octobre, 2011



Escort, disco re-fever


Depuis les années 90, on a vu refleurir plusieurs générations de groupes produisant des duplicata plus ou moins convaincants inspirés par l’âge d’or du soul ou du funk. Par contre, les formations reproduisant les productions du disco au tournant des années 80, largement à coups de cuivres et de cordes, ne sont pas légion et les passionnés du genre ont vite fait de se tourner vers toutes sortes de déclinaisons.

C’est peut-être grâce à cette relative carence qu’Escort a très rapidement attiré l’attention dès leurs débuts en 2006. Un big bang de 17 musiciens talentueux dévolus à la cause du nu-disco, ça ne court pas les rues. Leur premier album homonyme sort ces jours-ci sur leur propre label.

Escort n’est toutefois pas le seul projet new-yorkais de ce type puisque les neufs membres réguliers de Midnight Magic entretiennent cette même flamme également depuis le milieu des années 2000. Sorti l’an dernier, “Drop me a line” constitue une belle actualisation d’un courant qui s’est très vite retrouvé réduit aux banques de sons et aux visions plus individualisées des producteurs house.

Midnight Magic, Drop me a line (2010)

Onra, le jeu du portrait chinois


En 2007, le producteur français Onra, Arnaud Bernard, sortait une première anthologie de beats et de boucles en provenance du Viet Nam, le pays d’origine de ses grands-parents, et de Chine.

Stay With Me by Onra

“Chinoiseries” (Favorite Recordings, 2007) se présentait comme une trentaine de petits cadavres exquis autoproduits oscillant entre des ritournelles d’Asie de l’Est et des routines de Wu-Tang. Le parisien rempile avec ce “Chinoiseries pt 2″ qui démontrent à quel point il a encore su affiner son art, déjà bien consommé, du séquenceur. 32 titres brefs qui s’enchaînent comme autant de Bánh Phu Thê au moment du dessert.

  • Onra “Chinoiseries pt 2″ (All City)

Warriors Pride by Onra

CONCERT

10.12.11 La Bellevilloise / Paris

Maria Minerva, messe balte


Il n’a pas fallu beaucoup pour que Maria Minerva glisse sa grande silhouette balte dans les roulis psychédélisme du revival synth-pop. Des sons comme des images. Des images comme des sons. Elle appose avec une désinvolture, précise et érudite, des films qui brouillent nos perceptions comme autant de bouffées au Valium.

Maria Minerva - Gloria by notodo

Une vague de fraîcheur léthargique et antispectaculaire qui caractérise d’ailleurs toute une génération de producteurs contemporains qui, à l’instar de John Maus ou des Nite Jewels, semble avoir concentré leurs quêtes introspectives dans les dilutions réverbérantes numériques d’une discothèque.

A l’heure où sort son premier album chez 100% Silk, Maria Minerva se produira avec LA Vampires dans le cadre de la soirée que le festival des Urbaines va dédier au label Not Not Fun.

CONCERT

  • 03.11.11 Les Urbaines / Lausanne

ALBUM

  • Maria Minerva, Sacred & Profane Love (100% Silk)

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Pierre Henry, plus de bruits


À travers ce mix d’une heure, Charity Queen propose un retour chronologique et compressé sur l’évolution des musiques électroniques. En partant des pères fondateurs de l’électroacoustique, cette sélection se déroule en fonction des nombreuses innovations qui ont marqué principalement la musique concrète.

Dans le commentaire qui accompagnant sa sélection, Charity Queen réclame un peu d’indulgence pour n’avoir intégrer aucune femme et nous rappelle que Laurie Spiegel, Maryanne Amacher, Daphne Oram, Pauline Oliveros, Éliane Radigue ou Johanna Beyer ont également joué un rôle déterminant dans cette évolution. La même remarque peut également être appliquée à cette plus vaste sélection accessible via ubuweb.

Quant à Pierre Henry, qui n’est pas non plus dans ce petit mix, on peut le découvrir de manière extensive grâce à ce documentaire intitulé “The Art of Sounds” (2007), produit par Éric Darmon et Franck Mallet.

» TRACKLIST

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Hommage: Freddie Mercury est mort il y a vingt ans

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Le 24 novembre 1991 disparaissait le chanteur de Queen. Ce furent des funérailles dignes d’un prince hindou

Dès 1989, les proches du chanteur le savent atteint du virus du sida, mais respectent le pacte du silence. Le 22 novembre 1991, alors que Freddie Mercury garde le lit depuis de longs mois dans sa maison de Garden Lodge, il décide avec son avocat Jim Beach de rendre publique sa maladie.

Devenu la proie des tabloïds et des paparazzis, il prend la décision d’envoyer un communiqué de presse le vendredi soir pour privilégier les journaux plus sérieux du week-end1. Le lendemain, il est à la une de tous les quotidiens, et la télévision ne parle que de « ça ». Le lundi suivant au matin, Freddie Mercury n’est plus.

Les parents du chanteur appartenant à la communauté parsis (des descendants iraniens ayant dû fuir leur pays natal pour l’Inde à l’époque de l’invasion musulmane), ils organisent pour leur fils, né Farrock Bulsara à Zanzibar, une cérémonie privée. La crémation a lieu le 27 novembre en présence de prêtres zoroastriens drapés dans de longues robes blanches. Les invocations de Zoroastre, ou Zarathoustra, devaient résonner ce jour-là. Ces hymnes puissants aux accents fervents, Freddie Mercury les évoqua une fois dans sa musique avec le morceau « Mustapha ».

Mustapha Ibrahim, Mustapha Ibrahim

Allah, Allah, Allah will pray for you

Mustapha Ibrahim, achbar ish navin

Allah, Allah, Allah will pray for you

Mustapha, Mustapha

Mustapha Ibrahim, Mustapha Ibrahim, hey!

Un numéro hors-série de Vibrations consacré à Freddie Mercury et à Queen est actuellement en kiosque

» Voir les photos de l’enterrement

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Azealia Banks, chaud devant


Photo: Amandine Paulandré

En parsemant ses compositions de rimes à consonances génitales, la rappeuse Azealia Banks ne fait pas dans la fausse pudeur. C’est en particulier le cas de 212, qui tourne déjà depuis quelques mois, dans lequel la Lolita évoque avec verve son penchant pour les richesses de la langue.

Son style, qu’elle qualifie elle-même de “rap-bitch shit”, n’a pas tardé à en dégourdir certains et, s’il l’on en croit les rumeurs, la New-Yorkaise serait sur le point de signer avec une major. Il est probable que Paul Epworth, qui a récemment collaboré avec Florence + Machine et Adele, soit de la partie. Aucun doute, on va faire parler d’elle en 2012.

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Joe Strummer revu par Julie Delpy

Cela fait quelque temps que l’on sait que la vie de Joe Strummer va faire l’objet d’un film, par contre le nom de la réalisatrice vient d’être dévoilé. C’est Julie Delpy qui va se charger de la mise en scène de The Right Profile, en référence à l’un des titres de l’album “London Calling”. La date de sortie n’a pas encore été annoncée.

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RIP Paul Motian

Le batteur et compositeur Paul Motian est décédé à l’âge de 80. Il avait débuté sa carrière dans le trio de Bill Evans vers la fin des année 50. Par la suite, on le retrouvera souvent aux côtés de Keith Jarrett, Charlie Haden, Bill Frisell ou Joe Lovano. Il est également l’auteur de l’obsédeante bande-son du toujours actuel “Punishment Park” (1971).

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Hollie Cook, punks et épigones


Ari Up, l’égérie récemment disparue de The Slits, avait l’habitude de dire que la mouvance punk reggae formait une sorte de dynastie. Une nouvelle classe de sang bleu dont les discours subversifs ne devaient cesser d’irriguer les musiques populaires.

Hollie Cook constitue la parfaite incarnation de cette intuition généalogique. Descendante directe du batteur des Sex Pistols, Paul Cook, et de la chanteuse de The Belle Stars, Jennie Mathias, elle n’a pas eu besoin d’aller très loin pour tomber dans le chaudron.

Un premier album chez Mr Bango produit par Prince Fatty et il n’en fallait pas plus pour donner un nouveau souffle à la tradition reggae britannique. Hollie Cook se produira en compagnie de Souleance, SBTRKT, et tant d’autres, dans le cadre de la 33e édition des Trans.

CONCERT

  • 02.12.11 Parc Expo Hall 9 / Rennes

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Dimlite, au bout du conte


Photo: Matthias Guenter

Il était une fois… un producteur suisse dont le troisième album était, une nouvelle fois, signé chez Now Again. Après “Prismic Tops” (2009) et “My Human Wears Acedia Shreads” (2010), Dimitri Grimm joue du calembour et on ne sait pas trop bien si ce “Grimm Reality” renvoie à un récit autobiographique alimenter d’humour noir ou aux contes légendaires des deux frères.

Peu importe. Dimlite réussit une fois de plus à composer une exploration sans concession qui nous rappelle que, comme dans les mythes, le merveilleux va souvent de pair avec le lugubre.

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Cut Chemist, les rythmes de Los Angola


Q: Qu’est-ce qui a déclenché ta passion pour le DJing?

J’ai vu pour la première fois des films de breakdance à l’âge de 9 ou 10 ans et j’ai tout de suite été curieux de découvrir cet univers. Après avoir touché un peu au graffiti, je me suis rapidement intéressé au DJing. Peut-être parce que je possédais déjà une petite collection de disques. À vrai dire, c’était surtout l’idée de manipuler la musique qui m’attirait et j’ai commencé mon apprentissage en m’inspirant des pionniers du genre, comme Grandmaster D.ST, Jam Master Jay, Jazzy Jeff, Afrika Bambaataa.

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Speech Debelle, la voix de la réconciliation


Si le retour de Speech Debelle n’est pas une grande surprise, la bonne nouvelle tient également au fait qu’elle se soit réconciliée avec Big Dada suite aux déconvenues qui avaient suivi sa victoire au Mercury Prize en 2009.

Argumentant que le label n’avait pas su faire preuve de suffisamment de perspicacité pour promouvoir son album, la chanteuse avait décidé de faire cavalière seule. N’hésitant pas, au passage, de débiner de manière un peu trop franche sur compte FB. Comme le dit le proverbe, erreur n’est pas compte.

Speech Debelle - Studio Backpack Rap (FREE DOWNLOAD) by Big Dada Sound

Pour “Freedom of Speech”, dont la sortie est prévue pour février 2012, Speech a collaboré avec le producteur londonien Kwes qui, de son côté, vient de signer chez Warp. De The XX à Micachu, en passant par Damon Albarn, la liste de ses collaborations récentes laisse augurer qu’il sera une figure à suivre de près en 2012.

Kwes - Get Up (download MP3 at http://emailunlock.com/kwes/get-up ) by kwes

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Ornette Coleman en couverture de So Jazz

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Le nouveau numéro de So Jazz est en kiosque avec Ornette Coleman en couverture

Ornette Coleman se produit rarement sur scène, et son dernier album Sound Grammar date de 2005. Une apparition à Montreux en 2006, une à Nice en 2010 : c’est peu, et il nous manque. Au moment où nous bouclons ce numéro, nous apprenons qu’il viendra clore le Festival de Jazz de Londres le 20 novembre prochain. À l’heure de l’Eurostar et des vols low-cost, gageons que nous serons plus d’un à envisager le déplacement.

Ornette Coleman en une de So Jazz, donc. L’auteur de cette interview, John Kruth, en plus d’être un excellent journaliste et écrivain (on lui doit une biographie de « Rashaan » Roland Kirk), est également musicien, et élève de Coleman. C’est ainsi qu’il a pu approcher le compositeur et lui poser des questions précises auxquelles le saxophoniste texan répond à sa manière : celle d’un musicien-philosophe davantage intéressé par les concepts métaphysiques que par les petites histoires de la musique – y compris les siennes.

Qu’est-ce que le son ? Comment se déplace-t-il ? Peut-on dompter les rythmes ? Faut-il expliquer la musique ? Autant d’interrogations au cœur de l’être humain Ornette que l’on retrouve dans sa musique.

Egalement au sommaire du numéro de décembre-janvier: William Parker, Giovanni Mirabassi, Rudresh Mahantappa, Le Festival Sons D’hiver, Keith Jarrett, Serge Gainsbourg, Richard Galliano, Miles Espanol, les disques du mois et l’agenda des concerts

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Baloji, Ou bien… ou bien


Photo: Nicolas Karaktsanis

Avec “Hôtel Impala”, Baloji surprenait son monde avec un hommage à Marvin Gaye qui reconstituait des liens entre la République démocratique du Congo et la Wallonie. “Là-bas, tu ne te sens pas tout à fait congolais, ici, tu ne te sens pas vraiment belge”, une remarque devenue tellement banale qu’on a fini par ne plus oser l’évoquer. À l’ère des dynamiques globalisées, le problème semble avoir été réglé, sans pour autant que la question n’ai été véritablement traitée.

Si cette histoire postcoloniale de l’Europe continentale reste encore à écrire, Baloji fait sans conteste partie des voix exprimant avec le plus de conviction les ambivalences de cette situation.Avec “Kinshasa Succursale”, il fore toujours plus loin afin de définir les contours identitaires et esthétiques de la bilocation. Farfouillant dans les dialectes et les sonorités, il revisite quelques lieux de sa mémoire tel un Zélig panafricain. Beau gosse dans les clichés de Seydou Keita ou canaille dans les rues de Kinshasa avec Konono N°1, son style s’adapte avec la même justesse.

ALBUM

  • Baloji, “Kinshasa Succursale” (Crammed Discs), sortie le 21.11.11

Electric Cowbell Records, le tour du monde en 45 tours


Spécialisé dans les 45t, Electric Cowbell Records a aligné durant tout l’été une très belle série de titres rendant hommage au continent africain. C’est l’occasion de découvrir l’ethio-funk explosif de Debo, un groupe de 15 musiciens dans lequel officiait le chanteur Ayalew Mesfin et Bruck Tesfaye. On se laisse également facilement emporter par les coulées de lave tribales de Karthala 72, le bien nommé “Dans Le Coeur Du Feu” mettant littéralement le feu au plancher.

Karthala 72 7″ 45rpm by Electric Cowbell

On retrouve la belle collaboration de Sway Machinery avec la chanteuse Khaira Arby ou encore les relectures subtilement électroniques du patrimoine malien de Cheick Hamala Diabate. Une manière d’offrir une plateforme aux musiciens actuels qui ont choisi, sous une forme ou une autre, de rester au plus proche des enseignements originaux.

A l’écoute des titres accessibles via le compte Soundcloud, on se rend vite compte que le label new yorkais ne cherche pas à rester cantonné dans les musiques africaines. Leurs diverses explorations de l’Amérique du Sud ou du Moyen-Orient sont tout autant enrichissantes.

BBT New Language, un trio sculpteur de rythmes

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Le trio formé de Jean-Paul Bourelly, Joe Bowie et Jamaladeen Tacuma est en concert ce samedi 13 novembre à l’AMR de Genève

“BBT New Language offre une approche unique de la musique improvisée: une narration qui va à l’encontre de la tendance à l’uniformisation qui engorge l’humanité. Le processus de création existentiel, encouragé par la nécessité, est la passion qui anime ce groupe.” Ainsi parle Jean-Paul Bourelly, guitariste chicagoan relocalisé à Berlin, à l’origine de ce nouveau trio où l’on trouve le tromboniste Joe Bowie et le bassiste électrique Jamaladeen Tacuma. Pour cette tournée, ils seront accompagné d’un quatrième membre, DJ Gea Russel, en charge de l’électronique.

C’est sans doute l’un des projets les plus enthousiasmants du guitariste depuis longtemps. En s’associant à deux musiciens-phares de l’avant-garde new-yorkaise des année 80, Bourelly se reconnecte à l’improvisation de haut vol après une phase plus méditative (son album solo News From The Darked Out Room) et des projets plus black rock. Joe Bowie, fondateur de Defunkt, a lui-même récemment reformé son groupe, renommé Defunkt Millenium. Quant à Jamaladeen Tacuma, le bassiste de Philadelphie a été de l’aventure du Prime Time électrique d’Ornette Coleman, enregistrant avec le compositeur texan les albums Dancing In Our Head, Body Meta et Of Human Feelings.

On ne peut attendre de ce trio que de la bonne musique. Evidemment sans étiquettes prédéfinies. Amateurs de jazz, de blues, de rock et de funk, ce concert est pour vous.

Genève, AMR, 10 rue des Alpes, à partir de 20h30. Egalement à conseiller au même endroit le lendemain: Henry Threadgill & Zooid.

Vidéo: BBT en 2011

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Soul Rebel Jazz Band, Rebel without a pause


A La Nouvelle-Orléans, les brass bands se régénèrent aux sons du hip hop et de la soul. The Soul Rebels sont les nouveaux princes de Congo Square. Ils passent en concert ce samedi au Duc des Lombards de Paris

C’est un rituel : tous les jeudis, The Soul Rebels donnent rendez-vous à leurs fans au Bon Temps Roulé, leur quartier général. Autour de minuit, le club uptown commence à être sévèrement blindé. Il est temps de se masser devant la mince estrade. Et voilà, c’est parti, pieds au plancher, pour trois heures de grooves telluriques. À ce rythme, le dancefloor finira essoré, lessivé par ce son sale qui vous colle aux semelles et vous happe vers la transe. Bienvenue à La nouvelle Orléans, la ville où le jazz se saoule à la funk, avec de bonnes rasades tropicalisées. Un cocktail typique pour la plus caraïbe des villes nord-américaines.

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RIP: Heavy D


Dwight Arrington Myers, qui a fait carrière derrière le pseudonyme de Heavy D, est décédé à l’âge de 44 ans. Entouré par son groupe The Boyz, il avait su faire de son embonpoint un atout central dès ses débuts. “The Overweight Lover’s In The House” ou “Mr. Big Stuff”, les singles de son premier album “Living Large” (1987) laissaient entrevoir qu’il allait peser de tout son poids dans l’histoire du hip-hop.

Parfaitement synchrone avec la vague New Jack qui allait déferler durant la fin des années 80. Il accentua encore son influence au sein de la scène en reprenant les commandes du label Uptown Records et se retrouve notamment à rapper aux côtés de Michael Jackson sur Jam. Il entame également une carrière d’acteurs et, ces derniers temps, il était surtout connu pour ses apparitions de plus en plus régulier dans des séries télévisées ou des films.

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Lulu Gainsbourg

Vingt ans après la mort de Serge, son fils lui rend hommage avec un album où Johnny Depp, Iggy Pop ou Scarlett Johansson revisitent les classiques de l’homme à tête de chou. Pianiste talentueux, fraîchement diplômé du prestigieux Berklee Music College, Lulu se dévoile à travers dix albums minutieusement choisis.

Queen A Night at the Opera
J’adore l’ambiance de cet album, mélange incroyable entre l’opéra et le rock rehaussé par la voix unique de Freddie Mercury. Et « Bohemian Rhapsody » est un titre exceptionnel !

Michael Jackson Thriller
Je suis un fan absolu de Michael. Thriller, c’est la dernière époque avant qu’il passe à un style plus « blanc ». C’est aussi avec cet album qu’il a révolutionné le clip en inventant un style hors du commun. Il n’y a que des tubes : « Wanna be Startin’ Something », « Billie Jean », « Beat it », « Human Nature »… 100 millions d’exemplaires vendus, c’est du jamais vu, mais ce disque les mérite amplement.

Debussy Suite Bergamasque
Debussy est l’un de mes compositeurs préférés du mouvement romantique, car il marque une vraie rupture tout en restant classique. Son Clair de Lune est un chef-d’œuvre.

Django Reinhardt Intégrale
L’inventeur du manouche ! Sans parler du personnage, qui fait mieux avec trois doigts que tous les autres guitaristes… D’ailleurs, Angelo DeBarre, qui intervient sur mon album (« Le Poinçonneur des Lilas ») est l’un de ses meilleurs héritiers.

Mozart Symphonie n°40
J’ai une formation classique, et c’est ce que j’écoute le plus et j’ai découvert les Beatles il n’y a pas si longtemps que ça ! J’ai choisi cette sublime symphonie, mais j’aime aussi beaucoup son Requiem. Ses mélodies, ses arrangements… C’est un génie.

Radiohead Kid A
Il y en a beaucoup que j’aime, mais celui-ci a quelque chose de spécial, tout simplement.

Keith Jarret The Köln Concert
Keith Jarrett m’a fait découvrir le jazz. Il sait mélanger comme personne le classique, le jazz et la musique contemporaine. Quand on pense que ce concert est une heure et demie de pure improvisation, c’est presque inhumain !

John Williams 40 years of Music Film
Non seulement c’est un compositeur incontournable du point de vue cinématographique, mais j’ai grandi avec ses bandes originales de films: Les Dents de la Mer, Indiana Jones, Star Wars, La Liste de Schindler, Superman…

David Grey White Ladder
J’y suis très personnellement attaché : un ami de longue date de ma mère aujourd’hui décédé m’a fait découvrir cet album. Surtout la chanson « This Years Love », très expressive avec seulement trois accords de piano. Et puis il y a quelque chose de Tracy Chapman dans ce disque…

Serge Gainsbourg L’Homme à Tête de Choux
J’ai beaucoup plus écouté le Zénith de Gainsbourg ou L’Histoire de Melody Nelson que L’Homme à Tête de Choux, qui est un concept album très complexe… je ne comprends pas tout ! Mais si je devais en choisir un pour partir sur une île déserte, ce serait celui-ci, car j’aurais tout le temps de m’y plonger… et peut-être d’en saisir tout le sens !

Propos recueillis par Sophie Rosemont

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Julius Eastman, mémoire d’un pas grand chose


À moins de faire preuve d’un intérêt poussé en matière de musique classique contemporaine, le nom de Julius Eastman n’évoque souvent pas grand chose. Tout au long d’une existence tragiquement avortée, il a pourtant frayé avec les figures les plus prospectives de son temps dans la tradition du minimalisme. En 1970, il entame des études au Centre for the Creative and Performing Arts au SUNY de Buffalo et se lie d’amitié avec le chef d’orchestre Petr Kotik. Ensemble, ils fondent le S.E.M Ensemble et, parallèlement à son travail d’instrumentiste et de compositeur, Estman s’adonne progressivement à la danse et au chant.

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Décès d’Amédée Pierre

Surnommé le “Doyen de la musique ivoirienne” ou, plus communément, “le Dopé National”, Amédée Pierre est décédé à l’âge de 74 ans des suites d’une longue maladie. Tout au long de sa carrière, il a été une figure centrale de la musique ivoirienne aussi bien en tant que compositeur-interprète qu’en tant que défenseur des droits d’auteur. Un récent article lui rend un bel hommage dans L’Intelligent d’Abidjan.

Voodoo: Nouvelle-Orléans, plus belle la vie


Photos: Eric Delhaye

Du 28 au 30 octobre, City Park accueillait le Voodoo Music Experience. Trois jours de liesse carnavalesque, instantané de la vitalité retrouvée de la Nouvelle-Orléans.

Par Eric Delhaye

« Pour toute chose à la Nouvelle-Orléans, il y a un avant et un après Katrina », dit Lauren, rencontrée à la terrasse d’un café de midtown. Elle-même vient de faire la connaissance de Nick, un trompettiste londonien en plein rêve : sitôt assis, il est invité à faire le boeuf avec le quartet squattant le trottoir. Nick sort tout juste, comme moi, du City Park où se tenait le festival Voodoo Music Experience : il y jouait en fin de matinée avec le groupe de Glen David Andrews ; à minuit passé, Nick continuait d’enchaîner solo sur solo, dans la chaleur du DBA, sur Frenchmen Street, poussé dans le rouge par son leader.

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El-P

Dix disques. Ceux qu’emporterait sur son île déserte El-P. Le boss de Def Jux, membre du mythique Company Flow et fan de science-fiction, propose une sélection de quelques classiques éclectiques.











Prince Under the Cherry Moon
Sur une île déserte, je serais seul et Prince me fait penser au sexe. J’ai tellement baisé sur ce disque. C’est pas son meilleur album mais je l’écoute toujours car je suis impressionné par la production. Il n’y a aucune boîte à rythmes par exemple. Du coup, c’est assez différent de ce qu’il fait habituellement.

Fat Boys Premier Album
Quand je les écoute, j’ai l’impression de redevenir un gamin qui découvre le hip hop et c’est un sentiment assez agréable. «Jailhouse Rap» est sûrement l’une des meilleures chansons rap jamais écrites.

EPMD Business as Usual
Ce qui me manque quelque part, c’est cet esprit hardcore B-Boy. Avec EPMD, je m’y frotte un peu. J’aimerais bien être plus sur la brèche, partager ce danger du hip hop, le sentir venir vers moi.

Nine Inch Nails The Fragile
C’est un très beau disque, très bien produit et aussi incroyablement triste. Je me sentirais tellement mal sur mon île déserte que j’aurais envie de m’apitoyer sans arrêt sur mon sort. C’est, je crois, l’album parfait pour extérioriser sa souffrance.

Talking Heads Stop Making Sense
Là par contre, c’est un disque plutôt joyeux qui dégage une certaine bonne humeur. Un album que j’écoutais souvent quand j’étais petit.

Funkadelic Maggot Brain
C’est le disque qui accompagne toutes les émotions et j’espère bien en avoir sur cette île. Ce serait l’album qui me ferait apprendre des choses sur moi-même, sur cette expérience de la solitude complète.

Public Enemy Yo! Bum Rush The Show
Je l’amènerais avec moi simplement parce que c’est un classique absolu et que je ne pourrais pas m’en passer pendant une trop longue période.

The Beatles Sergent’s Pepper
Je pense vraiment qu’il s’agit d’un album parfait. Il est tellement incroyable, tellement riche. Il figure en bonne place dans ma discothèque personnelle.

Jimi Hendrix Voodoo Child
Je suis fan. Hendrix c’est le côté sombre de l’âme. Quelque chose qui apparaît parfois dans ma personnalité et qui apparaîtrait encore plus souvent sur une île déserte.

DEVO Q: Are We Not Men ?
Encore un album que j’adorais étant gamin. Rien que le titre, c’était déjà tout un programme, on sent d’avance qu’il s’agira d’un truc plutôt amusant.

Club: Pantha du Prince, un autre son de cloche


Photo: Joël Vacheron

A mi-chemin entre approche expérimentale et dance music, Pantha du Prince offre une analyse avisée des dernières mutations qui affectent les musiques électroniques.

Joël Vacheron: Depuis ses débuts, il y a environ 30 ans, le mouvement techno a pris des formes multiples. Comment définiriez-vous l’actualité de ce courant ?

PDP: Tout d’abord, je considère ce courant avant tout comme une infrastructure. Disons qu’il ne s’agit plus véritablement d’un qualificatif musical direct, comme on parlerait du funk par exemple. À l’heure actuelle, il s’agit surtout d’une palette de rythmes, que l’on peut classer dans la catégorie “techno music”. Cependant, au bout du compte, c’est une infrastructure sociale et économique. Du jazz aux musiques actuelles, en passant par la musique électro-acoustique, la notion de techno n’a plus grand-chose à voir avec le contenu, elle peut être appliquée pour qualifier un peu n’importe quoi. Au final, le terme qui correspond peut-être le mieux à ce courant, c’est probablement dance music.

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