octobre, 2011

Pop: Danger Mouse, Il était une fois dans l’Ouest


Après “‘Dark Night Of The Soul”, un projet audiovisuel réalisé en collaboration avec David Lynch et Spacklehorse, Brian Burton (aka Danger Mouse) continue d’explorer les points de convergence entre musique et cinéma. Pour “Rome“, Burton s’est accompagné une fois de plus au compositeur et producteur Daniele Luppi dans le but de puiser dans l’héritage des musicales Italiennes. En particulier dans l’univers des westerns-spaghettis et des arrangements d’Ennio Morricone.

C’est d’ailleurs dans les studios mis en place par le compositeur mythique que les duo a enregistré cet album de longue haleine. Pour parfaire cet effet cinématographique, on retrouve un beau casting composé de Norah Jones et de Jack White. Bien que l’album n’est attendu que pour la fin du mois de mars, l’écoute du sample laisse augurer du très bon.

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Femi Kuti

Dix disques. Ceux que Femi Kuti emporterait sur son île déserte. Le fils de l’immense Fela sera de passage en France en décembre. Il nous livre «un instantané des disques qui aujourd’hui me viennent immédiatement à l’esprit. Je garde mon père pour la fin: c’est évidemment sa musique qui a joué le plus grand rôle dans ma vie, mais il faut comprendre que je vole de mes propres ailes».

Charlie Parker Au Privé
Je l’ai écouté pour la première fois en 1978. Mon père voulait abolument m’initier au jazz. Au début, c’était un vrai suplice, comme d’être gavé de nouriture sans avoir le droit de boire. Et puis au bout de plusieurs mois, j’ai fini par apprécier. Jusqu’à ce que des disques comme «Au Privé» me deviennent vitaux, que leur beauté me submerge. Charlie Parker n’a pas à réfléchir à ce qu’il fait. Il suffit qu’il joue, sa dextérité ne peut que vous hypnotiser.

John Coltrane My Favorite Things
J’hésite entre celui-ci et «Giants Steps»… Ils font partie de ces disques carrément surnaturels qu’on peut écouter des milliers de fois en aimant toujours autant. J’écoutais beaucoup Parker, Rollins, et je suis tombé sur Coltrane: il est différent de tous, unique. Avec Davis, c’est lui qui a donné au jazz une dimension clairement spirituelle. Il a créé la notion de liberté dans la musique. Avec Tyner au piano, ses mélodies me font craquer.

Miles Davis Kind of Blue
Celui avec «All Blues». C’est dans les années 80 que j’ai accroché. Je reconnais immédiatement son son: rond, chaud, entier. A 360 degrés, un son parfait. Sa musique est apaisante. Avec Coltrane, ils ont formé la paire parfaite.

Dizzy Gillespie Things to Come
Ça c’est du big band! La puissance de celui de Gillespie m’explose la tête. Toujours. C’est lui qui m’a fait aimer les big bands. Je ne veux pas pour autant à le copier, mais c’est clair que je recherche pour m’accompagner un groupe qui possède un tel souffle.

Michael Jackson Thriller
C’est dingue: il n’y a que des tubes sur ce disque. Malgré mon père, j’ai grandi en écoutant les Jackson Five et Motown. A l’époque de «Thriller», je n’étais plus un gamin, j’avais vers les 25 ans, mais ça ne m’empéchait pas de craquer. En plus, c’est Quincy Jones qui l’a produit…

Quincy Jones Sounds & Stuff
Avec «Stuff Like That», un morceau de funk génial. C’est sa période funk que je préfère, ses albums de jazz ne m’ont pas du tout marqué. Pour moi, le jazz, c’est une musique spirituelle. Et je trouve que Quincy Jones est meilleur quand il évolue dans l’entertainment. Le funk est une musique qui fait beaucoup plus vibrer l’africain de la rue que le jazz.

Sting Nothing Like the Sun Marsalis y joue du saxo. Les paroles sont belles, et Sting a une attitude que je respecte particulièrement. Avec lui, il n’y a pas de frontière, on ne cherche pas à savoir s’il est noir ou blanc, on voit simplement qu’il est humain.

George Benson Give Me the Night
Avec le morceau qui a le nom de cette rue de New York, mmh, ça doit être «Off Broadway». Sa voix, sa guitare, sa production, j’aime Benson. Les tous derniers albums sont moins bien, mais jusqu’à ce disque, c’était vraiment splendide.

Pink Floyd The Wall
Les paroles, «Teachers, leave those kids alone», m’ont marqué. Je ne suis ni fan de metal, ni fan de rock, ni fan de Pink Floyd, mais ce disque, avec son film, m’a fait changer d’avis. Aujourd’hui, j’aime bien Oasis.

Fela Anikulapo Kuti Roforofo Fight
Pourquoi celui-ci? Parce qu’il est double! Quatre morceaux, un par face. L’écouter, ça me rend tout chose, évidemment. Etre son fils, ça a pu être dur. J’ai grandi en écoutant sa musique, puis ai voulu suivre ma voie en me plongeant dans le funk. Aujourd’hui, quand je me mets un de ses disques, je saisis vraiment son importance. Et je suis incroyablemennt fier.

CONCERT

  • 11.12.10 L’Alhambra / Paris

Propos recueillis par Benoît Sabatier

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Mixtape: Lazer Sword, au-delà des limites


Originaire de San Francisco et actuellement partiellement relocalisés sur New York, le duo Lazer Sword sort un premier album éponyme après avoir parsemé la toile de mixtapes depuis plusieurs mois d’une généreuse collection de remixes, bootlegs et autres goodies.

Surfant une vague de basse rétro-futuriste caractéristique de la côte californienne, Bryant Rutledge (aka Low Limit) et Antaeus Roy (aka Lando Kal) se sont faits une solide réputation dans Mission District en offrant une relecture du grime qui fusionne certaines fréquences psychédélique 80’s avec une vision prospective en matière de basses. Un son de boîte à rythme plutôt brut qu’on retrouve dans ce nouveau mix de Low Limit proposé en exclusivité par Brainfeeder.

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ALBUM

  • Lazer Sword, “Lazer Sword” (Innovative Leisure)

Lazer Sword, Beast’s Reprise (2010)

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Décès de Federico Rodriguez

Federico Rodriguez, un des membre du groupe argentin Fauna et acteur influent du collectif Zizek, est décédé à Belo Horizonte au terme d’une longue tournée du groupe en Amérique du Sud. Federico était âgé de 28 ans et s’agit probablement d’un suicide.

Radio: Radiodiffusion Internasionaal, ondes militantes


Le site Radiodiffusion Internasionaal propose un voyage fascinant dans les zones les plus obscures de la sono mondiale à travers à une présentation cartographique de sonorités oubliées, en provenance d’Afrique, du Moyen-Orient, d’Inde et d’Asie. À travers son blog et sa radio, Radiodiffusion Internasionaal forme un maillage unique sur les retranscriptions locales du rock’n'roll entre 1965 et 1975. Dans un style vaguement désuet, ce projet propose ainsi un découpage par pays grâce à des titres téléchargeables, de pochettes originales et de textes d’une étonnante fécondité pour des artistes littéralement underground.

Comme le précise Stuart Ellis, un américain passionné qui officie en tant que contributeur unique à ce projet: “Il s’agit juste d’une obsession”, avoue-t-il. “J’ai toujours été le genre de mec qui donne des mixtapes bizarres que vous allez écouter certainement une seule fois”. À ce titre, Ellis relève également quelques points de convergences insoupçonnés qui se tissent entre les divers bloggers passionnés qui alimentent cette World Web Music.

Son parcours musical est à ce titre particuliérement éloquent: “Au début des années 80 et 90, j’organisais des concerts punks, je produisais un fanzine et je travaillais dans une station radio. Il y avait tout un réseau de groupes, de labels indépendants et d’organisateurs de concerts… Je pense que ce n’est pas une coïncidence si une grande partie des personnes impliquées proviennent de la scène punk.”

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Photo: Glen Friedman, beautiful losers


PHOTOS: Glen Friedman

Le photographe Glen Friedman a été un témoin privilégié de l’émergence des sous-cultures liées au skate, au punk et au rap en Californie durant les années 70 et 80. Impossible de passer à côté d’un de ses clichés dès qu’il s’agit d’évoquer les épopées de groupes tels que les Dead Kennedys, le Z-boys ou Black Flag. Tout cet univers et retranscris dans l’exposition itinérante “Fuck You All”, présentée actuellement à la galerie 941 Greary de San Francisco, qui retrace cette génération dont les codes et l’attitude désinvolte constituent des balises capitales en matière de cultures populaires. Au point d’être même l’objet d’un revival qui semble interminable.


Est-ce que cet intérêt est lié aux conditions particulières durant laquelle le D.I.Y, des premiers skates ou flyers photocopiés, s’était imposé comme des styles de survie dans un univers particulièrement hostile pour les kids issus des zones périphériques du rêve américain. Cette énergie créatrice est largement retranscrite dans les photographies en noir et blanc de Glen Friedman. Les Bad Brains, Run DMC ou les Beastie Boys, on y retrouve également de nombreux cousins de la côte ouest immortalisés lors de leur passage dans les clubs locaux. Parallèlement à ses photographies, Friedman a également été un acteur très influent au début du skateboard lorsqu’il vivait à Dogtown. Il a également été producteur, en particulier du premier album éponyme des Suicidal Tendencies. L’exposition va peut-être tourner en Europe dans le courant de l’année prochaine.

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DVD: Feist, la somme des parties


A travers un film, Feist revient sur l’aventure de “The Reminder” en présentant les divers collaborateurs, ceux qu’elle appelle ses « amplis ». On retrouve notamment le photographe Mary Rozzi, la marionnettiste Clea Minaker, le réalisateur des clips Patrick Daughters, les producteurs (Gonzales et Renaud Letang), et plein d’autres personnes qui ont participé au projet aussi bien sur le plan visuel que musicale. « Look at what the light did now » se présente comme une plongée dans les différentes phases, les lieux et les contingences de tout processus créatif et, quelquefois, au succès d’un album.

FILM

  • “Look at what the light did now” DVD + CD bonus d’un live 13 titres (sortie le 06.12.10)

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House: Lil Louis, frime et halètement


Porté par un tempo s’essoufflant et les râles de plaisir de Shawn Christopher, le nom de Lil’ Louis restera rattaché à jamais à l’une des productions les plus orgasmiques des années 80. Avec French Kiss (1989), toute une génération était invitée à s’interroger sur les formes aguicheuses de cette esthétique synthétique en provenance de Chicago.

“Est-ce que tu aimes ?”, s’enquéraient quelques audacieux emballés, “Moi non plus”, répondaient les sceptiques, troublés par cette météorite qui, malgré ses allures languissantes, allait prendre tout le monde de vitesse. A noter que Louis Burns a également sorti un livre cette année, “A Man’s Diary” narre les tourments d’un homme à la poursuite de l’amour.

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Arto Lindsay

Dix disques. Ceux qu’Arto Lindsay, guitariste et chanteur, emporterait sur son île déserte («quelle horreur!»). Foncièrement créatif et inclassable, il est une des stars de la constellation new-yorkaise «d’avant-garde permanente». Il est aussi un producteur éclairé pour ses amis brésiliens Caetano Veloso, Marisa Monte, Vinicius Cantuaria et, récemment, le bloco afro Ilé Ayé de Salvador de Bahia.

Miles Davis On The Corner
C’est un disque qui a marqué ma vie et influencé énormément ma musique. C’est le mélange d’un groove emprunté à Sly & The Family Stone et de préoccupations harmoniques alimentées par son rapprochement avec la musique classique et contemporaine. C’est un disque très chaud et à la fois très réfléchi, qui marque un changement important dans la musique de Miles et établit un cadre de référence dans la musique improvisée.

João Gilberto Disco Branco
En général, les gens ne comprennent pas le sens de la bossa nova. Elle n’est pas l’expression de la saudade, ni de la mélancolie. Elle est arrivée à une nouvelle conjonction entre discipline et liberté. La concentration extrême de João Gilberto pour arriver à cette nouvelle construction harmonico-mélodico-rythmique est ici surhumaine.

Prince Sign ‘O’ The Times
C’est probablement le plus haut moment atteint par Prince. Il est un musicien très expérimental, qui a osé des choses très intéressantes avec ce disque. Il y joue un thème absolument hors du tempo!

Caetano Veloso Joia
C’est une expression très concentrée de l’art de Caetano. Ce fut en écoutant cet album que j’ai trouvé des analogies et similitudes entre la musique et la sculpture. Quelque chose que j’avais pressenti avec la musique concrète, et que j’ai confirmé à travers ces chansons. C’est un disque très raffiné, très peaufiné, au lyrisme exquis.

Morton Feldman Piano and String Quartet
Feldman est un compositeur génial. Cette musique semble statique, mais c’est juste une illusion. C’est une musique contemplative qui, pour moi, a la même fonction que certains travaux de Giacinto Scelsi: aider l’auditeur à percevoir sa propre perception.

Gal Costa Cantar
Un disque produit par Caetano. De loin, le meilleur album de Gal. Très bon choix de répertoire, des arrangements parfaits, des musiciens au plus haut niveau. Puis, Gal y chante merveilleusement. Très, très beau.

Bob Dylan Blood On The Tracks
C’est un album créé à la fin d’une histoire d’amour, un disque de rupture. Dylan est un grand improvisateur, il devrait faire un concert avec Derek Bailey! Son travail de correspondance entre les paroles et les notes est très créatif.

Sly & The Family Stone There’s A Riot Goin’on
J’adore la musique de Sly, et ce disque plus que les autres parce que c’est la rencontre du swing et de la poésie. Là, Sly atteint un état d’équilibre précaire et on peut comprendre combien le bonheur est cher (à payer) pour les Afro-américains. On peut sentir ce côté ironique, acide, douloureux, corrosif, mais aussi le plaisir de la vie, de façon très forte, presque violente.

Zeca Pagodinho Ao Vivo
Zeca appartient à une génération des années 70 très différente de la samba actuelle plus commerciale. C’est un roi de la division du tempo, un astre du rythme, dont le phrasé est une véritable folie de plaisir. Il est un sambista qui parle de la vie quotidienne, un chroniqueur social.

Jimi Hendrix Electric Ladyland
Toute l’œuvre d’Hendrix est très importante pour moi, et ce disque en particulier. Non seulement par la façon d’exprimer des états de conscience altérés, mais aussi par la recherche de ces états à travers la musique. Pas seulement l’expression de la folie, mais la façon de la découvrir en soi-même.

Propos recueillis par Francisco Cruz

Piano: Francesco Tristano, touches polymorphiques


Photo: Aymeric Giraudel

Le nom de Francesco Tristano est généralement associé à des collaborations de haute volée qui démontre à quel point ce pianiste à peine trentenaire à su imposer un talent résolument polymorphique. Issu d’une formation classique, Francesco Tristano Schlimé débute sa carrière dans l’Orchestre National de Russie et se singularise notamment pour la qualité de ses interprétations du répertoire baroque.

Grand amateur de musique électronique, on le retrouve très tôt aux côtés de Murcof, de Moritz Von Oswald et de Carl Craig pour des performances à géométrie variable ou, successivement, à la production de ses albums. C’est au tour du producteur Detroit d’officier pour ce troisième solo, Idiosynkrasia, qui a été réalisé dans son studio Planet E.

À ce propos, Tristano observe que “cet album est le fruit d’une recherche pour trouver un langage idiosyncrasique situé quelque part entre l’acoustique et l’électronique. Je voulais amener le piano dans le 21e siècle, mon but est de lui attribuer une nouvelle identité, parce qu’il est trop souvent associé avec la musique classique et considéré comme un instrument du passé, alors que je le considère sincèrement comme un instrument du futur”.

Francesco Tristano fait également partie du trio Aufgang aux côtés de Rami Khalifé, le frère de Bachar.

ALBUM

  • Francesco Tristano, “Idiosynkrasia”, 2010 (InFiné)

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Latin: Chicha, retour en force


A l’heure des compte-rendu de cette décennie finissante, on se souviendra certainement longtemps que les 00 auront marqué la résurgence d’une multitude de scènes et d’époques muicales. Après le succès rencontré par son premier volet sorti en 2007, Barbès records continue un peu plus loin son exploration des origines de la chica qui, jusqu’à sa redécouverte récente, était largement dénigrée.

À travers une sélection de 16 titres, “The Roots Of Chicha 2: Psychedelic Cumbias from Peru” offre s’intéresse aux variantes plus urbaines du courant. On y retrouve des groupes importants, tels que Grupo Celeste, Chacalon ou Los Destellos, qui donne une touche particulière à ce regain d’intérêt.

The Roots Of Chicha 2, Barbès Records (Streaming) The Roots Of Chicha 2 (Sampler) by pressjunkiepr

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Photo: Pete Williams, chasser l’image


Herbie Hancock

Photos: Pete Williams

Straight No Chaser restera l’un des témoins majeurs des métissages musicaux qui ont émergé en Grande-Bretagne au tournant du XXI siècle. En inscrivant les générations émergentes dans la longue tradition du jazz, le magazine a largement contribué à légitimer des courants tels que l’acid jazz ou la house music, tout en influençant de nombreuses publications ultérieures.

Même si le site continue de donner l’impression d’une certaine activité, la dernière parution du magazine est datée d’août 2007. Le fondateur, Paul Bradshaw, n’a cependant pas totalement abandonné et s’est engagé dans un bon nombre de projets, toujours liés aux musiques de la diaspora africaine.


Robert Wyatt

La photographie, sous des formes éditoriales ou des expositions, va occuper une place de choix et le projet autour de l’oeuvre de Peter Williams fait partie de cette logique. Le photographe a participé à toute l’aventure SNC et ses clichés en noir et blanc ont particulièrement influencé l’esthétique du magazine.

Après un premier show à Birmingham, une rétrospective est annoncée pour l’année prochaine. De DJ Shadow à Reprazent, en passant par Sizzla, Cassandra Wilson ou Pharoah Sanders, il est déjà possible d’avoir un aperçu des figures prestigieuses qui ont posé devant l’objectif de Williams grâce à cette exposition qui se tiendra à Londres.

  • 11.11.10 au 20.11.10 “The Chaser Years: The Photographic Art Of Pete Williams”, Maverick Showroom / Londres

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Expériences: Audium, un espèce d’espace


Photos: Joël Vacheron

20h30, comme chaque vendredi et samedi soir depuis 35 ans, Stan Schaff surgit sur le pas de la porte et, avec le timbre d’un vieil enchanteur, invite le petit groupe d’audiophiles à pénétrer dans son antre acoustique. Après avoir passé un étroit couloir labyrinthique, on se retrouve dans un auditoire circulaire de taille moyenne, dont le plafond et entièrement constitué de speakers et de surfaces insonorisantes disposés de manière concentrique. Au coeur du cette orbite, une sorte de chaudron noir sert de foyer amplificateur autour duquel le public est invité à s’asseoir. Schaff prend place derrière le lutrin de son cockpit, et la salle est progressivement plongée dans l’obscurité totale. Il n’y a plus rien à voir, le spectacle peut commencer.


Les compositions, qui datent du début des années 70, accentuent encore un peu la désuétude de cette expérience étrange. On est loin des créations de Xenakis mais on finit par être saisi par les différentes réverbérations qui modifient notre perception de l’espace. Motifs sautillants ou longues plages de vagues déferlantes, Schaff optimise les effets de cette autorité acoustique. Même si l’Audium n’est pas un spectacle inoubliable, ce plongeon dans cet univers audiophile décalé ravive le souvenir des expérimentateurs californiens, tout en offrant une bonne manière de reconsidérer notre rapport à notre environnement acoustique.

Des premiers dioramas aux récentes découvertes en matière d’hologrammes, une bonne partie de la Modernité aura consisté à développer et à perfectionner des dispositifs toujours plus sophistiqués pour mettre en scène des expériences visuelles. Moins spectaculaire, et généralement considérée comme un sens subalterne, l’écoute n’a pas véritablement bénéficié des mêmes avancées. Même dans les lieux traditionnellement destinés à la diffusion de performances musicales, il est rare de trouver des endroits publics consacrés uniquement à la stimulation d’expériences auditives.


L’Audium, ouvert en 1975 à San Francisco, constitue à ce titre un exemple assez singulier dans ce domaine. Son créateur, le compositeur Stan Schaff, affirme d’ailleurs que son lieu est unique en son genre. La particularité de son soundsystem tient au fait qu’il peut agir de manière assez précise sur chacun des 169 haut-parleurs répartis dans un espace qui prend des formes particulière au gré de son inspiration. C’est pourquoi, plus qu’un simple auditorium ou une salle de concert, il considère son invention avant tout comme un instrument. Cette expérience immersive doit rester exclusive et Schaff n’a jamais sorti aucun disque, ni joué ses pièces autrement qu’à partir de sa propre installation sonore. L’Audium se présente comme un environnement interactif à partir duquel il est possible d’expérimenter des rapports littéralement inouïs entre le son et l’espace.

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Le pouvoir de Bob Marley

Pop: Jacno, no future antérieur


Avec la mort de Jacno, le 6 novembre dernier, la pop française perdait un des ses représentants le plus discret et le plus influent. Des premiers soubresauts punk avec les Stinky Toys à ses comptines synthétiques en duo avec Elie Medeiros ou pour Lio, son style de dandy et sa posture anticonformiste lui auront toujours permis d’évoluer avec une classe à part.

Dans un article de Benoit Sabatier paru en 1999, il revenait sur les débuts d’une carrière qui avait débuté sous de très bons auspices, en étant adoubé porte-voix de la scène punk française par l’entremise du grand argentier Malcolm McLaren : “En 1976, McLaren traînait à Paris dans les magasins où on chourrait des disques. Il a entendu les maquettes de notre groupe, les Stinky Toys. Il nous a appelés pour un festival à Londres, avec les Sex Pistols, Clash, Siouxie. On est parti tout de suite. Le premier truc, à Londres, c’est qu’on s’est trouvé à la une des canards, NME, Melody Maker. Je vivais pas ça du tout sérieusement. J’avais même pas 18 ans et on était tout le temps bourrés comme des coings.

Plutôt que de plonger dans les excès spectaculaires d’un courant s’autoconsommant, sa posture jusqu’au-boutiste s’exprimera à travers des univers d’une élégance singulière. En rassemblant quelques amis d’un jour ou de toujours, la compilation “Jacno Future”, qui sortira en avril prochain, propose de rendre hommage à cette figure de l’electropop frenchy.

Jacno, Le Sport c’est de la Merde, “Tant de Temps” (2006)
Jacno - Le Sport

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Breaking News de Michael en écoute complète

Pour écouter Breaking News c’est ici.

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Rock: John Lennon, a working class hero


2010 est une année particulière pour John Lennon. Elle marque à la fois son 70e anniversaire, le 30e anniversaire de sa mort et le 40e anniversaire de l’album Let It Be. Le mois d’octobre voit tous ses albums solo réédités, et en décembre, la sortie du biopic «Nowhere Boy», avec l’étonnant Aaron Johnson dans le rôle du Beatle.

À cette occasion, Vibrations publie un numéro hors série consacré au chanteur-compositeur. De ses débuts, avant la formation des Beatles, au sein des Quarrymen jusqu’à son assassinat au Dakota Building en décembre 1980, c’est non seulement la vie de Lennon qui parcoure les pages de ce hors série, mais une époque.

Celle de l’avènement du rock anglais, des années psychédéliques, de la rupture avec les Beatles, de l’exil aux États-Unis, des manifestations politiques. L’occasion de voir à travers le prisme lennonien une société en mouvement, qu’il incarne jusque dans ses errances.

Ce hors série collector présente une interview exclusive de John Lennon accordée en 1969, Yoko Ono s’exprime à propos des albums solos de Lennon, on y découvre également son parcours avant les Beatles, sa discographie et sa filmographie. Le tout illustré grâce à 100 photos rares et inédites.

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Michael Jackson ressuscité

On le croyait mort, d’autres l’ont toujours annoncé vivant, en tous les cas Jacko est de retour sous la forme d’un nouvel album sobrement intitulé “Michael”. Un des titres, Breaking News, sera très prochainement est disponible sur le site michaeljackson.com.

Abbey Lincoln

Dix disques, ceux que la chanteuse disparue en août dernier aurait emporté sur son île déserte.

Billie Holiday Lady In Satin
Quand j’ai commencé ma carrière, je me suis souvenue avoir beaucoup écouté ce disque. Billie Holiday est simplement mon artiste préférée, elle reste un phare pour toute chanteuse. Elle nous indique la voix à suivre: elle savait mieux que quiconque marier la pertinence des textes et la qualité du chant, avec un contenu social fort. Elle a enregistré «Strange Fruits», ce n’est pas rien!

Max Roach Jazz in 3/4 Time
Avec Sonny Rollins, Kenny Dhoram et Ray Bryant, un classique sur Riverside consacré à des adaptations de valses. Un travail très brillant, comme le sont l’écriture et le jeu de Max. Une approche très personnelle du jazz, avec déjà une sensibilité politique, qui m’a séduite. Je me souviens de cet album, mais il y a tant d’autres!

Teddy Edwards Mississippi Lad
Un disque magnifique, particulièrement une chanson intitulée «Little Man» que j’aime toujours écouter. Et croyez-moi, je n’écoute plus tant de musiques que cela!

Hugh Masekela Hedzolah Sounds
Une musique très joyeuse, que j’aimais écouter quand j’habitais en Californie au début des années 70. J’ai eu l’occasion de le rencontrer à cette époque, alors qu’il était lui-même exilé à Los Angeles. Il y a une énergie incroyable que j’ai rarement retrouvée.

Tout John Coltrane
Parce qu’on ne peut pas songer faire une sélection digne de ce nom sans lui. Avant d’être le saxophoniste que l’on connaît, John Coltrane est un storyteller d’exception. C’est là sa force de conviction: raconter des histoires personnelles qui ont une valeur universelle.

Tout Charlie Parker
L’entendre jouer «Embraceable You» me donne encore envie de pleurer. Une individualité dont le parcours a inspiré tous ceux qui avaient la même compréhension du monde. Bien sûr, il a changé le cours de l’histoire de la musique, mais au-delà, il m’a accompagnée toute ma vie.

Marvin Gaye What’s Goin On
Un classique incontournable qui réussit à allier une interprétation vocale sans équivalent à une analyse de la situation sociale d’alors. Ce que tout chanteur devrait avoir en tête: ne jamais oublier le message des mots.

Donny Hathaway Everything Is Everything
Il était brillant, savait incarner les mots comme peu, en leur donnant une force qui dépassait le contexte de la simple chanson. Il y avait un contenu. Je me souviens l’avoir vu sur scène à Los Angeles, il émanait une lumière irréelle de lui.

Marcio Faraco Ciranda
Je l’avais découvert à Ramatuelle, dans le sud de la France, avant qu’il ne publie ce disque. Sa façon de chanter et de composer dépasse ce qu’on appelle communément la bossa nova.

Claudia Acuna Wind From The South
Une jeune Chilienne que j’apprécie beaucoup, tant pour sa musique que pour sa personnalité.

Festival: Les Créatives, les femmes en tête


Le festival du bout du lac donne un coup de projecteur sur la création féminine et favorise l’émergence de nouveaux talents. Pour cette 6e édition, la programmation des Créatives ouvre les frontières avec des artistes d’origine française, marocaine, algérienne, australienne ou guinéenne. Au rayon suisse, notons la présence de la jeune Anna Aaron qui ne cesse de se faire remarquer. Souvent comparée à PJ Harvey, la Bâloise enveloppe sa voix grave de notes de piano envoûtantes, embarquant le public à sa suite. Du côté de la France, signalons, entre autres, les belles complaintes folk de The Rodeo, anagramme de Dorothée, la chanteuse, qui avait charmé son monde avec une reprise fort réussie de « It’s Amazing » de Kanye West.

CONCERTS

  • 09-13.11.10 Salle communale / Onex

The Rodeo, Amazing, Kanye West Cover

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Cee-Lo au Trabendo le 9 décembre

Le concert de Cee-Lo au Trabendo, qui devait avoir lieu le 23 septembre, aura finalement lieu le 9 décembre, toujours au Trabendo.

Expériences: Walkman, trente années de ballade


Après avoir été décrié comme un vecteur d’anomie sociale, de ruiner l’industrie discographique ou de rendre sourd, le nombre d’articles traitant de l’arrêt de la production du Walkman témoignent de l’affection portée à ce petit objet. Retour sur les origines d’une légende.

Par Joël Vacheron

En matière de musique, il n’est pas fréquent de rendre hommage à la disparition d’acteurs non humains. Bien qu’il était à peine trentenaire, on pouvait s’attendre à voir rapidement disparaître le Walkman. Compagnon privilégié, le lecteur mobile avait déjà dû affronter quelques bourrasques avec l’arrivée successive des Discmans et du Mini Disc. Il aura tout de même résisté plusieurs décennies avant de succomber au coup de grâce assené par le mp3 et les divers supports de lecture numériques.

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