
Avec Shake The Devil Off, le réalisateur Peter Entell signe un film sensible sur l’après-Katrina
Au bon moment, au bon endroit. Tel semble être le destin du réalisateur Peter Entell, qui signe ici son deuxième long-métrage en quinze ans.
L’église Saint-Augustin de la Nouvelle-Orléans, il ne l’a pas cherchée. Débarqué sur les conseils d’un ami dans la ville-croissant quelques mois après la catastrophe de Katrina, Entell est le témoin d’une aventure humaine incroyable : la résistance de la communauté noire du quartier de Trémé, à quelques pas de Congo Square (le berceau du jazz), pour défendre leur église contre les vues pas très nettes du clergé local.

Figure centrale du film (avec la musique, interprétée par la famille Marsalis, Michael White ou le formidable trio Mother Tongue), le père Jérôme LeDoux, émouvant prêtre végétalien à la force tranquille, crève littéralement l’écran.

Évitant avec finesse le préchi-précha et sans forcer sur l’émotion, Peter Entell signe un film sensible à la dramaturgie impeccable. Les amateurs de jazz apprécieront la vision du saxophoniste Donald Harrison habillé en «Black Indian », toutes plumes dehors, pour le mardi-gras. Un bonheur de film.
A voir
- Sur les écrans à Genève et Lausanne
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Merci pour l’info. Je vais surveiller les cinés du coin.