octobre, 2009

Ornette Coleman curateur du Meltdown: les noms

On connaît désormais les noms qui figureront au Festival Meltdown qui se tiendra du 13 au 21 juin prochain au Southbank Centre de Londres dont le directeur cette année est Ornette Coleman. Son confirmés Yoko One Plastic Ono Band (!), Sean Lennon, Cornelius, Patti SMith, Robert Wyatt (!!!), Yo La Tengo, Baaba Maal et, euh… Moby. The Roots ouvriront les festivités le 13 juin.

On attend la présence d’Ornette Coleman sur scène dans le groupe de Yoko Ono.

Ornette Coleman est le premier jazzman à obtenir la carte blanche de directeur artistique du prestigieux Meltdown Festival. L’an passé, cet honneur était revenu à Massive Attack.

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Soul: Naomi Shelton, le prix de l’authenticité


Naomi Shelton and the Gospel Queens continuent de propager la flamme Daptone

L’authenticité n’a pas de prix et cela peut engendrer des situations particulièrement malencontreuses en matière de musique. C’est en tous les cas ce que nous rappelle la malheureuse aventure survenue à Gang Gang Dance qui, il y a quelque semaines, devait annuler sa tournée européenne suite à un incendie dans lequel a brûlé l’ensemble de leur matériel. Presque en même temps, le mythique label Daptone Records qui était victime d’un casse dans leur studio de Bushwick. Quelques amplis Fender, un orgue Baldwin, des guitares Harmony Rocket font parties de la longue liste d’instruments, souvent rares, qui participait à produire cette identité vintage si particulière.

Alors que la situation semble lentement s’arranger du côté du label, une chose est néanmoins certaine: Naomi Shelton, accompagnée par ses Gospel Queens, a profité d’un équipement originel pour la production de leur album. “What Have You Done my Brother” est à tel point un concentré R’n'B pur qu’il donne le sentiment d’avoir été cryogéniser en 1957. Espérons que la sortie de cet superbe album permettra à Daptone de retrouver tous les instruments nécessaires pour continuer leur projet de restauration du groove antique.

ALBUM

  • Naomi Shelton and the Gospel Queens, “What Have You Done my Brother” (Daptones Records), Sortie le 26 mai 2009

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Naomi Shelton en interview

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Jazz: Jackie Paris, une interview de Billy Taylor


Avec la sortie ces jours du documentaire « ‘Tis Autumn – The Search for Jackie Paris » en dvd, c’est l’un des chanteurs de jazz les plus sous-estimé qui se retrouve enfin à l’honneur : Jackie Paris. Retour sur un parcours atypique avec Dr. Billy Taylor, le seul musicien à avoir participé à toutes les sessions de « Skylark ».

Par Michel Danzer

L’histoire d’une ascension fulgurante, qui verra un jeune italo-américain chanter pour les plus grands jazzmen (Charlie Parker, Gillespie, Hampton ou Mingus), et devenir la coqueluche de ses collègues les plus prestigieux (Sinatra, Sarah Vaughan ou Ella). Celle aussi d’une chute vertigineuse dans l’oubli. Un film-hommage qui, cinq ans après le décès de Paris, se devait d’être complété par un témoignage musical permettant de saisir la portée réelle de ce talent. Car la quasi-totalité des albums de la période faste de Paris restent….indisponibles.

L’album « Skylark », enfin réédité, capture Paris à son firmament, en 1954, environ sept ans après ses débuts sur quelques blocs de bitume new-yorkais qui changèrent définitivement l’histoire du jazz - la mythique 52ème rue de Manhattan. Un disque vocal majeur, longtemps considéré comme le joyau de certaines collections, qui atteste du talent incontestable de Paris en matière de ballades. A coincer quelque part entre un exemplaire du « Chet Baker Sings » et une copie du « Swings Shubert Alley » de Mel Tormé.

L’occasion aussi pour Vibrations de s’entretenir avec Billy Taylor, seul musicien à avoir participé à toutes les sessions de « Skylark » et, à 87 printemps, rare rescapé d’une époque révolue. Un personnage important de la scène jazz de New-York, connu autant pour sa carrière de pianiste – Ben Webster, Art Tatum, Miles, Bird, ou Artie Shaw se pressent sur son CV – que pour son travail de vulgarisation auprès du grand public américain, notamment à la radio et à la télévision.

» LIRE L’INTERVIEW DE BILLY TAYLOR

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Wilco invite Feist

Le groupe de Chicago a annoncé sur son site que Feist sera présente sur le titre “You & I”, un des 11 morceaux de leur nouvel album prévu sur Nonesuch fin juin. Le groupe a également sorti un DVD, Ashes Of American Flag, comprenant uniquement des performances en concert

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Livre: Paul Gilroy, Darker than Blue


PHOTO: Joël Vacheron

Le sociologue Paul Gilroy vient de sortir un nouveau livre intitulé “Darker than Blue: On the Moral Economies of Black Atlantic Culture“. A travers une relecture de l’oeuvre de W. E. B. Du Bois, il interroge divers processus à travers lesquels les aspirations politiques et sociales afro-américaines ont été subverties par la société consumériste. Une occasion pour publier l’interview qu’il avait accordée à Vibrations

Par Joël Vacheron

Ecrire un article sur Paul Gilroy n’est pas chose facile. Comment souligner l’incroyable richesse d’une réflexion entamée il y a près de trente ans et dont l’onde de choc semble loin de s’arrêter ? Lorsqu’on écoute le sociologue parler de sa passion inaltérable pour la musique, on est emporté dans un tourbillon d’intelligence qui force l’admiration. Au fil de l’entretien, il fait s’entrechoquer le dub minimal et vaporeux de Tikiman et le broken beat débridé de jazzmen japonais. Il se rappelle Bob Marley redescendant Piccadilly Circus en chantant « Midnight Ravers », un voyage à Seattle sur la tombe de Jimi Hendrix en compagnie d’un GI. Gilroy fait soudain ressortir les liens insoupçonnés qui relient le rapper Kurtis Blow au philosophe allemand Theodore Adorno. Quelques péripéties d’une expédition musicale sans pareille à travers l’espace et le temps, où se retrouvent pêle-mêle des musiciens, des écrivains, des sons, des images et des lieux.

» LIRE L’ARTICLE

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Michael vend sa garde-robe

Michael Jackson cherche décidement par tous les moyens à rétablir ses finances. Dans une vente aux enchères impressionnante, il offre la possibilité à ses fans de posséder un petit bout du mythe. Vêtement, récompenses, poupées ou bus de tournée, la maison de vente aux enchères Julian’s se transforme l’espace d’une journée en caverne de Bambi Baba. Si vous avez un jour rêvé de danser le moonwalk en portant les chaussettes du King of Pop, c’est le moment ou jamais.

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Requiem pour un witness

Le site de Paris DJ’s propose cette belle rencontre entre Serge Gainsbourg et Roots Manuva.

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Festival Electron 2009

Compte-rendu du Festival Electron 2009 par le dessinateur Alexandre Pointet






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Jazz: Jackie Paris, retrouver la voix


Jackie Paris et Charlie Parker dans “Tis Autumn: the search for Jackie Paris.”

Vibrations rend hommage au chanteur qui a traversé le siècle dans l’ombre des grands noms du jazz

Jackie Paris a chanté avec Charlie Parker ou Dizzy Gillespie. Les écrivains Nick Tosches et Harlan Ellison sont des fans affirmés, Vibrations ressort, “Skylark”, l’album culte d’un chanteur de jazz oublié.

Né dans le New Jersey en 1926, Paris commence à chanter et à danser à l’âge de trois ans et débute sa carrière dans le sillon du bepop. Il se fera tout d’abord remarqué pour ses talents de danseur durant les quelques mois qu’il passa sous les drapeaux.

Après l’armée, cet Italo-Américain deviendra le premier chanteur blanc à intégrer l’orchestre de Lionel Hampton. Pour l’anecdote, il enchaînera avec ce dernier 78 concerts d’affilée et conserve l’honneur d’avoir été l’unique chanteur à joindre le quintette de Charlie Parker lorsque aux côtés de Miles Davis et Max Roach.

Enregistré en 1947,  ”Skylark” et la première chanson que Paris enregistre sous son nom et restera, jusqu’à son décès en 2004, le morceau le plus représentatif de son oeuvre.

Le documentaire “Tis Autumn: the search for Jackie Paris” retrace sous le mode de l’investigation, le cheminement effectué par le réalisateur Raymond De Felitta pour retrouver Jackie Paris.

Sur le même sujet, lire également l’interview de Billy Taylor

Dans le même temps, le numéro la deuxième mouture de “J’adore” vient de sortir. Imaginée comme la sélection radiophonique idéale, on retrouve une brochette de petites perles qui vous feront sans aucun doute vibrer. Pour plus d’infos, c’est ici


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Trailer de “Tis Autumn: the search for Jackie Paris”

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Hip hop: Anti-Pop Consortium, back on track


Les new-yorkais annoncent la sortie d’un nouvel album

M. Sayyid, Beans et High Priest s’étaient rencontrés au sein de la scène new-yorkaise spoken word au début des années 90. Associés au producteur et arrangeur Earl Blaize, ils expériment sous le nom Anti-Pop Consortium un hip-hop bleep et destructruré qui contraste avec les productions de cette période. Une approche alternative résumée dans leur moto “Disturb The Equilibrium”.

Depuis leur collaboration avec DJ Vadim sur “The Isolationnist” (1999), le groupe a sorti trois albums dont le remarqué ”Arrhythmia”. Après une séparation de quelques années Beans sortira quelques albums solo plus rétro-minimalistes, tandis que M. Sayyid et High Priest pousseront encore plus loin l’expérimentation avec leur projet Airborn Audio.

Reformé officieusement depuis 2007, Big Dada confirmait la sortie d’un nouvel album. “Fluorescent Black”, qui sortir le 09.09.09, marque le retour d’APC après sept ans de reflexion.

Antipop Consortium, Ghost Lawns, “Arrythmia”, 2002

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World: Les Rythmes de la Mémoire


La première édition des Rythmes de la Mémoire se déroulera en mai

Afin de commémorer l’ancestralité de l’Afrique, ainsi que les divers métissages et ramifications issus des diasporas africaines, Franck Biyong et ses amis nous invitent à quatre soirées thématiques autour des Caraïbes, de l’Amérique, de l’Amérique du Nord et de l’Afrique.

Concerts, courts-métrages, spoken work et conférences, de nombreuses facettes de cet héritage culturel seront abordées par de nombreux invités, parmi lesquels on retrouvera notamment Beat Assailant, René Maran, Cheick Tidiane Seck, Tchoké Varé ou encore The Ladies Of Kerma.

PROGRAMME

  • 02.05.09 Théâtre de la Reine Blanche / Paris

  • 09.05.09 Anis Gras - Le Lieu de L’autre / Paris

  • 21.05.09 Le Divan du Monde + soirée Afro-Beat avec DJ Ness

  • 22.05.09 Le China / Paris

» VOIR LE PROGRAMME COMPLET

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Mélissa Laveaux


Les disques qui comptent pour Mélissa Laveaux, l’une des révélations soul-folk de l’année 2008. Une sélection à l’image de la personnalité de la Canadienne aux origines haïtiennes : résolument éclectique, drôlement personnelle, évidemment féminine…

Propos recueillis par Jacques Denis

Will.I.Am “Lost Change”
Toujours un de mes albums hip hop favoris et pourtant je n’ai toujours pas vu le film dont cet album est la B.O. Will.i.am n’a pas fait d’albums aussi bons depuis… Je le place juste à côté de Blackstar, avec Mos Def et Talib Kweli.

Mirah “Advisory Committee”
L’écriture franche et foudroyante de la culture folk indé féminine de la fin des années 90. Avant avoir entendu Cat Power, avant Elliott Smith, j’étais fascinée par son génie. Il s’agit de petites productions faites dans un grenier, une cabane abandonnée. Une voix d’ange, quelque part entre “Kimya Dawson” et “Saltbreakers” de Laura Veirs.

Emiliana Torrini “Fisherman’s Woman”
Un album folk qui paraît tout simple, mais qui cache tellement de couches sonores, l’une délicatement et subtilement posée par-dessus l’autre. La complexité des arrangements reste très modeste, tout sauf tape-à-l’œil. Du coup l’oreille se demande comment un album qui semble si simple peut la garder aussi captive !

Os Mutantes “Os Mutantes”
J’adore leur folie, ce qu’ils ont apporté à la musique brésilienne. C’est coquin mais très mélodique. Une référence dans la musique psychédélique ! Je ne me lasse pas du son crunchy et des harmonies seventies, même si cet album est paru en 1968 !

Ariane Moffatt “Aquanaute”
Son premier album. Tout cru, tout frais. Ma première introduction à un mélange très “seamless” - on dirait qu’elle a même pas fait d’effort! - à mixer l’electro et la piano-folk. C’est grâce à elle que j’ai découvert que le français pouvait sonner et donc que j’ai moi-même écrits quelques morceaux en français.

Sister Rosetta Tharpe “Martin Scorsese Presents…”
Un album classique des années 1950. Des gospels originaux et traditionnels sous des riffs de guitares. Sa voix, sa conviction et son honnêteté rendent cet album incontournable. Pas une semaine sans l’écouter !

Morcheeba “Who Can You Trust”
Un de mes plus grosses claques. La découverte de Bbristol et du trip hop ! Cet album, avec ses asymétries à tous les niveaux, m’a beaucoup appris et m’en apprend encore long. A ranger à côté du “Quixotic” de Martina Topley-Bird et du “Maxinquaye” de Tricky

Lhasa de Sela “Living Road”
J’aurais bien pu bien mettre “La Llorona”, mais je préfère les histoires : les racines, le départ forcé, la remise en question…, l’indépendance et le voyage que fait l’artiste.

Ane Brun “Spending Time With Morgan”
Beaucoup de “open tuning”, un guitariste splendide et une voix qui donne froid comme un bel hiver scandinave. L’écriture en anglais est géniale parce que les idées derrières les métaphores sont ancrées dans le norvégien et le suédois. La transmission du message d’une langue à une autre rafraîchit les paroles.

Martha Jean Claude “Canciones de Haïti”
Créole et espagnol se marient parfaitement sous une voix chaude qui chante les comptines d’enfants des deux côtés de l’île d’Hispaniola. Cet album, je l’ai écouté cent mille fois dans ma jeunesse sans le savoir et encore plus souvent dans mon adolescence. Introuvable dans les bacs et je ne dis pas où j’ai caché mon vinyle !

ALBUM

  • Mélissa Laveaux, “Camphor & Copper” (No Format/Universal)

CONCERTS

  • 24.04.09 Festival NoFormat - Printemps de Bourges / Bourges

  • 06.05.09 TRABENDO! / Paris, Ile-de-France

» VOIR LES DATES DE LA TOURNEE

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Expériences: Altin Mikrofon, entre deux mondes


Üç Hürel

Retour sur l’âge d’or de la musique turque contemporaine. Deux mixes de funk turc en download

Lorsqu’on doit imaginer à quoi ressemblent les productions musicales turques des années 70, ce ne sont pas directement les influences du funk et du rock psychédéliques qui viennent directement à l’esprit. Toutefois, comme certaines compilations telles que “Bosporus Bridges” ou la réédition de “Genclik Ile Elele” de Mustafa Ozkent, un courant fort de modernisation musicale a soufflé sur le pays à partir des années 60.

À mesure que des groupes comme Black Sabbath, Ten Years After, les Beatles, The Who ou James Brown étaient distribués à Ankara et Istanbul, le quotidien national Hürriyet mis en place un concours qui invitait les participants à réarranger des chansons traditionnelles turques à la sauce occidentale. Le Altin Mikrofon, le micro d’or qui débuta en 1965, connut un succès exponentiel jusqu’à la fin des années 70 et contribua à l’avènement d’une scène très originale qui établissait des ponts entre traditions Arabes et innovations technologiques occidentales.

Deux mixes, l’un du DJ Onur Engin et l’autre d’un (in)certain Zanda Mann, présentent quelques exemples des directions prises par la musique contemporaine turque durant cette période fascinante.

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Mustafa Ozkent, Lorke

Üç Hürel (1974)

» VOIR LA TRACKLIST DE TURKISH FUNK

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Hip hop: The Streets, Mike Skinner aime son twitter


Le troisième morceau de The Streets sort via son Twitter

Mike Skinner, The Streets, avait annoncé que les trois nouvelles chansons qu’il venait d’enregistrer allaient être accessibles durant trois jours consécutifs via son Twitter. Apparemment très concerné par les outils de communications, il avouait dans le premier titre disponible I Love My Phone qu’il est incapable de vivre sans son téléphone. Le troisième titre, Giving Me David Hassles, vient de sortir.

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Un titre The Heliocentrists et Mulatu Astatke en download

Le titre Masengo qui découle de l’association entre The Heliocentrists et Mulatu Astatke dans le cadre du troisième album de la série “Inspiration Information” est téléchargeable ici.

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Pop: Brian Eno joue au docteur


Brian Eno et Jon Hassel conversent. Pénible.

Dans le cadre du festival de musique électronique Ether, Brian Eno et le trompettiste Jon Hassel ont offert un bien curieux récital dans le Queen Elizabeth Hall. Le titre de l’événement, intitulé “A Conversation Piece”, ainsi que le prix des places, £12, laissaient planer le doute que les deux compères allaient jouer ensemble. Quoi qu’il en soit, lorsque deux musiciens historiques sont invités à se retrouver dans une salle de concert prestigieuse, on peut légitimement espérer qu’il y sera question de musique.

“Nous nous connaissons depuis très longtemps et partageons les mêmes points de vue”, lance Eno pour expliquer l’intention de leur performance. “Lorsque nous nous sommes rendu compte récemment que nous projetions tous les deux d’écrire un livre, nous avons décidé de nous retrouver régulièrement pour en discuter”. Installés bien confortablement dans leurs fauteuils, une rangée de feuilles alignée devant eux, le public très nombreux comprend vite qu’il va en réalité assister à une séance de brainstorming improvisée.

Même si quelque personnes quittent déjà la salle, à ce stade on pense encore que l’exercice sera centré autour de leurs expériences artistiques communes. Mais, tout ceci c’est de l’histoire ancienne. Plutôt que de ressasser les vieux souvenirs, les deux sexagénaires entendent bien démontrer la perspicacité et l’entendue de leurs connaissances en matière d’actualité et profitent de l’occasion pour passer en revue une succession de thèmes d’une banalité affligeante.

Tels deux acolytes qui s’enthousiasment dans une discussion de pub, ils abordent la manipulation des médias, la politique étrangère américaine, la crise financière avec un manque de distance et une assurance presque inquiétant. Pour appuyer son propos, Eno extrait au hasard quelques feuilles libellées par des séries de concepts de son cru à partir desquels il fait l’étalage de ses connaissances sur un ton résolument professoral.

Bien qu’il confirmait leur intérêt pour les journaux et les longues sessions sur internet, ce cours ex cathedra dégageait une suffisance qui frôlait quelquefois l’arrogance. On peut comprendre que Brian Peter George St. John le Baptiste de la Salle Eno, qui écrit régulièrement dans les colonnes de The Observer, puisse se targuer d’avoir un statut à part dans le monde de la pop music. Toutefois, s’il souhaite continuer à impressionner, il lui faudrait peut-être se concentrer sur son expertise musicale, ou préparer ses interventions publiques, ou peut-être même se taire.

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CongopunQ


Les disques qui comptent pour CongopunQ, hydre à deux têtes qui produit une espèce de happening musical surréaliste, quelque part entre les délires Funkadelic et les rythmiques Congotronics. Soit, d’un côté, le batteur Cyril Atef, monsieur bum de Bumcello, et de l’autre, le docteur Kong, qui improvise comme bon lui chante. Mais pour cette île déserte, pas question de faire le voyage ensemble : chacun a concocté sa sélection. Du genre bien décoincée, cela va sans rire.

Propos recueillis par Jacques Denis

Dr Kong :

Beethoven “Concertos pour piano et violons”
Pour me mettre dans un état de concentration avant de construire ma cabane en bambous.

Latha Mangeskar “N’importe quel”
La grande diva de ce qu’on décrit comme le Bollywood, histoire de me souvenir de la voix des femmes.

Shantel “Disko Partisany”
Pour la synthèse de cet humour bien particulier de l’Europe de l’est et de sa folie exubérante (je danse).

Kraftwerk “The Man Machine”
Pour vraiment savoir que je ne suis pas une machine et que je viens de la ville.

Miles Davis “Ascenseur pour l’échafaud”
Les notes diaphanes, tragiques et aériennes. La grande pesanteur à laquelle j’ai échappé.

Mr Bum :

Rachmaninov “Piano concerto no.2 in c minor”
Un puritain d’une raideur légendaire qui compose des morceaux à me donner des frissons. comme quoi…

Bad Brains “I Against I”
Ce grand groupe hardcore de D.C., grand souvenir de concert au Perkins Palace en 1983.

Donny Hathaway “Extensions of a Man”
« I love you more then you’ll ever know ». Le blues de ce bonhomme me ronge les os… A fleur de peau. L’ultime, à mon avis.

Alain Péters “Paraboler / rest’la maloya”
Un des grands poètes et mélodistes de La Réunion. J’ai eu la chance de l’y voir chanter juste avant son décès. Emouvant !

Killing Joke “Night Time”
Post-punk dans ma piaule du Jura, bien perdu dans les années quatre-vingt.

ALBUM

  • CongopunQ, “Candy Godess” (Underdog/La Baleine)

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Pop: Antony, danse avec la lumière


PHOTO: Don Felix Cervantes

Le chanteur new-yorkais Antony évoque les thèmes paganistes présents au cœur de son nouvel album et l’importance de la danse butô dans son art

Interview menée par Joël Vacheron

La pochette du mini-album Another World présente une étonnante photographie de Kazuo Ohno prise par Pierre-Olivier Deschamps en 1984 au Théâtre du Châtelet. Le danseur porte un chapeau orné d’un arrangement floral et ses doigts sont gainés dans une paire de gants finement dentelés. Son visage fardé et sa bouche entrouverte traduisent l’expression d’une aristocrate chimérique frappée par une stupeur pétrifiante. Conçue dans le Japon d’après-guerre par Tatsumi Hijikata et Kazuo Ohno, la danse butô se présentait comme une relecture subversive des danses traditionnelles. Largement influencés par les écrits de Yukio Mishima, l’expressionnisme allemand et l’ardeur contreculturelle de cette période, ces hérétiques visaient à proposer une réponse forte à l’occidentalisation forcée du pays.

On retrouve le charme funeste d’Ohno sur la couverture du nouvel album d’Antony and The Johnsons “The Crying Light”. Une récurrence qui témoigne de l’attachement indissociable qu’Antony Hegarty entretient avec cette délicate danse des ténèbres. Il revient ici sur cette influence, tout en expliquant les diverses conditions qui ont participé à l’avènement de ce nouvel album. Avec une éloquence et une franchise touchantes, le chanteur présente les fondements d’une philosophie paganiste et dissidente. Loin des idées convenues, ce Ziggy Stardust contemporain est parvenu à construire un monde à son image, dans lequel ses fissures et ses rêves peuvent s’exprimer en toute liberté.

Entre votre projet avec Hercules & Love Affair et vos différents concerts accompagnés d’orchestres philharmoniques, vous avez fait preuve cette année d’une étonnante aptitude à lancer des ponts entre musique savante et populaire. Etait-ce quelque chose de planifié ?

Antony: Cela s’opère de manière assez naturelle. Je n’ai jamais véritablement dû faire de distinctions entre ces deux niveaux. Je suis un chanteur pop issu d’un milieu underground et ce serait absurde de vouloir endosser les habits d’un chanteur classique. Je n’ai aucune formation dans ce domaine. Les seuls rapprochements possibles avec la musique savante touchent aux arrangements de mes compositions. Celles-ci glissent quelquefois vers des structures ou des registres dramatiques. Mais 90% des influences classiques sont amenées par les musiciens qui m’accompagnent.

» LIRE LA SUITE DE L’INTERVIEW

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Tango: Orquesta Típica Fernández Fierro, Pogo Tango


L’Orquesta Típica Fernández Fierro vient décliner son tango autonomiste

Constitué en 2001, l’OTFF édite ses disques, organise ses dates et administre son propre club (le Club Athlétique Fernandez Fierro) de manière indépendante. Dotée d’un potentiel rock et d’une esthétique punk, la Fierro rappelle l’énergie balkanique du Non Smoking Orchesta d’Emir Kusturica associée à la fougue libertaire de la Mano Negra ou des Clash.

Le premier album intitulé «Envasado en origen» sort en 2002, suivent «Destrucción masiva», «Vivo en Europa» et «Mucha Mierda». Des titres évocateurs qui n’ont pas empêchés ces autonomistes du tango d’être nominés au prestigieux prix Gardel et d’être élus par le quotidien «La Nación» comme un des dix disques incontournables de l’année, aux côtés de Bob Dylan, Caetano Veloso ou Les Beatles.

Orquesta Típica Fernández Fierro

CONCERTS

  • 22/4/2009 Genève / Club Alpin Suisse

  • 27/4/2009 Paris / New Morning

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Jay Electronica, meilleur son

Vous pouvez enfin écouter le morceau de notre chouchou Jay Electronica sur notre player Fairtilizer avec un son digne de ce nom. Ça en vaut la peine!

Dent May aime les effets

Nul ne sait si Dent May, dans son style revival easy listening assez particulier, s’apprête à faire une longue carrière. Mais le clip réalisé par John Rory Fraser pour le morceau Howard risque bien de rester comme un modèle en matière de surenchère kitsch et d’effets douteux.

Dent May & His Magnificent Ukulele, “Howard”

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Dubstep: Flying Lotus & Kode9, it’s technological


Los Angeles et London fusionne dans un set inédit

En guise d’introduction à leur tournée américaine, Flying Lotus et Kode9 ont fait une apparition surprise lors des traditionelles soirées FWD>>, le dimanche soir au Plastic People. Ils proposent un set plutôt homogène, largement dominé par de remixes aux effets dignes de bande-sons de jeu vidéo. Comme le précise le MC résident Crazy D, “It’s technological”. Pour les amateurs, à noter que Mala de Digital Mystikz se produira au Nouveau Casino de Paris le 10.04.09.

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Mardi Gras: The Wild Magnolias, belles retrouvailles


En guise de clôture des soirées dédiées à la Nouvelle-Orléans, The Wild Magnolias n’hésiteront pas à mettre le feux aux Banlieues Bleues.

Par Catia Bellini

Les Grands Chefs Bo Dollis et Monk Boudreaux appartiennent tous deux à la tradition des Mardi Gras Indians, bouillonnant héritage des transes carnavalesques de la Nouvelle-Orléans. L’origine de ce mouvement reste, aujourd’hui encore, plutôt obscure. Ce qui est certain, c’est qu’une fois le temps du carnaval venu, les rues du sud de la Louisiane regorgent de costumes bigarrés et de coiffes de plumes plus spectaculaires les unes que les autres.

Le courant musical qui se rattache au mouvement distille une musique aux percussions incandescentes et à l’énergie contagieuse. Formés dans les années 70, The Wild Magnolias ont été parmi les premiers à graver ce style bien particulier sur les sillons du vinyle. Leur premier single, Handa Wanda, suivi du mythique « (Somebody Got) Soul Soul Soul » les ont directement propulsés sur les ondes radiophoniques. Après des années de séparation, les deux grands chefs scellent pour la première fois d’émouvantes retrouvailles sur la scène des Banlieues Bleues. A noter aussi, la sortie de “They Call Us Wild”, magnifique coffret qui regroupe les deux premiers albums de l’infatigable combo.

CONCERT

  • 10.04.09 Les Banlieues Bleues / Paris - Bobigny

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Les nuits de Fiume de Vincent Moon

Le réalisateur Vincent Moon, a qui l’on doit de nombreuses réalisations pour les Concerts à emporter de la Blogothèque, vient de lancer son propre site. Avec Fiume Nights , il continue de proposer cette esthétique brute et spontanée de laquelle se dégage cette rare intimité.

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Jazz: José James, un rêve éveillé


Recrue de choix du Label Brownswood de Gilles Peterson, l’américain José James relève le défi d’un jazz vocal ouvert sur la modernité. Une voix scintillante, à la recherche de nouvelles pistes, qui dépoussière le genre avec panache. Il se produira le 09.04.09 dans le cadre des Banlieues Bleues.

Interview menée par Michel Danzer

Quel regard portez-vous sur l’évolution du jazz vocal et sur la place qu’il occupe au sein du jazz ?

C’est une chose étonnante, car jusqu’aux années 60, il y avait toujours des chanteurs qui représentaient cette musique. Et ce qu’il y avait de bien avec les chanteurs de jazz, c’est qu’ils ont été les véhicules par lesquels les dernières évolutions du jazz ont été transmises aux gens, via la culture populaire. Si bien qu’il y avait Lester Young et son pendant Billie Holiday. A l’époque du swing il y avait Ella Fitzgerald. Louis Armstrong lui faisait les deux, il jouait et il chantait. Quand les choses sont devenues plus compliquées, avec des compositeurs comme Andrew Hill, John Coltrane ou Ornette Coleman, on n’a pas vraiment vu, après le bebop, les chanteurs occupés le devant de la scène de la même manière. Il y avait bien quelques personnes comme Leon Thomas qui travailla avec Pharoah Sanders, mais la part occupée par le chant dans le jazz est devenue d’une certaine façon plus petite. Après Betty Carter et Jon Hendricks, ce genre de chanteurs de bebop et de bebop tardif, il n’y a plus eu vraiment beaucoup de chanteurs, jusqu’à peut-être Bobby McFerrin dans les années 80 ou certain trucs brésiliens…..

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Art: Alan Vega, la face plastique


Alan Vega, Cadillac Christ, Mixed Media, 1997

L’oeuvre plastique d’Alan Vega exposée à Lyon

Alan Vega est surtout connu comme l’un des pionniers du rock électronique minimaliste en tant que cofondateur, avec Martin Rev, du groupe mythique « Suicide ». Cependant, au début des années 70, il est surtout actif dans la scène artistique new-yorkaise en tant que plasticien et c’est cette face méconnue que Mathieu Copeland, le commissaire de l’exposition, présent au MAC Lyon.

Alan Vega a fait ses études au Brooklyn College et il s’intéressa dans un premier temps à la peinture. À partir de la fin des années 60, son intérêt se porte sur la lumière et il crée ses premières « light sculptures ». Celles-ci se présentent comme des assemblages d’objets divers à partir d’ampoules, de lampes, de télévisions et de néons aux formes et aux couleurs diverses. Anti-esthétique, anti-formelle, son oeuvre plastique suit les même influences que celle qui vont caractériser sa musique.

En 1968, il fonda le « Projet des Artistes Vivants » (Project of Living Artists). Ce loft de Manhattan, ouvert 24h/24, devenait un des premiers lieux alternatifs New-Yorkais tenu par des artistes. Dédié à toutes les formes artistiques, le lieu constitua rapidement un tremplin pour de artistes et des musiciens tels que les New York Dolls, Television ou Blondie.

EXPO

  • Alan Vega, “Infinite Mercy”, MAC Lyon, du 15.05.09 au 02.08.09

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Funk: Withefield Brothers, un passé jamais révolu


Les frères Weissenfeldt continuent à décliner le groove sous toutes ses formes

Au sein du revival funk qui souffle depuis quelques années, autour notamment de Daptones Records, Jan and Max Weissenfeldt jouent le rôle des héros discrets. La réédition de “In The Raw” par Stones Throw devrait participer à donner un peu plus de visibilité aux deux frères originaires de Hambourg.

Avec leur projet principal The Poets of Rythm, ainsi que sous de nombreuses autres étiquettes comme les Whitefield Brothers, Syrup, ou Bus People Express, cela fait déjà prêt de 15 ans qu’ils rallument les flammes d’un spectre musical qui passe en revue toutes les déclinaisons du funk originel.

Un nouvel album, sous le nom des Whitefield Brothers, vient d’être terminé et devrait sortir dans le courant de l’année. Les deux frangins prospectent du côté de sonorités plus exotiques puisqu’on y trouvera beaucoup d’influences éthiopiennes, mais également japonaises et turques. “Le terme World Funk serait une bonne description pour le définir” précise Jan à ce sujet.

Whitefield Brothers, EJI, “In The Raw”, 2001 (Now Again)

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Pop: Michael Jackson, la fin des faux-semblants


Ca y est, le sosie officiel de Michael Jackson tombe le masque

Jusqu’à la conférence de presse qu’il a accordé hier matin, personne n’avait entendu parler de Raul Fernandes. Un anonymat qui avait toutes les chances d’être durable, si cet esthéticien de 38 ans originaire de Kissimmee en Floride, n’avait décidé de faire des aveux fracassants. En effet, depuis 2001, selon se dires, il aurait assuré de nombreuses apparitions publiques à la place de Michael Jackson. “Mon rôle était avant d’être photographié lorsque Michael ne voulait ou ne pouvait pas apparaître en public. Il m’arrivait également de faire diversion pour lui permettre d’avoir plus de liberté mais mon rôle a pris récemment une orientation que je ne peux plus assumer”.

En effet, la dernière substitution en date, organisée lors de l’annonce officielle des concerts de l’O2 Arena à Londres, aura été celle de trop. La star soudainement victime d’un malaise, Raul a en effet été obligé de la remplacer au pied levé. Même s’il aurait été préparé à toutes les formes d’éventualités, il n’avait jusque-là jamais été question de prendre la parole. Cet épisode a profondément perturbé le sosie qui, toujours plus sous pression, aurait finalement décidé de mettre un terme au contrat très fructueux conclu avec le King Of Pop.

“Même si cette aventure reste tout à fait exceptionnelle”, déclarait-t-il, “l’épisode de la conférence de presse m’a permis de prendre conscience des limites que je ne voulais pas dépasser. Je préfère jeter l’éponge maintenant avant d’être contraint à me produire sur scène lors des shows de “This Is It”. Tout cela a déjà été trop loin et malgré l’énorme respect que je porte à Michael, il est temps que je redevienne moi-même”. Selon d’autres sources, ce serait surtout les propositions mirobolantes d’éditeurs et de maisons de production qui auraient précipité ce volte-face. A l’heure actuelle, aucune déclaration n’a été faite de la part du service de presse de Michael Jackson.

Raul Fernandes lors de la conférence de presse de la tournée “This Is It” le 05.03.2009

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