
Les sourcils en circonflexes et l’air espiègle, John Kenneth Dunkin est à l’image du personnage dont il narre les péripéties dans des albums aux noms explicites, comme « Pigeon John Is Dating Your Sister » ou « Pigeon John Sings the Blues ». Avec « Dragon Slayer », on aurait plutôt quelque chose du type, Pigeon John s’initie à l’art de l’orchestration. En effet, après un premier essait particulièrement convaincant avec sur le titre Before We’re Gone, le rapper de Los Angeles était d’autant plus enthousiaste à déléguer l’intégralité de la production de son album à Hervé. « Jusque-là, j’avais toujours composé mes morceaux moi-même à l’aide d’un échantillonneur, » précise-t-il.
“A ce titre, j’ai toujours considéré que le fait de rechercher une boucle sur un disque constitue déjà une forme d’écriture musicale. Du même coup, mon principal instrument c’est mon oreille. C’était donc une expérience magnifique d’entendre les petites mélodies qui traînaient dans le fond de ma tête de prendre forme de cette façon ». Certains titres, comme le bien nommé The Bomb, s’inspirent de l’énergie de Chuck Berry. De manière générale, l’album évoque une version hip-hop de l’insouciance californienne des années 50 et se présente comme un antidote à la morosité. « Brian Wilson, les belles voitures,les jolies filles…. Avec moi ce n’est pas la peine d’aller chercher plus loin », lance-t-il pour exprimer ça vision du hip-hop.
“D’ailleurs, je ne sais pas ce qui rend la côte ouest tellement particulière. Est-ce à cause du climat ? de l’herbe ? des femmes ? Même si j’essaie de faire du Mobb Deep, ça sortira toujours de manière totalement différente.” Une des raisons de ce décalage résulte peut-être également de règles de courtoisie qui ont guidé le parcours de Pigeon John dans l’univers du hip-hop. Après des débuts dans des circuits de groupes chrétiens, il a fréquenté assidûment les soirées du Good Life Café de Los Angeles durant lesquelles il était interdit de jurer ou d’utiliser des formules dégradantes. Même si c’est là que Jurassic 5 et les Black Eyed Peas ont débuté, John reconnaît que ce « n’était pas vraiment la meilleure manière pour faire partie des cool kids dans la cour d’école. » Ce statut de nerd l’a cependant aidé à trouver et assumer ce style singulier qui le démarque de tous les rappers de sa génération.
Extrait d’un article paru dans le magazine Vibrations n° 133 (avril 2011)
CONCERTS
- 02.07.11 St-Denis de Gastines / Festival Au Foin De La Rue
- 06.07.11 Paris / La Plage de Glaz’art
- 07.07.11 Dijon / Festival Dièse
- 08.07.11 Mulhouse / Bêtes de Scène
- 09.07.11 Coutras / Festival Confluences
- 10.07.11 Payzac / Les Quartiers De Lune
- 16.07.11 Tarnos / Les Océaniques
- 20.07.11 Arles / Les Escales Du Cargo
- 21.07.11 Port Grimaud / Plage De Rock
- 22.07.11 Nyon / Paléo Festival
Pigeon John, The Bomb, “Dragon Slayer” (2010)


























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