Le nouvelle vague électronique de Sheffield est arrivée, un mix de Toddla T à télécharger
Depuis quelque temps, la ville de Sheffield se taille une place à part dans la scène musicale anglaise. Ce lieu, qui a été épargné par les logiques de gentrification de ces dernières années, s’est déjà distingué pour avoir généré quelques balises pop depuis les eighties. Human League, Cabaret Voltaire, Pulp, Add N to X ou Moloko ont déjà pu accroché leurs noms sur le Wall of Fame local, mais c’est surtout le label Warp qui a associé le destin de Sheffield à l’évolution des musiques électroniques.
Par un concours de circonstances Toddla T, l’un des porte-voix les plus représentatifs de la nouvelle génération, a d’ailleurs grandi dans la même rue que Rob Gordon. Un des fondateurs du “label de Sheffield”. Toutefois, c’est plutôt dans une réactualisation du dancehall et du UK Garage que s’inscrivent les influences du jeune DJ qui s’est notamment fait remarqué grâce à sa mixtape “Ghettoblaster”.
Outre une bonne dose d’humour, Toddla T se distingue également pour ses incursions dans l’univers des la gastronomie. On retrouve ainsi sa patte de chef derrière les tribulations du vendeur de glace lubrique interprété par Roots Manuva dans Buff Nuff ou dans cette collaboration avec Mr Versatile dans laquelle il est plutôt question de fish & chips.
Oxmo Puccino offre le titre Masterciel en téléchargement gratuit sur son site. Son album “L’Arme de la Paix” sortira le 23 mars prochain et un concert au Bataclan est déjà agendé le 5 mai.
Le groupe de Manchester ressort un album qui coïncide avec le 30e anniversaire du label Factory Records
Issu directement de la mouvance punk rock, A Certain Ratio s’est rapidement singularisé par une approche très influencée par le funk, disco et expérimentations. Une orientation qui incitera le groupe à intégrer très rapidement l’émergence de la house music. Bien que le groupe a toujours bénéficié d’une certaine actualité grâce à des rééditions et des compilations, la sortie récente de leur dixième album “Mind Made Up” marque le retour de ce groupe influent.
Aux côtés des Joy Division, Durutti Column et les Happy Mondays, A Certain Ration fait partie des pionniers de la prolifiique scène de Manchester des années 80 et reste surtout le premier groupe à avoir sorti un disque sur Factory Records. Le 45 tours d’All Night Party date de mai 1979 et auparavant seules quelques cassettes de Joy Division avaient été éditées.
Pour marquer ce 30e anniversaire, un coffret de 4 CD’s intitulé “Communications (1978-92)” dans lequel on retrouve tous les groupes qui ont marqués l’histoire du label de Tony Wilson.
Les billets de la tournée française d’Antony & The Johnsons sont en vente
En marge de la sortie de leur nouvel album “The Crying Light”, Antony & The Johnsons se produiront à deux reprise en France l’an prochain. Dans une interview à paraître dans le magazine Vibrations, Antony Hegarty s’exprime avec franchise sur l’influence du butō dans son évolution, sur son rapport vis-à-vis de la nature ou de ses parents.
En parlant de la sensibilité écologique, et très romantique, qui sert de trame à “The Crying Game”, Antony déclare notamment : “Chaque bouffée d’oxygène, toute mon existence, sont tributaires de mon environnement. Je ne constitue qu’un composant de celui-ci. “The Crying Light” reflète ce dialogue intérieur et ce désir d’évacuer tout ce qui peut m’éloigner de ce sens profond d’appartenance. Cela prend des formes variées en fonction des questions abordées. Ma conscience écologique, et ma capacité à l’exprimer, ont beaucoup évolué et cela m’a permis de me sentir plus connecté au monde qui m’entoure.”
CONCERTS
06.04.09 La Laiterie / Strasbourg
09.04.09 Le Grand Rex / Paris
Antony & The Johnsons, Another World, “The Crying Light” (Secretely Canadian, sortie le 19 janvier)
Le groupe Bon Iver a interprété Skinny Love la semaine dernière lors du show télévisé de David Letterman. Son prochain EP “Blood Blank” sortira le 20 janvier prochain et sera composé de quatre titres:
Le calypso est-elle une bonne musique pour bronzer ?
Il ne fait aucun doute que les rythmes carnavalesques du calypso ont eu un très net regain d’intérêt ces derniers mois. Depuis la soul originelle de la compilation Calypsoul, aux déclinaisons bricolées de El Guincho ou plus punkoïdes de Abe Vigoda et surtout de Vampire Weekend, de nombreux groupes se sont inspirés des influences combinées du kaiso.
Jesse Cohen et Eric Emm, le duo formant Tanlines, surfent également la vague avec ce titre syncopé et low-tech aux résonnances de steel band. Comme le précise Jesse, les raisons d’une telle orientation musicale sont purement fonctionnelles : “Comme beaucoup de musiciens, nous travaillons à l’intérieur. Du même coup, on essaie de faire une musique très ensoleillée, ça nous évite de devoir sortir”. Une bonne manière d’éviter les coups de soleil.
Le légendaire DJ est de retour après deux décennies d’absence
Après 20 ans de silence du côté de la production, Grandmaster Flash reprend du service en annonçant la sortie l’année prochaine d’un nouvel album intitulé “The Bridge: Concept of a Culture” dans lequel figureront notamment Snoop Dogg, Q-Tip, Busta Rhymes, KRS-One et Big Daddy Kane.
En 1982, accompagné par les Furious Five, il participait à déclencher l’ère du hip-hop avec l’album légendaire “The Message” dont le single éponyme enfiévrait déjà les rues de New York depuis trois ans. Grandmaster Flash a contribué de manière décisive aux musiques populaires en étant reconnu comme l’un des inventeurs de la technique du cutting.
Une table de mixage qu’il avait lui-même fabriquée lui permettait d’enchaîner directement deux morceaux d’une platine à l’autre. Un dispositif qui a notamment permis d’explorer de manière décisive les techniques de scratch, de répétition et d’échantillonage qui sont propres au hip-hop.
Ce set rare au Audubon Ballroom a été enregistré il y a exactement 30 ans, il constitue un excellent témoignage de cette période.
ALBUM
Grandmaster Flash, “The Bridge: Concept of a Culture” (Strut, sortie le 23 février 2009)
La mission spatiale de la rentrée bientôt sur orbite
Initié par deux producteurs roublards Squeak E. Clean, qui est entre autres le frère de Spike Jonze, et DJ Zegon, surtout connu en tant que skateboarder sous le nom de Ze Gonzales, “The Spirit Of Apollo” est un objet déjà identifié pour s’envoler.
N.A.S.A est le fruit d’une très longue gestation ce qui semble évident au vu de la liste impressionnante des noms associés. Tom Waits, Karen O, Nick Zinner, Spank Rock, David Byrne, M.I.A., Lykke Li, RZA, Method Man, George Clinton, Chuck D, John Frusciante et même Ol’ Dirty Bastard, l’équipage est au complet.
La réalisation du premier clip a été confiée à Shepard Fairey qui, initialement célébré dans les milieux du street art sous le pseudonyme de Andre ou Obey The Giant, a été récemment promu au rang de directeur artistique officieux d’Obama. Bref, avec ce disque au profil intergalactique, on imagine mal comment N.A.S.A pourrait manquer son décollage.
Oy Division ravive la musique klezmer traditionnelle
Musique de mariage, vieilles chansons populaires ou morceaux issus de la tradition théâtrale yiddish, le répertoire de Oy Division est constitué exclusivement de morceaux klezmer d’avant-guerre qui, pour la plupart, ne sont plus interprétés.
Les membres du groupe proviennent de différents backgrounds musicaux qui, dans certains cas, proposent des versions Klezmer réactualisées. C’est le cas par exemple de la variante drum’n'bass proposée par le Balkan Beat Box. Avec Oy Division, ils cherchent avant tout à restituer cet héritage dans sa forme authentique.
CONCERTS
13.12.08 Hôtel Plaza / Nice
14.12.08 Café de la danse / Paris
16.12.08 Comedy Club / Paris
18.12.08 Espace Damyel Place de l’Amiral Muselier / Marseille
Le groupe sud-africain BLK JKS a annoncé qu’il avait signé avec le label Secretely Canadian (dans lequel se trouve notamment Antony & The Johnsons). À ce propos, le chanteur Mpuni Mcata déclarait: “Nous étions probablement restés sans label jusqu’ici car nous n’avions pas encore rencontré de label qui partageait nos points de vue et, étant donné que nous ne sommes pas prêts à faire des compromis avec des gens plus prêts à mettre de l’argent que de l’énergie, nous avons choisi de tracer notre propre voie.” Le premier single Mystery doit sortir le 10 mars prochain.
Ebony Bones continue de faire parler d’elle sans pour autant avoir sorti son premier album.
Après un début des débuts remarqués en tant qu’actrice dans des séries télévisées britanniques, Ebony Thomas réoriente radicalement sa carrière en 2005 en entamant une carrière de chanteuse sous le pseudonyme de Ebony Bones.
Elle parvient rapidement à s’affranchir de son rôle de starlette en imposant une exubérance iconoclaste. Même si son style bigarré et ses compositions punk tribalisantes ont d’emblée générés des associations avec M.I.A, Miss Bones se situe plutôt du côté de Grace Jones, des Funkadelic et du punk rock.
Cette Beyoncé trash revendique d’ailleurs clairement cette filiation. Elle s’est d’abord associée à Rat Scabies, l’ancien batteur de The Damned, pour s’occuper des arrangements et de la production. Ensuite, elle a pu affirmé son penchant punkoïde en débutant sur scène en première partie de The Slits. Même si sa performance enfiévrée lors des 30e Transmusicales confirme ses prédispositions pour le live, son premier album ne semble toujours pas être sur le point de sortir.
Le chanteur d’Antibalas se produira à Paris pour trois concerts avec le Fu Arkist Ra
Amayo, le chanteur d’Antibalas, donnera une série de concerts accompagnée par le Fu Arkist Ra. Le groupe dans lequel officient notamment Oghene Kologbo et Mambo Stixs qui sont, respectivement, l’ancien guitariste et l’ancien batteur de Fela Kuti.
Avec ce projet, Amayo vise à synthétiser les deux passions qui occupent sa vie, à savoir la musique et le kung-fu. Il propose ainsi une approche syncrétique dans laquelle la danse, les arts martiaux et l’afrobeat se rejoignent pour former cette philosophie transcontinentale qu’il dénomme Fu-Arkist-Ra.
À propos de cette fusion, il déclare dans une interview sur altemusica “J’essaie de mettre sur scène les ingrédients d’une nuit de Kungfu réussie : du mouvement, de la danse, des rythmes, il y a également des petites parties qui racontent des histoires de Kungfu. Et puis j’utilise aussi ces mélodies particulières, qui sont Yoruba, j’essaie de montrer leurs similarités avec les mélodies asiatiques et de démontrer que nous partageons tous la même histoire, en tant qu’êtres humains…”. Amayo vient également de participer à une compilation de rap nigérian produite par Mark Ronson.
Vibrations 110 (décembre-janvier 2008) est en kiosque. Vos commentaires sont les bienvenus.
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Soul Jazz propose une anthologie du hip-hop au féminin
Entre credos misogynes et mentalité belliqueuse, il a fallu une bonne dose de volonté et d’intelligence aux femmes MC qui sont parvenues à imposer leurs voix dans l’univers du hip-hop. De Nikki Giovanni en 1969 à Missy Elliot, en passant par Queen Latifah ou Camille Yarborough, “Fly Girls!…” retrace une évolution large du hip-hop féminin en compilant une sorte d’anthologie qui s’étale sur près de quarante ans et qui, dans certains cas, ne se s’épargne pas de tailler les hommes en pièces.
On y retrouve également l’incontournable Roxanne Shante, dont la trajectoire est plutôt étonnante. En effet, elle débute sa carrière à l’âge de 14 ans après avoir été repérée par le producteur Marley Marl. Par la suite, elle enregistrera de nombreux titres avec le Juice Crew, deux albums solo, “Bad Sister” (1989) et “The Bitch Is Back” (1992), et fera une apparition remarquée sur le “Loosey’s Rap” de Rick James.
Malgré un avenir prometteur en tant que chanteuse, elle décide à 25 ans de mettre un terme à sa carrière pour entamer des études en psychologie. Elle parvient à obtenir un arrangement avec sa maison de disque qui accepte de lui financer sa formation contre des apparences occasionnelles et le soutien des jeunes rappeuses du label. Roxanne Shante a ainsi pu obtenir un doctorat en psychologie et a ouvrir son propre cabinet dans le Queens.
ALBUM
“Fly Girls! B-Boys Beware : Revenge of The Super Female Rappers!” (Soul Jazz Records), Sortie le 26.01.09
Pour le clip du dernier single de LCD Soundsystem, New York I Love You But You’re Bringing Me Down, James Murphy prête sa voix à un Kermit quelque peu mélancolique.
LCD Soundsystem, New York I Love You But You’re Bringing Me Down
Quelques jours après Miriam Makeba, une autre grande dame s’éteint
Odetta, dont la voix puissante a constitué une des références majeures de la scène folk américaine, est décédée à Manhattan mardi dernier. Elle était âgée de 77 ans.
Odetta débuta sa carrière à l’âge de 14 ans au sein de la troupe de marionnettes Turnabout Puppet Theatre, avant de rejoindre en 1949 la comédie musicale Finian’s Rainbow. A partir du début des années 50, elle se lance en solo, largement inspirée par le negro spiritual et le blues. Son premier album “Odetta Sings Ballads and Blues” sort en 1956, il est rapidement suivi par “At the Gate of Horn (1957). Plus tard, “Odetta Sings Folk Songs” (1963) deviendra un album emblématique du revival folk. Bob Dylan Joan Baez ou Janis Joplin, toute une génération de chanteurs a un jour ou l’autre avoué l’influence prépondérante d’Odetta dans leur carrière.
Surnommée “The Voice of the Civil Rights Movement”, Odetta devint un personnage emblématique du mouvement des Droits civiques, en particulier lors des différentes marches organisées pour mettre un terme aux discriminations raciales. Elle a ainsi toujours revendiqué le caractère profondément émancipatoire de ses chansons. “Tu es en train de longer la route de la vie et le pied de la société est posé sur ta gorge. Chaque chemin que tu souhaites prendre, il est impossible de s’en débarrasser. Puis tu arrives à une bifurcation. Là, il est possible de capituler et de mourir ou d’insister au nom de ta vie” avance-t-elle dans une interview où elle revient sur cette période de lutte, “il s’agissait de chansons libératrices”.
Après l’assassinat de Martin Luther King Jr., sa réputation déclina sensiblement à mesure que le Mouvement des Droits Civiques perdait de son ampleur. Sur le tard, elle aura tout de même eu droit aux distinctions honorifiques les plus prestigieuses aussi bien pour son accomplissement artistique que pour son engagement politique. Malgré les années sa voix de contralto puissante et habitée était restée inchangée. La chanteuse se produisait encore réguliérement sur scène et elle était d’ailleurs agendée au gala d’investiture du Président Obama. Il ne fait aucun doute que l’aura de cette artiste exceptionnelle va résonner pendant cet événement.
Au tournant des années 80, The Specials occupe une place singulière dans l’évolution de la scène anglaise. Plus ou moins lancé par Joe Strummer, qui les invite à jouer en première partie des Clash durant la tournée “On Parole UK Tour”, le groupe de Coventry constituera un parfait concentré des mutations politiques, musicales et culturelles qui secouaient la Grande-Bretagne préthatchérienne.
Le groupe s’est d’ailleurs plus ou moins dissolu en 1981, deux ans à peine après la sortie de “Specials”, leur premier album acclamé produit par Elvis Costello. Amalgame des sous-cultures de l’époque, - en particulier des mods, des punks et des rude boys -, et fers de lance du revival ska, The Specials accéléra surtout l’essor des musiques caribéennes en Europe.
Bien que certains membres du groupe aient fait quelques apparitions sporadiques ces derniers temps, l’annonce officielle de cette reformation anniversaire ne manquera pas de réjouir les amateurs de cette période transitoire. Une bonne occasion pour revoir deux classiques du groupe, le fameux A Message To You Rudy dans lequel on retrouve le tromboniste Rico Rodriguez, ainsi que le psychédélisme particulier du clip de Ghost Town.
The Specials, A Message To You Rudy, “Specials” (1979)
Vibrations sort This Jazz Is Hot, 17 morceaux de jazz des années 1927 à 1947. Une sélection signée du DJ new-yorkais Steinski
Au cas où vous ne le sauriez pas encore, Vibrations sort en cette fin d’année une compilation de jazz des années 1927 à 1947. C’est la parfaite bande-son pour un réveillon différent (fin de la publicité). La sélection a été confiée à Steinski, le DJ new-yorkais pionnier des collage sonores, et le créateur avec Double D des mythiques The Lessons pour le label Tommy Boy. Bizarre? Pas tant que ça.
Voilà toute l’histoire de ce disque.
A Vibrations, nous écoutions les différentes émissions que Steinski réalisait pour l’excellente radio WFMU. Au milieu de sélections consacrées au funk de la Nouvelle Orléans ou au hip hop, nous sommes tombés sur celle consacrée au jazz. Il est habituel que les DJs de hip hop nous fassent redécouvrir leur collection de jazz dans lesquels ils samplent. Neuf fois sur dix, il s’agit de morceaux de jazz-funk des années 60 ou de jazz modal.
Pas cette fois-ci.
Les choix de Steinski étaient vraiment étonnants. Entre les grésillements, on entendait d’obscurs orchestres des années 20, des blues déchirants, des chanteurs habités, des chanteuses énervées. Des incitations à la bagarre, ou à la bonne bouffe. Quelque chose de vivant. Certains noms nous étaient familiers – Cab Calloway, Jelly Roll Morton, Duke Ellington – la plupart étaient des inconnus.
En avril de cette année, Steinski est passé dans nos bureaux alors qu’il revenait d’un stage donné à la Red Bull Academy. Nous avons parlé de ces disques. “Je ne suis pas un érudit, et j’ai mis du temps à apprécier ces vieilleries. C’est le genre de musique que je passe chez moi quand un ami vient me voir. On ouvre une bière et on écoute ça. On passe du bon temps.”
Lorsque nous lui avons proposé de réaliser une sélection de ses disques favoris de cette époque, il a été immédiatement enthousiasmé. Alors, montez le son, imaginez que vous êtes dans un bouge de Harlem ou de la Nouvelle-Orléans, et vous tomberez vous aussi sous le charme de ces sons d’un autre temps.
EN MAGASIN
This Jazz Is Hot, A Compilation By DJ Steinski (Vibrations/Harmonia Mundi/Disques Office)
La 30e édition des Transmusicales débute aujourd’hui
Fidèles à leur réputation, les Trans continuent un travail de prospection des tendances musicales contemporaines. Le samedi soir, le Hall 4 du Parc Expo fera souffler un vent déchaîné en provenance de Baltimore en accueillant une palette de DJ’s / producteurs influents dans l’orientation prise par la club culture tout au long de ses derniers années.
Switch, The Count & Sinden, Diplo semblent former une sorte de collectif tant leurs styles et collaborations, notamment pour M.I.A, Santogold ou Rye Rye, semblent suivre une émulation commune.
Ce line up sera clôturé par le King des Townships, DJ Mujava, qui poursuit ainsi sa lune de miel avec l’Europe. Pour ce qui est du reste, Jean-Louis Brossard, le directeur artistique du festival, offre un avant-goût des autres découvertes au programme cette année grâce à cette playlist.
La chanteuse présente un show londonien parfaitement maîtrisé
La Koko était bondé pour la seconde venue de Lykke Li cette année dans cette magnifique salle de l’Est londonien. Un intervalle de quelques mois pendant lesquels la chanteuse suédoise a su affiner une démarche subtilement singulière et un caractère trempé. Agée d’à peine 22 ans, son assurance éclipse tous les clichés qui, de prime abord, auraient pu trop facilement être accolés à sa pop vaporeuse.
Surgissant telle une Cat Woman qui aurait endossé une parure de diva, elle marque d’emblée sa présence en entamant un Dance Dance Dance persuasif. Dès les premières notes, la chanteuse au charisme indéniable parviendra à maintenir la même intensité jusqu’au terme de sa performance.
Même si ses pieds évoquent quelquefois la position du chasse-neige, elle glisse dans son show avec aisance, assurant quelques belles surprises aux moments opportuns. A l’instar de ces passages teintés d’afrobeat ou l’arrivée d’un sample de Sound of the Police qui transforme Complaint Department en un medley électrisant. Lykke Li profite de ces envolées pour entamer des chorégraphies qui déclenchent les cris du public.
Dans un registre plus calme, elle offre également une reprise du After Laughter (Comes Tears) de Wendy Rene qui convainc avec tout autant d’efficacité. Lors des rappels, elle reviendra encore proposer trois morceaux dont, petite fraise sur la charlotte, une interprétation édulcorée du Can I Kick it? de A Tribe Called Quest. Un morceau qu’elle a d’ailleurs récemment pu chanter sur scène en duo avec Q-Tip.
Quelques titres en écoute de ce projet latino made in Miami
Plus ou moins dans la même veine que les prospections de dub électronique qui caractérisent le zizek, The Spam Allstars propose des relectures transgressives des rythmes traditionnels latinos.
À mi-chemin entre improvisations bruitistes, sonorités protoélectroniques, broken beats et latin groove, les morceaux des Spam Allstars constituent autant de descargas contemporaines qui synthétisent l’environnement musical de Miami.
Initié au milieu des années 90 par de Andrew Yeomanson, alias DJ Spam, The Spam Allstars s’est peu à peu étoffé de collaborations variées. Pee Wee Ellis, John Medeski, Larry Harlow et des membres d’Antibalas se sont notamment joints à ce projet au fil des années.
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