octobre, 2011

GSH: Une tranche de vie (2)

Gil Scott-Heron, We Almost Lost Direct (enregistré live pour Radio Superfly)

Ce jour de printemps 1998, rendez-vous est pris au domicile new-yorkais du chanteur Gil Scott-Heron. L’espoir est grand de pouvoir le « cuisiner » longuement. Parler musique, politique, société. Et littérature, bien sûr. Quelque trente ans après sa publication aux Etats-Unis, son roman de jeunesse Le vautour, polar noir et désabusé, vient de trouver une traduction française. L’occasion est belle d’évoquer le style particulier, entre blues, jazz, soul, de ce musicien-poète qu’on a appelé « le grand-père du rap ».

Sans doute aura-t-on loisir de faire en sa compagnie le tour du propriétaire d’une œuvre fournie et diverse dans laquelle il est justement en train de remettre de l’ordre. Bien sûr, on aura la pudeur d’éviter le sujet des drogues, dans lequel on le sait empêtré depuis des années. L’espoir était ainsi grand, le moment fut court, mais d’une densité et d’une humanité exceptionnelle. Parfois, un instantané saisit mieux qu’une longue séance l’âme du sujet photographié. On peut en dire autant de certains entretiens.

C’est une belle journée de printemps. Assis dans le métro, je me dirige uptown. But du voyage : une petite conversation avec Gil Scott-Heron. Non pas au coin de la 125e rue et de Lennox Avenue, comme le titre de son premier disque pourrait le laisser penser, mais dans son appartement quelque part vers Broadway et la 150e rue. Un quartier populaire, majoritairement peuplé de blacks et d’hispaniques. En sortant du métro, il faut remonter quelques blocs. 148. 149. 150. 151…

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GSH: Une oeuvre au noir (1)


Afin de rendre hommage à l’oeuvre polymorphe de Gil Scott-Heron, nous republions une série d’articles parus dans le magazine Vibrations en trois parties. Voici tout d’abord une sélection de dix pièces maîtresses d’une œuvre essentielle de la Great Black Music, ainsi que des compte-rendus de son dernier album, “I’m New Here”, et de la traduction française de son ouvrage “Le Vautour”.

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Radio Domino

Domino Records va lancer sa propre radio et proposera une grille de programme animé par artistes du label comme Animal Collective, Alexis Taylor, Four Tet, Robert Wyatt ou les Dirty Projectors.

Documentaire sur David Byrne

La tête pensante des Talking Heads et personnification de l’avant-garde new-yorkaise de ces 30 dernières années, David Byrne, a fait l’objet d’un documentaire intitulé “Ride, Rise, Roar” qui va prochainement sortir en DVD et Blu-ray. Tourné essentiellement lors d’une tournée, on y découvre le quotidien de cet artiste discret

“Ride, Rise, Roar” (2010)

Gil Scott-Heron (1949 – 2011)


Grâce à son retour inespéré avec “I’m New Here”, Gil Scott-Heron nous avait gratifié d’un des plus beaux albums de l’an dernier, ainsi qu’une démonstration magnifique de son génie inaltéré. Nous allons revenir en détail sur la carrière du poète qui nous a quitté aujourd’hui à l’âge de 62 ans. En attendant revoici la chronique d’un concert donné en mai dernier.

L’architecture moderniste austère de L’Aula Magna de Lisbonne constitue un souvenir imposant de la dictature de Salazar. On pourrait imaginer un décor moins connoté pour accueillir un illustre pourfendeur des dérives despotiques. Casquette rivée, silhouette élancée, costume étriqué, Gil Scott-Heron débarque, seul, avec la démarche nonchalante d’un coureur de demi-fond. Avant même d’avoir prononcé le moindre mot, le public est déjà debout, honorant cette apparition longuement espérée.

Fidèle à son habitude, il entame le concert avec quelques anecdotes pleines d’esprit et de malice. Avec son talent de conteur, il revient en particulier sur les diverses contingences, généralement administratives ou juridiques, qui ont contrarié ses venues en Europe depuis plus d’une quinzaine d’années. “J’ai déjà tout eu, mais cette fois-ci, ils ont fait encore plus fort”, déclare-t-il avec éloquence, “ils m’ont balancé un nuage volcanique!”. Puis il ajoute, à propos de son retour et de l’impact médiatique occasionné par “I’m New Here” . “J’ai appris quelque chose d’essentiel sur moi-même grâce à la sortie de cet album. En vérité pendant toutes ses années, j’avais disparu! C’est incroyable, j’ignorais que je possédais un don de disparition. Je préfère vous prévenir, au cas où vous ne me verriez plus sur scène pendant le concert”. Nul doute, GSH c’est du charisme et de l’intelligence à l’état brut.

Il reste encore à voir si sa voix a conservé la finesse de son esprit. Il s’assied derrière son vieux Fender Rhodes pour entamer Blue Collar, un titre extrait de l’album “Moving Target” (1982). I been down in New York City, that ain’t no place to be down / I have been lookin’ at the faces of children, you see we’re lookin’ for higher ground /You can’t name where I ain’t been down/‘Cause there ain’t no place I ain’t been down. Si quelqu’un devait douter de l’esprit visionnaire du vieux trickster, ce titre prophétique efface tous malentendus. Un groove minimal emplit immédiatement l’espace et sa voix basse semble avoir encore gagné en profondeur, comme bonifiée par les goulées de bourbon, les bouffées de malback et quelques extras moins licites.

Ses musiciens le rejoingnent sur scène pendant le touchant “Winter in America”. On retrouve des vieux compagnons de route du “Amnesia Express” et “The Midnight Band”. Il y a Tony Duncanson au Congas, Glen Astro Turner à l’harmonica qui, pour l’occasion, a cédé sa place à une énergique pianiste, dont le nom m’a échappé, qui nous a gratifié d’un morceau jazz rock bien allumé en milieu de concert. L’absence du saxophoniste Brian Settles constituera le seul petit regret de la soirée. Peu importe, le concert décolle et nous avec. We Almost Lost Detroit, Pieces of a Man, “Be Safe, Be Free, Be Strong”, les titres s’enchaînent avec la même intensité, toujours entrecoupés par des petites histoires dont seul GSH a le secret.

C’est le cas par exemple de son interprétation rocambolesque de l’origine du mot “jazz”, à travers laquelle il introduit un “Is That Jazz” enfiévré dans lequel la pianiste se lâche corps et âme. Unique titre du dernier album, la très belle adaptation de “I’ll Take Care of You” témoigne de l’atemporalité dans son message. Un peu plus tard, il profite d’un long solo de percussion pendant “The Bootle”, pour entamer quelque pas de danse. Souriant et d’une décontraction contagieuse, tout son être laisse transparaître le bonheur que lui procure cette tournée. Après deux rappels providentiels, le public en redemande encore! Trop tard, cette fois-ci, il a bel et bien disparu.

Lire également

Gil Scott-Heron, Me And The Devil, “I’m New Here”

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Concours: Brownswood Records, une nuit à la Flèche d’Or

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Il y a deux ans, une poignée de musiciens londoniens se rendent à Nairobi pour effectuer quelques sessions avec Joseph Nyamungo et Charles Okoko, citoyens illustres de Owiny Sigoma. C’est en grande partie Jesse Hackett, qui avait pris part au projet Africa Express, qui est à l’origine des cette expédition et le projet a été suffisamment concluant pour que Gilles Peterson signe cette collaboration sans aucune hésitation sur son label Brownswood Recordings.

Par rapport à l’Éthiopie, le Nigéria ou le Congo ou d’Afrique du Nord, les musiques traditionnelles kenyanes restent encore relativement méconnues et l’un des objectifs du projet visait à pallier cette carence. Tony Allen ou Fela, le style renvoie inévitablement aux monstres sacrés de l’afro-beat, tout en renvoyant à des déclinaisons plus occidentalisées, comme par exemple Vampire Weekend.

Owiny Sigoma Band sera de passage à La Flèche d’Or avec Sir Peterson en seconde partie soirée. On pourra également découvrir Mariama, dont le premier album est attendu en septembre également sur Brownswood.

CONCOURS

Tout cela se passe le 05.06.11 et nous vous offrons quelques places. Pour gagner ces invitations, envoyez-nous un mail à contact@vibrations.ch, en indiquant “MERCI GILLES” dans le titre et avec vos nom et prénom dans le message. Il y a 5×2 places à gagner et les gagnants seront contactés par email.

Owiny Sigoma Band

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Folk: Mia Doi Todd, la clique cosmique

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Cela fait près d’une dizaine d’années que Mia Doi Todd louvoie dans les circuits folk pour y professer des messages optimistes, largement empreints de reliquats de philosophie new age caractéristique de la côte californienne.Tout au long de sa carrière discrète, mais très prolifique, elle s’est rapidement profilée comme une des voix du revival cosmic de Los Angeles, ce qui l’a amené à collaborer avec des personnalités aussi inspirées, qu’inspirantes, telles que Flying Lotus, Om’mas Keith, Carlos Niño ou Miguel Atwood-Ferguson qui l’ont érigée au statut d’égérie.

Avec son neuvième album, “Cosmic Ocean Ship” elle continue cette quête à travers des voyages interstellaires ou l’exploration d’environnements naturels ou urbains. Comme c’est le cas dans “All My City”, ode à sa ville natale Los Angeles. Le rendu très lisse de ces compositions surprend d’autant plus lorsqu’on sait qu’elles ont été enregistrées en 4 jours à partir d’un enregistreur 2 pistes analogiques. Une manière de démontrer la spontanéité et le talent de cette artiste unique.

ALBUM

  • “Cosmic Ocean Ship” (City Zen Records/Virtual Label)

Mia Doi Todd, All My City, “Cosmic Ocean Ship”

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Festival: Blues Rules, ambiance de Juke Joints


Le Blues Rules Crissier Festival est un des rares festivals européens dédiés au Delta Blues et au blues underground. Pour cette deuxième édition, une sélection d’artistes locaux et internationaux accompagneront les deux têtes d’affiche Kenny Brown et Eric McFadden. Au total, 16 groupes se produiront à Crissier tout au long du weekend parmi lesquels Wes Mackey, Eric McFadden Trio, Hillstomp, Joe Troop, Bob Log III ou Scissormen représenteront le continent américain. Tandis que le blues européen sera représenté par Chapel Hill, Roland Tchakounté, Vermillion Sands et Lubos Bena & Matej Ptaszek ou encore Robin Giroud, leader des désormais incontournables Mama Rosin, qui présentera son nouveau projet Sevdah Dragi Moj.

Comme l’indiquent les cofondateurs Thomas Lécuyer et Vincent Delsupexhe, une attention particulière a été apportée à la convivialité : “Nous avons voulu un évènement familial et chaleureux, à taille humaine dans un cadre exceptionnel, et sans artifice. Nous avons rêvé d’une occasion unique de se replonger dans la spontanéité et la sincérité d’un festival en pleine naissance, à l’âme profonde et généreuse et à la renommée grandissante. Nous avons rêvé d’un rendez-vous original, propre à plonger les spectateurs dans une ambiance unique et spontanée qui rappellera à certains les fameux Juke Joints du delta.”

CONCERTS

27-28.05.11 Crissier / Suisse

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Dub: Hype Williams, la valse des fantômes


La russe Inga Copeland et le londonien Dean Blunt aime cultiver le mystère, tout en construisant depuis quelques mois un univers lo-fi vaguement psychédélique qui ne manque pas d’intriguer. “Find out what happens when people stop being polite, and start gettin reel” (de Stilj), leur premier LP sorti en fin d’année passée imposait leur compositions distendues ou fragmentées par différents extraits de dialogues, l’intégration coupures qui densifient les procédés narratifs, au point de créer des petits scénarios.

Hype Williams, Your Girl Smells Chung When She Wears Dior, “One Nation” (2011)

Le clips du duo sont tout autant minimaux et radicaux. Généralement générés grâce à l’application astucieuse du stop & motion sur des images trouvées, ils s’enlisent dans des séquences aux langueurs léthargiques. Un phrasé nonchalant et fantomatique sur des productions bidouillées, les concerts de Hype Williams s’apparentent toujours à des formes d’expérimentations qui exacerbent le caractère aléatoire de la production artistique.

Hype Williams, The sweetest taboo (Sade cover) Hype Williams-The sweetest taboo (Sade cover) by andreizato

Un cocktail de tournoiements lointains de drones, sonorités étirées ou étouffées, l’univers de Hype n’est jamais très loin des relectures claustrophobiques de Burial ou des montages de Mount Kimbie. De manière assez judicieuse le prochain EP “Kelly Price W8 Gain Vol.II” est sur le point de sortir chez Hyperdub. Quant à l’album “One Nation”, limité à 1000 copies et déjà épuisé, il est sur le point d’être réédité.

Hype Williams - One Nation by Hippos In Tanks

CONCERT

  • 29.05.11 Paris / RBMA Stage Parc de la Villette -Jardin des Iles (14H30, gratuit)

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Live: Mama Rosin, rock en stock


Mama Rosin vient déverser son énergie cajun au CCS de Paris. À découvrir absolument!

Mama Rosin continue de faire son chemin en générant toujours la même énergie contagieuse à chacune de leurs apparitions. Fait assez rare pour un groupe helvétique, le trio s’est offert le luxe d’être invité en l’espace de quelques mois à deux des rendez-vous musicaux les plus prisés de Grande-Bretagne. D’une part, en octobre passé, il prenait place dans le carrousel télévisuel de Joss Holland. Un show qui constitue certainement la référence ultime pour acquérir une légitimité sur le territoire britannique. D’autre part, vers la fin du mois juin, ils prendront part au non moins prestigieux festival de Glastonbury.

Cette mini tournée anglaise se présentait ainsi comme une excellente prise de température. Parmi ces sept dates, deux concerts étaient organisés au Slaughtered Lamb de Londres. Une petite salle, munie d’une sono bringuebalante, située dans le sous-sol d’un pub de Farringdon. Lors de la deuxième soirée, les Mama Rosin avait invité The Hipbone Slim & The Knee Tremblers, avec qui ils ont collaboré sur “Louisiana Sun”, la dernière sortie de leur label Voodoo Rythm Records.

La pochette, très didactique, raconte comment les deux groupes se sont rencontrés lors du Festival Autour du Zinc de Beauvais et se sont rapidement qu’ils partageaient une même sensibilité pour les musiques en provenance de Louisiane, au point de se retrouver ponctuellement pour faire quelques sessions de studios. Une énergie que l’on retrouve sur scène lorsque Mama Rosin enchaîne son répertoire où les morceaux de cajun, de zydeco et les valses se succèdent avec la même patine, le même entrain contagieux. Difficile de ne pas être conquis par cette débauche de générosité spontanée qui rappelle à bien des égards à la Mano Negra, à John Spencer Blues Explosion et à tous ses projets qui ont su insuffler une nouvelle vitalité à des styles traditionnels, tout en préservant leur substance, leurs entrailles.

Dans une interview accordée il y a quelques mois, il précisait comment cette inclination les a poussés à s’intéresser en particulier à la musiquqe cajun: “Nous nous sommes aperçus que cette musique, qui semble assez limitée au niveau des instruments ou des histoires évoquées, dissimule en vérité une immense richesse. Un mélange évident de musique noire et blanche, un blues très fort et des textes très directs grâce à l’usage d’un français basique. Puis toute la beauté de son évolution avec le Zydeco et le Cajun, les orchestres de string band. C’est du Texas swing chanté en Français avec la puissance d’un duo mélodéon-frottoir ! Il y a aussi une certaine rareté, car c’est très difficile de trouver des vinyles ! En ce qui nous concerne, on a surtout rapidement associé ça au blues, à la musique africaine et, pour le dire franchement, on a été fasciné par ce côté rock’n’roll!

Une ambiance rock’n'roll qui prend encore une forme plus distincte lorsque les deux groupes se retrouvent ensemble sur scène. Même s’ils semblent appréhender quelque peu cette première confrontation devant un public, et l’apport d’un contrebassiste flambant neuf, le courant passe immédiatement. Un avant-goût très prometteur du prochain Paléo festival où les Mama Rosin seront accompagnés de The Hipbone Slim & The Knee Tremblers. Mais avant cela, le trio se produira au CCS de Paris la semaine prochaine à l’occasion de la sortie française de “Black Robert” et pour de nombreuses dates durant tout l’été. A ne pas manquer!

CONCOURS

A cette occasion, nous vous offrons quelques places. Pour gagner des invitations au concert du 25.05.11 au Centre Culturel Suisse de Paris (CCS), envoyez-nous un mail à contact@vibrations.ch, en indiquant “MERCI MAMA” dans le titre et avec vos nom et prénom dans le message. Il y a 2×5 places à gagner et les gagnants seront contactés par email.

CONCERTS

  • 25.05.11 Paris / CCS
  • 02.06.11 Lausanne / Les Docks, (en ouverture de JSBX)
  • 16.06.11 Belfort / La Poudrière
  • 28.06.11 Lausanne / Festival de la cité
  • 13.07.11 La Rochelle / Francofolies
  • 21.07.11 Nyon / Paléo Festival (avec Hipbone Slim)
  • 23.07.11 Taninges / Festigrat’s
  • 06.08.11 Crozon / Festival du Bout du Monde
  • 18.08.11 Genève / Festival de la Voile
  • 20.08.11 Yvoire / Les Mouettes Guincheuses
  • 19.11.11 Lyon / Festival Nouvelle Voix

Mama Rosin ‘Le Pistolet’, dans l’émission Later… With Jools Holland (01.10.10)

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Adrian Sherwood

Voici les dix disques qu’Adrian Sherwood emporterait sur son île. Une bonne manière de retrouver quelques-unes des influences qui ont nourri ce fan inconditionnel de reggae tout au long de l’épopée de son label On-U Sound qui fête son 30e anniversaire.


Burning Spear “Presenting Burning Spear”
Je l’ai découvert quand il est sorti, j’étais tout jeune. Ça sonnait comme quelque chose provenant du paradis. Quelle puissance! Je le réécoute régulièrement, et à chaque fois il me met sur le cul. Si Burning Spear devait enregistrer un disque de cette classe aujourd’hui, il faudrait qu’il soit juste accompagné d’une guitare et de percussions minimales, de façon à ce que sa sublime voix soit en avant.

Bill Withers “Still Bill”
C’est celui de 1972, avec le hit «Lean On Me», imparable. Bill Withers prouve tout au long de cet album qu’il est un songwriter fantastique. Michael Jackson ne s’y est pas trompé: c’est à Bill qu’il a piqué «Ain’t no Sunshine».

Stevie Wonder “Innervisions”
Sur une île déserte, il faut des disques spirituels, profonds: celui-ci remplit le rôle de façon idéale. C’est l’album le plus épique de Stevie Wonder, son ambition me glace. Pas une chanson à jeter.

Bim Sherman “Love Forever”
Un disque réédité sous le titre «Danger». A l’origine, c’est une compilation de singles qu’il a enregistré en Jamaïque. Les thèmes sont d’une intelligence rare: «My Woman» est probablement la plus belle chanson jamais écrite sur une femme.

Bim Sherman “Miracle”
C’est le seul disque auquel j’ai participé que je retiens ici: il est trop beau. «Miracle» contient plusieurs morceaux qui datent de l’époque «Love Forever». Comme la production n’était pas toujours à la hauteur, on les a réenregistrés. Ça nous a pris trois ans pour arriver à ce résultat épuré.

Bob Andy “Songbook”
Bob Andy a enregistré les plus belles chansons au monde – le niveau de songwriting de «Life» ou «You Don’t Know» est encore supérieur à celui de Marley. Pourtant ses albums souffrent parfois d’irrégularités. «Songbook» est incontestablement son meilleur, le plus abouti.

The Wailers “Burnin’”
Je dis les Wailers et non Bob Marley, parce que la patte de Bunny Wailer et Peter Tosh est primordiale sur cet album. Et avec «Catch a Fire», c’est l’album où la flamme de Marley brille le plus intensément.

The Abyssinians “Forward on to Zion”
Il y a sur ce disque la chanson «Satta-A-Masagana», hit international qui est devenu un véritable hymne jamaïcain. C’est rigolo, parce que je suis producteur, et une fois de plus je choisis un album qui jouit d’une «non-production»: «Forward on to Zion» est à la fois brut… et près de Dieu!

Lee Perry “Arkology”
J’ai travaillé avec lui sur deux albums: c’est un génie. Je ne vois pas comment je pourrais ne pas emmener son œuvre sur une île déserte. Ecouter Lee le matin, et la journée part du bon pied. Mais un simple album, ce serait trop frustrant — d’autant que cette anthologie de trois CD est très bien ficelée.

Pablo Moses “Revolutionary Dream”
Un album mystérieux, inquiétant… Avec des paroles tellement âpres. Voilà, c’est mon dixième. J’aurai peut être dû mettre du rock – disons un des premiers The Fall. Mais mon truc, c’est le reggae. La première fois que j’en ai écouté, c’était encore plus fort que la première fois où j’ai fait l’amour!

Propos recueillis par Benoît Sabatier

Compilation: Perou - Colombie en première classe


Au moment où les premiers coups de chaleur nous font regretter, une série de compilations offrent des éclairages très instructifs sur quelques tendances qui ont bercé certaines parties du continent tout au long des années 60 et 70. Dans le même esprit que les compilations “The Roots of Chicha”, le quatrième volume de “¡Gózalo!: Bugalú Tropical” (Vampisoul) exhume l’influence de styles tels que le mambo, le Guaracha, la descarga et, comme son nom l’indique, le boogaloo dans la culture populaire péruvienne. On y retrouve entre autres Pedro Miguel Y Sus Maracaibos et la qualité d’ensemble de ces productions témoigne que les groupes de cette période n’avaient rien à envier à ceux de la Havanne ou de New York.

Miles Cleret (Soundway) explore quant à lui l’héritage colombien avec deux sorties successives se concentrant sur des légendes de cette période. Tout d’abord, “Cartagena!: Curro Fuentes and the Big Band Cumbia and Descarga Sound of Colombia 1962-72’ propose une plongée en 19 morceaux dans l’univers du musicien décédé l’an passé. Fuentes était une personnalité incontournable de cette période. Tout d’abord, il était le fils cadet de la famille propriétaire du label Discos Fuentes, qui avait déjà été l’objet d’une compilation soundway intitulée “Colombia!”.

Toutefois, il décide très tôt de faire cavalier seul en fondant son propre label, Discos Curro. Sa grande force avait été de réussir à reproduire le son puissant et brut des concerts de cumbia dans ses studios. Grâce à son indépendance et un esprit entrepreneurial digne de Berry Gordy, il n’a pas tardé d’accumuler les hits comme des patacones, tout en participant activement aux nouvelles orientations de la musique colombienne.

Cartagena! Curro Fuentes & The Big Band Cumbia and Descarga Sound of Colombia 1962 - 1972 by Soundway

Enfin, c’est au tour de Michi Sarmiento Y Bravos de bénéficier d’un coup de projecteur rétrospectif. Michi était un enfant prodige et il n’a pas attendu longtemps pour se faire un nom dans les cabarets et les bars de Carthagène des Indes. À partir des années 50, on le retrouve dans différentes formations avant de devenir un des caïds de l’écurie Discos Fuentes. “Aqui Los Bravos!:The Best of Michi Sarmiento y su Combo Bravo 1967-77″ offre une idée de l’énergie contagieuse qui régnait durant cet âge d’or de la musique colombienne.

Aqui Los Bravos! The Best of Michi Sarmiento y su Combo Bravo 1967 - 77 by Soundway

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Concours: Swiss Vibes à votre porte…

Depuis deux ans, Vibrations s’active de plus en plus au sein de Swiss Vibes. Swiss Vibes ce fut d’abord une simple compilation gratuite envoyée aux abonnés du mag. Un CD, sous titré from jazz to pop, pour sortir la Suisse et sa musique des clichés. Fort des retours et réactions positives, de plus en plus impressionnés par cette scène qui ne cesse de se développer artistiquement, Swiss Vibes a pris de l’ampleur en 2011.

Une nouvelle compilation a vu le jour. En complément à cette plage sonore, un blog swissvibes.org a été lancé. On peut y trouver des infos sur le projet, une mixtape, des extraits audios et des interviews. Mais surtout des contributions des artistes eux-mêmes dont une excellente vidéo de l’Imperial Tiger Orchestra, adeptes de musiques éthiopiennes, en mini-tournée en France. Quelques minutes brutes de décoffrage qui enlèvent pas mal de glamour au mythe des « musiciens on the road ».

Également intéressant une démonstration de sampling de la chanteuse helvetico-nigérianne, Oy. Allez-y jetez un œil et envoyez-nous un mail à e.stoudmann@gmail.com en indiquant « Merci Swiss Vibes » ainsi que votre nom, prénom et adresse postale pour gagner une des 20 compilations mise au concours par vibrationsmusic.com!

www.swissvibes.org

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Club: Instra:mental, back to basics


Sillonnant depuis plus d’une décennie dans les différentes niches associées au courant drum and bass, Alex Green et Damon Kirkham se sont retrouvés dans une situation enviable lorsque les premiers symptômes de revival du genre se sont fait ressentir. À vrai dire, ils ont largement participé à favoriser ce regain d’intérêt grâce à l’Autonomic Crew. Une collaboration informelle entamée avec dBridge à travers laquelle ils se sont livrés à un processus de déconstruction du langage d’n'b.

Une approche d’autant plus influente grâce aux podcasts mensuels disponibles sur leur site. Dans une longue interview publiée sur le site de Fact, Alex Green affirme même: “J’ai l’impression qu’Autonomic a eu un effet plus large que juste sur la Drum’n'Bass. J’entend par là que notre approche musicale diversifiée et ces crossovers ont ouvert les yeux à pas mal de monde durant cette période. A vrai dire, les gens sont plutôt bornés et c’est assez facile de proposer quelque chose d’original”.

Qu’il s’agisse de productions, de remixes ou de DJ set, Instra:mental s’est progressivement imposé comme une une sorte de raffinerie dont le travail à récemment été concrétisé dans un premier album, “Resolution653″, sorti chez le pointu Nonplus Records.

Télécharger: Autonomic Podcast, Layer 01

Instra:mental, Watching You (2009)

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Chanson: Brigitte Fontaine, fight for your right


Une des très rares octogénaires septuagénaires à nous rendre presque impatients de vieillir, Brigitte Fontaine revient nous arguer de son bagou éhonté. Avec un titre comme “L’un n’empêche pas l’autre ”, l’égérie libertaire insinue peut-être que les décennies peuvent très bien s’accumuler au compteur, ce n’est pas pour autant que l’on doit se morfondre dans des occupations séniles.

Matthieu Chedid, Alain Souchon, Jacques Higelin, Arno, Christophe, Emmanuelle Seigner, Areski Belkacem ou Bertrand Cantat, la liste des invités est toujours aussi représentative de son influence multidirectionnelle dans le paysage musical francophone. Sur “Dancefloor”, elle s’est une nouvelle fois alliée à une autre jeunette, en la personne de Grace Jones. Toutes les deux, elles ont concocté un sautillant Dancefloor qui fonctionne comme une fontaine de jouvence. Brigitte s’est d’ailleurs apprécié ce titre à sa juste valeur: “c’est une tuerie! Je le dis sans modestie”.

ALBUM

  • Brigitte Fontaine “L’un n’empêche pas l’autre” (Universal), sortie le 23 mai 2011

Brigitte Fontaine, Dancefloor(feat. Grace Jones), “L’un n’empêche pas l’autre” (2011)

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Funk: Karl Hector & The Malcouns, the groove connection


Dans la vague du revival vintage, les Poets of Rythm occupent incontestablement une place à part. Formé au début des années 90 autour des frères Whitefield, encore en pleine adolescence, le groupe balançait son groove anachronique avec une exactitude qui frôlait le catéchisme. Accumulant les sorties à tirage confidentiel, ils anticipaient de quelques encablures la déferlante de ces dernières années (voir le magazine Vibrations de ce mois).

Après la séparation du groupe, il y a quelques années, les différents membres ont ventilé leur style pâtiné dans divers projets de haute volée. Les frérots sont restés solidaires en sortant des classiques sous le nom des Whitefield Brothers. Un autre segment s’est associé au légendaire guitariste Oghene Kologbo afin de former l’Afrobeat Academy que l’on retrouve notamment sur l’album “Love and Death” de Ebo Taylor.

Enfin, Karl Hector & The Malcouns constitue une autre émanation des poètes du rythme qui regroupe Jay Whitefield, Thomas Myland et Zdenko Curlija. Leur dernier EP se nomme “Tamanrasset” sort chez Now Again se présente comme une “mosaïque de folk oriental et nord-africain, de psychédélisme occidental, de jazz et de funk”. Ces cinq titres seront disponibles uniquement en mp3 et en vinyles, mais il n’y a que 1000 copies.

ALBUM

  • Karl Hector & The Malcouns, “Tamanrasset” (Now Again), sortie le 16.05.11

Télécharger: Karl Hector & The Malcouns, Girmas Lament

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Concours: Solid Steel, London swings in Paris


Londres sera dans la place à la fin du mois pour cette soirée Solid Steel à La Bellevilloise. Lancé sous forme de programme radio il y a plus de 20 ans, Solid Steel est désormais réputé pour être une vitrine de Ninja Tune et Big Dada. A ce titre, deux nouvelles recrues du label seront invitées à lancer la soirée. La berlinoise Emika, dont le premier album “The Pink Button” va sortir prochainement, ouvrira le bal accompagnée sur scène par son projet live. Kieren “Dels” Dickins prendra la relève. La sortie de son premier LP “GOB” chez Big Dada l’a d’emblée placé comme la nouvelle vague du hip-hop britannique, dans la lignée de Ty et Roots Manuva.

DELS - ‘GOB’ (David Andrew Sitek remix) by Big Dada Sound

The Bug, le parrain de la scène dubstep, sera également présent pour balancer quelques salves de grosses basses. Pour l’occasion, il sera accompagné par le MC Daddy Freddy, véritable légende du raggamuffin jamaïcain dont on peut entendre le flow ultra rapide dans des productions de Dre, The Prodigy ou Salt’n'Pepa. C’est Jonathan More, l’autre moitié du duo de Coldcut et cofondateur de Ninja Tune, qui se chargera de clôturer la soirée avec un set DJ.

CONCOURS

A cette occasion, nous vous offrons quelques places. Pour gagner des invitations à cette soirée, envoyez-nous un mail à contact@vibrations.ch, en indiquant “MERCI SOLID STEEL” dans le titre et avec vos nom et prénom dans le message. Il y a 5 places à gagner et les gagnants seront contactés par email (max. 1 place par personne).

CONCERT

  • 27.05.11 Paris / La Bellevilloise

Emika, ‘Count Backwards’

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Hip-hop: Tyler, Sous le soleil du Creator

tyler

Avec ses débuts tonitruants grâce à “Bastard”, Tyler The Creator offrait une vitrine inespérée pour les frasques narcotiques de son crew OFWGKA (le blog de Odd Future Wolf Gang Kill Them All qui regorge de mixtaptes à télécharger) ou, plus simplement, Odd Future. Quelques vidéos plutôt écoeurantes (on vous laisse les trouver), des flows englués par des gorgées généreuses de sirop, quelques provocations sataniques, des rimes mysogines, une esthétique aussi flippante qu’un mauvais trip, les nouveaux bad boys du hip-hop ont parfaitement su choqués les bienpensants, tout en s’attirant la bienveillance de leurs aînés.

Une récente collaboration avec les Neptunes ou Lil B qui avoue être un fan, Wiz Khalifa admettant qu’il faut vraiment en avoir pour faire ce qu’ils font ou Diddy proférant qu’ils sont le futur de l’industrie musicale, tout le monde semble s’emballer pour cette frénésie adolescente. “Je viens d’avoir 20 ans, mais j’ai l’impression d’en avoir toujours 15.” Ceci excuse peut-être que Tyler reconnaissance son admiration Justin Bieber, au point de le rencontrer.

Le regard toujours aussi désespérément opaque, Tyler Okonma, reste l’incontestable leader, au point de se pavaner avec une couronne sur la tête en couverture du NME la semaine passée et d’être l’objet d’un long article paru hier dans le NYT. De manière quelque peu troublante, il adment “ressentir une tendance suicidaire. Même si l’échéance est toutefois retardée étant donné que ma vie se déroule pas trop mal en ce moment”

Dans un registre moins lugubre, le portrait de Buffalo Bill sur Goblin ne manque pas de surprendre. “C’est une photographie de lui prise à 19 ans. C’est l’âge auquel j’ai terminé mon album”, précise-t-il à propos de cette référence surprenante dans un article de Pitchfork. “Buffalo was a real nigga”. Aussi irresponsables que talentueux, il ne fait aucun doute que leur humour jackass n’a pas fini de se déverser pour faire grossir leur hype.

ALBUM

  • Tyler “Goblin” (XL Records), sortie le 10 mai

Odd Future au Woodie Awards (16.03.2011)

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Dub: Ramadanman, c’est quoi ce ramdam ?


Malgré un diminutif vaguement improbable, David “Ramadanman” Kennedy n’a pas attendu de longues années avant de se profiler comme une des valeurs sûres de la seconde vague de producteurs dubstep. Tout comme son compère Appleblim, avec qui il a souvent collaboré, il n’a pas tardé à très vite faire preuve d’une suractivité chronique qui l’a poussé à multiplier les projets.

Qu’ils s’agisse de ses productions sous le nom de Pearson Sound et du label Hessle Audio, dont il est le cogérant, il fait le grand écart entre les traitements sonores saturés d’Autechre et la matière brute des riddims. Il est également l’auteur de la dernière sélection de la compilation de la Xe compilation Fabric. En guise d’aperçu, cette session Bestimix sortie il y a quelque mois.

Ramadanman / Pearson Sound, Fabric 56

Télécharger: Ramadanman, Bestimix #23

Pearson Sound, Working With

VOIR LA TRACKLIST

  1. Kim English – Nite Life (Remix)
  2. Altered Natives – Crop Duster
  3. Ramadanman – Grab Somebody
  4. Unknown – Untitled
  5. Martyn – Miniluv
  6. Distance – Feel Me
  7. Ramadanman – Mir
  8. Menta – Snake Charmer
  9. Ramadanman – Fall Short
  10. Distal – Apple Bottom
  11. Unknown – Untitled
  12. Loefah – Goat Stare
  13. Peverelist – Better Ways Of Living
  14. Blawan – Potchla Vee
  15. Instra:mental – Rift Zone
  16. Ludacris vs Joe – How Low Claptrap (DJ Orgasmic Bootleg)
  17. SX – Wooo Remix
  18. Addison Groove – This Girl
  19. Benga – One On One
  20. Pariah – Crossed Out
  21. Sigha – Light Swells (In A Distant Space)

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Hors-série: Bob Marley, un portrait autre


Chacun puise ce qu’il veut dans Bob Marley, mais le domaine qui a été radicalement transformé par son expérience est celui de l’industrie musicale. Première star du tiers-monde, il fut aussi le premier artiste «world». À sa mort le 11 mai 1981, Bob Marley n’avait que 36 ans. Cela faisait cinq ou six ans à peine que le grand public le connaissait. Peu d’entre ses admirateurs se doutaient de l’envergure historique qu’allait prendre le personnage.

30 ans plus tard, l’anniversaire de sa disparition est l’occasion de célébrations multiples, d’éditions et de rééditions de ses enregistrements les plus obscurs. L’héritage de Bob Marley est profond. Ce numéro propose de livrer une image aussi précise que multiple de cet artiste à travers des contributions de spécialistes du reggae et de la culture jamaïquaine. Pour ne pas sortir «un ouvrage de plus», mais une véritable somme.

VOIR DES EXTRAITS DU HORS-SERIE

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Podcast: Dorian Concept, International Jet Set


L’initiation musicale de Dorian Concept s’inscrit dans une tradition qui ne renvoie pas directement à la musique électronique. Initié très tôt au piano, le producteur autrichien, de son vrai nom Oliver Thomas Johnson, s’en va parfaire son apprentissage de la composition à Salzburg. La ville où le moindre tintement de cloche évoque un menuet.

Passé virtuose du Korg, il entame rapidement un processus de déstructuration de l’electronica d’Aphex Twin et beats de J Dilla. Oliver avait déjà donné un bel aperçu de sa maîtrise des bangers puissants dans un premier album remarqué, “When Planets Explode” sorti chez Kindred Spirit en 2009.

Avec son récent EP “Her Tears Taste Like Pears” (Ninja Tune), il continue à plaquer des beats d’une précision foutraque avec le même brio. Alter ego germanophone des Hudson Mohawke et autres bidouilleurs de LA, en particulier Flying Lotus avec qui il a collaboré sur “Cosmogramma”, il assume sans complexe son rôle de précurseur.

Télécharger: Dorian Concept, Podcast 192 - XLR8R

ALBUM

  • Dorian Concept, “Her Tears Taste Like Pears” (Ninja Tune)

Dorian Concept, “Her Tears Taste Like Pears”

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