Un dimanche soir moite à Montreux. Miles Davis Hall, Charlotte Gainsbourg arrive sur scène. Toute simple, tout elle : longiligne, à la mode, timide et touchante. Premier tempo et l’intégralité la salle tape dans les mains. C’est beau un tel capital sympathie. Quant à nous, on est curieux de voir ce que cela peut donner. L’aura Gainsbourg raconte plein d’histoires, de « la fille de » (forcément) à « l’actrice qui », et nous aussi, on l’aime déjà.
Premier morceau : poussif. On serre un peu les dents. Le son n’aide pas : la voix est trop en avant, et… le trac certainement. « C’est ma première tournée en Europe, merci d’être là » dira-t-elle, adorable. Tonnerre d’applaudissements. Tiens, on jurerait Françoise Sagan à la guitare. Enchaînement de petits morceaux pop très anglais. Charlotte Gainsbourg a un pad devant elle et un clavier, elle envoie des petits sons, bats le rythme de temps à autre. Tout se passe ainsi, morceau après morceau. On attend un peu pour voir si le manque d’énergie global est uniquement la faute de l’ingénieur du son.
Pendant ce temps, on se rappelle avoir lu une interview, il y a un bon moment, où Charlotte disait avoir finalement désobéi à son papa, lequel lui avait toujours déconseillé de prendre des cours de chant afin de garder sa voix si particulière et imparfaite. Du coup, on se remémore « Lemon Incest », ses chuchotis malhabiles, mais plein de charme, qui n’ont plus rien à voir avec ce qu’on entend là. Et on repense à son album précédent aussi, moins pop, plus atmosphérique, qu’on aimait mieux. On se dit encore que, globalement, sur ce coup-là, c’est un peu dommage d’avoir pris la route de la bonne élève. Au rayon des comédiennes qui chantent, nous penchons plutôt pour ce que nous nommerons « la méthode Scarlett Johansson », qui consiste à abuser d’effets tout en jetant un voile arty sur une voix approximative.
Tiens, ça s’améliore un peu, et l’on assiste à un étonnant mouvement de foule lorsque le groupe entonne le tube d’IRM (2009) d’ordinaire interprété avec Beck, « Heaven Can Wait ». Joli. Huit, dix chansons, ne voyant plus rien venir, je sors. Mal m’en a pris. Bien plus tard je rencontre quelqu’un sur les quais qui a les yeux qui brillent : « J’étais au concert de Charlotte Gainsbourg, c’était tellement beau la fin, elle a fait monter son fils sur scène et ils ont chanté ensemble “Couleur Café” ».










j’aurais aimé voir celui-là, parce que la version Belfort faisait une fabuleuse démonstration de “concert muet”. ce qui contrairement aux meilleurs moments du cinéma muet n’avait rien de très poétique. merde alors
oui elle a fait monter son fils sur la scène ….ça va continuer en famille ! normal mais je l’adore en actrice cette jolie fille mais qu’elle arrète de chanter !!!!!!!! dommage je la croyais intelligente !