avril, 2010

Antilles: Tumbélé!, mémoires d’outre-mer


Le label de Brighton continue de nous faire redécouvrir des chapitres musicaux de la diaspora africaine

Peu de temps après les sorties de Columbia et de Panama! 2 (voir le mix ci-dessous), et des succès rencontrés par les divers projets liés au Nigeria et au Ghana, Soundway continue de révéler les déclinaisons intercontinentales du panafricanisme. Avec “Tumbélé!”, Miles Cleret nous convie à nous balader du côté des Antilles, plus spécifiquement dans les Départements français d’Amérique durant les années 60 et 70.

Le titre est le nom qui fût donné à un rythme qui influenca de manière décisive l’évolution des la musique martiniquaise avant l’intégration du compas haïtien. Le groupe Ry-Co Jazz, dont les membres étaient originaire de la République démocratique du Congo, joua un rôle déterminant en important la rumba congolaise aux Antilles vers la fin des années 60. Le Tumbélé deviendra emblématique d’un retour aux racines originelles par l’intégration de rythmes africains.

Alternant entre biguine, calypso, influences jazz ou psychédéliques, cette vingtaine de morceaux provenant principalement de La Martinique et de Guadeloupe permet ainsi de dévoiler la richesse d’une tradition qui a été largement occultée dans les pays anglo-saxons en regard d’autres îles des Caraïbes. Soundway offre ainsi une belle occasion de revenir sur des groupes qui, bien que très influents tout au long de cette période, se sont quelque dissolus dans la vague déferlante occasionnée par la zouk dès le début des années 80.

ALBUM

  • Compilation, “Tumbélé! Biguine, afro & latin sounds from the French Caribbean, 1963-74″ (Soundway) Sortie le 05.10.09

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SITE

Lola Martin, La Sirène La Sirène

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Afropop: Fool’s Gold, ça s’en va et ça revient


Le groupe californien décline une afropop qui privilégie les aller-retour entre traditions occidentales et africaines

Fool’s Gold est le projet initié par Luke Top et de Lewis Pesacov, deux musiciens basés à Los Angeles qui proposent une approche accentuant les influences réciproques entre la pop occidentale et certaines traditions africaines telles que le soukous, le blues touareg ou le funk éthiopien. Dans une interview pour le magazine Pitchforkmedia, Luke Top déclarait à ce propos de ces aller-retour : “Nous espérons avoir trouver à une sorte de niveau intermédiaire entre notre propre bagage culturel et notre amour pour ces genres de musiques. Mais honnêtement lorsqu’on y prête véritablement attention, si on prend l’exemple de la collection Ethiopiques, beaucoup de styles africains sont également influencés par la musique occidentale. Cet aspect a beaucoup d’importance pour nous. Prenons l’exemple de Tinariwen, qui est un groupe touareg, leur jeu de guitare est influencé par le rock américain. À notre tour, nous nous inspirons de ce qu’ils font pour y insuffler notre propre sensibilité pop. De cette manière, nous prolongeons ce type d’échanges culturels.”

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ALBUM

  • Fool’s Gold, “Fool’s Gold” (Insound) sortie le 29.09.09

Fool’s Gold, Surprise Hotel

Extrait de l’émission “Tracks” (décembre 08)

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Jazz: Grand Pianoramax, toujours plus grand


Léo Tardin présente son projet Grand Pianoramax dans le cadre d’une résidence à Vevey

Grand Pianoramax est le projet à géométrie variable mis en place par le pianiste Léo Tardin. Exilé à New York depuis une dizaine d’années pour y suivre un programme à la New School University, le genevois s’est rapidement orienté vers des territoires cadencés par des rythmes et des sonorités novatrices.

Pour le dernier album de Grand Pianoramax, “The Biggest Piano in Town” (2008), Mike Ladd, Amiri Baraka, Invincible et Celena Glenn ont prêté leurs voix à ce projet de funk prospectif. Nul doute que Roy Ayers, avec qui Tardin a déjà collaboré, a vu juste en déclarant que “Léo est quelqu’un dont on va continuer à entendre des grandes choses dans le futur.”

Grand Pianoramax se produira pour 8 concerts lors de sa résidence à L’Espace Guinguette de Vevey en compagnie du batteur Dominik Burkhalter et de Celena Glenn. Une slammeuse New-Yorkaise hors pair qu’on a déjà pu entendre avec Coco Rosie et Bunny Rabbit. Une forme de répétition générale avant de partir en Inde pour l’enregistrement live du prochain album auquel participera également le joueur de tablas Karsh Kale.

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CONCERTS

  • 02.09.09 au 05.09.09 Vevey / Espace Guinguette (feat. Celena Glenn)

  • 09.09.09 au 12.09.09 Vevey / Espace Guinguette (feat. Celena Glenn)

  • 23.10.09 Lausanne / Chorus (feat. Celena Glenn)

  • 28.10.09 Genève / Chat Noir (feat. Celena Glenn)

  • 30.10.09 Bulle / Ebullition (feat. Celena Glenn)

  • 05.11.09 Paris / Sunset (feat. Mike Ladd)

Grand Pianoramax feat. Celena Glenn, Showdown, live at WBGO Studios

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Club: Shut Up & Dance, histoires de dancefloor


Shut Up & Dance Music, le légendaire label underground londonien, sort une compilation rétrospective qui présente le groupe, le label et l’attitude.

Vers le milieu des années 80, Londres vivait un contexte particulièrement créatif en matière de club culture qui allait servir de rampe de lancement au Second Summer of Love. L’explosion des sous-cultures, la propagation des musiques électronique ou encore la redécouverte du MDMA offrait une configuration particulière pour l’avènement de nouvelles formes musicales.

Dans cette effervescente, l’histoire de Shut Up & Dance est significative. les deux rappers Smiley et PJ, accompagnées par DJ Daddy et DJ Hype étaient actifs dans les réseaux des raves clandestines et des manifestations Reclaim The Streets au sein d’un soundsystem dénommé Heatwave. Ne parvenant pas à intéresser les labels avec leurs productions, ils se décident pour l’autoproduction. Shut Up & Dance, le groupe, sort quelques singles remarqués, le premier est le très snapesque 5,6,7,8 (1989), jusqu’à la sortie de “Dance Before The Police Come!” en 1991.

Malgré une pochette quelque peu alarmante, ce premier album très innovateur sera une influence déterminante qui ouvrira la voie à la jungle. Avec leur fusion de hip-hop et de samples tirés des tubes pop de l’époque, le style breakbeat hautement énergisant de Smiley et PJ deviendra le son incontournable des scènes underground.

Par la suite, Shut Up & Dance, le label, continuera à asseoir son statut culte en signant des artistes comme The Ragga Twins ou Nicolette qui auréolera l’album “Protection” de Massive Attack peu de temps après. La sortie de ce coffret rétrospectif, qui regroupe une bonne partie des titres signés par le label, permet de retracer l’impact de ces productions sur l’évolution de la Drum’n'Bass, du UK Garage ou du dubstep.

ALBUMS

  • Shut Up & Dance “How The East Was Won: 1989 - 2009″ (Shut Up And Dance Music) sortie le 2 Novembre

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Shut Up & Dance, “Dance Before the Police Come”, 5,6,7,8

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L’intégrale de Miles Davis

Columbia ne fait pas dans la demi-mesure avec la sortie, le 10 novembre prochain, d’un coffret contenant les 52 disques que Miles a enregistré durant sa carrière. Muni de 70 CD, le box comprendra également le DVD Live In Europe 1967 ainsi qu’un concert inédit enregistré sur l’Ile de Wright Wight en 1970.

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Hip-hop: Brother Ali, du pigment dans la vie


Le rapper engagé de Minneaopolis sur le point de sortir un nouvel album

Entre son physique imposant de lutteur décoloré et sa prose soul profondément habitée, le physique de Brother Ali oscille entre un épigone robuste d’Eminem ou une déclinaison lointaine de Lee Anderson. Jason Newman, qui est né de parents blancs, est curieusement souvent présenté comme un rapper afro-américain. Hormis cet effet mimétique dû à l’albinisme et la controverse suscitée par la sortie de Uncle Sam Goddamn, les comparaisons avec le personnage vindicatif de Boris Vian s’arrêtent là. De plus, beaucoup moins teigneux que Slim Shady, c’est surtout grâce à la finesse de ses rimes et la qualité des ses lives que Brother Ali a appris à se faire respecter et à jouir d’une reconnaissance dans sa ville natale de Minneapolis.

Inspiré par les légendes old school, tels que KRS One ou Rakim, son enrôlement dans le label de Rhymesayers Entertainment qui lui permettra de s’attirer toujours plus de considération. Notamment grâce à ces collaborations avec Ant, le producteur d’Atmosphere, qui a composé tous les morceaux sur l’album “The Undisputed Truth” (2007). Comme le souligne Ali, ce titre renvoie à des phases de vie douloureuses, largement partagées. “Qu’est-ce qu’on éprouve lorsqu’on se détache d’un mariage de 10 ans et d’un fils de 6 ans qui est toute ta vie? Quels sentiments cela provoque de le regarder dans les yeux et de lui expliquer que tu es en train de briser son foyer ? Avec ma musique, le son de ma voix et la manière de décrire de telles situations, de telles émotions, cela doit te permettre de te sentir dans mes chaussures à ce moment précis. C’est ça La Vérité indiscutable”.

Borther Ali sera prochainement de passage à Paris, quelques jours avant un autre pensionnaire du label Rhymesayers. En effet, P.O.S ouvrira pour le concert de DJ Krush à (La Maroquinerie) le 05.10.09.

ALBUM

  • Brother Ali, “Us” (Rhymesayers Entertainment) sortie le 22.09.09

CONCERT

  • 17.09.09 Glazart / Paris

SITE

Brother ALi, teaser de “US”

Brother Ali, Uncle Sam Goddamn, “The Undisputed Truth” (2007)

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Rock: Jim Dickinson, hommage au Captain Memphis


PHOTOS: Trey Harrison

Producteur aux méthodes de sorcier, Jim Dickinson savait ressusciter les fantômes de la roots music américaine. Décédé le 15 août suite à une opération chirurgicale, Vibrations rend hommage à cette légende en republiant cette visite de John Lewis dans son repaire du Mississippi.

Rencontre: John Lewis

A une vingtaine de miles de Memphis, dans cette région du nord du Mississippi où Fred McDowell, Junior Kimbrough et R.L. Burnside jouent à domicile, le légendaire producteur et musicien Jim Dickinson habite un drôle de complexe qui tient à la fois de la ferme et de l’objet d’art en constante évolution. Au bord d’une autoroute à deux voies, un chemin de gravier longe un petit lac, traverse une digue pour déboucher devant la caravane que Dickinson partage avec sa femme Mary Lindsay.

Tout près, une autre caravane abrite les deux fils du couple, Luther et Cody, connus par les amateurs de blues sous le nom de North Mississippi All-Stars. Un drapeau américain flotte à un poteau, un pick-up El Camino est garé devant l’un des mobile home, une piscine hors sol est installée sur le terrain, une parabole satellitaire trône au-dessus de la mêlée. Ce pourrait être un décor de cinéma. Si Jim Jarmusch ou Wim Wenders décidaient de monter un film sur le Sud avec Billy Bob Thornton dans le rôle principal et Larry Brown comme scénariste, il pourrait être tourné ici même.

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Jazz: Stade, toujours en roue libre


Avec “Freewheel”, Christophe Calpini et Pierre Audétat proposent une nouvelle variante de leur projet combinatoire en compagnie d’Erik Truffaz, d’Elliott Sharp et de Grégroire Maret. Une occasion pour revenir sur l’interview qu’ils avaient accordés à Vibrations lors de la sortie de “Art Brut Fe De Yoot”.

La foule se presse devant la scène du Cargo, le club mythique londonien, pour assister au vernissage de Art Brut Fe De Yoot, l’album hip hop le plus audacieux de ce début d’année. Une grande partie de l’écurie Big Dada, Roots Manuva en tête, semble particulierement curieux de voir à l’oeuvre le rappeur local Infinite Livez accompagné de Stade, la dernière recrue du label, projet expérimental polymorphe du pianiste Pierre Audétat et du batteur Christophe Calpini. En passant maître dans l’art de jouer live des sons préenregistrés, ces virtuoses du sampler se sont imposés comme des références majeures dans le domaine de l’improvisation électronique et leur performance est attendue à juste titre avec une certaine impatience.

Fidèle à son habitude, le rapper Infinite Livez joue la carte de l’humour en arrivant sur scène dans un déguisement extravagant. Sa présence scénique punkoïde et ses prouesses vocales délirantes capte d’emblée l’attention d’un public déjà convaincu. De leur côté, le binome Stade, déguisés en morts-vivant, se mélange les presets et compose imperturbablement des rythmes toujours à la limite de la régularité. Ce soir, le trio est accompagné de la chanteuse Joy Frempong, dont les scats électroniques époustoufflants s’accordent à merveille aux exubérances d’Infinite Livez. Il ne faut pas bien longtemps pour être subjugué par la puissance du groove bringuebalant de ces épigones facétieux de Sly Stone et de la Famile Adams.

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Hip-hop: Shafiq Husayn, l’esprit libertaire


Le producteur de Sa-Ra sort son projet solo

Shafiq Husayn, l’un des trois mousquetaires freaky formant Sa-Ra Creative Partners, est sur le point de sortir un album solo sur lequel collabore notamment Bilal, Om’mas Keith, Count Bass D ainsi que la jeune rappeuse anglaise Fatima que l’on retrouve sur le single Lil’Girl.

“A-free-Ka” est une expression provenant de l’ancienne Égypte qui signifie esprit. À travers cette référence libertaire Shafiq prône une approche de la vie dépourvue de limitations où seuls l’harmonie et l’amour doivent servir de préceptes conducteurs. “Shafiq En A-Free-Ka” perpétue son penchant affirmé pour les rythmiques discordantes et l’intégration de références hétéroclites au patrimoine de la black music.

ALBUM

  • Shafiq Husayn, “Shafiq En A-Free-Ka”, 2009 (K7/Plug Research - Rapster), sortie le 15.09.09

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Shafiq Husayn - En’ A Free Ka Album Sampler

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Shafiq Husayn - “Lil’ Girl” Feat. Fatima & Stephen “Thundercat” Bruner from gregthedude on Vimeo.

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Funk: Orchestre Poly-rythmo, le muppet show


Les funksters de Cotonou de passage à la Villette

Dans le coffret très bien documenté qui accompagne la récente compilation produite par Analog Africa, Vincent Ahehehinnou et l’ingénieur du son Kineffo Michel expliquent à quel point leur production discographique restait confidentielle. Pour des raisons principalement budgétaires, les albums de cette époque étaient en effet pressés à quelques centaines d’exemplaires seulement et il était rare que ceux-ci sortent de Cotonou.

Une économie de moyen qui n’a pas empêché le groupe de rayonner sur la musique populaire béninoise tout au long des années 70 à 80. À tel point que “Même Sékou Touré, le président guinéen, avait été surpris de voir comment on reprenait les tubes de son Bembeya Jazz national !», se rappelle le bassiste Bentho Gustave. “On écoutait de tout, variété française, congolaise, cubaine, du funk, de la soul et même de la musique arabophone puisque lorsqu’il y avait une visite officielle d’un pays arabe au Bénin, il fallait jouer le répertoire de leur terroir.”

Malgré la disparition du chanteur Eskill Lohento en 2006, les autres membres de l’orchestre se sont engagés à continuer de chanter pour honorer sa mémoire. Ils viendront infuser leur afrobeat voodooisant le 1er septembre pour l’ouverture de Jazz à la Villette où ils partageront une affiche aguichante avec Amadou & Mariam et Seun Kuti & Fela’s Egypt 80. Un petit aperçu, grâce à cette vidéo assez bluffante.

CONCERTS

  • 01.09.09 Jazz à La Villette / Paris

SITE

Orchestre Poly-rythmo de Cotonou, Gbeti Madjro

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Reggae: Jamaica Shines Everywhere 2, riddims planétaires


Une nouvel aperçu de l’étendue de la tradition musicale jamaïcaine

Le concept de la série “Jamaica Shines Everywhere 2 ” n’a pas changé. Il s’agit toujours de regrouper les meilleurs productions reggae à travers le monde. Si aucun de ces titres n’a été produit en Jamaïque, ce second volume démontre encore l’incroyable influence musicale de l’île de Marley. Bien que Londres, New-York, Wellington et les capitales africaines sont toujours à l’honneur, le tracklisting de ce second épisode propose aussi des destinations nouvelles, de la Hollande au Brésil, en passant par le Togo. On y croise aussi bien stars, comme Fat Freddy’s Drop ou le jeune fils d’ Ali Farka Touré, que des artistes encore inconnus en France qui mériteraient pourtant d’acquérir une vraie notoriété. C’est la cas par exemple de Peter Solo, Jaqee ou Carlton Rara. Un voyage à découvrir d’urgence!

ALBUM

Bitty McLean, Lately

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Retro: Ben & The Platano Group, aux armes et la salsa


Retour d’un classique obscur du Paris tropical

L’album “Paris Soul” de Ben & The Platano Group, sorti initialement en 1970 chez Barclay, est depuis longtemps vient d’être réédité pour la seconde fois. Cette curiosité jazz funk, très recherchée par les amateurs du genre n’a rien à envier aux formations américaines qui relisaient l’héritage musical issus des pays latins durant la même période. Le groupe emmené par Evaristo Nata était employé par le cabaret parisien “Le Lido”. Peu de temps après la sortie de l’album, Nata était interné en hôpital psychiatrique pour, apparemment, ne plus jamais réapparaître. Il aura tout de même pris le temps de nous laisser cette flamboyante démonstration de groove latino made in France. Quant à la pochette, d’un certain Bonhommo, elle veut à elle seule le détour.

ALBUM

  • Ben & The Platano Group, “Paris Soul”, 1970 (Barclay)

Ben & The Platano Group, “Platano Split” (1970)

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Décès de Rashied Ali

Le batteur Rashied Ali, né Robert Patterson, est décédé le 12 août à l’âge de 74 ans. Né en Pennsylvanie dans une famille de musiciens, il part s’établir à New York en 1963 où il commence à se produire avec Pharoah Sanders, Alice Coltrane, Arthur Rhames, James Blood Ulmer ou, à partir de l’album “Meditations” (1965), avec John Coltrane. Par la suite, il participera à de nombreux projets plus expérimentaux, tel que Purple Trap, aux côtés de Keiji Haino et de Bill Laswell, ou encore à des projets multimédias avec The Gift of Eagle Orchestra et Cosmic Legends.

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Latin: Quantic and his Combo Bárbaro, code quantum


Will Holland s’entoure de barbares pour un nouvel épisode de Quantic

Musicien, DJ et producteur d’origine anglaise, William Holland s’est exilé en Colombie en 2007 pour satisfaire un penchant marqué pour les musiques latino-américaines. Avec Quantic, un nom qu’il a choisi alors qu’il étudiait les mathématiques, il poursuit une carrière protéiforme qui se décline variablement en fonction de rencontres ou de l’orientation donnée à ses explorations. En 2007, il sortait “Tropedelico” avec The Quantic Soul Orchestra, puis un projet conceptuel orienté dub, “Quantic Presenta Flowering Inferno” (2008). Deux albums qui réunissent quelques musiciens incontournables de Cali.

Cette année, c’est sous le nom du Quantic and his Combo Bárbaro que Holland a décidé de fusionner son approche amalgamée et prolifique. “Tradition In Transition” continue l’exploration de paysages variés dans lesquels résonne conjointement l’héritage du rare groove, de Fania ou de Fela. Quantic and his Combo Bárbaro se produiront en France dans le cadre du Festival de l’Erdre, ainsi qu’au Bataclan.

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SITES

CONCERTS

Quantic & His Combo Barbaro, Linda Morena, “Tradition In Transition”

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Pop: Dirty Projectors, les nouvelles têtes parlantes


Les Dirty Projectors seront de passage en France et en Belgique en septembre prochain.

Depuis leur formation en 2002, le groupe de Dave Longstreth a toujours su surprendre par des propositions originales. Après un concept album inspiré par le leader de The Eagles, “The Getty Address”, un autre composé de reprises de Black Flag interprétées de mémoire, “Rise Above”, ou un projet composé exclusivement en hommage à Bjork, le groupe n’a pas tardé à s’attirer l’attention des milieux arty new yorkais, heureux de trouver enfin une filiation potentiellement digne des Talking Heads. Un paralèlle intensifié par la réunion, en début d’année, de Dave Longstreth et de David Byrne pour le morceau Knotty Pine sur la compilation “Dark Was The Night”. La sortie de “Bitte Orca” (Domino 2009) en juin dernier confirmait ces attentes. Le groupe y déploie sa virtuosité polyphonique et ses audaces mélodiques vers des contrées toujours autant prometteuses.

CONCERTS

09.09.09 Maroquinerie / Paris, France

19.09.09 Botanique / Bruxelles

25.09.09 Le Printemps de Septembre Festival / Toulouse

Dirty Projectors, Useful Chamber, “Bitte Orca” (2009)

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World: Rainbow Arabia, remixes ethnographiques


Inspirés par Omar Souleyman, les époux Preston revisitent les musiques traditionnelles

Cela fait seulement un peu plus d’une année que Daniel et Tiffany Preston ont lancé Rainbow Arabia. Sur leur blog, le couple indique que c’est surtout la découverte la réédition de “Highway to Hassake” deOmar Souleyman par Sublime Frequencies qui les a motivés à mettre en place ce projet. Après avoir vu la vidéo de Leh Jani, Daniel s’est procurer le même synthétiseur et c’est pour cette raison que leur premier titre, Omar K, est construit sur la même structure microtonale.

Mais ce goût pour les sonorités exotiques ne s’arrête pas au chanteur syrien. A l’instar de groupes tels que Gang Gang Dance, deSoft Circle ou High Places, ils puisent dans un inventaire ethnomusicologique très large pour composer des sonorités néotribales. Avec deux EP sortis en moins d’une année, “Basta” et “Kabukimono” les époux Preston proposent cependant une variante plus pop de ces rythmiques tropicales.

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Rainbow Arabia, Omar K, (Manimal) 2009

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Club: Major Lazer, la guerre du son


Diplo et Switch de passage à Paris pour mener le combat du guérillero au laser

Selon une biographie autoproduite, Major Lazer serait le nom d’un guérillero jamaïcain sauvé par l’armée américaine pendant la mystérieuse guerre des Zombies. En guise de dédommagement, les services secrets américains demandèrent au soldat d’accepter quelques expérimentations chirurgicales. C’est ainsi que le bras droit du Major Lazer a été augmenté par une prothèse hi-tech munie d’une arme à rayon laser.

Afin de passer incognito, le cobaye a dû endossé une identité de substitution et travaille en tant qu’organisateur de soirée dans un dancehall. Sa mission ultime: combattre les forces diaboliques. C’est dans le but de remplir ce dessein qu’il a fait appel à deux superhéros de la new world: Diplo et Switch.

Ce mix offre un exemple tangible de leur force de frappe grâce à ce mix, quant au clip burlesque de Pon de Floor, inspiré par les figures toujours plus spectaculaires opérées par certains cascadeurs du dancefloor, il confirme un peu plus l’imagination délirante, et lubrique, qui anime le duo.

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CONCERT

  • 03.09.09 Social Club / Paris

Major Lazer (ft. Vybz Kartel), Pon de floor

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Dernière vidéo de Karlex Liberated

Le premier clip de l’album de Karlex Liberated, “With All Due Respect” a été réalisé par David Kia.

Karlex Liberated, Tomorrow Can Wait, “With All Due Respect” (2009)

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CONCERTS

10.10.09 La Mer à Boire / Paris (unplugged)

08.10.09 Magic Mirrors / Aubervilliers (unplugged)

28.10.09 Art Cade / Sainte Croix Volvestre

07.12.09 Salle Victoire 2 / Montpellier - Saint Jean de Vedas

08.12.09 Salle Victoire 2 / Montpellier - Saint Jean de Vedas

09.12.09 Salle Victoire 2 / Montpellier - Saint Jean de Vedas

10.12.09 Salle Victoire 2 / Montpellier - Saint Jean de Vedas

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Festival: Fiest’A Sète, vibrations d’indépendance


Mulatu Astatke et The Heliocentrics
PHOTOS: Joanne Erdual

Mulatu Astatke, Getatchew Mekuria, The Heliocentrics et The Ex enjambent les démarcations au Théâtre de la Mer de Sète

“Contrairement à beaucoup d’autres pays d’Afrique qui ont été colonisés et dont la musique a ensuite été industrialisée par les anciens colons, l’Éthiopie de par son indépendance a longtemps manqué de studios d’enregistrement, de promoteurs de concerts, etc. C’est une des raisons pour laquelle la musique éthiopienne a mis plus de temps que d’autres pour arriver jusqu’aux oreilles des Occidentaux.” C’est ainsi que le vibraphoniste éthiopien Mulatu Astatke explique l’engouement aussi tardif que soudain pour sa musique, louée aujourd’hui de par le monde depuis que le réalisateur Jim Jarmush l’a choisie pour l’inclure à la BO du film “Broken Flowers”.

Toute une génération de musiciens et de programmateurs surveillait néanmoins ce groove atypique depuis une dizaine d’années déjà, grâce à l’impeccable collection “Ethiopiques” menée par le musicographe français Francis Falceto. Pas un hasard d’ailleurs si une des soirées du festival Fiest’A Sète faisait un clin d’oeil à ladite collection en lui empruntant son nom. Le directeur artistique du festival José Bel et son équipe ont effet eut l’intelligence de réunir sur une même affiche deux légendes de la musique éthiopienne, chacune accompagnée par un groupe occidental d’un style musical différent.

Le maître de l’ethio-jazz Mulatu Astatke partageait donc la scène avec les Anglais de The Heliocentrics (musiciens live de Dj Shadow et Madlib) et le Negus du saxophone Getatchew Mekuria croisait le fer avec les free punks hollandais de The Ex. L’incongruité sur la papier donne parfois les plus belles rencontres dans la vraie vie. Le public du Théâtre de la Mer de Sète ne s’y est pas trompé puisqu’il ne voulait plus quitter les lieux à la fin de ces quelques heures irréelles où les cultures et les styles avaient aboli toutes frontières.

Le guitariste de The Ex, Andy Moor, nous avait pourtant prévenus: “L’étiquette world music que l’industrie musicale a voulu coller à tous ces artistes qui n’étaient pas anglo-saxons a toujours été ridicule. C’est pareil pour le mot punk qui rassemble tellement de groupes différents, y compris des groupes qui n’ont pas grand chose à voir avec le punk comme The Ex. Ca nous a rapprochés avec Getatchew. On a tellement cherché à nous ranger, lui ou nous, dans des cases trop étroites pour nos envies que nous avons voulu nous libérer de toutes contraintes avec cette collaboration”.

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R’n'B: James Hunter, Go! James Go!


James Hunter ouvrira les feux de l’édition 2009 de Rock en Seine

A l’écoute de sa voix de crooner habitée et parfaitement maîtrisée, on peine à imaginer que James Hunter s’est initié à la soul à Colchester. Une petite ville située nord de Londres plus connue pour ses ruines romaines que pour son patrimoine en matière de musiques afro-américaines.

C’est pourtant là, vers le début des années 70, que commence à mûrir une passion pour le rythm’n'blues qui nécessitera quelques décennies laborieuses pour être finalement reconnu. D’ailleurs, lorsqu’il évoque l’engouement inespéré rencontré par son album “People Gonna Talk” (2006), James avoue qu’il lui aura fallu 20 ans pour connaître le succès du jour au lendemain.

La patience a porté ses fruits et, surfant sur la vague soul revival actuelle, le quadragénaire n’a pas eu de peine à confirmer cette confiance avec de “Hard Way” (2008). Un quatrième album parfaitement abouti sur lequel on retrouve notamment le légendaire Allen Toussaint.

Le 28 août à 15h sur la scène de la Cascade, James Hunter ouvrira les feux de Rock en Seine.

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CONCERT

  • 28.08.09 Paris / Rock en Seine

James Hunter, Carina, “Hard Way”, Hear Music (2008)

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Funk: Dãm-Funk, la côte electro


PHOTO: Shaun Bloodworth / Give Up Art

L’ambassadeur du boogie funk réveille les sensibilités old school

Basé à Los Angeles, cela fait déjà pas mal de temps que Dãm-Funk est connecté sur les fréquences les plus electro de le ville. Dès le début des années 90, il a participé à la construction du son G-Funk en officiant en tant que musicien de studio aux côtés de Warren G ou de Nate Dogg. Par la suite, c’est surtout grâce à son rendez-vous hebdomadaire Funkmosphere qu’il est devenu un porte-parole incontournable en matière de Boogie ou d’electro funk.

Tout cet héritage West Coast est rassemblé dans un premier album intitulé “Toeachizown, Vol. 1: Latrik”. Aux commandes d’une collection exhaustive de machines vintage, Captain Boogie nous invite à traverser tous les pôles en matière de funk galactique. Entre les réverbérations de Cybotron, les premières ballades princières ou les râles électrifiés de Roger Troutman, “Toeachizown, Vol. 1: LAtrik” transmet un groove synthétique atemporel. Afin de compléter son projet, Dãm-Funk envisage d’ailleurs d’ajouter encore quatre volumes à “Toeachizown”. En téléchargement, 10 West, le premier single du deuxième volet intitulé “Fly”.

ALBUM

  • Dãm-Funk “Toeachizown, Vol. 1: LAtrik”, 2009 (Stones Throw)

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Dãm-Funk On and On, “Toeachizown, Vol. 1: LAtrik” (2009)

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Concours Maroc Urbain à Genève

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