octobre, 2011



Bjork et Dirty Projectors, bis

La collaboration entre Dirty Projectors et Bjork “ Mount Wittenberg Orca”, qui avait été composée et jouée en live l’an dernier dans le cadre d’un concert de charité, sera disponible sour la forme d’un disque à partir du 30.06.10 uniquement à cette adresse.

Os Mutantes en concert

Le groupe brésilien cultissime sera en concert unique à Paris, le mercredi 30.06.10, dans le cadre du festival Copacabaret.

  • 30.06.10 Cabaret Sauvage / Paris

Interview: T.P. Orchestre Poly-Rythmo de Cotonou


Photos: Joël Vacheron

Redécouvert en grande partie grâce des compilations, le T. P. Orchestre Poly-Rythmo de Cotonou s’offre une seconde adolescence avec une tournée mondiale et de nouvelles sorties en préparation. Pierre (Saxophone) et Vincent (Chant) reviennent sur l’épopée du Tout Puissant Orchestre à l’heure des commémorations d’indépendances et du regain d’intérêt sans précédent que connaissent les productions funk en provenance d’Afrique de l’Ouest.

Comment a commencé l’aventure du T.P Orchestre Poly-Rythmo de Cotonou où vous produisiez-vous?

Vincent: L’histoire a débuté petitement à partir d’un orchestre qui s’appelait Sonny Black’s Band. Son propriétaire, qui était marié à une Française et devait retourner en France, l’avait cédé à un compatriote qui possédait une société dénommée Poly-Disco. Lorsqu’il a renommé l’orchestre, il désirait garder un nom qui soit proche de sa raison sociale. C’est comme ça que le groupe a vu le jour sous le nom de Poly-Rythmo. À l’origine, il était composé de huit personnes et le groupe s’est peu à peu entouré d’autres instrumentistes. Les discothèques sont nées en grande partie grâce à Poly-Rythmo et nous nous produisions un peu partout, mais notre lieu de prédilection était sans conteste le Zénith. Un bar dancing dans lequel nous jouions tous les samedis et dimanches. C’était un lieu sacré qui, aujourd’hui encore, fait la fierté du Bénin. Les gens sont nostalgiques de cet endroit, ils voudraient bien revoir un autre zénith maintenant que le Poly-Rythmo est en train de faire le tour du monde. Il faut qu’on s’y mette vraiment pour le créer notre Zénith… Sinon, on jouait un peu partout pour des mariages, des fêtes diverses, les anniversaires officiels, etc. On était plus avec le gouvernement de l’époque et il n’y avait aucune manifestation pour laquelle nous n’étions pas sollicités. D’ailleurs, on nous appelait orchestre national, alors que nous ne l’étions pas…

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Hendrix à St-Rémy de Provence

La maison du village de St-Rémy de Provence invite Steve Hiett, photographe connu et reconnu par l’ensemble des rédactions pour ses photos de mode. Musicien dans l’âme dès son plus jeune âge, Steve était un voyageur et un curieux, il se trouve qu’il assiste au concert magistral de l’ile de Wight en 197O, et shoote quelques grandes stars et particulièrement JIMI HENDRIX. 14 PHOTOS INEDITES seront exposées à la vente en cinq exemplaires. Steve sera présent le 8 JUILLET 2O1O, le 8 AOUT 2010, le 8 SEPTEMBRE 2010. Renseignements: La Maison du Village

Compilation: The World Ends, Electric Nigeria Land


Quand il y en a une, ça va. Mais quand il y en a plusieurs, ça pose un problème. Nous parlons bien sûr des compilations dédiées à l’Afrique de l’Ouest des années 60 et 70, très en vogue depuis ces dix dernières d’années. Du désormais classique « Nigeria 70 » réédité récemment par Strut, aux récentes explorations togolaises et béninoises d’Analog Africa, il est difficile de faire son choix face à une telle déferlante. Si la qualité des projets est parfois inégale, le label Soundway, autre incontournable dans ce créneau, risque fort de mettre tout le monde d’accord avec sa dernière livraison.

«The World Ends: Afro Rock & Psychedelia in 1970s» Nigeria fait la part belle aux productions nigériennes du début des années 70, -au sortir de la sanglante guerre du Biafra-, sur lesquelles soufflent un vent d’électricité et une soif de renaissance. Si aucun Fela ou Orlando Julius ne figure parmi la trentaine de titres ici présents, on y croise tout de même quelques pointures du genre tels Ofege et Sonny Okosun.

Mais l’immense majorité de ces enregistrements inédits est portée au crédit d’illustres inconnus aux noms fortement américanisés tels Chuck Barrister, Tony Grey, ou encore The Strangers et The Black Mirrors. Des blazes que n’auraient pas renié les groupes de garage US. Si Soundway avance le terme « psychedelia », n’imaginons pas pour autant un Grateful Dead à la sauce afro. En vérité, les nigérians lorgnent davantage vers Jimi Hendrix et James Brown mais ont suffisamment de personnalité pour insuffler aux guitares, cuivres et orgues un son bien local. Ajoutez des chanteurs survoltés et une section rythmique à l’efficacité redoutable… l’addition n’en est que plus salée.

Télécharger: Chuck Barrister & The Voices of Darkness, Be Kind, Be Foolish, Be Happy, «The World Ends: Afro Rock & Psychedelia in 1970s» (2010)

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Techno: The Scene, les premiers pas de Detroit


The Scene était diffusé de 1975 à 1981 sur WGPR-TV, une chaîne de télévision de Detroit qui a fût la première intégralement contrôlée par des Afro-Américains. Le show est resté célèbre pour avoir reformulé le format de l’émission musicale, notamment en invitant le public à danser, et en jouant un rôle majeur dans la popularisation de la musique Techno dans la ville.

Présenté par Nat Morris et diffusé juste après les cours, toute l’attention des téléspectateurs était concentrée sur les danseurs qui, en l’espace d’une émission, pouvaient accéder au statut de véritables stars locales. Malgré son énorme succès dans la ville, l’émission n’a jamais été diffusée sur d’autres canaux. Certains artistes, comme Juan Atkins sous le nom de Model 500, ou certains titres, comme le Sharevari, qui servait de générique à l’émission, sont par la suite devenus des classiques.

A Number of Names, Sharevari (The Scene, 1981)

Jesse “The Body”, Scene Mix (The Scene, 1981)

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Décès de Lassina Coulibaly

Le percusionniste burkinabé Lassina Coulibaly est décédé à Bobo-Dioulaso le 19 juin dernier à l’âge de 39 ans. Accompagné par son frère jumeau Ousséni et leur grand frère Souleymane, les frères Coulibaly jouissaient d’une reconnaissance internationale et ont largement participé à diffuser l’engouement des musiques africaines en Suisse romande. Le groupe s’était dissolu en 2004, Lassina ne s’étant jamais remis de la mort d’Ousséni survenue en 2002.

Festival: Charlie Jazz Festival


L’été, c’est au milieu des platanes du Domaine de Fontblanche que Vitrolles reçoit les estivants amateurs de musiques improvisées lors du Charlie Jazz Festival.

Elle est à part. Mina Agossi est venue au jazz et au chant par hasard, une histoire de rencontres successives. En chemin et en autodidacte, elle a travaillé son style dans des contextes étonnement exigeants pour une jeune artiste qui ne possédait pas les repères académiques et les bases d’un enseignement formel pour soutien. Loin des divas, des standards repris dans les règles de l’art, elle bouscule les airs de jazz, de Jobim, de Jimi Hendrix ou des Beatles, scatte, se lance sans filet dans son style percussif, ludique, joyeux.

Archie Sepp et d’autres sont tombés sous le charme. Le saxophoniste Odean Pope vient de Philadelphie, une place forte du jazz. Il a joué longtemps avec Max Roach (ce qui veut dire beaucoup), mais a aussi interprété du r’n’b, du classique. Il enseigne dans des Académies prestigieuses. Il maîtrise le hautbois, la clarinette, la flûte, le piano et défend sur scène son titre de « tenor terror ».

Au programme, on retrouvera également Jean-Marie Machado, Sashird Lao, Enrico Rava, Mina Agossi, Odean Pope, François Cordas Quartet, Fanfare Wonderbrass, La Mécanique des Fluides…

FESTIVAL

  • 02-04.07.10 Vitrolles

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Funkadelic en deuil: Gary Shider est mort

Le guitariste de Funkadelic/Parliament Gary Shider est mort le 16 juin dernier des suites d’un cancer des bronches et du cerveau. Il avait 56 ans. Shider, plus connu par les fans de P-Funk par ses surnoms “Starchild” et “Diaperman”, avait rejoint George Clinton et sa bande alors qu’il était encore adolescent. Son jeu de guitare flamboyant était devenu une pierre angulaire des délires musicaux du groupe.

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Afrique: Shangaan Electro, Marimba Core


En marge des vuvuzelements de la Coupe du Monde, l’Afrique du Sud a connu quelques courants musicaux flirtant avec les extrêmes en matière de productions sonores. Initié il y a quelques années, le Shangaan Electro s’est rapidement présenté comme le supporter officiel des danseurs les plus frénétiques des townships de Soweto à Limpopo. Shangaan est à l’origine le nom donné à une population, issue de l’Empire de Gaza, répartie entre le Mozambique et certaines régions d’Afrique du Sud.

Tournant quelquefois à plus de 180 bpm, ce style prolonge le Shangaan Disco des années 80 et se revendique comme une musique destinée aussi bien aux populations rurales que celles vivant dans les villes. Une évolution due en grande partie au travail à l’influence du producteur et homme à tout faire dénommé Nozinja. À partir de 2005, c’est lui qui commence à utiliser des marimbas et des sons d’orgues à la place des lignes de guitares et de basses, tout en intégrant des voix samplées et accélérées.

Le résultat se présente sous la forme de bandes-son hypnotiques d’un jeu de Commodore 64 rafistolé pour répondre aux besoins des danseurs les plus frénétiques. Honest Jon’s propose une introduction au Shangaan Electro par l’entremise de Mark Ainley et Mark Ernestus qui, pour l’occasion, s’aventurent dans des univers 8-bit tranchant radicalement avec les productions de Rhythm & Sound.

ALBUM

  • Various, “Shangaan Electro: New Wave Dance Music From South Africa” (Honest Jon’s Records) sortie le 28.06.10

Tshetsha Boys, Nwa Pfundla

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Laurie Anderson

Les disques qui comptent pour Laurie Anderson. Après dix ans de silence, l’artiste publie « Homeland », d’intimes confessions où elle revient sur l’état des Etats-Unis en ce début de millénaire. Pour le coup, elle a même accepté de jouer le jeu de l’île déserte, à condition de pouvoir y mettre quelques musiques associées à des images. « C’est la toute première fois. C’est toujours très drôle et très instructif de voir ce qui est source d’enchantements et d’inspirations pour les musiciens. Ce qu’ils cachent dans leur tête ! »

Chris Marker « la Jetée »
Des images apocalyptiques d’après le grand désastre nucléaire, avec la musique de Trevor Duncan. Et puis, « Sans Soleil », un autre film de Chris Marker tout aussi visionnaire, dont la bande-son repose sur une voix.

Christophe Chassol « Ultra scores »
Un très beau DVD que je viens de découvrir en France. Ce pianiste qui a étudié la musique de Steve Reich et a accompagné un chanteur indien pose sa musique, faite de samples, sur des images incroyables.

Sergueï Rachmaninov « Concerto pour piano n° 3 »
La touche romantique et la plus complexe à la fois par un des compositeurs les plus austères. Pas de show off, tout est intériorisé.

Billie Holiday « Strange Fruit »
Le blues des origines et l’origine du blues. Sans doute ma chanson préférée de tout temps. Vous pouvez l’écouter dans sa première version ou plus tard. Peu importe : elle a chanté ce poème mille fois, et sous sa voix, c’est toujours une nouvelle histoire, le même drame.

Frank Sinatra « April In Paris »
C’est de saison ! Je n’arrête pas de l’écouter dans l’hôtel où je suis. Ça m’a permis de réaliser que Sinatra était un excellent chanteur. Une diction parfaite et un réel sens de l’interprétation. Tant pis pour le cliché : c’est la vérité.

Doveman « The Conformist »
Thomas Bartlett est un pianiste tellement timide et un chanteur à la voix si douce… Chacune de ses prestations en devient un moment en suspension, extraordinaire. Il a joué avec beaucoup de musiciens new-yorkais, d’Antony à David Byrne.

Marc Ribot « Party Intellectual »
Pour « Fuego », une chanson au répertoire de son projet Ceramic Dog : c’est une messe, avec une énergie irradiante.

Lou Reed « Complete Works »
Je pense que j’ai dû tout écouter, mais en même temps, il me faudra toute une vie pour apprécier la portée de chacune de ses chansons. Ecouter Lou Reed de toute façon, ça ne fait jamais de mal.

Astor Piazzolla « Rough Dancer and The Cyclical Night »
Buenos Aires reste une ville à laquelle je suis beaucoup attachée. Et le son du bandonéon de Piazzolla, tout comme l’esprit de ses compositions, me touche d’autant plus qu’il est produit par un ogre new-yorkais.

Fedor Dostoïevski « Crime et châtiment »
L’écriture et la dramaturgie se prêtent à l’écoute d’un livre sonore. C’est même le format parfait pour plonger dans la noirceur de ce roman. Peu importe qui le lit, du moment que c’est en américain.

Recueillis par Jacques Denis

ALBUM

  • Laurie Anderson « Homeland » (Nonesuch/Warner)

Download: Prince, l’été sera chaud!


Vous êtes pessimistes vis-à-vis des prévisions métérologiques, Prince vient lever tous les doutes avec “Hot Summer”, un titre extrait de son prochain album. Yeah!

Télécharger: Prince, Hot Summer (2010)

CONCERTS

  • 04.07.10 Roskilde / Danemark
  • 05.07.10 Berlin
  • 09.07.10 Citadelle d’Arras / France
  • 10.07.10 Werchter
  • 12.07.10 Genève
  • 13.07.10 Linz

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Reggae: Wingless Angels, le coeur de la Jamaïque


Fin 1972, les Stones passent deux semaines en Jamaïque pour effectuer quelques sessions d’enregistrement au Dynamic Sound Studios, le studio du producteur Byron Lee. Dans une interview accordée en 2003, Keith Richards revenait sur le contexte particulier ayant présidé à cette expérience : “À cette époque, neuf pays m’avaient expulsé et le seul endroit dans lequel je pouvais vivre était la Suisse. C’était vraiment trop ennuyeux pour moi, surtout la première année parce que je n’aimais pas le ski. La Jamaïque était l’un des seuls endroits qui nous nous laissaient tous rentrés! C’était l’île de la musique, un endroit magnifique, à la fois libre et facile. On entendait des choses très intéressantes qui venaient de là-bas et en plus les tarifs de studios étaient très bon marché. Dynamic Sound était un endroit incroyable. Les éléments de la batterie et les amplis étaient visés au sol. “.

Le résultat de cette collaboration se retrouvera dans l’album “Goats Head Soup”, dans lequel on retrouve notamment Angie et marquera le début de la relation particulière que le groupe entretient l’ìle des Grandes Antilles: “Je m’y rendais régulièrement pour des courtes visites depuis les années 60. Depuis “Goats Head Soup”, je vis là-bas dès que je le peux. J’ai de la famille, là-bas et dans les villages on m’accueille avec les bras ouverts”. Parmi ses lieux de prédilection, Steer Town occupe une place privilégiée. C’est là que Keith Richards rencontre Justin Hinds, un jeune rasta qui avait notamment officiait comme toaster auprès de Duke Reid durant les années 60’s. Lors de ses séjours, Richards avaient l’habitude de s’entourer de musiciens locaux pour organiser des jams informelles, auxquelles Hinds prenait régulièrement part.

En 1995, c’est un peu par hasard que Richards décide de produire le premier album de son groupe Wingless Angels en 1995. Hinds est accompagné par Winston “Black Skull” Thomas (qui avait collaboré notamment avec les Talking Heads et Bad Brains), Milton “Bongo Neville” Beckerd, “Bongo” Locksey Whitlock, Warrin Williamson, Maureen “Sister Maureen” Fremantle, Vincent “Jackie” Ellis et Bongo “Iron Lion” Jackie. Depuis ce premier enregistrement trois membres du groupe original ont succombé dont Hinds, ont succombé. Mais Richards possédait encore quelques enregistrements effectués de son vivant et ce deuxième album se présente ainsi comme une forme d’hommage à son ami Justin Hinds et à la fascination exercée par la musique jamaïcaine depuis les années 70.

Télécharger: Justin Hinds, Oh What A Joy, “Wingless Angels II (2010)

ALBUM

  • Wingless Angels II, Wingless Angels, (Mindless Records) sortie le 23.10.10

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Vidéo: Amen, Au Nom du Break


Quel est le point commun entre ShyFX, NWA, Oasis, Aphex Twin, Luke Vibert, Nine Inch Nails ou une publicité pour une Jeep ? Chacun a construit un morceau fondé sur un même break de 5.2 secondes extrait du Amen Brother de The Winstons. Alors que le titre original, sorti en 1969 sur la face B de leur tube Color Him Father, avait connu un succès très relatif, ce sample de roulements de batteries de G. C. Coleman a été exhumé en 1986 grâce aux compilations “Ultimate Breaks and Beats”, avant d’avoir un impact décisif sur l’évolution des musiques électroniques.

Depuis, le “Amen Break” s’est diffusé telle une trainée de poudre et le retrouve notamment à l’origine du hip-hop new school à travers le titre emblématique Straight Outta Compton, de l’electro avec le Kings of the Beat de Mantonix ou aux la base du breakbeat avec Original Nuttah. A ce titre, la jungle et la drum’n'bass se sont largement construites à partir de la déconstruction et les réarrangements de ce partie syncopée.

The Winstons, Amen Brother (le break commence à 1:27)

Un documentaire de Nate Harrison retrace l’histoire de ces quelques secondes légendaires, en soulevant des questions très intéressantes à propos du statut des transformations de la créativité à l’ère du sampling et des problèmes liés aux droits d’auteur. The Winstons, le groupe existe d’ailleurs toujours, n’ont jamais touché aucun royalties et n’ont jamais entrepris une quelconque démarche juridique pour revendiquer la paternité de ce break. Pour Nate Harrison, Amen est en quelque sorte entré “culturellement” dans le domaine public. À tel point que, comble du paradoxe, certaines firmes ont même été jusqu’à en revendiquer le copyright à des fins commerciales.

Admiral T

Les disques qui comptent pour le Guadeloupéen Admiral T. Devenu le porte-parole de toute une génération rivée aux minima sociaux et scotchée par les préjugés raciaux, le gamin de Boissard est de retour avec un troisième album qui oscille entre la colère et l’espoir, entre « Enfants du Pays » en hommage aux esprits créoles et « Pété Chènn La », l’hymne écrit lors de la grève de l’hiver 2009.




Michael Jackson « Thriller »
Juste parce que mon titre préféré de Michael Jackson se trouve dessus : « Beat It ».

Sizzla « Black Woman and Child »
Pas de doute : c’est son album le mieux réalisé, et l’un des meilleurs disques de reggae.

Jocelyne Béroard « Siwo »
Cette chanteuse avec qui j’ai eu la chance de travailler est la plus belle voix du zouk. A compléter par le plus récent « Madousinay ».

Kassav « Love and Kadance »
Tout jusqu’à « All We Need Is Zouk ». À l’instar des grands groupes comme les Beatles ou les Wailers, Kassav a marqué le monde de la musique de son empreinte et fait la fierté du peuple antillais.

Bob Marley « Survival »
Je pourrais prendre n’importe lequel de Bob, mais dans cet album se trouve une de mes chansons préférées : « So much trouble in the world ».

Wu Tang Clan « Forever »
Dans cet album, les artistes dégageaient une énergie particulière que je n’ai jamais retrouvée ailleurs.

Mr Vegas « Head High »
Cet album à été sans aucun doute une révolution dans le reggae dancehall : non content d’avoir réalisé un bel album, Mr Vegas a inventé un nouveau style le « singjay » à mi-chemin entre le deejay et le chanteur.

Kolo Barst « Lot Bô So »
A chaque fois que je l’écoute, j’ai des frissons tellement la voix mélangée à la musique de cet artiste martiniquais sont touchants.

Fanswa Ladrezeau « Espwa Kouraj »
Dans le style gwo ka, c’est ce que j’ai entendu de plus fort jusqu’à présent. Et puis, pour être un sacré tambouyé, ce Guadeloupéen a également une voix qui se pose là.

Recueillis par Jacques Denis

ALBUM

  • Admiral T, “Instinct Admiral” (AZ/Universal)

Décès de Marvin Isley

Marvin Isley, bassiste du groupe Isley Brothers, est décédé à Chicago des suites de complications dûes au diabète. Il été âgé de 56 ans. La maladie l’avait déjà forcé à mettre un terme à sa carrière vers le milieu des années 90.

Festival: Mutek, expérimentations et transpirations


Ikonika
Photos: Churumba Vision

Depuis 1999, le festival Mutek branche Montréal à haut débit, sur l’actualité de la culture digitale et des musiques électroniques. L’édition 2010 a embrassé la nouvelle décennie avec la même philosophie : rester curieux et bon enfant.

Le volet Culture Digitale, qui s’exposait par le biais des huit programmes « Expériences » et « A/Visions », a interrogé la musique électronique sur ses limites sonores, son ludisme ainsi que son rapport avec l’image. Alors que le duo canadien Aun explorait le volume de la noise/shoegaze jusqu’à la transformer en un monolithe de musique ambiante, les Anglais de Nurse with Wound lui préféraient la tangente impro, free-jazz pour tester ses capacités à rebondir. Dans le registre de l’extrême, personne n’est allé aussi loin que Ben Frost. C’est comme s’il essayait de glisser ses doigts dans la gorge de la musique pour lui faire sortir ce qu’elle a de plus viscéral: De puissants râles de basses et de longues périodes d’agonie à 120 dB.

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Dub: King Tubby, l’autre King


Artwork: Hvw8

Sans King Tubby, il n’y aurait pas eu de techno à Detroit, pas de drum and bass à Londres, pas de Kanye West ni de Massive Attack… En marge de la sortie de la compilation “The Man and His Music”, Vibrations est parti enquêter en Jamaïque pour savoir ce qui reste du grand maître du dub, assassiné en 1989.

Par Marc Ismail

Duhaney Park est une banlieue sans grand charme, étalée aux pieds des Red Hills qui dominent l’extrême Ouest de Kingston. Des routes larges et raisonnablement abîmées, une poignée de chiens lascifs, et quelques grosses voitures qui dorment sous des manguiers immenses. Et, à bonne distance l’un de l’autre, des pavillons d’un étage aux murs blanc et rose pastel que le soleil de midi rend éblouissants. L’un de ces quartiers de Kingston qui raconte les premières années d’indépendance de la Jamaïque, qui virent la classe moyenne naissante cesser de rêver d’Angleterre pour se tourner tout entière vers la voisine Amérique. C’est là, au coin de Sherlock Crescent et Duhaney Drive que Miss Del passe ses journées au frais sous sa véranda. Elle s’appelle Veronica Johnson, mais aussi loin qu’elle se souvienne, tout le monde l’a toujours appelé Delores, devenu Del avec le temps. La joviale sexagénaire est visiblement une figure du quartier. Rares sont les passants qui ne lui adressent de sonnantes salutations en longeant la clôture de son petit jardin. Pour perturber son quotidien, il y a de temps à autre ces visiteurs venus de très loin, qui franchissent en hésitant le petit portail blanc de l’entrée.

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Playlist du DJ-Kicks de Kode9

Playlist du “DJ-Kicks” de Kode9, sortie le 22 juin.

  • Lone - Once In A While
  • Aardvarck - Revo
  • Kode9 - Blood Orange
  • Kode9 - You Don’t Wash (Dub) (DJ-KiCKS)
  • Cooly G - Phat Si
  • Ill Blu - Bellion
  • Ikonika - Heston
  • Scratcha DVA - Jelly Roll
  • Mr Mageeka - Different Lekstrix
  • Grievous Angel - Move Down Low
  • Sticky feat. Natalie Storm - Look Pon Me
  • Sticky - Jumeirah Riddim Sequel
  • Mujava - Pleaze Mugwanti
  • DVA - Natty
  • Aardvaarck - Re Spoken (Nubian Mindz Released Mix)
  • Morgan Zarate feat. Sarah Ann Webb - M.A.B.
  • Rozzi Daime - Dirty Illusions
  • Zomby - Spiralz
  • Kode9 - It
  • J*DaVeY - Mr. Mister
  • Digital Mystikz - 2 Much Chat
  • Terror Danjah - Stiff
  • Digital Mystikz - Mountain Dread March
  • Zomby - Godzilla
  • Digital Mystikz - Mountain Dread March (Reprise)
  • Addison Groove - Footcrab
  • Kode9 vs. LD - Bad
  • Maddslinky - Cargo
  • Ramadanman - Work Them
  • Terror Danjah - Bruzin (VIP)
  • The Bug - Run (feat. Flo Dan)

Concert: Peter Gabriel, Remember Biko

Un peu de souvenir en ce début de coupe du monde…

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Blogs: Dalston Oxfam Shop


Toutes les personnes qui ont cette petite manie d’aller fouiner dans les bacs à disques des magasins de seconde main peuvent en témoigner. On trouve toujours de tout, mais rarement ce que l’on recherche. Chanteurs aux noms inquiétants, groupes aux looks improbables et graphisme ampoulé, toute cette armada de pâles ersatz n’invite, dans son ensemble, guère à l’écoute.

Sous le pseudonyme de Dalston Shopper, Todd Hart ne voit cependant pas le problème sous cet angle. Personnalité incontournable des nuits londoniennes au style pour le moins excentrique, dans ce domaine il rivalise d’audace avec Austin Powers, il collectionne depuis de nombreuses années des disques et des cassettes trouvés dans le Oxfam de Dalston.

Même s’il a étendu ses recherches, ses trouvailles kitsch et hétéroclites sont régulièrement postées sur son blog dalstonoxfamshop. Elles offrent une écoute kaléidoscopique des diverses cultures musicales qui composent cette région particulièrement cosmopolite de l’est londonien. De l’Oriental Disco aux mixtapes de trance obscure, en passant par la secousse ou les Choeurs de l’Armée Soviétique, Todd joue les chiffonniers en accompagnant chacune de ses trouvailles d’une présentation.

Télécharger: Egyptian Lover, Dance, “Street Jams Part.4 - Electric Funk” (1994)

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Funk: Push Up!, Dr Quincy et Mr Brown


Quincy Brown, cet avatar hybridé de James Brown et de Quincy Jones, constitue la figure d’un funkster imaginaire à partir duquel Push Up! peut explorer les différents registres de l’histoire de la musique afro-américaine. Ji Drû, Jean-Philippe Dary, Sandra Nkaké, Karl The Voice, Allonymous et la section rythmique de Ji Mob, “cette bande de quadragénaires teenagers” partage une même passion pour la scène et s’est peu à peu regroupée à travers les nombreuses soirées et les jams auxquels ils s’adonnent depuis de longues années.

Le résultat dans cette gestation s’est cristallisé sous la forme d’une épopée « The Grand Day Of Quincy Brown » dans laquelle fusionnent leurs expériences réciproques, aussi bien musicales qu’existentielles. Sous leurs faux airs de pimps bien mis, cette dream team parisienne assène des rythmiques saturées et woa waotantes comme autant d’hommages aux préceptes des Funkadelic, Sly Stone et autres Curtis Mayfield.

CONCERTS

  • 11.06.10 Un Printemps au Parc / Quévilly
  • 15.06.10 La Maroquinerie / Paris
  • 20.06.10 West Rock / Cognac
  • 05.08.10 festival Tempo Rives / Angers
  • 04.09.10 La Villette Jazz Festival / Paris
  • 09.10.10 El Médiator - Jazzèbre / Perpignan
  • 23.10.10 Festival Jazz / Tourcoing

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Soul: Blundetto & Blackjoy, c’est l’amour à la plage


PHOTO: Yann Stofer

“Je pense qu’il n’y a jamais de véritables nouveautés en musique, tout n’est que recyclage.» Admet Max Guiguet dans le dernier numéro du magazine Vibrations. “Un jour, j’écoutais un titre du pianiste Michel Sardaby sur lequel il tient la même note pendant trois minutes dans une intro. À force, ça donne une sacrée couleur au morceau, et ça m’a intrigué. J’ai voulu m’y essayer sur “Mi Candena”. Tous mes morceaux se fabriquent ainsi, à partir d’une idée très simple que je tente d’étoffer peu à peu ”.

Le résultat se retrouve dans un album aux textures savamment patinées et faussement bricolées. De la cumbia de Baila Rosita à la salsa, en passant par le reggae de Voices ou le rare groove de Mono Mono, Blundetto a su bien s’entourer afin de tourner résolument sa musique vers le soleil. “Bad Bad Thing” est un coup d’essai réussi qui constitue une très belle invitation au voyage pour cet été.

Blundetto feat. Hindi Zahra, Voices, “Bad Bad Things”

Blackjoy, aka Jérome Caron qu’on retrouve également à la production de “Bad Bad Things”, n’est pas en reste en matière de vibrations estivales avec la sortie de son album “Erotis”. Après “Time” en 2007, ce deuxième album est à nouveau porté par la voix incomparable de Sandra NKaké. On y trouve également le Californien Aqeel. Résolument tourné du côté des ambiances affriolantes de la disco originelle, Julien Caron nous promet une ode à l’ondulation cérébrale.

ALBUMS

  • Blundetto, “Bad Bad Things” (Heavenly Sweetness) sortie le 07.06.10

  • Blackjoy, “Erotis” (Heavenly Sweetness) sortie le 15.06.10

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Soul: des news de Bilal

Selon des sources proches (son manager), Bilal a pratiquement terminé son nouvel album. Pour écouter quleques-uns de ses nouveaux morceaux, c’est ici, en live.

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Chief reprend Chick Corea et Moka Only

Le producteur Chief rend hommage à Chick Corea à travers une série de dix remixes mis à disposition gratuitement sur son site. Comme il n’est pas avare, il offre également un remix du “Isn’t over” de Moka Only. Il est également possible d’écouter l’album de ce dernier dans son intégralité.

Moka Only, “Isn’t over” EP (Feelin Music)

Décès de Oliver N’Goma

Oliver N’Goma, est décédé dans la nuit du 6 au 7 juin à l’Hôpital d’instruction des armées Omar Bongo Ondimba de Libreville. D’après les informations que nous avons reçues du Gabon, il serait décédé d’une insuffisance rénale. Cette disparition soudaine survient deux jours après la sortie d’un film documentaire et d’un livre sur lui, alors qu’Oliver envisageait de retourner en studio pour enregistrer un nouvel album.

Festival: Olivier Forest, Filmer La Musique


« Filmer la musique ». Derrière cet intitulé se cache un festival parisien passionné et passionnant sur l’art et la manière de confronter image et son. Documentaires pointus, portraits, archives, captations live, vidéos expérimentales… Des ghettos de Kingston à la no wave new-yorkaise, FLM nous en met plein la vue, loin des clichés du film rock.

Olivier Forest, fondateur du festival avec Eric Daviron, présente cette quatrième édition, organisée au Point FMR du mardi 8 au dimanche 13 juin.

Q : Comment est née l’idée du festival il y a quatre ans ?

Olivier Forest : Le déclic s’est produit à New York, où on est tombé sur un vidéoclub démentiel plein de films pirates, d’émissions TV, de clips, de séries B… On a aussi vu une exposition organisée par Kim Gordon de Sonic Youth qui mêlait la photo, l’art contemporain, les performances musicales. Nous avons voulu faire un festival hybride, décloisonné, qui mélange plein de formes différentes.

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Be Rock, un nouveau magazine de rock

L’équipe de Vibrations et de So Jazz sort un nouveau magazine de rock, Be Rock, en kiosque aujourd’hui.

Un premier numéro de magazine, c’est toujours exaltant. Pour ceux qui le font, en premier lieu. Fonder une équipe, trouver la « ligne », la dépasser quand il le faut, se perdre en chemin, tout changer en cours de route, douter jusqu’à la fin…

Une pensée émue va d’abord aux maquettistes, qui vont donner de la gueule à la bête, transformer le métal (textes Word) en or (InDesign). Long chemin de croix le long duquel il ne faut surtout pas perdre de vue qu’un magazine, aussi beau soit-il, n’est pas grand-chose si l’on ne « rentre » pas dedans. Il faut donc un peu de l’humilité qui manque si souvent aux graphistes de la presse magazine.

Ensuite merci aux journalistes, photographes et illustrateurs qui ont collaboré à ce numéro 1: Vincent Brunner, Sophie Rosemont, Kalcha, Nicolas Chapelle, Eric Tandy, Louiza Becquelin, Jean-Luc Manet, Mathieu Durand, Samathan Clode, Julien Gaisne, Marc Zisman, Sébastien Agnetti, Mix & Remix, Romain Grosman, Jacques Denis, Stephen Rueth, Jacques Bétant, Jim Harrington, Catia Bellini. La liste va encore s’étoffer ces prochains mois.

Parlons un peu du contenu de Be Rock. « Un people du rock », entend-on déjà dire dans les cafés parisiens. Et pourquoi pas, si l’on étend le terme aux « gens ». Dans ce premier numéro, nous présentons pêle-mêle Beth Ditto et Philippe Garnier, The Stooges et LCD Soundsystem, le photographe Jim Herrington et les couples fameux du rock.

Tous ont un point commun : le rock est leur passion. Ils le vivent – ou l’ont vécu – à fond, en marge de la vie civile et des conventions. Be Rock sera leur miroir. À vous de nous dire si vous souhaitez vous y mirer.

Pour finir, une petite vidéo de derrière les fagots. Notre couverture du mois, LCD Soundsystem.

Le site de Be Rock

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Sam Cooke et Muhammad Ali, la vidéo

La meilleure façon de commencer la journée…

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Foot: RED, une bande-son à contrepied


En plein Mondial, c’est un match de football mythique que l’inclassable RED se propose de rejouer sur scène. Soit « Séville 82 », un TV-concert osé sur cette demi-finale de la Coupe du monde espagnole entre l’Allemagne de Rummenigge et la France de Platini que nombre de quadragénaires évoquent encore aujourd’hui avec nostalgie.

1-1 au bout de 90 minutes, 3-3 après 120 minutes et la RFA qui l’emporte 5-4 aux tirs au but non sans avoir laissé sur le carreau, gisant sur une civière, le défenseur Patrick Battiston. De cette bataille épique, RED, alias Olivier Lambin, a conservé une heure d’images remontées. Dix minutes de chaque mi-temps, puis les prolongations et penalties.

Depuis son hommage hanté à Leonard Cohen (« Songs From a Room »), on savait RED adepte du décalage et de l’artisanat. Entouré de Philippe Tessier (saxophone, machines) et de Tonio Marinescu (batterie), il s’est donc régalé devant ces images rugueuses d’époque, loin des réalisations léchées d’aujourd’hui.

« C’est la télé en 1982, avec quatre caméras seulement, ce qui donne un cachet intéressant, un côté folklore. Mais ce qui m’intéresse le plus, c’est la tragédie du match. Il y a une vraie tension en permanence. » Ce que traduit son blues-folk inquiétant assiégé de sons électroniques. « On a beaucoup travaillé sur les ambiances, les moments de joie, les moments difficiles. Jusqu’à l’accident de Battiston où on bascule dans le free-jazz. »

Le projet, mené parallèlement à la sortie d’un nouvel album chez Clapping Music, voyagera cet été dans une quinzaine de villes.

CONCERTS

  • 25.06.10 Festival Les Art Borescences / Mayenne
  • 26.06.10 Les Excentriques / Mainvilliers
  • 27.06.10 Festival National de Bellac / Bellac
  • 05.07.10 Dynamo des Banlieues Bleues / Pantin
  • 08.07.10 Les Tombées de la Nuit /Rennes
  • 09.07.10 Les Tombées de la Nuit / Rennes
  • 16.07.10 Festival Natala / Colmar
  • 17.07.10 Scènes Occupation / Dijon
  • 21.07.10 Festival Cabaret Frappé / Grenoble
  • 25.07.10 Esplanade /Cap breton
  • 28.08.10 Festiv’Halles / Questembert
  • 10.09.10 Festival Radar - Le Grand Mix / Tourcoing
  • 25.09.10 L’Ile D’Yeu / L’Ile D’Yeu
  • 17.12.10 Le Florida / Agen, Aquitaine

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Jazz: Lloyd McNeill, un engagement total


Il est des hommes dont la richesse des rencontres est telle qu’ils semblent avoir vécu plusieurs vies. Lloyd McNeill, né en 1935 à Washington, fait partie de ceux-ci et le livret qui accompagne la réédition de l’album Asha parle de lui-même. On y croise Mulatu Astatqé -qui fréquente le même club local-, Eric Dolphy -qui lui donne des leçons de flûte à 3$ la demi-heure-, Charles Mingus et Yusef Lateef, - invités dans l’université où il enseigne la musique afro-américaine, mais aussi Pablo Picasso, -qui le prie d’agrémenter les soirées données à son domicile cannois-.

Archétype de l’artiste total, Lloyd McNeill s’adonne au dessin, à la peinture, à la photographie et, bien sûr, à la musique, pour le plus grand bonheur d’un cercle d’initiés qui se repaît de son œuvre aussi spirituelle que confidentielle. Car si les albums “Tori” et “Treasures”, sortis sur le propre label du flûtiste, ne peuvent résister à une traque sérieuse, il est difficile d’en dire autant d’Asha, son premier opus datant de 1969 et tiré alors à mille copies.

Composé de sept titres signés du leader, ici en quartet, Asha est une pierre de plus à ajouter à l’édifice du spiritual jazz, une appellation qui colle à la peau de labels légendaires tels Strata East ou Black Jazz Records. Tantôt apaisée, tantôt teintée d’exotisme à grand renfort de percussions, la musique de Lloyd McNeill frappe par son sens de la mélodie, et son jeu n’est pas sans rappeler Hubert Laws, l’un de ses augustes collègues. La réédition de cet album par les Anglais de Soul Jazz Records coïncide avec les 75 ans du flûtiste. Un cadeau que personne ne refusera : ni lui, ni nous.

Télécharger: Lloyd McNeill, Asha

ALBUM

  • Lloyd McNeill, “So Flute” (Soul Jazz)

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