octobre, 2011

Reggae: David Rodigan, une flamme éternelle


Le DJ anglais légendaire revient sur quelques événements marquants d’une carrière qui s’étend sur plus de 40 ans. Des premiers contretemps du ska aux récentes controverses touchant certains artistes, il offre un cours accéléré d’histoire des musiques jamaïcaines.

Quand est-ce que vous avez commencé à vous intéresser aux musiques jamaïcaines ?

David Rodigan: Comment beaucoup de monde, je suis tombé amoureux des musiques populaires lorsque j’étais adolescent. À cet âge, la musique prend une place particulièrement importante, car elle permet de découvrir des univers que les parents ne connaissent pas. Vers le milieu des années 60, j’ai entendu pour la première fois du ska et, depuis, je n’ai jamais cessé d’être fasciné par ce rythme à contretemps. C’était quelque chose d’un peu fou, d’énergétique, quelque chose qui vous emporte grâce à son soul. On trouvait toujours des raisons pour aller danser sur cette musique. Même si je ne suis pas le plus grand danseur, j’ai toujours aimé danser et cela nous a beaucoup rapprochés socialement. En plus, durant cette période, il y a eu des changements importants dans les musiques jamaïcaines. Du Ska on est passé au Rock Steady, avant d’évoluer vers un rythme dément, le Reggae. C’est à peu près là que tout a commencé pour moi. Cela fait presque 50 ans est ma passion est restée intacte. Je suis toujours fasciné par les nouvelles formes que peut prendre ce son. Même si la qualité a un peu diminué ces dernières années, il y aura constamment de la bonne musique en provenance de Jamaïque.

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David Murray

Dix disques. Ceux que le saxophoniste David Murray emporterait sur son île déserte («mais ce genre de play-list change tous les jours, selon l’humeur»). Depuis plus de trente ans, le Californien aujourd’hui installé à Europe traverse l’histoire du jazz grâce à son souffle continu, un pied dans la tradition, une oreille vers l’innovation. Une collection de sons dont on retrouve des traces dans cette sélection peuplée de ténors du saxophone et de classiques de la great black music.





Duke Ellington et Louis Armstrong Together For The First Time
Un classique avec une très belle pochette originale! C’est la rencontre de deux styles fondateurs du jazz en 1961. J’écoutais ça quand j’étais adolescent, surtout cette chanson «Azalea», et je prends toujours autant de plaisir aujourd’hui.

Marvin Gaye What’s Goin’ On
Tout le monde connaît cet album, parce que Marvin Gaye savait toucher le grand public sans céder à la facilité. Et puis ce titre et les chansons qu’il contient correspondent parfaitement aux préoccupations d’alors: l’écologie, la guerre, le racisme.

Marvin Gaye Here My Dear
C’est un album plus mature de Marvin sur lequel il raconte l’histoire de son divorce avec la fille de Berry Gordy. Il y a beaucoup de passions dedans et surtout il analyse les différentes phases de cette relation. C’est une belle leçon de vie tout comme «What’s Goin’ On» est une formidable analyse sociale.

Jimi Hendrix Band Of Gypsies
Encore un classique. C’est la bande-son de ma jeunesse – je vivais sur la côte Ouest à l’époque – et puis le batteur est Buddy Miles! Jimi Hendrix a écrit des chansons pour toute une génération qui voulait que ça change. Son message reste d’actualité.

John Coltrane Live In Seattle
Difficile de choisir dans la discographie de Coltrane, mais je retiendrais celui-ci pour la présence d’Eric Dolphy. J’aime la partie exploratoire de l’œuvre de Coltrane, quand il est à la fois dedans et dehors, quand il regarde devant et derrière. C’est ce que j’ai toujours essayé de réaliser: concilier la tradition et l’innovation.

Ben Webster et Coleman Hawkins Blue Saxophones
Il y a deux thèmes incroyables: «Roswita Dance» et «You’ve Been So Nice To Come Home Too», une ballade géniale. C’est le meilleur album entre deux saxophonistes que j’ai pu entendre. Coleman Hawkins est le fondateur d’une lignée de saxophonistes ténor qui passe par Webster et Rollins. C’est mon école aussi.

Ornette Coleman Science Fiction
Un de mes mentors figure sur cet album: le trompettiste Bobby Bradford, un complice des débuts d’Ornette. J’ai beaucoup appris de lui. Et puis ces sessions témoignent de l’une des périodes les riches et créatives de la musique de Coleman, en tout cas celle que je préfère.

John Coltrane Interstellar Space
Le duo avec Rashied Ali est d’une intensité rarement entendue. Jouer à deux exige beaucoup d’entente, mais en même temps cela ouvre des possibilités inouïes pour chacun. J’ai eu maintes fois l’occasion de toucher cette sensation de totale liberté et d’espace avec Sunny Murray. Avec une bonne batterie, vous pouvez partir où vous voulez.

Sonny Rollins Blowin’ In The Yard
Je ne suis plus sûr du titre de cet album sur Milestone: playin ou blowin’. Sonny est le roi sur l’instrument! J’ai eu l’occasion de jouer une fois avec lui et j’ai pu apprendre beaucoup.

Duke Ellington Live At Newport
Que dire si ce n’est que j’adorerai toute ma vie Paul Gonsalves. C’est lui qui a ouvert la voie pour tous les saxophonistes avec ce solo insensé sur «Diminuendo and Crescendo In Blue» sur ce Live de Duke. 27 chorus pour entrer dans l’histoire! Le public de Newport était déchaîné! C’était en 1956 et ça n’a pas pris une ride.

CONCERT

  • 01.10 L’odéon / Théâtre de Nîmes

Funk: General Elektriks, des embruns de baie


Hervé Salters, aka General Elektriks, n’est pas du genre à faire les choses à moitié. Il y a une dizaine d’années, il décidait sur un coup de tête de s’installer à Berkeley. Un choix largement influencé par le passé musical exceptionnel de la baie de San Francisco, “en particulier, Sly Stone et sa volonté de rassembler des genres musicaux et des personnes variées. Il a eu une très grande influence sur mon approche”, admet-il à ce propos.

Son home studio de Parker Street laisse transparaître le groove et les textures singulières qui caractérisent les productions d’Hervé. Installée dans le vaste jardin bordé par les feuilles volumineuses d’un palmier, une annexe aux teintes tropicales abrite une belle collection de synthétiseurs vintage accumulés au fil des années.

Un antre confortable qui semble imperméable aux aléas du temps. Un amalgame oscillant sans cesse entre des renvois aux maîtres du passé et une anticipation sur le futur du funk. Un groove ensoleillé et optimiste qui inonde la production impeccable de ce second album qui renvoie avec déférence à ces années californiennes. C’est le moment de tourner la page et le futur proche se déroulera en partie sur les routes, pour une longue tournée.

ALBUM

  • General Elektriks, “Parker Street” (Audio Kitchen / Discograph), sortie le 10 octobre

General Elektriks “Summer is Here” from Arno Salters on Vimeo.

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hip-hop: Remy LBO, l’arrière-arrière-salle


Certaines de ses productions avaient déjà suinté sur le net, en particulier son remix récent du Robot de Bilal. Remy LBO est de retour avec un nouvel album qu’il met à disposition gracieusement. À la différence des productions digitales déstructurées filtrant du Low End Theory, le producteur de LA s’inspire plutôt des contrées calmes et bleutées.

04 Robots (Remy LBO Remix feat Blu) by Plug Research

Charrié par des phrases de pianos impromptus, “Exceptionalism” s’étire comme une longue BO aux consonante nostalgique qui réveille quelques fantômes du genre. Entre le son de hammond millésimé de Money Mark, les élans grandiloquents de Goldfrapp ou l’univers confiné d’un home studio, Remy LBO nous invite à revisiter cette arrière-salle de club de jazz qui traîne quelque part dans l’arrière-salle de notre mémoire.

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Cesaria Evora prend sa retraite

Suite à des problèmes de santé, la chanteuse capverdienne avait déjà dû interrompre sa tournée l’an passé et c’est avec regret qu’elle est contrainte de prendre sa retraite à l’âge de 70 ans. Très affaiblie, elle tire sa révérence après une carrière exemplaire.

Expériences: James Ferraro, concerto pour iBach


Même s’il est difficile de distinguer s’il s’agit d’une stratégie volontaire ou d’une variante contemporaine d’art brut, la vie et l’oeuvre de James Ferraro ne manquent pas d’intriguer. Dans un premier temps, il envisageait de faire une carrière d’acteur, tout en conservant des ambitions modestes puisqu’il s’imaginait plutôt évoluer dans la gamme des soap operas. Sans avoir véritablement tenté sa chance, il se tourne finalement du côté de la musique suite à une sorte d’apparition mystique à l’écoute d’un concerto de J.-S. Bach en visitant des domaines vinicoles.

James Ferraro - Eco -Tot by Hippos In Tanks

Une anecdote passablement perchée qui correspond assez bien aux différents projets, The Skaters, 90120, Splash, Nirvana axis ou Lamborghini Crystal, que Ferraro a développé à travers son activité prolifique. À l’instar d’Eco-Tot, le résultat sonne un peu comme si Philip Glass, The Alchemist et Pascal Comelade avaient collaboré en 1991 à la réalisation d’une BO de film d’entreprise. Ça peut paraître improbable, mais, de manière assez étonnante, ça marche. Désormais reconnu comme le “Killer Nerd” de la scène expérimentale new yorkaise, il a acquis un statut mythique auprès d’une fan base toujours plus importante. Son prochain album, “Far Side Virtual’ sortira le 25.10.11 chez Hippo in Tanks.

James Ferraro - Text Bubbles by Hippos In Tanks

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Hip-hop: Das Racist, on se calme et on boit frais


Après s’être fait remarquer après le buzz provoqué par leur mixtape “Sit Down, Man”, le trio orientalisant est de retour avec un premier album. Quelque part entre De La Soul, Dead Prez ou les Beastie Boys, ils sillonnent dans les franges d’un rap qui s’est être conscient sans pour autant se prendre trop au sérieux. On retrouve d’ailleurs ce côté railleur dans “Booty In The Air” ou “Girl” qui singe l’air du temps avec humour.

Compos obsédantes et paroles hallucinantes, des titres comme Middle Of The Cake ou Brand New Dance ouvrent la voie à des forme de psychédélisme plutôt audacieuses, tandis que d’autres, Punjabi Song, posent un voile menaçant sur des rythmiques enjouées de pop indienne. Même relaxé et bien entouré, Anand Wilder de Yeasayer et Rostam Batmanglij des Vampire Weekend sont également de la partie, Das Racist n’a perdu ni son mordant, ni sa hype.

Das Racist, Relax, “Relax” (2011)

Dub: Indidginus, qui c’est celui-là


Originaire de Cape Town et actif depuis le milieu des années 90, Michael Martin produit ses lignes de basse grâce à un didgeridoo et cette résurgence tribale lui a permis de développer un son inhabituel. C’est le cas de “Sofa Surfer” réalisé par le biais de son projet Indidginus.Tout en gardant en gardant le son brut du dubstep, les productions lorgnent du côté des nappes apaisantes de l’electronica ou de la pop globalisée.

Arrivé un peu à l’improviste avec ce nom à coucher dehors, essayez seulement de vous souvenir de son orthographe dans deux jours, Michael a récemment généré une émulation conséquente aussi bien auprès des jeunes amateurs de dancehall que chez des vétérans comme The Orb.

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Dub: Dub Gabriel, signe des temps


Après avoir fait ses armes en tant que DJ au légendaire Limelight, Dub Gabriel s’est fait très rapidement distinguer par son désir à faire évoluer sa pratique. Ses performances originales lui ont rapidement valu de collaborer avec de nombreux artistes sillonnant dans les franges les plus caverneuse de la pop culture.

Entre des sessions avec Bomb Squad ou d’anciens membres Bauhaus, il a également réalisé un projet avec U-Roy qui est sorti l’an passé. Pour son dernier EP, il rend un hommage discret à Gil Scott-Heron. “Is This Revolution” questionne le zeitgeist du moment porté par le phrasé subversif d’un Spaceape qui nous rappelle, plus que jamais, qu’il est certainement l’épigone le plus abouti de Linton Kwesi Johnson.

Dub Gabriel feat. The Spaceape - “Is This Revolution” (Destroy All Concept) Dub Gabriel feat. The Spaceape & Mighty Dub Killerz by Destroy All Concepts

Réédition: ATFA, Out of Africa


Initiée en 2006 par Brian Shimkovitz, le site Awesome Tapes From Africa fait partie des petites curiosités qu’on a toujours du plaisir à visiter. Trois ou quatre fois par mois, le New Yorkais poste une cassette dans son intégralité de groupes obscurs issus majoritairement des régions de l’ouest. Du hiplife ghanéen au blues saharien, les territoires couverts sont bigarrés et ATFA est resté au fil des années une source inaltérable de découvertes.

Shimkovitz a récemment donné une nouvelle orientation à son projet en proposant de produire des rééditions de quelques un des artistes présentés sur son site ou joués dans ses sets DJ. Le premier CD du label est “La Grande Cantatrice Malienne Vol. 3″ (1982) de la chanteuse malienne Nâ Hawa Doubia qui, à l’heure actuelle, est très populaire dans son pays.

A ce titre, et afin de clarifier l’arrière-goût de commerce douteux qui accompagne quelquefois ce type d’initiatives, ATFA affiche d’emblée une volonté d’équité. Les musiciens toucheront 50 % des revenus des ventes et Brian envisage de travailler uniquement avec des chanteurs en activité afin de leur permettre, dans le meilleur des cas, de profiter de ce regain de notoriété pour entamer des tournées en Occident.

ALBUM

  • Nâ Hawa Doumbia, “La Grande Cantatrice Malienne Vol. 3″ (Awesome Tapes From Africa), sortie le 18 octobre

Hors série: Miles Davis, un numéro bleu


20 ans. Cela fait 20 ans que Miles Davis est parti rejoindre le Duc, le Comte, le Président et tous les autres seigneurs du jazz au ciel… bleu évidemment. Le 28 septembre 1991, le monde de la musique n’a pas seulement perdu une étoile du jazz, mais un des compositeurs et interprètes les plus influents du siècle. Les catégories, Miles Davis ne les a pas suivies, il les a créés. Be-bop. Cool jazz, hard bop, modal jazz, funk, fusion, hip hop…

Le trompettiste aura été de toutes les aventures, devançant le plus souvent les attentes du public et des musiciens, montrant la route, quitte à prendre des voies de traverse, quitte à choquer ou à être incompris. Ce numéro ambitionne de révéler un musicien qui dépasse le monde du jazz où la critique l’a souvent relégué.

Comme dans les précédentes sorties de Vibrations Collector, la trajectoire personnelle et artistique du musicien est traitée à partir d’une riche iconographie accompagnée de textes aidant le lecteur à se repérer dans les époques et les styles abordés. Des essais originaux par des auteurs et des spécialistes de l’œuvre ainsi que des interviews inédites complètent ce numéro.

VOIR UN APERCU DU NUMERO COLLECTOR

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Deux titres de Kano en téléchargement

Kano délivre deux singles extrait de sa mixtape “Not for the A-List” et l’ambiance s’annonce plutôt ennervée.

Mikey J and Kano - “Random Antics” (Explicit) by TheRealKano

Alien feat Maxsta by TheRealKano

Club: Dorian Concept, Wolfgang et moi


Tu as passé quelques années à Slazburg pour y étudier le piano, est-ce que tu avais l’intention de devenir le prochain Mozart ?

À vrai dire, cette histoire n’est pas tout à fait exacte, car j’ai vécu seulement trois ans à Salzburg pour y faire des études. Mais il s’agissait de cours en création multimédia avec une spécialisation dans l’audio. J’ai également suivi quelques cours de composition qui se sont avérés très utiles, mais l’orientation de l’école était plus orientée vers le design sonore et la production. Nous nous concentrions essentiellement sur des questions techniques et cela a largement contribué à aiguiser mon intérêt pour les musiques électroniques. Le piano, c’est quelque chose que j’ai travaillé en autodidacte durant mon adolescence. J’ai longuement cherché un professeur, mais je me suis vite rendu compte que la plupart étaient des musiciens frustrés et cela m’a poussé à apprendre par moi-même. Il m’arrive de dire que je suis un jazzman raté et que la part électronique de mon travail sert en quelque sorte de compensation. C’est en deux mots le chemin que j’ai parcouru jusqu’à aujourd’hui.

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Cesaria Evora

Dix disques. Ceux que a «diva aux pieds nus» emporterait sur son île déserte.












Angelica Maria Box Set
Le coffret regroupant ses quatre meilleurs albums. Nous nous connaissons depuis un petit moment. Nous sommes vraiment devenues amies en 1994 lors d’un concert à Sao Paulo où nous avons chanté ensemble avec en plus Caetano Veloso. Angelica est vraiment une grande dame de la chanson brésilienne. Sa voix est magnifique, et la femme merveilleuse.

Marisa Monte A Great Noise
Je n’ai découvert sa musique que récemment et j’ai tout de suite été emballée. C’est pour ça que je lui ai demandé de venir faire un duo sur mon nouvel album. Nous nous sommes rencontrées lors d’une de mes tournées au Brésil: Marisa voulait me voir, elle est venue à un de mes concerts. Nous nous sommes ensuite retrouvées lors de l’Exposition Universelle de Lisbonne où nous avons chanté ensemble.

Caetano Veloso Prenda, Minha
Lui, je connais ses chansons depuis plus de vingt ans! Notre première rencontre, c’était pour la compilation «Red Hot & Rio» en 1986 où nous chantions en duo sur «E Precisco Perdoar». Il était temps qu’on se rencontre: chacun était fan de l’autre! Nous sommes devenus de très bons amis. J’aime beaucoup ce disque qui doit dater de 1996 parce que Caetano y chante en espagnol des standards et des boléros.

Edith Piaf Edith Piaf
Un disque regroupant tous ses grands succès. Quelles sont mes chansons préférées? C’est difficile à dire: je ne retiens aucun titre… Mais je connais bien Edith Piaf. Elle passe souvent à la radio au Cap Vert. Ce qui m’a captivée chez elle, c’est sa voix. Elle arrive à y faire passer des émotions universelles. J’ai été dans un bar à Paris, Porte de Bagnolet, qui lui est complètement dévolu. Ça m’a particulièrement touchée.

Charles Aznavour Autobiographie
Chez lui, c’est l’orchestration des morceaux qui m’éblouit. Il n’est pas étonnant que je connaisse sa musique: Aznavour est populaire à travers le monde entier.

Amalia Rodriguez Fado Portugese
Elle était venue chanter au Cap Vert s’arrêtant juste au port où j’habite. Mais comme c’était au temps du régime colonial, je n’ai pas pu l’approcher: la police ne nous laissait pas passer. Il y a des similitudes entre ma morna et son fado mais également une différence de taille: la morna se danse!

The Beatles The 20 Greatest Hits
J’aime la pop music, eux ou Elton John. Les Beatles, on n’entendait que ça au Cap Vert à la fin des années 60. C’est comme aujourd’hui avec les Spice Girls.

Salif Keita Seydou Bathili
Il y a des similitudes entre sa musique malienne et la mienne dans le sens où les instruments et les rythmes africains sont souvent identiques à ceux du Cap Vert. Ce qui différencie les deux musiques, ce sont les paroles et le chant. Comme autres Africains, j’aime aussi beaucoup Youssou N’Dour, Manu Dibango et Bonga.

Bonga Angola
Nous sommes amis depuis longtemps. Bonga est un chanteur angolais qui est très attiré par la musique cap-verdienne. Ça vient de Louvain: dans cette ville belge cosmopolite, tout le monde se mélangeait. Et moi, je connais pas mal l’Afrique puisque j’ai déjà fait quatre tournées là-bas.

Michael Jackson Thriller
Comme Prince, pour son énergie sur scène! En fait, je ne l’ai jamais vu en concert, mais à la télévision. Il faut dire que quand je voyage aux Etats-Unis, je ne rencontre pas vraiment ces gens-là. Par contre, Madonna, que j’aime beaucoup aussi, est venue me voir en concert: elle dit qu’elle est fan de moi!

CONCERTS

15.10.11 Fiesta des Suds / Marseille 27.10.11 Nuit en Champagne / Troyes

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RIP: DJ Mehdi, souvenir d’un sculpteur


Concepteur d’un hip hop français aventureux, DJ Mehdi manipulait les instrumentistes comme les échantillons. Avec maestria. En guise d’hommage revoici un portrait paru dans le magazine Vibrations*.

Cet homme-là est multiple. Pour certains, il est avant tout l’ancien DJ et concepteur musical d’Idéal J, sans doute le plus authentique et le plus hardcore des groupes de rap français – n’en déplaise aux fans de NTM. C’est le cas, par exemple, de Diam’s, une jeune rappeuse à la langue bien pendue, considérée comme l’un des plus sûrs espoirs de la discipline. «Mehdi, c’est pas n’importe qui dans ce milieu. C’est le seul à avoir sa propre touche, le seul dans la musique duquel je ne ressens rien d’américain, le seul qui arrive à insérer des instruments sans que ça choque. Pour moi, c’est le plus grand compositeur de rap en France.» Diam’s signe l’un des morceaux les plus atypiques de l’album de Mehdi, une longue confession sur fond de percus et de cordes que vient relever sur la fin un petit solo de trompette.

Pour d’autres, Mehdi est l’exception du rap français, le seul qui n’ait pas peur de s’acoquiner avec les plus éminents représentants de la french touch, les Daft Punk, Cassius, Etienne de Crécy et autres DJ Gilb’r. Ce dernier ne tarit d’ailleurs pas d’éloges à son sujet: «Il va apporter beaucoup au hip hop français. Il va permettre à pas mal de gars d’arrêter de penser que la house est une musique de pédés et la techno une musique de robots, parce que tout ça c’est quand même la même famille et qu’il y a du funk dans plein de trucs, même si c’est pas évident au premier abord.» Le violoncelliste Vincent Ségal, qui en a pourtant vu d’autres, n’hésite pas à évoquer la figure du grand Miles. «Il me fait un peu penser à Miles, en ce sens qu’il est toujours élégant. Il sait orienter les gens. Il parle doucement mais fermement. C’est un chef, pas un dictateur. Il cherche des sons nouveaux, il cherche… le style.»

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Malcolm Catto

Batteur pour Quantic, DJ Shadow ou Madlib, producteur des somptueuses rencontres des Heliocentrics avec Mulatu Astatké ou Lloyd Miller, réalisateur du dernier album d’Anthony Joseph, le brillant Malcolm Catto livre les trésors de sa discothèque psychée. Incorrigible dissident par nature, l’Anglais n’a pu s’en tenir à dix références.










John Peel Archive Things
Une collection extrêmement diverse d’enregistrements de la BBC, contenant des musiques traditionnelles du monde entier sélectionné par le grand John Peel. Mention spéciale pour les percussions de Malaisie.

Okay Temiz & Johnny Dyani Witchdoctor’s Son
Un si bon disque à tout niveau, qui atteint parfois l’équilibre parfait entre le minimalisme, la simplicité et la production.

Bjorn J:Son Lindh Fran Storstad Til Grodspad
J’ai longtemps cherché ce disque et je l’ai finalement déniché à Stockholm lors d’une tournée avec Mulatu et les Heliocentrics. Avec l’aide de la technologie moderne, il est possible de créer une musique qui n’aurait pas pu exister avant, comme la drum & bass, etc…Pour les musiciens modernes, c’est notre croix à porter d’essayer de rivaliser en termes d’idées, de son et de savoir-faire.

Friendsound Joyride
J’ai découvert récemment que c’était Paul Revere qui invitait une tripotée d’amis pour une « mental jam-session ». Un peu comme un trip au LSD de psyché desgarga. Une véritable expérience psychédélique qui promet un délire musical désarticulé, grâce à une terrible interprétation des musiciens et un mix simultané sur une console qui sonne un peu comme celle de King Tubby (et qui enterre presque la plupart des pros du Pro Tools ).

Faust The Faust Tapes
Comme celui de Friendsound, ce disque a eu une grande influence sur moi et sur les autres membres d’Heliocentrics. En l’écoutant, il paraît difficile de croire que Virgin ait pu espérer que Faust allait toucher le grand public et devenir l’étendard de ce nouveau genre de l’époque, le « Kraut Rock ». Les manipulations sonores sont à la limite de la musique concrète, et le groupe balance des sons hasardeux et désorientant pour intriguer l’auditeur.

Musique Kabiye Togo
Sûrement le truc le plus proche de ce qu’est la musique à l’autre bout de l’univers

Eric Framond Univers 2000
Un personnage très intéressant qui, je crois, a débuté par le swing dans les années 40 ou 50, et qui n’a jamais été immobile musicalement. Il a ensuite tenté l’expérimental et presque l’electro. Il commence à être enfin reconnu sous le nom de Framond et aussi de Camille Sauvage. Ce disque sonne presque aussi actuel aujourd’hui que lorsqu’il fut composé dans les 70’s, avec ses superbes arrangements. Un vrai génie.

Silver Apples Silver Apples
Je suis toujours subjugué par la modernité du son de ce groupe, spécialement sur ce disque dont la production sert parfaitement les compositions. Un bon exemple de la façon dont la technologie et la musique d’une même époque doivent se refléter d’une certaine façon.

Sun Ra Out There A Minute
Une compilation de Sun Ra à travers les années par Sun Ra lui-même. Il était un vrai novateur qui n’a jamais compromis sa vision musicale, et dont la pureté brille depuis des décennies.

Toto Bissainthe Chante Haïti
Un ami m’a fait connaître ce disque traditionnel fantastique d’un chanteur haïtien contemporain. Frais, simple, et soulfull.

Fifty Foot Hose Cauldron
Un autre classique psyché qui vient d’être réédité. Le groupe utilise divers instruments électroniques, qu’il ajoute a une formation plus classique pour créer son propre son, enregistré « live » en studio.

Expériences: PSYOP, Une Anthologie


A l’occasion des célébrations du 11 Septembre, voici un petit florilège de morceaux utilisés par l’armée américaine dans le cadre de tortures psycholologiques.

‘Without the loudspeaker, we would never have conquered Germany’.
- Adolph Hitler, «Manual of German Radio», 1938

Depuis quelques années la musique, en particulier des productions populaires, a été intégrée de manière toujours plus persistant en tant qu’instruments de torture par l’armée américaine. De Panama au Moyen-Orient, ces pratiques s’inscrivent dans un programme plus vaste dénommé “Psychological Operations” dont l’objectif est d’influencer les comportements d’individus ou d’instances d’une culture étrangère.

L’étendue et l’impact de ces pratiques restent encore difficilement mesurables. Certaines initiatives, c’est le cas notamment de l’association Zero dB: Against Music Torture ou de l’ouvrage de Steve Goodman, se sont engagées à alerter l’opinion publique sur ce problème. A travers la sélection des morceaux composant « PSYOP : An Anthology »*, il est possible de revenir sur les diverses procédures qui permettent de transformer une simple comptine en un véritable supplice.

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Live: Hamelmal Abate & Imperial Tiger Orchestra


Lorsqu’un beau jour de 2007, le Genevois Raphaël Anker décide de se lancer dans un projet autour des musiques éthiopiennes, il ne se doute pas que cette résolution l’amènera à réaliser quatre ans plus tard une création suivie d’une tournée européenne avec l’une des grandes dames de la chanson éthiopienne, Hamelmal Abaté. Une collaboration à (re)découvrir sur scène le jeudi 15 septembre au Point Ephémère.

Raphaël Anker est trompettiste de son état. Depuis toujours - peut-être parce que son père résida un temps au Cameroun -, il est amateur et collectionneur de musiques africaines. Depuis 1995, il écoute et se passionne pour les chansons de l’âge d’or éthiopien (1965-1975). En 2007, il décide de faire le pas et de se lancer dans une réinterprétation de ce répertoire.

Il convoque les potes musiciens qu’il sait assez fous pour se lancer dans ce pari audacieux. Certains viennent du free jazz, d’autres du rock progressif, d’autres de la soul et du funk. Et comme ils ne se prennent pas trop au sérieux, ils décident de prendre pour nom Imperial Tiger Orchestra, un double clin d’œil au lion, symbole de la culture éthiopienne et au roi de la musique éthiopienne, Mahmoud Ahmed qui fit ses débuts au sein de l’Imperial Bodyguard Band.

Le groupe se prend au jeu, répète, se perfectionne et attire l’attention du grand manitou des musiques éthiopiennes en France, Francis Falceto. En 2009, ce-dernier les invite au festival qu’il organise chaque année à Addis Abeba. Imperial Tiger Orchestra joue dans plusieurs salles, de l’Alliance française à un club de la banlieue de Bolé en passant par l’hôtel Sheraton. Mais surtout, il passe une nuit à jammer au club Fendika avec des musiciens Asmari. Parmi eux, le joueur de massenqo (violon à une corde): Endress Hassan.

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Réédition: Drexciya, les hommes de l’Atlantide


À partir des années 90, le duo de Drexciya explorait les nouvelles frontières de l’afrofuturisme grâce aux univers fantastiques d’un peuple imaginaire, les Drexciyans.”Deep Sea Dweller”, “Bubble Metropolis”, “Molecular Enhancement”, “The Unknown Aquazone” et “Aquatic Invasion”, les titres d’album, enregistrés dans les conditions du live, narrait un épisode dans la saga de cette Atlantide Noire.

Malgré une reconnaissance très relative durant leur période d’activité, le projet de James Stinson et Gerald Donald, qui lancera par la suite Dopplereffekt, génère actuellement un véritable culte auprès des amateurs de techno. Du Drexciya Research Lab au film de Otolith Group, en passant par plusieurs générations de producteurs et de collectionneurs, le mythe de cette tribu aquatique ne cesse de se perpétuer.

Le label hollandais Clone Records ne va pas manquer d’en rajouter une couche en annonçant la réédition de toute la discographie du duo de Detroit. Les masters sont en cours de restauration et les albums devraient être disponibles d’ici la fin de l’année.

Drexciya, Jazzy Fluids, “Neptune’s Lair” (1999)

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Anthony Joseph, les bons tuyaux


Suite de l’article paru dans l’édition de Septembre du magazine Vibrations, le poète trinidadien Anthony Joseph dévoile ses adresses préférées de Londres, sa ville d’adoption.


Ritzy Cafe, Brixton Station
« Un café situé dans le quartier historique de Brixton, avec une scène pour du live, et une terrasse avec une jolie vue sur le quartier. J’aime donner mes rendez-vous ici, je m’y sens bien, car il y a beaucoup de caribéens et c’est un des centres culturels de la ville, tout près de la bibliothèque de Brixton. »

Rich Mix Club, Brick Lane
« Un centre artistique, avec un cinéma, un restaurant, et une scène qui accueille souvent des poètes. J’y ai vu récemment une expo photo sur la genèse du grime et du dubstep à Londres. »

The Crypt, Camberwell Church Street
« Un club de jazz situé dans la partie basse de l’église St Giles, à quelques pâtés de maisons de chez moi. La programmation vaut parfois le détour. »

Portobello Road Market
« C’est un classique mais ça vaut toujours le coup de visiter les antiquaires du marché de Portobello le samedi. »

TK Maxx, Saint John’s Road
« Une chaîne de boutiques de fringues, il y en a plusieurs dans Londres. Je vais parfois fouiller dans leurs bacs, on peut y dénicher des chemises dessinées par des couturiers à bons prix. »

Selectors Music Emporium, Brixton Hill
« Mon disquaire pour le reggae, situé au cœur de Brixton, évidemment. »

Southbank Centre, Southbank
« Dans ce grand complexe culturel, on trouve des cinémas, des galeries, et même une librairie spécialisée dans la poésie, ce qui est assez rare.J’y fais mes rendez-vous, je viens d’y voir une belle exposition photo intitulé «The Elders » sur la première génération de caribéens immigrés en Angleterre dans les années 40. Très impressionnant. »

Eldica, vynils & retro, Dalston
« Cette petite boutique fait office d’antiquaire : Ils achètent et ils vendent de vieux objets de décoration, des trucs vintage. Dans le fond, il y a des bacs de vinyles, avec du calypso, du reggae, du funk… On peut tomber sur des galettes assez rares. »

Rat Records, Camberwell
” Le disquaire ou j’ai travaillé.On y déniche beaucoup de vinyles et de Cd d’occasion, mais le patron connaît la musique, il n’accepte pas n’importe quoi dans ses rayons. »

ALBUM

  • Anthony Joseph, “Rubber Orchestras” (Heavenly Sweetness/Naïve)

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Live: Toy Selectah, cumbia et joujou


Après avoir été un des pionniers de la scène hip-hop mexicaine avec Español Pioneers Control Machete, Toy Selectah a progressivement laissé plus de place pour les bidouillages.En combinant musiques traditionnelles et technologies actuelles, il s’est rapidement retrouvé aux avant-postes du regain d’intérêt pour la cumbia et les autres rythmes en provenance d’Afrique latine.

Un style qui n’échappe pas à l’incontournable trendsetter Diplo qui le signe sur Mad Decent. Sorti en début d’année, “Mex Machine” offre un aperçu des directions prises par Toy qui se produira dans le cadre du festival Electrosanne.

CONCERT

  • 08.09.11 Lausanne / Place Centrale - RBMA Dôme

Vampire Weekend, Contra, Toy Selecta Remix

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