octobre, 2011

The Echocentrics: Réverbérations poussiéreuses


Photo: Alexandra Valenti

Avec son nouveau projet intitulé The Echocentrics, Adrián Quesada (Grupo Fantasma) tisse un lien entre le psychédélisme feutré de Blue Velvet et les cavalcades poussiéreuses de Calexico. Ces mélodies pervibrées à fortes doses de reverb sont largement inspirées par les boleros retros qui servaient souvent de bandes-son aux telenovelas. Instrumentales ou portées par les voix langoureuses de Natalia Clavier et de Tita Lima, la fille du bassiste de Os Mutantes Liminha, les compositions de Quesada conservent cette forte composante cinématographique.

ALBUM

  • The Echocentrics, “Sunshadows” (Ubiquity Records), sortie le 12.04.11

The Echocentrics - “Esclavo Y Amo” by Ubiquity Records

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A Hawk and a Hacksaw, Península balcánica


A Hawk and a Hacksaw propose un répertoire qui puise largement dans les traditions issues d’Europe de l’Est. Avec ce cinquième album, l’accordéoniste Jeremy Barnes et la violoniste Heather Trost ont quitté Leaf Records et opté pour l’autoproduction. Hormis deux morceaux en Hongrie et en Roumanie, “Cervantine” a été enregistré en grande partie à Albuquerque, dans l’état du Nouveau-Mexique.

L’influence espagnole et mexicaine se fait ressentir de manière plus prononcée que dans les albums précédents, ce qui donne des fusions particulièrement réussies, par exemple Espanola Kolo. Contraction d’une ville près de Santa Fé et d’une danse d’ex-Yougoslavie. Un enchaînement d’ambiances, principalement, instrumentales qui plairont aux amateurs de Beirut, avec qui le duo a d’ailleurs déjà collaboré.

ALBUM

  • A Hawk and a Hacksaw, “Cervantine” (L.M. Dupli-cation)

A Hawk and a Hacksaw, No Rest for the Wicked, “Cervantine” (2011)

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Janelle Monáe

Les disques qui comptent pour Janelle Monáe dont “The ArchAndroid” a été élu album de l’année 2010 par la rédaction de Vibrations. Un choix radical bien à son image, et qu’elle donne dans l’ordre de préférence.

Stevie Wonder “Innervisions”
Une musique fantastique, très organique. J’aime beaucoup les synthétiseurs qu’il utilise sur la majorité des chansons (”Visions” est ma favorite). Et sa voix me transporte où aucun autre artiste n’est capable de le faire.

Stevie Wonder “Music of my Mind”
J’adore cette pochette avec ses lunettes de soleil. Il y a toujours ces synthétiseurs et c’est sur cet album que j’ai découvert le Moog. Mais il a expérimenté tant de choses… Je crois que “Girl Blue” est ma chanson préférée sur le disque, je m’en suis d’ailleurs inspirée pour “Say You’ll Go” sur “The ArchAndroid”.

Stevie Wonder “Songs In The Key Of Life”
“Love’s in Need of Love Today” continue de me faire pleurer. Tout est extraordinairement riche, spirituellement. Nous avons dix-huit chansons sur “The ArchAndroid”, il y en a vingt-et-une sur “Songs In The Key Of Life” et nous avons beaucoup étudié la manière dont Stevie Wonder a organisé une matière aussi complexe pour rythmer l’album.

David Bowie “The Rise and Fall of Ziggy Stardust and the Spiders from Mars”
J’ai fait une reprise de “Moonage Draydream”. Ce disque était totalement en pointe et la voix de Bowie me touche. C’est aussi un grand concept-album : l’histoire, les seize titres, la diversité des instruments assemblés… Je suis un auteur et je ne conçois pas la musique sans une forme de théâtralisation.

Lauryn Hill “The Miseducation of Lauryn Hill”
Le premier album que j’ai acheté avec mon propre argent, au lycée. C’est la première femme artiste à laquelle je me suis identifiée : ses convictions, sa forte personnalité, sa voix… C’est aussi un concept-album et, par dessus tout, une oeuvre profondément honnête.

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Thaïlande: Compilations, les bad boys de Bangkok


La Thaïlande ne cesse de dévoiler son passé rock’n'roll depuis quelques mois. Soundway avait annoncé la couleur avec son excellente compilation “The Sound of Siam” et ça continue avec la sortie quasi simultanée de trois compilations plus ou moins obscures.

Tout d’abord, Parlotone propose une sélection de titres extrait de 78t rattaché au Luk Thung. Un style souvent associé à la country et généralement affectionné par les populations rurales et par la canaille urbaine. Les morceaux se caractérise par les influences plus marquées des musiques traditionelles. David Murray s’est chargé de la sélection et Peter Doolan des textes. Ce dernier dispose également d’un blog très bien fourni sur le sujet.

Phloen Phromdaen – “Ruedu Haeng Khwam Rak (Season of Love)” by dusttodigital

Le Luk Thung est également à l’honneur sur la compilation de “Thai-Dai” dont la pochette présente un pistolero accompagné du minotaure local. Histoire peut-être de nous rappeler que le sous-titre: “The Heaviest Side of the Luk Thung”. Bref, on a pas à faire à des rigolos. Il s’agit en fait de Soreng Santi, à qui l’on doit cette reprise de Black Sabbath. Toutefois, dans un post éclairant sur le sujet, on apprend que cette musique était souvent destinée à une frange minime de la population, compte tenu que les cultures juvéniles étaient encore quasiment inexistantes à cette époque. Cette situation changea durant les année 70, notamment grâce à l’avènement de quelques mouvements étudiants.

Enfin, le label japonais EM réédite “Hey Klong Yao: Essential Collection Of Modernized Thai Music From The 60s” qui explore les composante plus pop des années 60 avec des groupes tels que The Son of P.M dont l’une des pochettes sert de couverture.

ALBUMS

  • Divers, “Luk Thung: Classic & Obscure 78s from the Thai Countryside” (Parlotone, 2011)
  • Divers, “Thai-Dai: The Heaviest Side of the Luk Thung” (Finders Keepers, 2011)
  • Divers, “Hey Klong Yao: Essential Collection Of Modernized Thai Music From The 60s” (EM, 2011)

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World: Sofrito, quand c’est chaud…


Lancées dans l’Est londonien par Hugo Mandez, Frankie Francis et The Mighty Crime Minister, il y a quatre ans que les soirées Sofrito diffusent leurs cocktails de rythmes en provenance des quatre coins du globe. Cumbia, rumba Congolaise, calypso ou highlife, cette Tropical Discotheque réserve toujours son lot de surprise.

C’est le cas par exemple, de Dat Soca Boat de Winston Bailey, plus connu sous le pseudonyme de Mighty Shadow qui propose une fusion convaincante entre le disco et les musiques traditionnelles de Trinidad et Tobago. Cette compilation offre également un edit du Ohue de Victor Uwaifo, qui avait déjà fait l’objet d’une sortie sur leur label Sofrito.

ALBUM

Mighty Shadow: Dat Soca Boat by TheMusicFile

Sir Victor Uwaifo - Ohue (Frankie Francis & Simbad edit)

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Livre: Vocoder, une histoire secrète du XXe siècle


Quel est le point commun entre Alexandre Soljenitsyne et les Daleks de Dr Who, Winston Churchill et le Pack Jam’s des Jonzun Crew ou encore Joseph Staline et Milli Vanilli ? Le journaliste Dave Tompkins répond à la question dans un livre au titre crypté

Du discours politique à la rengaine disco, ils ont tous eu recours à un moment ou l’autre à un vocodeur pour diffuser leurs messages. C’est en grande partie ces relations insoupçonnées que Dave Tompkins s’est employé à relever dans son ouvrage “How to Wreck a Nice Beach : The Vocoder from World War II to Hip-hop“. Bien avant de permettre aux chanteurs d’avoir une voix machinique, le vocodeur répondait à des finalités beaucoup plus prosaïques. Lancée sur le marché en 1939 par la firme AT&T, cette technologie de synthèse vocale visait à optimiser les conversations téléphoniques. En partie pour réduire le coût des appels longue distance, mais surtout pour offrir un mode de télécommunications suffisamment cryptées, le nom est une contraction de voice coder, pour ne pas être interceptées par les forces ennemies.

Invité par le magazine Wire pour faire une conférence au mythique Café Oto de Dalston, une foule compacte s’est déplacée pour suivre ce cours magistral d’histoire contemporaine. Sourcils fournis et la répartie aussi précise que son écriture, il impose d’emblée le style fresh qui colle à son sujet fondamentalement oblique. En s’appuyant sur de nombreuses sources sonores et visuelles, le journaliste américain fait ressurgir toute une pluralité de voix synthétiques qui nous permettent de porter un regard rafraîchissant sur des courants plutôt obscurs du XXe siècle. L’origine de cette nouvelle forme d’élocution découle du désir de pouvoir réduire, et recomposer, la parole à ses composants élémentaires. Cette voix robotique triturée était qualifiée comme une “distorsion acceptable pour assurer la sécurité” par un des ingénieurs à l’origine du projet.

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hip-hop: Ana Tijoux, mixtape de remixes


La rappeuse Ana Tijoux s’est récemment distinguée par le fait qu’elle a été la deuxième artiste chilienne nominée au Grammy Award pour son album “1977″. Chantée essentiellement en espagnol, elle concourait dans la catégorie Best Latin Music, cette évocation autobiographique est également singularisée par de nombreux passages en français.

Autant de témoignages de son séjour à France où sa famille a dû se réfugier pour fuir le régime militaire d’Augusto Pinochet. A ce titre, 1977 marque l’année de sa naissance à Lille. Elle passera encore quelques années à Paris avant de retourner au Chili en 1993. “Elefant”, sa dernière mixtape, présente une série de remixes de son album intégrant des instrumentaux Jaylib, Waajed ou Jake One.

Télécharger: Ana Tijoux, “Elefant Mixtape” (2011)

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Buju Banton gagne un Grammy Award

Le chanteur Buju Banton a gagné le Grammy du meilleur album reggae de l’année pour “Before the Dawn”. Une décision qui a offusqué les associations de défense homosexuelle qui se battent depuis de nombreuses années pour dénoncer certains propos homophobes du chanteur jamaïcain. Actuellement en liberté provisoire, il est passible d’un peine d’emprisonnement à vie pour son implication dans un trafic de cocaïne.

Electro: Prefuse 73, sérialisme et schizophrénie


Cela fait déjà quelques années que Guillermo Scott Herren, aka Prefuse 73, distord les sons et les rythmes à l’aide de sa MPC. À l’écoute de sampler largement condensé, il semblerait que “The Only She Chapters” dévoile une autre facette de ce précurseur du glitch. Traversé par des voix et des mélodies éthérées et des mélodies, ces climats plus calmes rappellent plus directement Savath Y Savalas, une autre incarnation du producteur.

Parmi les diverses collaborations féminines jalonnant ce septième album, notamment Zola Jesus et Adron, on retrouve également la voix de Trish Keenan. La chanteuse de Broadcast tristement disparue en début d’année suite à une pneumonie. Il ne fait aucun doute que cette présence posthume va largement guider l’ambiance générale de cet album.

ALBUM

  • Prefuse 73, “The Only She Chapters”, (Warp Records), sortie le 25.04.11

Prefuse 73 ‘The Only She Chapters’ Album Sampler by Warp Records

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Soul: Sir Joe Quarterman, le funkster à Bobigny


Ancien outsider de la scène soul-funk, Sir Joe Quarterman ne s’était jamais produit en Europe avant 2010. Accompagné des Free Soul, le bonhomme avait sorti quelques titres cultes dans les années 70, dont le fameux « So Much Trouble In My Mind ». Ce hit imparable n’a pourtant pas ouvert les portes du succès à son auteur qui terminera alors sagement ses études d’architecture.

C’est donc à l’âge de 65 ans que Sir Joe Quarterman décide de reprendre le chemin de la scène, accompagné pour l’occasion par l’un des meilleurs groupes de funk en Europe, à savoir les Anglais de Speedometer, déjà entendus aux côtés d’Eddie Bo, Lee Fields ou Sharon Jones. Autant dire que cette soirée au Canal 93 de Bobigny risque d’être torride, les inconditionnels vont être comblés

CONCERT

17.02.11 Canal 93 / Bobigny

Sir Joe Quarterman, (I Got) So Much Trouble In My Mind (1973)

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Hip-hop: Pharoahe Monch, en toute indépendance


Au terme d’une édition anniversaire fort réussie, le festival du Val de Marne ferme la danse par une soirée toute dédiée au hip hop. Avec en ligne de mire, la venue attendue du charismatique Pharoahe Monch. Tout droit débarqué du Queens, à New York, le rapper indépendant étonne par la complexité de ses textes et sa rhétorique savante.

Après un premier album, Internal Affairs, sorti en 1999 sur le label indépendant Rawkus Records, il rejoint, pour son second disque en 2007, l’écurie Street Records du Wu Tang Clan. C’est son 3e album, W.A.R (We Are Renegades), que le New-Yorkais viendra présenter sur la scène de Sons d’Hiver.

À ses côtés le même soir, l’afro-punk détonnant de Kokayi, ainsi que les rythmes passionnants de la rappeuse Jean Grae, l’une des rares représentantes féminines du genre. Soirée intense en perspective.

CONCERT

  • 12.02.11 Festival Sons d’Hiver / Créteil

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Ouverture du Café Addis à Lausanne

Le Café Addis, ouvre ses portes à Lausanne, rue du Valentin 23. Avec son restaurant et sa salle musicale, il propose des mets d’Afrique de l‘Ouest et des sons des quatre coins de l’Afrique. Pour fêter l’inauguration des lieux, concert en trio du chanteur sénégalais Kara samedi 12 février à 21 h 30.

Les Vibrations de février


De Asa à Zombie Zombie, en passant par Lee Scratch Perry, voici une fine sélection des concerts qui vont rythmer le mois de février en France et en Suisse

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Pop: Theophilus London, amour de vacances


Theophilus London continue tranquillement à faire monter le buzz avec la sortie d’un premier EP de cinq titres, en écoute sur le site du magazine Spin. Chaque titre de “Lovers Holliday” est commenté par le New Yorkais qui continue de faire évoluer sa soul de hipster vers des territoires à références multiples. De Prince, Strange Love à TV on the Radio, Wine & Chocolates, London se pose toujours avec la même aisance.

Theophilus London, Flying Overseas (2011)

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Expériences: The Sway Machinery, de Brooklyn à Tombouctou


En mettant en place le projet The Sway Machinery, Jeremiah Lockwood souhaitait apporter un peu de fraîcheur aux musiques folkloriques juives, afin qu’elles puissent être jouées dans des clubs. A l’instar de son précédent groupe, Balkan Beat Box, le guitariste a rapidement su s’entourer, du batteur John Bollinger de Barbez, du saxophoniste Colin Stetson d’Arcade Fire ainsi que deux cuivres d’Antibalas, pour insuffler la même énergie.

L’an passé, le groupe a été invité à participer au légendaire festival du Désert de Tombouctou, une expérience qui s’est avérée décisive. En particulier, en offrant une possibilité de collaboration avec la chanteuse Khaira Arby, surnommée la “Reine de la musique du désert”. Leur prochain album, “The House of Friendly Ghosts Vol. I” , s’est ainsi construit autour des découvertes issues de ces échanges interculturels. Un deuxième volet est d’ores et déjà en prévision, ainsi qu’une tournée avec Khaira Arby.

The Sway Machinery, Gawad Teriamou (JDub Records), sortie le 08.03.11

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LCD Soundsystem pose les plaques

LCD Soundsystem vient d’annoncer à travers son website que le concert de Madison Square Garden agendé le 02.04.11 allait être le dernier. La soirée s’annonce prometteuse avec un show de 3 heures d’inédits et une première partie assurée par Liquid Liquid.

Dubsteb: James Blake, basses fréquences acidulées


Le propre du dubstep, en tous les cas ce qui a participé à son essor, aura certainement été sa porosité vis-à-vis de genres musicaux très différents. Le reggae, bien sûr, mais aussi la trance, la house ou les musiques expérimentales, tout peut potentiellement être dilué dans cette potion de basses fréquences. Dans le domaine, James Blake amène une touche lyrique et dépouillée qui s’éloigne des ambiances enfumées et pesantes qui définissaient le genre initialement.

Après une formation académique de pianiste, ce londonien de 22 ans s’est peu à peu fait connaître grâce à une série de EP, ainsi que ses collaborations sur scène avec Mount Kimbie. Tout comme le duo, ou comme Burial, Blake approche le dubstep en attachant une attention particulière dépecer les sons afin d’en extraire des textures raffinées. Déjà repéré avant son EP Klavierwerke (2010), notamment par Gilles Petterson, il acquiert une reconnaissance plus large grâce à sa reprise entêtante des quelques du “The Limit to Your Love” de Feist.

Avec la sortie imminente de son premier album éponyme, dans lequel on retrouve également Mount Kimbie, Blawan, Klaus, Catherine Okada et The Tallest Earth Man On Earth, il ne fait aucun doute que 2011 va constituer une année charnière pour le musicien et son label R&S Records.

ALBUM

  • James Blake, “James Blake” (R&S Records), sortie le 07.02.11

James Blake, The Wilhelm Scream (2011)

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Décès d’Edouard Glissant

L’écrivain et poète martiniquais Edouard Glissant s’est éteint à Paris, à l’âge de 82 ans. A travers sa définition du “Tout-Monde”, il a été l’un des premiers à envisager les bouleversements et les formes d’hybridations culturelles générés par la mondialisation. Nous aurons l’occasion de revenir sur son parcours militant et visionnaire, voir notamment le papier de Pierre-Jean Crittin.

Hip hop: The Insane Warrior, zone obscure


The Insane Warrior est le nom du dernier projet lancé par le rapper et producteur américain RJD2 qui, avec “We Are The Doorways”, à composer une bande-son en partie inspirée par l’univers de la science-fiction et des films d’horreur des années 70 et 80. Construit en grande partie à partir des sonorités produites par les synthétiseurs analogiques, cette collection d’instrumentaux permet à Ramble John Krohn de s’aventurer vers des zones plus obscures. L’album intégral, ainsi que les remixes de The Glow sorti sous le nom de RJD2, peut être écouté en streaming.

ALBUM

Expérience: The Dirtbombs, il était une fois Detroit


Dans le registre des commémorations, 2011 marque un anniversaire particulier pour les musiques électroniques. En effet, il y a 30 ans trois lycéens de Detroit, Paul Lesley, Roderick Simpson, Sterling Jones qui devaient par la suite être retenus sous le nom de A Number Of Names, produisaient un premier, et unique, morceau qui est reconnu comme le jalon initial de l’ère Techno. Ceci en grande partie grâce à un repressage du titre en 2001.

Sharevari était largement inspiré par les pratiques de DJ’s de cette période, notamment en intégrant des effets de superpositions donnant l’impression que deux disques étaient joués simultanément. Le morceau s’insérait parfaitement dans l’attirance des clubs de Detroit pour reproduire le glamour sophistiqué des productions européennes de Moroder, de Kraftwerk ou de la new wave. Une ambiance particulièrement bien retranscrite dans le programme TV The Scene, qui participera à populariser le morceau.

Également originaire de Detroit, The Dirtbombs revisite cet héritage à travers leur nouvel album “Party Store”. En rejouant avec des instruments les beats et les boucles originellement produits avec des ordinateurs, ils se rapprochent des ambiances qui rappellent Liquid Liquid ou ESG. Parallèlement au séminal Sharevari, on retrouve également des reprises du Good Life de Kevin Saunderson ou du Jaguar de DJ Rolando ou de Carl Craig.

ALBUM

The Dirtbombs - Jaguar (Ectomorph Remix) by ScionAV

The Dirtbombs, Sharevari, “Party Store” (2011)

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Hommage: John Barry


James Bond lui doit tout. Sans John Barry, 007 ne se serait pas sorti des situations impossibles avec autant d’élégance et d’insolence.

Mondain comme son héros, le compositeur a mené une existence de musicien pop dans le swinging London et écrit le générique d’«Amicalement Vôtre» avant d’être aspiré par Hollywood. Mais à l’image de l’espion de sa gracieuse majesté, il n’a jamais retrouvé la forme qui était la sienne dans les années 60. Cela n’a pas empêché plusieurs génération de mélomanes de vouer un culte au compositeur récemment disparu.

Ce n’est plus de fardeau, ni même de boulet qu’il faut parler. De tatouage plutôt, d’un emblème qui colle à la peau, symbole d’une époque révolue mais ô combien vivace. John Barry est Monsieur «James Bond Theme». Ces quelques trois notes égrenées par une guitare ont fait le tour du monde. Jerry Dammers (The Specials) ou John Zorn, pour ne citer que les plus méritoires, en ont offert leur version. Standard parmi les standards de la musique de film, ce morceau est la pierre de fondation de la carrière de John Barry. Peu importe finalement que l’auteur officiel de ce thème soit un certain Monty Norman. Barry, alors arrangeur dans l’ombre, n’a jamais voulu polémiquer sur ce sujet. Qui a véritablement composé? «Ce n’est pas un hasard si United Artists m’a confié par la suite la bande son de dix films de James Bond.», se contente-t-il de répondre avec malice. De toute façon, c’est bien son nom qu’on identifie immédiatement au fameux thème de Dr No sorti en 1963.

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