octobre, 2011



Étienne de Crécy

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Les dix disques qu’Étienne de Crécy emporterait sur son île déserte. Chef de projet de «Superdiscount», moitié de Motorbass, fondateur du label Solid (avec Alex Gopher et Levallois), il reste une figure centrale de la french touch. A propos de sa sélection, il précisait qu’il ne s’agit «pas vraiment des dix albums que j’estime les meilleurs, plutôt les disques-jalons qui progressivement ont formé mes goûts .»



The Cure Three Imaginary Boys
C’est Pierre-Michel Levallois qui m’a fait découvrir ce disque – j’avais vers les quinze ans. A l’époque, je n’étais pas encore branché new wave, c’est l’aspect pop-punk de cet album qui m’a séduit.

The Doors L.A. Woman
Mon éducation musicale s’est un peu faite à reculons: c’est par la new wave que je suis venu aux Doors. J’aimais le côté ténébreux de «Riders on the Storm». Attention, j’étais pas du style «j’ai voulu mourir dans une poubelle», pas du tout branché expériences psychotropes. L’aspect déglingué de Morrison ne me fascine pas. En régle général, ça a toujours été la musique qui m’a intéressé, pas les délires de leur auteur.

Jimi Hendrix Electric Ladyland
Au lycée tout le monde en parlait, personne n’avait les disques. A la première écoute, j’ai trouvé ça indigeste: trop de notes. Ce qui m’a finalement magnétisé, ce n’est pas la performance du guitariste, mais le côté blues,et le son, fabuleux, brut et beau. A trois, ils font un boucan impressionnant.

Public Enemy Fear of a Black Planet
C’est Laurent Collobert (le Mr Learn de «Superdiscount») qui me l’a fait écouter quand il est sorti. Ça a été un disque de transition entre le rock que j’écoutais – «Fear of a Black Planet» dégage une énergie super rock – et l’univers du hip hop vers lequel je me suis alors plongé.

A Tribe Called Quest People’s Instinctive Travels
Un album qui a révolutionné ma vie. Ma façon d’écouter la musique a été totalement chamboulée à partir de ce disque. Il est à la fois assez tranquille et énergique, et sur la fin assez dance, avec ce sample de Roy Ayers, particulièrement hypnotique.

Gangstarr Step in the Arena
La voix de Guru m’a envouté. Premier fait toujours la même chose et c’est toujours trés bien: il a un truc magique dans les mains. Je vais acheter le nouveau, mais je serai moins impressionné: j’ai un peu décroché au niveau hip hop, je suis même passé à côté du Wu Tang.

John Coltrane Blue Trane
Un copain m’a passé un disque de jazz: j’ai identifié un sample que je connaissais sur un morceau hip hop. J’ai alors compris que le jazz, ce n’était pas Adler, quelque chose de ringard, mais la base du hip hop. J’ai maintenant plein de Coltrane, j’aime son côté free, mais encore plus ses thèmes mélodieux.

Sly and the Family Stone Fresh Avant, le funk pour moi c’était «Sex Machine», c’est tout. Une chanson comme «Somebody’s Watching you» vous touche forcément. J’ai alors acheté tous les Sly Stone. Les derniers possédent encore tous les ingrédients, ils ne fonctionnent pourtant plus. Le meilleur, c’est probablement «There’s a Riot Going On».

Stevie Wonder Music On My Mind
Je l’ai découvert il n’y a pas longtemps. J’en avais l’image d’un artiste commercial, dégoulinant. Maintenant, c’est un dieu vivant pour moi. Un des meilleurs mélodistes au monde, l’auteur de chansons sublimes.

Romanthony Romanworld
Ses maxis sont mieux, mais c’est un des rares albums de house qui tient superbement la route. Les chansons sont belles, la voix magnifique, et l’instrumentation house minimaliste impeccable. Sur dix, ce sera le seul album de house. Par contre, si j’avais dû sélectionner des maxis, il y en aurait beaucoup plus.

Sélection publiée dans le magazine Vibrations en 2000.

hip-hop: DJ Shadow, les boucles globales


En 1996, DJ Shadow sortait un premier album dont le nom exprimait à lui seul la posture de toute une génération piochant dans la archives acoustiques des États-Unis. Couche après couche, segment après segment, “Endtroducing…” poussait l’art du sampling et du DJing vers des seuils jamais atteint. Au moment même où Internet devait changer en profondeur nos manières d’écouter la musique, il s’imposait comme un des albums les plus marquants des années 90.

Depuis ce coup de maître, le DJ californien a été relativement discret et la sortie de son quatrième album “The Less You Know, the Better” (27.09.11) constitue un indicateur important. Le premier single “I’m Excited”, dans lequel on retrouve le MC londonien Afrikan Boy, on a l’impression que Shadow s’est laissé emporter par les pulsions globalisantes célébrées par Diplo ou M.I.A.

DJ Shadow Ft. Afrikan Boy - I’m Excited from Ian Pons Jewell on Vimeo.

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La Bâtie: Paco Ibáñez & Amancio Prada, duo inédit

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L’édition 2011 de La Bâtie met à l’honneur les artistes espagnols, ce qui nous vaut la visite – si rare en Suisse – de deux monstres sacrés de la chanson poétique espagnole : Amancio Prada et Paco Ibáñez. Nul doute que les hispanophones courront à Genève les applaudir. Ce petit billet s’adresse donc aux autres qui pensent à tort que ce spectacle n’est pas fait pour eux. D’abord, on le sait, Paco Ibáñez et Amancio Prada ont longtemps vécu en exil à Paris : le premier a merveilleusement bien chanté Brassens, le second Léo Ferré.

Il y a chez eux, l’amour des textes, bien sûr – et entre eux surtout ceux de Federico Garcia Lorca ; Une tradition de la contestation, également. Mais il y a surtout la manière, le geste musical. Rythmées au son de Sévillanas, coplas et autres rythmes andalous, les chansons de nos deux poètes prennent une dimension supérieure, presque « sacrée » si on osait le mot.

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Entre Prada-le-raffiné et Ibáñez-l’intransigeant (il a refusé par deux fois la médaille de Chevalier des Arts et des Lettres proposée par Jack Lang), la rencontre s’annonce immense.

4/9 : Genève, Casino Théâtre www.batie.ch

VIDEO

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Mixtape: Not Not Fun, les petites bulles de LA


De l’agitation hardcore de No Age aux résurrections de Stones Throw, en passant par les expéditions cosmiques de Flying Lotus ou africaines de Fool’s Gold, les productions en provenance de Los Angeles semblent s’être singulièrement débridées depuis le tournant du millénaire. Cette floraison a contribué à attirer une nouvelle génération de musiciens dans la Cité de Quartz.

Récemment, le label Not Not Fun s’est profilé comme un label particulièrement grâce à un catalogue syncrétique qui délaye les références populaires 90’s, le psychédélisme et le drone dans des bains aux tonalités corrosives et pétillantes. D’ailleurs, Amanda Brown, membre de LA Vampires et co-fondatrice du label avec Britt, relève la nature minérale du label en promouvant ce qu’elle nomme la “Pellegrino dance”.

Les deux fondatrices manient avec brio l’art des descriptions imagées. Les productions de Ducktails sont par exemple décrites comme “des palmiers en plastique, des scènes de plages dans des boules à neige (…). Des arcs-en-ciel de muzak psych-pop lors de tours imaginaires en hélicoptère au-dessus de lagons de crystal et des chutes d’eau perdues“.

- Télécharger la mixtape Not Not Fun

Maria Minerva, Lovecool, “Cabaret Cixous” (Not Not Fun) 2011

Maria Minerva - Lovecool from Not Not Fun on Vimeo.

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Mr Oizo

En 1999, Quentin Dupieux faisait rigoler la planète entière avec sa peluche Flat Eric. Il en a profité, sous le nom de Mr Oizo, pour écouler plus de trois millions de singles. En 2011, il est toujours en compétition avec “Stade 2″, un quatrième album sur le point de sortir chez Ed Banger. En nous livrant sa liste des dix disques qu’il emmènerait sur une île déserte, voici un peu plus de sa vision artistique.




Herbie Hancock Sextant
C’est incroyable comme ce disque, qui date pourtant du début des années 70, est gavé d’électronique ! Un album pas du tout conventionnel, à la fois très hard dans sa texture, et deep au niveau du déroulement. J’ai mis beaucoup de temps à le découvrir - avant, je connaissais surtout la période electro-funk de Hancock. 8000 écoutes ne suffiront pas à me lasser. Il faudra une vie entière pour l’explorer.

Miles Davis Big Fun
Là, c’est la période électrique de Miles Davis que j’affectionne. “ On the Corner ” et celui-ci, qui date de 1974 : l’année où je suis né - il se trouve que c’est également une année musicalement incroyablement prolifique.

Beastie Boys Check your Head
Pour l’énergie, mais également pour la richesse musicale : il se passe plein de choses dans ce disque, ils peuvent enchaîner un morceau de rock alternatif avec un morceau de pur hip hop avec un passage jazzy… Et quand ils font du funk, c’est pas à la Jamiroquaï, ça remue vraiment. J’ai encore beaucoup aimé leur dernier album, mais j’y vois surtout une transition : on sent malgré tout qu’ils n’y croient plus à 100%, ils devraient passer à autre chose.

Portishead Dummy
Je l’écoute inlassablement depuis cinq ans. Je me sens énormément d’affinités au niveau de la vision sonore, et j’adore la voix de la nana. Je pense que ma démarche est semblable à la leur, même si eux sont mélancoliques. Mon disque est plus brutal, plus sec.

Q-Bert Wave Twisters
Sa virtuosité est impressionnante. Et d’un autre côté, en incluant à sa technique tout le côté accidentel des scratches, il parvient à rendre ses platines humaines. Rien qu’avec ses doigts, il rend un son long court, et inversement. J’aime le côté solo du scratch, c’est pour ça qu’il y a un DJ qui participe à mon album. La platine, c’est la guitare de l’an 2000 !

The Meters Funkify your Life
Pour le son brut, le côté bricolé, comme ça venait du garage d’à côté, et pour l’énergie rock. Et quelle chaleur !

Motorbass Pansoul
Avec un sampleur, ils mélangent plein de textures variées, ce qui donne une richesse d’ensemble impressionnante, à la fois harmonieuse et belle. J’ai rencontré Etienne de Crécy sur le tournage du clip d’Alex Gopher, puisque je le réalisais. Ces gars de Solid sont extrêmement sincères. Autrement, je n’écoute pas de house…

James Brown The Payback
Je voyais toujours ce disque chez plein de gens, et comme il a été samplé par une multitude de groupes, je le connaissais par petits bouts. Dès que je l’ai acheté, récemment, j’ai été accro. C’est du brut, le genre de funk que Sinclair ne pourra jamais faire : ici, il n’y a pas de pose ni de branlette, c’est du direct. Ca me fait regretter de travailler seul quand j’entends le son des JB’s.

Lyn Collins Check Me Out If You Don’t Know Me By Now
Un disque universel, beau, avec une voix sublime. Ici, le funk vient des tripes, ce ne sont pas des vibrations en plastiques comme en délivre Ophélie Winter.

Raekwon Only Built 4 Cuban Linx
Pour le côté sombre, brut, fourmillant. Un mélange de Portishead et de Meters, versant hip hop. 80% de ce que j’écoute, c’est du rap. Mais actuellement, le genre est en perdition, complètement bouffé par le blé. Et le rap français, je n’y vois aucune originalité : personne ici n’a la personnalité de Raekwon.

Documentaire: The Smiths, ils nous font la totale


À l’heure où Rhino s’apprête à sortir un coffret à tirage limité regroupant l’intégrale de The Smiths, totalement remastérisées à partir des bandes originales, un documentaire rare a refait surface récemment. En un peu moins de 20 minutes qui retracent l’histoire et l’impact extraordinaire du groupe de Morrissey sur le paysage musical anglais des années 80. Bien que les images soient essentiellement extraites de vidéos et de documents déjà existants, on retrouve un certain nombre de séquences inédites, en concert ou prises dans les rues de Manchester. La manière idéale pour avoir un cours accéléré sur la discographie de ce groupe exceptionnel.

Mixtape: Jonti, electronique ludique


Distribués dans un premier temps par le biais d’un podcast sur le site de Stones Throw, Jonti a décidé d’offrir les 13 titres composant “Sine & Moon” sous la forme d’une mixtape. Afin de nous faire découvrir pleinement son univers, le producteur et multiinstrumentaliste a poussé la finesse jusqu’à utiliser son tout premier morceau en guise qu’introduction.

Après quelques collaborations avec Mark Ronson, Santigold, Sean Lennon ou les Dap-Kings, nul doute que cet avant-goût convaincant saura réveiller un intérêt certain avant la sortie de son premier album, “Twirligig”, prévue pour l’automne prochain.

De Madlib à Stereolab, en passant par les Beach Boys les références musicales sont passablement hétéroclites. Mais Jonti avoue une certaine connivence avec le travail de Norman McLaren. Selon lui, les films du réalisateur sont complexes tout en restant amusant. On peut ressentir un certain enthousiasme dans l’approche des techniques et des expérimentations. J’essaie de faire de la pop avec le même type d’enthousiasme”.

Télécharger: Jonti, “Sine And Moon Mix” (2011)

Jonti, Firework Spraying Moon

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Expérience: Radio, Denise m’a tuer


Le 1er août 1981, la chaîne MTV ouvrait ses programmes avec le clip de “Video Killed the Radio Star”, une manière de prononcer l’oraison funèbre du programmateur musical. Trente ans plus tard, presque jour pour jour, le DJ est pourtant de retour sous une forme rafraîchie sous la forme de Denise.

C’est le nom donné à un programme, développé par le Guile 3D Studio, capable d’interagir avec des humains de manière extrêmement convaincante. Capable de parler, par exemple de répondre au téléphone, ce bot est principalement destiné à assister des utilisateurs ou répondre à des mails.

KROV, une radio basée à San Antonio, s’est offert les services de cette collaboratrice virtuelle dont la tache sera principalement d’animé un show chaque semaine sur la station. Pour la décision de KROV, cette décision répond avant tout à des raisons économiques puisqu’il permet de réduire les effectifs, tout en se faisant un petit coup de pub.

Bien qu’elle ne puisse que réciter un texte écrit par une personne physique, son intelligence artificielle adaptable lui permet d’adapter son discours et ses actions en fonction des contextes et de son apprentissage. Tout comme Paris Hilton, elle peut placer une petite blague sur demande ou annoncer les prévisions météorologiques.

Ce n’est bien entendu pas la première fois que des bots remplacent des présentateurs. On se souvient notamment du célèbre Max Headroom, qui est devenu une figure emblématique des 80’s. Plus récemment, plusieurs chanteuses hologrames ont fleuri au Japon et on peut se demander qu’est-ce qu’une rencontre entre Hatsune Miku et Denise peut engendrer.

Afrofunk: Joni Haastrup, version mono mono


Après quelques escales en Asie et en Amérique latine, Soundway fait de retour en force en Afrique de l’Ouest avec la sortie simultanée de trois albums du multiinstrumentaliste nigérian Joni Haastrup et de son groupe MonoMono.Dans la foulée de “Nigeria Special”, Nigeria Rock Special”, “Nigeria Disco Funk Special” ainsi que de l’étonnante compilation “The World Ends: Afro Rock & Psychedelia in 1970s”, Miles Cleret continue à nous faire découvrir la richesse de l’héritage nigérian.

Même s’il n’a pas atteint la renommée d’un Fela ou d’un Tony Allen, Joni Haastrup reste une des références majeures de la période qui a suivi le highlife. De son énergie charismatique jusqu’à son nom, il a très souvent été comparé à Jimi Hendrix et ne il manque pas d’impressionner certains musiciens occidentaux. Au début des années 70, il se lie notamment d’amitié avec Ginger Baker. Il intégrera Air Force lors d’une tournée en 1971 et le projet SALT à la guitare et aux claviers.

Cette rencontre est d’ailleurs assez rocambolesque puisque Baker l’a engagé comme instrumentiste alors que Joni n’avait jamais joué de ces instruments. Du jour au lendemain, il s’est retrouvé ainsi catapulté sur scène sans aucune répétition. Un épisode qui a contribué à consolider le mythe de son talent inné. Par la suite, il fondera MonoMono avec qui il sortira deux albums qui font également partie des rééditions qui sortiront 26 septembre 2011.

ALBUMS

- Joni Haastrup, “Wake Up Your Mind” (Soundway)
- MonoMono, “The Dawn of Awareness” (Soundway)
- MonoMono, “Give The Beggar a Chance” (Soundway)

The World Might Fall Over - MonoMono by Soundway

Club: CSS, des beats d’Amazones


Vers le milieu des années 2000, CSS endossait le rôle de porte-parole sud-américain de la scène New Rave avec “Cansei de Ser Sexy”. Trois albums plus tard, la formule reste toujours la même. Adriano Cintra continue d’avoir la moustache qui frétille au milieu de son groupe d’Amazones furieusement sexy et, avec “La Liberacion”, CSS continue à proposer des ballades aussi agréables qu’un mojito parfaitement.

Avec leur premier single intitulé Hit Me Like Rock, Lovefoxxx se retrouve en duo avec le séminal Bobby Gillespie. Une manière de se rendre la pareille puisque la chanteuse apparaît sur le dernier album en date de Primal Scream. Bref, quelque part entre Eli & Jacno et Peaches, CSS n’a pas fini de brandir l’étendard de la coolitude, avec un indéniable talent. Une mixtape produite par le groupe est également disponible ici.

ALBUM

  • CSS, “La Liberación” (V2), sortie le 29.08.11

M

Dix disques. Ceux qu’emporterait Mathieu Chedid sur son île déserte. Un choix qui puise largement dans les classiques à partir desquels le multi-instrumentistes à poser ses premiers accords.


Jimi Hendrix “Are You Experienced ?”
Je devais avoir quatorze ans. C’est le premier vinyle que j’ai acheté, sans doute pour l’objet. Ce n’est sans doute pas mon album préféré d’Hendrix - j’écoute aujourd’hui les faces plus mélodiques -, mais c’est celui qui est le plus important dans mon histoire personnelle.

The Beatles “Sergeant Pepper’s”
Avec son côté psyché et circus, sa pochette m’a vraiment nourri : cela a inspiré mon costume et mon personnage. C’est un disque symbole pour moi et en même temps, là encore, je préfère aujourd’hui Revolver… De toute façon, chez les Beatles, j’aime tout !

Paul McCartney “Ram”
Le deuxième disque solo, que j’ai découvert grâce à mon père qui est très «beatlesifié». Le comble de la mélodie et des arrangements.

Serge Gainsbourg “Aux armes et caetera”
Pour éviter de dire L’Homme à la tête de chou ou Melody Nelson. Et surtout pour la production, fascinante. Un tel aboutissement est très rare en France. Gainsbourg est une référence récurrente, j’admire et j’écoute toutes les époques, même les années 80.

Louis Chedid “Balbutiements”
Son premier album. Le public connaît mal cette époque de mon père, très marquée par les seventies où il a une voix très aiguë.

Django Reinhardt “Pêche à la mouche”
Le jour, la nuit, l’humeur est toujours là… Ça marche tout le temps. Cette musique m’a beaucoup accompagné. La vieille école du jazz, une certaine générosité et un vrai sens de la mélodie.

Charlie Christian “Swing To Bop”
Le guitariste à la racine de beaucoup de choses.

David Bowie “Aladdin Sane”
Un personnage, un univers. C’est comme Gainsbourg : il s’inspire des autres pour synthétiser une idée et l’amener vraiment plus loin. En plus, il a plutôt bien vieilli et continue malgré tout de chercher.

White Stripes “Elephant” On pressent une vraie nouveauté dans ce côté passéiste, et puis j’aime bien l’idée des règles du jeu qu’ils se sont imposées. Ils sont deux - une fille à la batterie et un gars aux guitare et chant -, ils enregistrent sur un huit-pistes, à l’ancienne, sans re-re.

Radiohead “Kid A” Comme le Grace de Jeff Buckley, ça me fait un effet terrible ! Je suis à la fois très impressionné et très dérouté, par cette faculté de mêler le gracieux et l’expérimental. Mais surtout il y a une voix derrière tout ça, il y a une âme qui, comme toujours en musique, fait la différence.

Expériences: Kollywood, Play That Beat Mr. Raja


Sorti il y a déjà quelques mois sur le label français Cartillage, ”Play That Beat Mr. Raja #1: Selected Oddities From The Tamil Film Industry (1984 - 1991)” explore, comme son nom l’indique, les BO des productions tamoules de la fin des années 80. Le cinéma tamoul, également dénommé Kollywood, est très réputé pour la qualité de ses producteurs et un bon nombre d’entre eux jouissent d’une grande reconnaissance dans tout le pays. Arrangements grandiloquents, polyphonies saisissantes et pastiches tous azimuts, on ne manque pas d’être instantanément transportés par la liberté et l’audace de ses univers composites. À noter que le site de Cartillage offre également une sélection de vidéos qui sont des petits bijoux de théâtralité et de surenchère d’effets.

COMPILATION

  • Kid Creole & The Coconuts, “Play That Beat Mr. Raja #1: Selected Oddities From The Tamil Film Industry (1984 - 1991)” (Cartillage)

BO de Anjali (1990)

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Exclusif: Kid Creole & The Coconuts, le kid est de retour


Même si Kid Creole and the Coconuts a fait quelques remous ces derniers temps, notamment grâce à la très bonne compilation “Going Places: The August Darnell Years 1976-1983″ (2008), cela faisait plus de dix ans qu’August Darnell n’était pas revenu avec un album studio. La sortie de “I Wake Up Screaming” constitue par conséquent une très belle surprise pour les amateurs de ce crooner au style atemporel.

Toujours porté par le même melting pot entre l’esthétique du film noir et une vision tropicale futuriste, l’ensemble de son univers conserve la justesse décalée et le groove qui rend ce Kid tellement unique. C’est en tout cas ce que laisse présager cette préécoute partielle de l’album que nous vous offrons de découvrir en exclusivité.

Kid Creole & The Coconuts, “I Wake Up Screaming” (minimix)

ALBUM

CONCERTS

  • 14.10.11 La Fiesta des Suds / Marseille

  • 15.10.11 Nancy Jazz Pulsations / Nancy

Kid Creole & The Coconuts, I Do Believe (Faze Action Dub)

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Reggae: Dub Vendor, coups de chaleur historiques


L’année 1976 à Londres a largement été marquée par la chaleur et la sécheresse exceptionnelles qui ont provoqué la plus grande canicule de l’histoire britannique. Saisi par cette moiteur inhabituelle, le carnaval de Notting Hill se termine par une énorme émeute suite à une altercation entre des jeunes locaux et des policiers. L’événement, souvent dénommé “Ladbroke Grove Riot”, fera plus de 200 blessés. Parmi les protestataires, on retrouve Joe Strummer et Paul Simonon qui traduiront cet épisode dans White Riot qui invite les jeunes blancs à trouver, tout comme les afro-britannique, une cause commune à leur rébellion. Cette même année, le mouvement punk atteint son apogée, transformant les aspirations musicales situationnistes de McLaren en un véritable phénomène de masse.

C’est dans ce contexte que John MacGillivray et Chris Lane commencent l’épopée Dub Vendor en tenant, tous les samedis, un stand dans un marché de Clapham Junction puis, une année plus tard, en ouvrant leur premier magasin à Peckham. Très vite reconnus comme des spécialistes en matière d’imports jamaïcains, ils proposent très tôt un service de vente par correspondance qui s’imposera comme une référence incontournable. Le duo inaugure Dub Vendor Record Shack sur Ladbroke Grove, lance le label Fashion Records qui connaît d’emblée un très large succès, avant que John, désormais seul aux commandes, installe une autre branche à Clapham Junction en 1982.

Smiley Culture, Police Officer (1984)

Du roots au dancehall, Dub Vendor a évolué au fil des changements rapides des musiques jamaïcaines, produisant dans le même temps un grand nombre d’artistes du cru. En particulier, les hits Cockney Translation et Police Officer de Smiley Culture, deux titres historiques qui sont à l’origine de la scène ragga britannique. À noter que la mort suspecte du chanteur il y a quelques mois, il se serait suicidé lors d’une descente de police à son domicile, a suscité une telle émotion que le cas s’est transformé en un véritable mouvement à l’encontre des violences policières.

Malgré la fermeture de la branche du mythique Record Shack en 2008, Dub Vendor a su conserver son statut de référence 35 ans après sa création. Toutefois, cette année de commémoration a bien failli être rattrapée par l’actualité. En effet, de nombreux magasins de Clapham Junction ont subi des dommages très importants lors de la première nuit des émeutes londoniennes. A la différence de PIAS Distribution, les flammes qui ont ravagé le local adjacent sur Lavender Hill ont miraculeusement épargné le temple du reggae, les dégâts étant minimes. On a vraiment eu chaud et il ne fait aucun doute que la soirée d’anniversaire agendée le 2 septembre aura une saveur toute particulière.

Compilation d’inédits de Factory Records

Strut a annoncé la sortie de “Fac. Dance: Factory Records 12: Mixes And Rarities 1980 - 1987″, une compilation de reprises, de remixes et de raretés mijotée par Bill Brewster.

CD 1
Section 25 – Looking From A Hilltop (Megamix) (8:12)
A Certain Ratio – Wild Party (4:17)
Quando Quango – Love Tempo (7:49)
52nd Street – Express (5:00)
Swamp Children – Little Voices (7:10)
Biting Tongues – Boss Toyota Trouble (5:30)
The Durutti Column – For Belgian Friends (Valuable Passages version) (5:22)
Royal Family & The Poor – Art On 45 (4:49)
A Certain Ratio – Knife Slits Water (12-inch version) (9:44)
Section 25 – Dirty Disco
Blurt – Puppeteer (3:22)
X-O-Dus – See Them-A-Come (8.28)

CD 2
New Order – Confusion (Original 12” mix) 8.13
Shark Vegas – Pretenders Of Love (5:08)
52nd Street – Cool As Ice (Jellybean Mix) (7:29)
Streetlife – Act On Instinct (Hot Swedish Mix) (5:32)
The Hood – Salvation! (Nitromix) (12:05)
Abecedarians – Smiling Monarchs (6:47)
Quando Quango – Atom Rock (Mark Kamins Mix) (7:27)
Marcel King – Reach For Love (New York Remix) (5:26)
52nd Street – Look Into My Eyes (6:55)
Quando Quango – Genius (6:22)
Swamp Children – You’ve Got Me Beat (4:55)
The Durutti Column – Madeleine (3:00)

Digital only
Minny Pops – Time (3.44)
Kalima – Black Water (6.35)
Royal Family & The Poor – Motherland (5:42)

Une partie du stock de PIAS Distribution détruite

Parmi les nombreux effets collatéraux des émeutes de Londres, l’incendie du centre de distribution de SonyDADC de Enfield a engendré des répercussions importantes pour les amateurs de musiques. Le bâtiment servait en effet de dépôt à PIAS Distribution, pierre angulaire de nombreux labels et d’artistes indépendants, qui a vu une grosse partie de son stock partir en fumée. De nombreuses initiatives ont été lancées pour soutenir les labels touchés.

Afrobeat: Anthony Joseph, l’argent sale


Anthony Joseph est de retour avec un troisième album intitulé “Rubber Orchestras”, dont la sortie est annoncée à la fin du mois. Avec ce premier single, intitulé Money Satan, le musicien et poète tisse le fil de sa narration dans des registres qui rendent hommage aux cuivres de Fela et aux rythmiques de Tony Allen.

Télécharger: Anthony Joseph, Money Satan, “Rubber Orchestras”

Un rendu authentique que l’on doit en grande partie à Malcolm Catto, batteur et membre de The Heliocentrics et de The, Quantic & His Combo Bárbaro, qui démontrent ici ses compétences de producteurs. Dans le même temps, on peut également apprécier les vers de Joseph grâce à la mise en ligne du livre audio “Bird Head Son” publié en 2009 chez Salt Publishing.

Bird Head Son : The Audio Book by Anthony Joseph

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RIP: Joe Arroyo, légende de la salsa


Joe Arroyo, l’une des figures les plus célébrées de la musique colombienne, est décédé à Barranquilla des suites d’une défaillance multifonctionnelle à l’âge de 55 ans.

Cette nouvelle a largement ébranlé le pays et deux jours de deuil national ont été décrétés afin de rendre hommage au chanteur qui avait débuté sa carrière dans des lupanars de Carthagène alors qu’il était encore prépubère. Issu d’une famille de 39 enfants, la musique s’est très vite présentée comme un moyen pour gagner sa vie de manière autonome.

Dans les années 70, il rejoint le groupe Fruko y Sus Tesos, avec qui il tourne dans les circuits salsa d’Amérique du Nord avant de lancer son propre projet, La Verdad, en 1981.Il s’est ainsi retrouvé aux avant-postes lorsque la salsa commençait à toucher des audiences toujours plus larges à travers le monde. Les tournées s’enchaînent à un rythme soutenu, Joe Arroyo y La Verdad jouant près de 200 concerts par année.

Au fil des années, il avait développé son genre, le Joesón, dans lequel le cumbia et le porro étaient relevés avec des influences aussi diverses que le zouk, le merengue ou le reggae. Son morceau “Rebelión”, qui relate un épisode de la traite négrière, était devenu l’étendard de son discours socialement engagé.

La santé d’El Joe a toujours été largement précarisée par sa dépendance aux drogues et il avait déjà frôlé la mort il y a une vingtaine d’années suite à une infection de le thyroïde. Des milliers de personnes se sont pressées dans une ambiance festive lors de son enterrement le 27 juillet dernier à Barranquilla.

Bonnes Vacances!


L’activité sur le site reprend le 8 août





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