
Les disques qui comptent pour Mélissa Laveaux, l’une des révélations soul-folk de l’année 2008. Une sélection à l’image de la personnalité de la Canadienne aux origines haïtiennes : résolument éclectique, drôlement personnelle, évidemment féminine…
Propos recueillis par Jacques Denis
Will.I.Am “Lost Change”
Toujours un de mes albums hip hop favoris et pourtant je n’ai toujours pas vu le film dont cet album est la B.O. Will.i.am n’a pas fait d’albums aussi bons depuis… Je le place juste à côté de Blackstar, avec Mos Def et Talib Kweli.
Mirah “Advisory Committee”
L’écriture franche et foudroyante de la culture folk indé féminine de la fin des années 90. Avant avoir entendu Cat Power, avant Elliott Smith, j’étais fascinée par son génie. Il s’agit de petites productions faites dans un grenier, une cabane abandonnée. Une voix d’ange, quelque part entre “Kimya Dawson” et “Saltbreakers” de Laura Veirs.
Emiliana Torrini “Fisherman’s Woman”
Un album folk qui paraît tout simple, mais qui cache tellement de couches sonores, l’une délicatement et subtilement posée par-dessus l’autre. La complexité des arrangements reste très modeste, tout sauf tape-à-l’œil. Du coup l’oreille se demande comment un album qui semble si simple peut la garder aussi captive !
Os Mutantes “Os Mutantes”
J’adore leur folie, ce qu’ils ont apporté à la musique brésilienne. C’est coquin mais très mélodique. Une référence dans la musique psychédélique ! Je ne me lasse pas du son crunchy et des harmonies seventies, même si cet album est paru en 1968 !
Ariane Moffatt “Aquanaute”
Son premier album. Tout cru, tout frais. Ma première introduction à un mélange très “seamless” - on dirait qu’elle a même pas fait d’effort! - à mixer l’electro et la piano-folk. C’est grâce à elle que j’ai découvert que le français pouvait sonner et donc que j’ai moi-même écrits quelques morceaux en français.
Sister Rosetta Tharpe “Martin Scorsese Presents…”
Un album classique des années 1950. Des gospels originaux et traditionnels sous des riffs de guitares. Sa voix, sa conviction et son honnêteté rendent cet album incontournable. Pas une semaine sans l’écouter !
Morcheeba “Who Can You Trust”
Un de mes plus grosses claques. La découverte de Bbristol et du trip hop ! Cet album, avec ses asymétries à tous les niveaux, m’a beaucoup appris et m’en apprend encore long. A ranger à côté du “Quixotic” de Martina Topley-Bird et du “Maxinquaye” de Tricky
Lhasa de Sela “Living Road”
J’aurais bien pu bien mettre “La Llorona”, mais je préfère les histoires : les racines, le départ forcé, la remise en question…, l’indépendance et le voyage que fait l’artiste.
Ane Brun “Spending Time With Morgan”
Beaucoup de “open tuning”, un guitariste splendide et une voix qui donne froid comme un bel hiver scandinave. L’écriture en anglais est géniale parce que les idées derrières les métaphores sont ancrées dans le norvégien et le suédois. La transmission du message d’une langue à une autre rafraîchit les paroles.
Martha Jean Claude “Canciones de Haïti”
Créole et espagnol se marient parfaitement sous une voix chaude qui chante les comptines d’enfants des deux côtés de l’île d’Hispaniola. Cet album, je l’ai écouté cent mille fois dans ma jeunesse sans le savoir et encore plus souvent dans mon adolescence. Introuvable dans les bacs et je ne dis pas où j’ai caché mon vinyle !
ALBUM
- Mélissa Laveaux, “Camphor & Copper” (No Format/Universal)
CONCERTS
24.04.09 Festival NoFormat - Printemps de Bourges / Bourges
06.05.09 TRABENDO! / Paris, Ile-de-France
» VOIR LES DATES DE LA TOURNEE
Tags: Canada, nu, soul, melissa laveaux, camphor & copper, ile deserte, tournée
Commentaires