Expériences: Kutiman, Jams dans le cyberspace


Le jeune producteur joue le chef d’orchestre du XXIe siècle

Tout le monde le sait, YouTube a permis à toutes les sensibilités musicales, de toutes les contrées, de s’offrir une petite lucarne pour exprimer leurs talents au reste du monde. Le résultat prend la forme d’un univers exagérément détonant. Sans surprise cette explosion visiophonique devait rapidement faire le bonheur des bidouilleurs de toutes sortes en mal de matériel brute.

L’expérience élémentaire du bootleg s’est largement démocratisée grâce à certains sites spécialisés dans le brassage. C’est par exemple le cas de TubeDubber qui permet à quiconque de faire des juxtapositions entre sons et images. Un manière de s’essayer à l’art d’un Christian Marclay qui, dans “UP and OUT“, superposait les sons de “Blow Out” de de Palma avec les images du “Blow Up” d’Antonioni.

Dans un registre un peu plus élaboré, et surtout caustique, l’artiste multimédia Oliver Laric interroge le satut des fans en présentant différents épigones de 50 Cent qui s’essaient à l’art du vidéo-clip sur In Da Club. On lui doit aussi une série cette série de duos improbables dans lesquels claviers et vocaux sont superposés pour interpréter des chansons de Stevie Wonder.

Dans le domaine, la palme revient certainement à Kutiman, de son vrai nom Ophir Kutiel, qui nous livre des remixes assez bluffants composés exclusivement à partir des parties sonores, et visuelles, extraites de YouTube. Son site Thru You recèle ainsi d’une dizaine de morceaux à travers lesquels il parvient à créer ces rencontres improbables entre des musiciens disséminés dans le cyberspace. Un lien permet de voir également les morceaux originaux sur le net. Très instructif.

Kutiman, qui jusqu’ici était surtout connu pour son groupe de funk teinté d’afrobeat, démontre une étonnante maîtrise. Son projet se démarque également par l’efficacité de sa promotion virale. Après les trois mois de travail nécessaires pour produire les sept morceaux, seuls une vingtaine de mails ont été envoyés pour annoncer leur mise en ligne. Une semaine plus tard, apparemment grâce à Twitter, le site comptait plus d’un million de visites et le phénomène ne cesse de s’accroître. Il ne fait aucun que Kutiman pourrait bien devenir le prochain “Danger Mouse” à s’imposer dans l’art du bootleg via Internet.

Récemment, YouTube UK annonçait qu’il allait cesser de diffuser des musiques sous copyright. Une situation qui risque de s’étendre et qui marque un tournant significatif dans la bataille entre les plateformes de partage et droits d’auteurs. Ces bootlegs dessineraient-ils l’avenir de la musique sur YouTube?

SITE

Kutiman, “Just a Lady”

Kutiman, “Mother of All Funk Chords”

Oliver Laric, 5050

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4 Réponses à “Expériences: Kutiman, Jams dans le cyberspace”


  1. 1 Joseph mar 17th, 2009 à 12:31

    Bonjour,

    Kutiman n’est pas le premier mec à faire ça que je sache (enfin sur youtube peut être bien que si…)

    Niveau bootleg video, il y a aussi luigi&luigi, que je vous invite vivement à aller voir :

    http://www.giovannisample.com/

  2. 2 nono mar 17th, 2009 à 19:21

    Moi je dis Wahoooooo!

  3. 3 jm mar 18th, 2009 à 16:26

    Hexstatic a fait ça aussi. C’est avec eux que j’ai vu ça pour la première fois, faire une composition son-images : http://www.youtube.com/watch?v=B8-QDCKdVO4 N’empêche que le résultat de kutiman est excellent!

  4. 4 Dj Alfred Hitchcock Magazine mai 8th, 2009 à 9:18

    Je touve aussi dommage que Giovanni sample ne soit pas mentionné dans l’article. Il fait le même travail musicale, mais avec une approche beaucoup plus visuel. Son art est plus complet. Et il a pas attendu youtube pour faire ca. il a d’autant plu de mérite, car il doit se fournir avec des sources plus clean (Dvd, Télé).

    Je touve le travail de kutiman chouette. Mais il produit une musique un peu sage a mon goût. Dans le collage on peut experimenter des choses un peu plus folles je pense. Ce qui n’empêche pas la musicalité.

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