public international, en confondant le droit d’auteur et le droit d’interprétation qui est pourtant inaliénable.

Un procès a lieu ensuite quelques années plus tard, qui attribue effectivement la paternité de l’œuvre à Zeferino Almeida. Il est toutefois nécessaire de préciser que ce procès s’est tenu en catimini, sans qu’aucune publicité n’y soit faite, dans une juridiction secondaire du Cap-Vert dans l’île de Sao Nicolau, qu’aucun débat contradictoire n’a eu lieu avec l’Auteur revendiqué (qui vit aux Etats-Unis), celui-ci n’ayant reçu aucune convocation, pas plus que les Editeurs de l’œuvre (ils sont 3) qui n’ont été prévenus qu’après la tenue du procès, et qui d’ailleurs ne sont pas mis en cause par les attendus du procès. Cette succession de faits devrait amener Madame Morais-Abreu à un peu de prudence dans la tenue de ses accusations.

Quoi qu’il en soit, rien ne l’autorise à utiliser les termes diffamants «malfaiteurs» ou «spolieurs» (sic) à l’encontre de la société Lusafrica ou de son fondateur, ni à l’encontre de l’artiste Tcheka – qu’elle a le droit de ne pas aimer, quand bien même cet artiste est encensé par la presse internationale, y compris par le magazine Vibrations – dont elle ne peut laisser sous-entendre qu’il aurait plagié quelque œuvre que ce soit sans en apporter le début d’une preuve.

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