
La chanteuse quitte la scène lors d’un concert en Italie
La chanteuse sud-africaine est décédée dimanche soir à l’issue d’un concert à Castel Volturno, une petite ville à quelques kilomètres de Naples. Elle était âgée de 76 ans. Elle avait débuté sa carrière dans les années 50 avec The Skylarks, un groupe qui proposait un mélange original de folk, de jazz et de rythmes issus des townships. Ce style sera par la suite communément dénommé Township Jive.
Son engagement politique à l’encontre de l’apartheid lui vaudra rapidement d’être dans la mire du gouvernement sud-africain. Au début des années 60, lors d’un retour dans son pays d’origine, elle apprend que sa nationalité lui a été retirée. Une suspension qui durera près de 30 ans. Cette situation ne l’empêchera cependant pas de continuer à mener sa carrière internationale. Notamment en compagnie de son premier mari, Hugh Masekela, avec qui elle partage l’affiche de la comédie musicale “King Kong” qui va lui permettre de se produire dans le monde entier.
Son amitié avec Harry Belafonte lui valut de chanter lors de l’anniversaire de JFK. Un peu plus tard, en 1966, elle est la première chanteuse africaine à recevoir un Grammy Award grâce à l’album, “An Evening With Belafonte/Makeba”. Sa notoriété aux États-Unis s’effiloche quelque peu lorsqu’elle se marie avec le militant des Black Panthers Stokely Carmichael, qui deviendra par la suite Kwame Ture, le couple part vivre en Guinée à la fin des années 60.
En 1990, Nelson Mandela à peine libéré invite la chanteuse à revenir se produire en Afrique du Sud. À ce sujet, elle déclarera: “Mon arrivée a été comme une renaissance. Ma musique avait été interdite pendant tellement d’années que les sentiments des personnes étaient restés intacts. C’était beaucoup trop fort pour moi. Je me suis réfugiée à la maison et j’ai pleuré.”
L’an passé, elle avait annoncé qu’elle allait continuer de faire de la scène aussi longtemps que possible. Fidèle à ses engagements politiques, elle avait décidé de soutenir le combat du jeune écrivain Roberto Saviano, l’auteur de “Gomorra”, en participant à un concert “anti-Mafia” dimanche soir à Castel Volturno. Une ville non loin de Naples où six immigrés ghanéens et un Italien ont été assassinés en septembre dernier. La chanteuse s’est effondrée juste après avoir interprété Pata Pata qui reste, à ce jour, son plus grand succès. Son corps va être rapatrié en Afrique du Sud où Mama Africa aura droit à des obsèques nationales.
- Miriam Makeba, Pata Pata, Live at AVO Session, Bâle, 2007











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