octobre, 2011



Club: Spoek Mathambo, sowetopolis


Autoproclamé “prince glam-rap de l’ère post-Apartheid”, Spoek Mathombo constitue un échantillon convaincant de l’effervescence créative qui frappe l’Afrique du Sud depuis quelques années. A la fois graphiste, MC et DJ, il s’est d’abord fait connaître au sein de Sweat X ou en tant que porte-drapeau des dernières mutations branchées de la scène club de sa ville, la township tech.

Son premier album solo “Mshini Wam” (BBE), explore des zones de convergence assez sombres entre rythmes tribaux et vision modernisme. Avec ce patchwork afrofuturiste maîtrisé et ce foisonnment créatif, il ne fait aucun doute que Spoek va participer à élargir la superficie triangle des bermudas de l’internationale hipster.

Spoek Mathombo, War on Words

SPOEK MATHAMBO - WAR ON WORDS from on .

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Thaïlande: Soundway, voyage au pays de Siam


Après les excellentes compilations sur le panama, les musiques antillaises ou le psychédélisme nigérian, l’excellent label Soundway Record continue à élargir ses territoires d’exploration en allant puiser dans les vieux bacs à vinyles thaïlandais.

Le résultat se présente sous la forme d’une compilation d’une vingtaine de titres qui offre un aperçu saisissant des fragrances qui animaient le pays tout au long des 60’s et des 70’s. “The Sound of Siam” regroupe deux styles traditionnellement distincts. D’une part, le Luk Krung renvoie plus spécifiquement au son des villes dans un mélange affirmé de références à la pop, la soul, le jazz ou le cha-cha-cha.

D’autre part, le Luk Thung correspond à des compositions les plus populaires et s’adressait à un public essentiellement rural. Le style, influencé par des traditions aussi diverses que la musique classique ou les BO de films américains, exprimait généralement le labeur quotidien en milieu agricole. Un album qui va sans aucun doute ravir tous les amateurs d’ethio-jazz.

ALBUM

Panom Nopporn, Sao Ban Pok Pap

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Le programme d’Animal Collective pour l’ATP

Le programme du prochain festival All Tomorrow’s Parties, qui se déroulera du 13 au 15 mai au Butlins Holiday Centre, a été concocté par Animal Collective.

Voici une liste des artistes d’ores et déjà prévu:

  • ANIMAL COLLECTIVE

  • GANG GANG DANCE

  • LEE SCRATCH PERRY

  • ARIEL PINK’S HAUNTED GRAFFITI

  • BROADCAST

  • BLACK DICE

  • MEAT PUPPETS performing Up On The Sun

  • THE FROGS performing It’s Only Right & Natural

  • IUD

  • OMAR-S

  • PRINCE RAMA

  • SPECTRUM

  • DENT MAY

  • GROUP DOUEH

  • THE BROTHERS UNCONNECTED

  • SUBLIME FREQUENCIES DJs + Films

  • DERADOORIAN

  • ZOMBY

  • VLADISLAV DELAY

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Soul: Tortured Soul, pas si tourmenté


Repérés par Gilles Peterson qui voit en eux le futur de la house, Les Tortured Soul étaient programmés samedi 16 octobre lors de la dernière soirée du festival Nancy Jazz Pulsation. Remixés par Osunlade ou Dimitri From Paris, les New-Yorkais forment le parfait chaînon manquant entre la sensualité d’un Maxwell et les bpm dancefloor d’Alix Alvarez. Ils sont trois, aiment la tequila, portent le costume-cravate, et leurs concerts s’apparentent à un mix de soulful house, joué sans machine et presque aucun temps mort. Rencontre express avec le charismatique John-Christian Ulrich, batteur, chanteur, et chauve du groupe.

Vous n’étiez pas revenus en France depuis deux ou trois ans, et vous voilà programmés en clôture du Nancy Jazz Pulsations, heureux ?

Oui, c’est un festival important, nous sommes à la fois excités et honorés de jouer le dernier concert, c’est l’occasion de faire la fête, pour tous les musiciens qui sont encore là, les gens qui ont travaillé sur cet événement, le public… Sans compter que c’est aussi mon anniversaire !

Il y a quelque chose qui ressort vraiment de vos deux albums, comme une vibration hyper positive. Vous n’avez pas l’air d’être des âmes si torturées que ça ?

C’est vrai qu’on essaye de faire passer cette ‘vibe’ dans notre musique. Les gens nous interrogent souvent sur le nom du groupe, je pense qu’en général les musiciens cherchent à créer quelque chose qui soit toujours meilleur, car dans la vie tu te sens frustré, triste, en colère… On ressent tous cela et pour le contrebalancer on essaye de faire la musique qui nous rend heureux. Ça ne veut pas dire qu’on passe notre temps à pleurnicher quand on n’est pas sur scène, mais on essaye de transformer toutes ces différentes émotions en quelque chose de positif.

Pourriez-vous citer trois de vos disques de chevet ?

C’est une question difficile. « What’s Going On » de Marvin Gaye, bon ce n’est pas un choix très original mais cet album est si atemporel. Led Zeppelin, leur deuxième album. Et pour le dernier, est-ce que je peux choisir une compilation ?

Pas de compilation, ni disque dur, ni d’ipod…

Bon, bon… (rires) Franchement, je ne sais pas, ça pourrait changer d’ici demain. Probablement « Off The Wall » de Michael Jackson, ou peut-être « Ballads » de John Coltrane.

Tortured Soul, Why, “Did You Miss Me” (2009)

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Philippe Katerine

Aujourd’hui, son actualité se situe plutôt dans la sortie de son album éponyme, ainsi que le tour de France qu’il s’apprête à entamer. En 2006, Philippe Katerine livrait les dix disques “du moment” qu’il emporterait sur son île.

Volume Courbe “I Killed My Best Friend” Il y a de plus en plus d’enregistrements bruts alors que les moyens sont de plus en plus sophistiqués. C’est une idée qui me plaît.

Bix Beiderbecke “Best Of” Suite à une blessure, je me suis retrouvé dans une maison de repos. Quand je contemplais les déambulations des pensionnaires, j’écoutais ce sale type, et ça me faisait le plus grand bien.

Charlotte Gainsbourg “5.55″ Je suis fan de Air… Il leur manquait une présence permanente. Là ils ont trouvé la chanteuse qui colle parfaitement.

Damien “La mort du disque” En écoutant des disques avec Pierre Bondu, celui-ci nous a mis en joie. C’est très osé : il chante en japonais, il imite Gainsbourg…

Outkast “Idlewild” La B.O. du film dans lequel ces nouveaux Beatles jouent. Un heureux mélange des années 30 et du hip hop.

Mikado “Best Of” Un duo des années 80, avec des chansons qui ressemblent aux faux coquillages que l’on pose au bord de la baignoire.

Mr Oizo “Moustache (Half A Scissor)” Un disque de machines, très extrême. Comme une musique de jeux vidéo qui ne propose jamais de solution. Une vision unique.

Satyajit Ray “B.O. de Visiteur” Cette musique est très liée à mon appartement. Comme si elle avait été conçue pour que je puisse y circuler toute la journée.

Les Double Six “Double Six” La musique comme un sport. Chez eux, cela devient une activité saine : un entretien physique et cérébral. De la belle hygiène.

Pharell “In My Mind” La voix rappelle Michael Jackson, en plus rude. Et moi, cela me rappelle ma fille avec laquelle j’ai su apprécier cette musique. Il faut toujours trouver la bonne personne. Sauf pour Sardou.

Propos recueillis par Jacques Denis

ALBUM

  • Philippe Katerine “Philippe Katerine” (Barclay)

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Décès de Gregory Isaacs

Le chanteur Gregory Isaacs est décédé ce matin des suites d’un cancer à l’âge de 59 ans.

Gregory Isaacs, Night Nurse

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Hommage: Ari-Up, impératrice Punky Reggae


Photos: Joël Vacheron

Petite-fille d’un magnat de la presse allemande, belle-fille de John Lydon et rastafari de la scène punk rock, Arianna Foster incarnait plus que quiconque l’esprit impertinent de cette nouvelle caste d’aristocrates. L’amazone est décédée le 20 octobre des suites d’un cancer, elle était âgée de 48 ans.

Pas facile de trouver cette impasse étroite qui s’infiltre entre deux immeubles sur Denmark St. Le lieu de pèlerinage des amoureux de guitares qui transitent par Londres. Ari Up, la chanteuse emblématique des Slits, déboule en trombe dans l’escalier. Dreadlocks en pagaille, lunettes vintage et jupette fluorescente… Avec son accent inimitable, un mélange improbable d’allemand et de patois jamaïcain, elle ne fait pas mentir sa réputation d’impératrice punky reggae.

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Le dernier album de Brian Eno en écoute

“Small Craft On a Milk Sea”, le prochain album de Brian Eno dont qui sort le 2 novembre peut être écouté intégralement sur le site de NPR

Expériences: Music From Saharan Cellphones


Christopher Kirkley est un ethnomusicologue qui a passé plus de deux années en Afrique de l’Ouest avec, comme principal passe-temps, l’observation et l’enregistrement des pratiques musicales de cette région. Cette recherche lui a notamment permis de constater les transformations générées pas l’usage de plus en plus fréquent de téléphones portables.

Samsong ou Sqny, ces appareils aux noms bâtards sont importés de Chine et servent avant tout utilisés à prendre des photographies ou écouter de la musique. La fonction “téléphone” est généralement superflue, ceci d’autant plus que ces appareils sont souvent distribués dans des zones reculées qui ne disposent pas d’une couverture de réseau. Ce sont en grande partie les échanges de fichiers via bluetooth qui prédominent et le téléphone s’est largement substitué aux lecteur-cassettes comme un moyen de prédilection pour écouter de la musique.

A ce titre, Kirkley constate que “ce nouveau media place la technologie dans les mains des Africains et, dans le même temps questionne le rôle du collectionneur, du réalisateur, de l’anthropologue ou du photographe. L’Occidental qui se rendait en Afrique durant les siècles passés a toujours profité du déséquilibre technologique pour devenir la voix, le conduit”.

En facilitant l’enregistrement et la diffusion des morceaux dépourvus de support matériel, l’avènement du numérique semble modifie de manière significative ce rapport de force. A ce titre, le rêgne des cassette audio sur l’Afrique semble bientôt révolu. Un signe d’autant plus significatif à l’heure où la firme Sony annonce qu’elle va cesser la fabrication du Walkman.

Parallèlement à ces réflexions, il s’est tout de même plié aux coutumes locales en échangeant et en accumulant des mp3 sur des carte-mémoires. Du raï algérien ou Kuduro, en passant par le hip-hop, la chanson française ou le Bollywood, ces “cellphones mixtapes”, dans la lignée de Sublime Frequencies, donnent un superbe aperçu de la sono mondiale telle qu’elle est vécue dans cette région du monde. Une bonne partie de son périple est accessible sur son website intitulé Sahelsound.com.

Télécharger: Christopher Kirkley, “Music from Saharan Cellphones” (sahelsound.com) 2010

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Photo: James Hamilton, Moore or less


Photos: James Hamilton

Avant de devenir un photographe de guerre et de plateau, James Hamilton a fait ses premiers pas de photographe dans le foisonnement musical new-yorkais des années 60 et 70. Dans la tradition des bons clichés, son mandat pour le Village Voice lui a ainsi permis d’être un observateur privilégié de cette période charnière durant laquelle, d’Ornette Coleman aux Ramones, il immortalise une belle brochette d’acteurs influents.

C’est une rencontre précoce avec Diane Arbus et Eugène Smith qui le pousse à documenter les mutations contemporaines de la Grande Pomme et, fait étonnant, son travail n’avait encore jusqu’alors jamais été l’objet d’un ouvrage ou d’une exposition. Thurston Moore comble cette lacune en éditant ce premier recueil chez Ecstatic Peace Library qui, récemment, sortait également une très belle anthologie du hard core californien intitulée “Party with me Punker”.

Quant au guitariste de Sonic Youth, il semble avoir trouvé une nouvelle marotte avec l’édition. En effet, parallèlement à la sortie de l’ouvrage d’Hamilton, il édite encore deux ouvrages. L’un, “In Silver Rain with a Paper Key“, se présente comme une monographie du musicien intégrant des poèmes, deux 45t et des photographies. L’autre, “Front Row Center”, est consacré à l’oeuvre de l’artiste Raymond Pettibon.

LIVRE

  • “James Hamilton: You Should Have Heard Just What I Seen”, (Exctatic Peace Library) sortie le 01.11.10.

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Art: The Otolith Group, retour à Drexciya


The Otolith Group, Hydra Decapita, 2010

Figure majeure de l’afrofuturisme grâce à son ouvrage “More Brilliant Than the Sun: Adventures in Sonic Fiction” (1998), Kodwo Eshun révèle une autre facette de sa trajectoire hybridée au sein du projet artistique The Otolith Group. Aux côtés d’Anjalika Sagar, ils se sont engagés depuis une dizaine d’années dans l’exploration des potentialités de la pratique documentaire, des films d’art et d’essai, des archives postcoloniales, du modernisme urbain et des narrations de la science-fiction.

Le programme artistique syncrétique et exigeant d’Otolith Group, qui se revendique quelque part entre l’herméneutisme et l’hermétisme, est récompensé à travers leur récente nomination pour le Turner Prize. À ce titre, le film présenté renvoie à des questions que Kodwo Eshun abordait déjà il y a une dizaine d’années en tant que journaliste pour The Wire. En effet, “Hydra Decapita” se fonde sur les chroniques du légendaire duo techno Drexciya.

Illustration: Abdul Qadim Haqq

Issus de l’imagination des producteurs James Stinson et Gerald Donald, qui sera par la suite à l’origine du groupe Dopplereffekt, les Drexciyans constituent une descendance mutante et amphibienne qui se serait extraite de la voracité humaine. En effet, le projet s’inspire des récits et des peintures évoquant la traite négrière, selon lesquels il arrivait fréquemment que des mutins soient jetés vivant par-dessus bord durant leur transfert vers le Nouveau Continent.

Cependant, leur destin ne s’arrêtait pas là. La mémoire collective, afin de raviver un peu l’espoir des déportés, postulait en effet que ceux-ci avaient survécu dans le milieu aquatique. De “Drexciya 4: The Unknown Aquazone” à “Grava 4″, qui évoque l’exode vers une planète promise, les cinq albums qui composent cette saga posent chacun les jalons d’un mythe de l’Atlantide Noire. Outre la force narrative des compositions et leurs titres évocateurs, ces chroniques “aquatopiques ” ont acquis une identité visuelle particulière grâce aux illustrations d’Abdul Qadim Haqq.

L’approche d’Otolith Group est toutefois beaucoup moins littérale et explore plutôt la puissance symbolique de l’océan. Comme le souligne Anjalika Sagar dans l’excellent dossier proposé dans la dernière édition de The Wire, “le culte de Drexcyia a atteint ses limites et le but de ce film est de redécouvrir cette mythologie en l’amenant un pas plus loin”. La métaphore de l’eau permet, d’une part, de prospecter des problématiques touchant à l’écologie, aux catastrophes naturelles ou à certains conflits. D’autre part, elle offre également un prétexte pour créer une passerelle entre l’univers des musiques électroniques et le monde de l’art contemporain.

PROJECTION

  • The Otolith Group, “Otolith III” (2009) est projetté dans le cadre de l’exposition du Turner Prize 2010 qui se tient du 05.10.2010 au 03.01.2010 à la Tate Britain de Londres.

Drexciya, Hydro Theory, 1995

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Funk: Woima Collective, la mission Addis


À l’instar de l’Imperial Tiger Orchestra, les Allemands de Woima Collective font partie des groupes occidentaux ravivant la ferveur qui faisait chalouper Addis-Abeba durant les années 60 et 70. Johannes Schleiermacher, initiateur du projet et saxophoniste des Poets Of Rhythm, a pu bénéficier de conseils avisés.

En effet, c’est Mulatu Astatke qui lui a enseigné les bases à partir desquelles il a pu développer une relecture originale de l’ethio-jazz. Entre des poursuites en pimpmobiles, des dissonances hypnotiques ou quelques incantations gnawi, “Tezeta” ne manquera pas de rassassier les amateurs les plus exigeant en matière de grooves intergalactiques.

Télécharger: Woima Collective,Credo, “Tezeta” (Kindred Spirits) 2010

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World: Vibrations Festival, en costume d’Amazone


Vibrations Caraïbes, le festival des arts contemporains de la Caraïbe et des Amériques propose une plongée dans l’Archipel en plein cœur de Paris. C’est sous le thème Amazones que s’articule la 5e édition de ce festival qui réunit tous les champs de la création contemporaine : littérature, arts visuels, cinéma et musique.

Vous l’aurez compris, les femmes seront donc à l’honneur cette année comme le prouve la programmation musicale, uniquement consacrée aux voix féminines. De voix, elle n’en manquera pas, Calypso Rose, 70 ans et arpentant toujours inlassablement les scènes du monde entier.

Le temps file, mais la légende vivante du calypso et diva de la musique populaire reste une formidable performeuse, capable d’embraser les planches sur son passage. Dans un registre plus velouté, la franco-béninoise Mina Agossi viendra distiller quelques perles de son dernier album Just Like A Lady , dont, espérons-le, la magnifique reprise du « Burning Of The Midnight Lamp » de Jimi Hendrix, métamorphosé par cette envoûtante voix.

CONCERT

  • 05-24.11.10 Paris / divers lieux

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Hip-hop: Big Boi, amoureux solitaire


Le grand garçon du rap se produira pour la première fois en France sans sa moitié d’Outkast. Longtemps roi du hip hop sudiste avec son comparse Andre 3000, Big Boi est un vieux briscard de la scène. C’est pourtant une première que ce concert à l’Elysée Montmartre, puisque le rapper n’a encore jamais foulé une scène française en solitaire.

Celui qui définit son premier album solo, Sir Lucious Lef Foot : The Son Of Chico Dusty, comme une « bombe nucléaire musicale » s’est permis quelques incursions en territoire funk, s’offrant même de belles parties chantées. Sans complexe.

Et si vous pensiez que cette échappée belle signait la fin d’Outkast, détrompez-vous, Big Boi participe actuellement à la production de l’album solo d’Andre 3000 et le duo prépare également la suite des aventures Outkast.

CONCERT

  • 05.11.10 Paris / Elysée Montmartre

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Cyndi Lauper

Les disques et chansons qui comptent pour Cyndi Lauper. L’ex égérie pop revient de Memphis, où elle a enregistré au printemps dernier un disque de soul blues avec une palanquée de cadors : BB. King, Jonny Lang, Allen Toussaint, Ann Peebles et Charlie Musselwhite ! Une dream team à la hauteur des vœux de la New Yorkaise, qui pour l’occasion nous a préparé une sélection « 100 % blues ».

Memphis Minnie “You Ain’t Done Nothin To Me” Un disque habité d’un bel esprit ! Je l’écoutais souvent dans ma chambre d’hôtel au moment de l’enregistrement de “Memphis Blues”.

Etta James “Would Rather Go Blind” Un de mes disques préférés depuis toujours. Elle a mis tant de sentiment dans cette performance, que mon coeur s’arrête à chaque fois !

Ann Peebles “I Cant Stop The Rain”
Une chanteuse incroyable et une très belle artiste. J’aime beaucoup de ses chansons qu’il est difficile d’en choisir juste une !

Ma Rainey “Prove it On Me” Il fallait un sacré courage pour sortir ça à une époque où les femmes n’avaient pas la possibilité d’être indépendantes et de faire entendre leur propre voix dans le monde. Alors parler sans complexe de leur sexualité ! Quoique Ma Rainey n’ait pas inventé le blues, beaucoup la créditent pour sa popularisation. Et puis, elle s’est habillé en gangster avant les gangsters !

Big Mama Thornton’s “Hound Dog” Elle aussi a innové dans le blues, avec un sens du rythme qui a mené une génération de femmse au rock. Elle fait partie de ses voix qui m’ont quotidiennement accompagnée quand j’étais en studio à Memphis.

Robert Johnson “Crossroads” La version avec laquelle nous sommes tous familiers ne correspond pas à la réalité. Allez sur Google pour avoir la version plus lente de 80 %. La machine de Lomax fonctionnait trop lentement et du coup quand ils ont choisi de tout accélérer, ils ont totalement altéré la voix de ce pauvre Robert.

Big Maybell “I Don’t Want to Cry” Stupéfiant et génial. Un truc à vous foudroyer en plein coeur ! J’ai fait un enregistrement de cette chanson il y a 8 ans avec Jeff Beck, C’était en fait le tout début de mon voyage qui allait conduire à “Memphis Blues”.

BB King “Early In The Morning” C’est l’une de mes chansons favorites que je reprends avec BB King, mais il faut écouter l’originale par Louis Jordan. A réveiller les morts !

Susan Tedeschi & The Derek Trucks Band “Walking Blues.” Deux de mes musiciens de blues modernes préférés sur une piste. Marriés qui plus est. Résultat: une grande leçon de musique.

Charlie Musselwhite “Fell on My Knees” Charlie est l’un des harmoncistes les plus incroyables de l’histoire de la musique, et il a gravé certains disques vraiment étonnants, dont cette chanson qui demeure ma préférée pour l’éternité;

ALBUM

  • Cindy Lauper “Memphis Blues” (Naïve)

Soul: Solomon Burke, hommage au Roi de la soul


Photos Piper Ferguson

En 2002, Solomon Burke donnait cette interview à l’occasion de la sortie de “Don’t Give Up On Me”. Cet album, écrit pour lui par Bob Dylan, Tom Waits, Brian Wilson et Elvis Costello, constituera l’un des derniers témoignages discographiques de ce Roi qui disparaît au sommet de son art.

Rencontre John Lewis

Dans sa suite de l’hôtel Hilton de Los Angeles, Solomon Burke a une allure majestueuse, assis sur un fauteuil qui pourrait aussi bien être son trône. Vêtu d’une robe violette aux reflets d’or, d’un chapeau, muni de verres fumés et d’une canne, le grand chanteur soul ressemble au chef d’une nation africaine. Corpulent – plus de 135 kilos, j’imagine –, il ne se lève pas quand je traverse la pièce pour le saluer. Il ne me présente pas non plus l’homme assis à sa droite. Elegamment coiffé, en costume rayé noir, il pourrait être un membre de la famille, un assistant ou un garde du corps. Il demeurera un mystère, un peu comme son employeur.

Après avoir serré ma main, Burke déroule une affiche que je lui ai apportée. Remontant à 1967, elle annonce un concert soul avec Moms Mabley, Wilson Pickett, Spyder Turner et Burke. Non seulement il se souvient de cette tournée, mais il se souvient du concert en question (à Knoxville, Tennessee), de la société qui a imprimé l’affiche (Globe), et de l’employé (Frank) qui était son interlocuteur chez Globe. Un large sourire illumine son visage, il semble apprécier. Il jette un coup d’œil vers moi, puis me fixe du regard. «D’où viens-tu?», demande-t-il. Et quand je réponds Baltimore, il sourit à nouveau. «J’ai joué au Royal Theater de Baltimore. C’est là que j’ai été sacré King of Rock and Soul par Rockin’ Robin, un DJ de Baltimore. Le Royal était en face du Mom’s Restaurant, et ils préparaient la cuisine et les gâteaux pour des gens comme Sam Cooke ou moi. Ils faisaient toute cette fabuleuse soulfood. Mom nous apportait de la tarte aux fraises et le groupe adorait ça. On a passé du bon temps au Royal. C’était une chouette époque.»

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Décès de Solomon Burke

The King of Soul est décédé hier à son arrivée au Pays-Bas, il était âgé de 70 ans. Nous reviendrons sur la carrière de celui qui était quelquefois qualifié de plus grand chanteur de soul de tous le temps.

Concours: Lonnie Liston Smith, explorations cosmiques


Lonnie Liston Smith fait partie de la génération des grands explorateurs du jazz, ceux qui ont traversé les styles et les galaxies, en imposant à chaque fois une marque singulière. Après avoir grandi dans une famille baignée de gospel, Lonnie a rapidement intégré la première des formations qui ont largement contribué à faire évoluer le jazz vers des fusions originales. C’est d’abord aux côtés de Rahsaan Roland Kirk, Pharoah Sanders ou de Miles Davis qu’il officie en tant que pianiste et claviériste.

Au-delà de ces prestigieuses collaborations, c’est surtout grâce à son groupe, Lonnie Liston Smith and the Cosmic Echoes, qu’il s’impose comme une figure d’un smooth jazz ou visées cosmiques. Un style instrumental particulièrement apprécié par les producteurs de hip-hop et on le retrouve notamment en 1993 sur le premier volet de la série Jazzmatazz de Guru. L’album “Expansions” (1974), en particulier grâce au légendaire titre éponyme, a largement contribué à pérenniser sa carrière.

CONCOURS

CONCERT

  • 12.10.10 Paris / La Bellevilloise
  • 13.10.10 L’ubu / Rennes
  • 14.10.10 Salle Stéphane Grapelli / Nice
  • 18.10.10 Ninkasi Kao / Lyon

Lonnie Liston Smith and the Cosmic Echoes, Expansions (1974)

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World: Natacha Atlas, une quête sensible


Pour son huitième album, Natacha Atlas s’est entourée notamment du violoniste Samy Bishai et de la pianiste Zoe Rahman afin de poursuivre son exploration des métissages entre les patrimoines du Moyen-Orient, d’Afrique et d’Europe.

La chanteuse a puisé son inspiration dans l’oeuvre du compositeur, écrivain, dramaturge, peintre et philosophe indien Rabîndranâth Thâkur, dit Tagore. Portée par une même soif de voyages et le désir de tisser des liens entre les cultures, Natacha Atlas continue sa quête paisible et sensible.

“Mounqaliba”, littéralement « la tête à l’envers », développe le même climat acoustique et orchestral qui avait fait le succès de “Ana Hina” (2007) et propose également des reprises inspirées du “Riverman” de Nick Drake et de “La nuit est sur la ville” de Françoise Hardy.

Télécharger: Natacha Atlas, Makaan (World Village) 2010

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Hip-hop: Jneiro Jarel, terre d’avenir


Bien qu’il ait passé son existence entre New York, Philly et Los Angeles, Jneiro Jarel n’a jamais manqué de rendre hommage aux maîtres brésiliens qu’il écoute depuis sa tendre enfance. Avec Fauna, le producteur sublime cet héritage à travers des relectures dans lesquels les mélodies s’effacent pour laisser une plus grande place à des collages proches du psychédélisme.

Comme son nom l’indique, ce projet est consacré à la faune tropicale brésilienne et on y retrouve tout une gamme de cris d’oiseaux ou de bruits d’environnements naturels qui procure ce climat organique.Cet équilibre est quelquefois transpercé par les bourdonnements sourds d’infrabasse inspirées par la jungle, Bird Charm ou Waves Trip, qui nous rappellent les dangers guettant ces biotopes futuristes.

ALBUM

  • Jneiro Jarel, “Fauna” (Kindred Spirits)

Jneiro Jarel - Dabuwe (2010)

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Web: Far From Moscow, bon baisers


Far From Moscow est un projet basé à l’University of California de Los Angeles qui sert de plateforme aux groupes issus de Russie, d’Ukraine, de Biélorussie et des pays baltes. Une disparité géographique qui se retrouve également dans les styles des artistes présentés.

Des fanfaronnades mardi gras de Pakava it’ aux ambiances voluptueuses de Alina Orlova ou les expérimentations vocales de Jazzator, le site réuni plus d’un millier d’artistes évoluant dans les genres les plus divers.

Il y en a pour tous les goûts avec ce projet qui constitue une véritable mine pour toutes les personnes curieuses de découvrir des groupes contemporains en provenance de ces régions. Ceci d’autant plus que les textes de présentation sont particulièrement inspirés et apportent souvent des informations détaillées.

SITE

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Aloe Blacc

Les chansons qui comptent pour le Californien Aloe Blacc. L’ex-porte-parole d’Emanon a troqué sa casquette de rapper pour le complet veston de soul brother. Après «Shrine Through» publié en 2006 chez Stones Throw, «Good Things» pousse le pitch du total mix encore plus loin, avec une superbe reprise de «Femme fatale» empruntée au Velvet Underground et «I Need A Dollar», un hymne qui résume l’état d’esprit du Californien : une critique en règle contre les malversations du capitalisme, qui renvoie à cette sélection de chansons engagées.

PHOTO: Dan Monick

Jorge Ben « Cassius Marcelo Clay »
Une des meilleures chansons faites en l’honneur d’une personne de son vivant. Muhammad Ali n’était pas juste un héros pour les Noirs aux États-Unis. Il a incarné la beauté et la force des Noirs partout dans le monde entier. Ce que démontre sans pareil Jorge Ben.

Donny Hathaway « A Song for You »
Parfois la version originale d’une chanson n’est pas la meilleure. Pour preuve, cette reprise de Leon Russel par Donny Hathaway, dans une voie qui caractérise la véritable essence des paroles. La passion de sa voix frappe vraiment une corde émotionnelle.

Nena « 99 Luftballoons »
Gamin, j’écoutais cette chanson dont j’aimais le son et l’énergie. Ce n’est que récemment que j’ai appris comment elle était très chargée politiquement. J’apprécie les chansons qui ont une signification plus profonde qu’elles ne semblent en surface, particulièrement quand le message est social et politique.

Michael McDonald « What a Fool Believes »
Cela intègre la philosophie dans la musique pop, avec humour et sans sermon. Un peu à la manière du « Superstition » de Stevie Wonder qui suggère d’éviter de souscrire aux concepts éventés.

Cat Stevens « Where do the Children Play »
Stevens est un de mes auteurs-compositeurs préférés parce qu’il a écrit avec simplicité et profondeur. Cette chanson tient de la salubrité publique en posant la question fondamentale du Comment nous traitons la Terre. Sans artistes socialement conscients comme Cat Stevens, il n’y aurait pas eu d’événements comme Woodstock ou Live Aid.

The Beatles « Give Me Your Money »
Il y a tant de chansons des Beatles que je pourrais mentionner, mais celle-ci caractérise ce que j’aime de leurs œuvres tardives : le dynamisme d’une symphonie avec des mouvements séparés. Il y a là plusieurs chansons en une seule composition.

James Moody « Moody’s Move for Love »
Les musiciens et chanteurs de jazz sont les membres les plus créatifs de la communauté de la musique. Quand James Moody a interprété cette chanson en y mettant son cachet au saxophone, Eddie Jefferson l’a repris au niveau suivant : en écrivant des paroles qui suivent les notes du solo de Moody et en chantant dans la même texture qu’un saxophone. Impressionnant !

Marvin Gaye « What’s Going On »
Je peux d’autant plus apprécier l’enjeu qui se trame derrière une chanson comme celle-ci qu’aujourd’hui il y a très peu de musique qui témoigne du désastre écologique. Berry Gordy ne voulait pas sortir cette chanson, mais l’histoire nous montre comment ce message était et est toujours important. Imaginez si nous n’avions jamais pu recevoir une telle chanson de Marvin.

D.J. Rogers « It’s Good to Be Alive »
Rogers est un de mes artistes préférés. Une voix exceptionnelle et des paroles pleines d’espoir. Je crois que le but de la musique est de célébrer la vie, instruire, informer, distraire et suggérer la solidarité. Les musiques caribéenne, latine et brésilienne le font bien, mais quand on passe à l’anglais, les exemples sont plus rares.

Joni Mitchell « Big Yellow Taxi »
Les chansons à message ne sont pas forcément tristes. La voix de Joni est si innocente et sa mélodie si pernicieuse que vous vous rendez à peine compte qu’il est en fait question d’un insidieux réquisitoire contre le capitalisme et l’urbanisme galopants.

ALBUM

  • Aloe Blacc, “Good Things” (Stones Throw/Discograph)

Afropop: A.J. Holmes & The Hackney Empire, la grande vie


De l’Hackney Empire aux Beaux Gosses de Berlin, A. J. Holmes continue ses explorations en matière d’afropop et de trépidations tropicales. Cet allemand exilé dans l’est de Londres a découvert le high-life un peu par hasard en achetant une pile de disques d’occasions dans un marché.

Emballé par ses rythmiques trépidantes, il apprend à jouer de la guitare avec le Sierra-Léonais Folo Graff. Après “The King of the New Electric Hi-Life” (2007), Holmes est de retour avec ce premier EP sorti sur Ghetto Bassquake, le tout nouveau label de et produit par Radioclit.

Télécharger: A.J. Holmes & The Hackney Empire, Fraudian Slip ft. Kastro (Erick Rincon’s Tribal Guarachero Remix)

A.J. HOLMES FRAUDIAN MIXTAPE by The Hackney Empire

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Plongée dans le Londres Punk

Après “Paris Noir” et “Los Angeles Noir”, Asphalte Noir sort son troisième recueil de nouvelles. “Londres Noir” est un recueil de dix-sept nouvelles qui explorent les ruelles malfamées de la ville, les pubs qui poussent au vice ou de revivre la révolution punk. Le lancement aura lieu le 21 octobre prochain à la librairie Longtemps (22 avenue Mathurin-Moreau, Paris 19e, métro Colonel Fabien).

Les Vibrations d’octobre


De Aloe Blacc à U-Roy , en passant par Laetitia Shériff, voici une fine sélection des concerts qui vont rythmer la fin du mois d’octobre en France

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