
Dix disques. Ou plutôt dix musiciens choisis par le cinéaste et compositeur Melvin van Peebles pour «peupler» son île déserte. «Je ne veux pas me résoudre à choisir tel ou tel disque. Je pense plus en termes de carrière, d’artiste global.» Le réalisateur du visionnaire «Sweet Sweetback Baad Asssss Song», et ancien collaborateur du magazine Hara Kiri, nous invite à revisiter son répertoire. «J’aurais pu aussi citer Dvorak, Vivaldi, Damia et même Tri Yann, pour une de leurs chansons… Ou encore mes vieux amis d’Earth Wind and Fire, que j’ai découverts alors qu’ils galéraient sur Hollywood Boulevard. Maurice (White) était l’ami de ma secrétaire. C’est comme ça que je les ai embarqués dans mon histoire… Mais cette fois, pas dans mon île.»
Jesse Fuller
Cet auteur est mort depuis trente, quarante ans. Il a entre autres écrit une fantastique ballade: «San Francisco Bay Blues». Quand j’étais petit, dans le SouthSide à Chicago, il y avait encore des musiciens aveugles ambulants. Eh bien, Jesse Fuller me fait songer à ceux-là, même s’il n’était pas aveugle. En revanche, c’était un orchestre à lui tout seul!
Aristide Bruand
J’aime ses chansons réalistes, cet univers très «parisien», très populaire. D’ailleurs, j’en reprends dans mon spectacle. Parce que la soul, c’est quelque chose de très large, si l’on ne s’arrête pas à la seule forme musicale. C’est un état d’esprit.
Jacques Brel
J’ai toujours adoré les chansons, la musique qui raconte une histoire et qui me fait penser. Et dans le genre, Brel est un poète qui créait avec son âme.
Bobby Bluebland
Je l’adore. En fait, à un moment donné, il m’a sauvé la vie sans même le savoir. Quand «Sweet Sweetback Baad Asssss Song» était à l’affiche d’un grand théâtre, il jouait en club dans la même ville, à Atlanta. Pour faire ma pub, je l’ai invité à venir le voir. Il a adoré! Si bien que pendant son show, il a fait un break pour le dire au public. Et là, pour moi, c’était parti!
Willie Nelson
Ses chansons, sa façon de les interpréter, celle de vivre ses histoires, tout me touche chez Willie Nelson.
Toots And The Maytals
Ce n’est pas du reggae formaliste. Non, c’est de la soul jamaïcaine. La meilleure que je connaisse!
Ike et Tina Turner
Beaucoup disent qu’ils étaient au meilleur ensemble. Moi, je les prends, mais séparément. Le dernier album d’Ike est tout bonnement fantastique. Et je ne me lasse toujours pas du «Private Dancing» de Tina…
Charles Mingus
Un truc comme «Better Git It In Your Soul»! Avec Thelonious Monk, Mingus est le plus narratif, le plus expressif, des jazzmen. Il y a aussi Raashan Roland Kirk quand il reprend du Scott Joplin. Terrible!
Melvin van Peebles
A ma période A&M, mes chansons étaient du rap avant l’heure. Pas du spoken word, qui est une adaptation du style beatnik! Ecoutez donc «Hundred and Fifteenth», une histoire de basket et de drogues!






















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