
Joe Gibbs dans son propre rôle pour le film Rockers, en 1979
Joe Gibbs, sans être sur le devant de la scène, fut l’un des moteurs les plus efficaces de la révolution reggae
Né en 1943, Joel A. Gibson fut de la seconde génération de producteurs, celle qui entra en compétition avec les fondateurs historiques, ceux qui avaient gagné leur notoriété avec les sound-systems. Electricien de formation, il tenait un magasin de vente et de réparation de télévisions, où il vendait également quelques disques. Bientôt davantage intéressé par ce domaine en pleine expansion, il installa un studio d’enregistrement à deux pistes derrière sa boutique, et dès 1967 commença à produire des artistes locaux.
Lee Perry fut pendant cette période l’un des assistants qui l’aidèrent à s’établir. Encouragé par Bunny Lee, sa carrière démarra alors en flèche et les hits se succédèrent. Au tournant de la décade, il enregistrait désormais au studio Randy’s, mieux équipé, où il travailla avec l’ingénieur du son Errol Thompson.

En 1975, il monta son propre studio à 16 pistes, et débaucha Errol Thompson de chez Randy’s, qui ne s’en remit pas. Les deux devinrent bientôt les Mighty Two, Errol Thompson assumant également le rôle de producteur. En pleine période roots, des albums comme Visions (Dennis Brown), Two Sevens Clash (Culture) s’affirmèrent instantanément comme des classiques.
Entouré des meilleurs musiciens, dont les incontournables Sly & Robbie, il produisit de nombreux chanteurs et DJs, ainsi qu’une série d’albums de dubs, dont le African Dub Chapter 3, qui marqua les esprits par une utilisation massive de bruitages et autres collages sonores. Producteur éclectique, attentif aux tendances, il n’occultait aucun domaine, que ce soit le reggae plus rural de Leo Graham, le lovers, le dancehall, sachant parfaitement à l’instar de Channel One recycler les standards Studio One et Treasure Isle, et même revisiter le dub King Tubby meets Rockers Uptown à sa manière (Chapter Three). Il a su toucher un public international avec plusieurs hits planétaires, dont “Money In My Pocket” (Dennis Brown) et “Uptown Top Ranking” (Althea & Donna).
En 1984, sa reprise non autorisée de “Someone Loves You Honey” par JC Lodge le confronta aux avocats du compositeur, ce qui le mit sur la paille et le contraint à se retirer du business.
Son fils “Rocky” Gibbs reprit une partie des affaires en rééditant au fil des ans son catalogue, et, plus récemment, Joe Gibbs lui-même sortait de sa semi-retraite avec la volonté d’équiper un nouveau studio d’enregistrement. Le sous-label 17 North Parade de VP Records a tout récemment entrepris de rééditer ses productions, en commençant par la série des African Dub.
Joe Gibbs est décédé le 21 février dernier à l’University Hospital of the West Indies, peu après être admis pour une attaque cardiaque. Il laisse derrière lui onze enfants et un héritage musical riche et varié.







Un tribute to Joe Gibbs à écouter http://tinyurl.com/2xayag Par le crew theheatwave qui a d’ailleurs compilé pour Soul Jazz la prochaine sortie reggae du label An England Story, the culture of the Mc in the Uk 1984-2008 Un mix de présentation à dénicher chez eux aussi..
Dope!!