Rock: The Dead Weather, une leçon de rock’n'roll


PHOTOS: Tim Norris

Pas jazz, ni véritablement dans la ligne éditoriale de Vibrations, il y avait pourtant beaucoup de « black music » lors du concert ce samedi des Dead Weather au Miles Davis Hall de Montreux. Leur excellent album “Sea of Cowards” “Horehound” sorti en 2010, puis l’un peu plus faible “Horehound” “Sea of Cowards” sorti cette année suintaient déjà un blues sombre et lancinant. Un groupe formé à Nashville, forcément… On connaissait aussi la recherche méticuleuse autour du son qui suit tous les projets de Jack White (The White Stripes, The Raconteurs), mais on était loin de s’imaginer l’ampleur de la claque musicale qu’on allait se prendre.

Le groupe fait une entrée fracassante sur une scène plongée dans le noir et le bleu sur un air de delta blues désuet, qui se terminera en larsen avant d’entonner l’excellent 60 Feet Tall. Très vite, le groupe nous prouve sa puissance rythmique, son talent pour imposer de superbes silences, et nous envoie un son à la fois lourd et aérien d’une perfection ahurissante. Ébouriffée et ébouriffante, Alison Mosshart (qui tient aussi le micro dans The Kills) a l’envergure des grandes rockeuses, de celles - si rares - qui osent laisser de côté la séduction pour entrer totalement dans la musique.

L’unité du groupe est remarquable, les sons choisis inventifs, entre nappes saturées et essais électroniques. La basse et les claviers vintage se posent sur le jeu de batterie de Jack White, dont le groove imparable nous fait penser très fort que nous sommes en face d’un véritable Questlove du rock’n’roll. Lors du 4e morceau, tout chapeau à plumes et teint porcelaine dehors, Jack White vient au-devant de la scène entonner « une chanson qu’il aurait voulu écrire » (« You just can’t win » de Them) d’une façon si théâtrale et maîtrisée que l’on se croirait un instant dans un cabaret allemand des années 30.

Lors du dernier morceau, avant les rappels, Jack White prend cette fois sa guitare, la faisant pleurer et grincer comme rarement nous n’avions entendu, en nous rappelant au passage l’immense guitariste qu’il est également. La grande leçon d’un rock’n’roll qui prend racines dans la soul, le blues, et qui envoie au tapis tous les groupes actuels du même genre, sympathiques mais éphémères.

The Dead Weathers, 60 Feet Tall (Terminal 5 - New York, 16.07.09)

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3 Réponses à “Rock: The Dead Weather, une leçon de rock'n'roll”


  1. 1 Caetano juil 5th, 2010 à 17:02

    Quel enthousiasme ! Ça fait plaisir à lire. Malgré tout quelques erreurs : leur premier album est “Horehound” et c’est le second qui s’appelle “Sea of Coward”

  2. 2 Dj Duclock juil 6th, 2010 à 10:36

    A paris, au Bataclan, leur spectacle a été une très grosse réussite, on s’ennuie pas une seconde et on transpire beaucoup… Il y a plusieurs idées par morceaux, ce qui à l’heure actuelle dans le rock, n’est plus si courant. A ne pas rater !

    Attention vous avez inversé les deux albums : “Leur excellent premier album “Sea of Cowards” sorti en 2009, puis l’un peu plus faible “Horehoun” sorti cette année suintaient déjà un blues sombre et lancinant.” C’est “Horehound” (2009) et “Sea Of Cowards” (2010).

  3. 3 Julie Henoch juil 7th, 2010 à 13:45

    En effet, merci.

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