
Je sais, c’est mal, mais en arrivant au Zénith, tout à notre hâte de bientôt revoir The Roots pour la 1re fois depuis 2008 (cette année-là à Rock en Seine puis à Bercy, avec Kanye West), on snobe les concerts précédents : plus de 3 ans c’est long ! On ne peut entrer que pour ceux qui sont devenus LE band du Late Night with Jimmy Fallon sur NBC et qui se la jouent, à la cool, avec Obama himself !
Par Olivier Pellerin
Un peu avant 21h45 les voilà sur scène, Questlove campé à la batterie sur une estrade, Blackthought devant à la mène. Surprise, la présence de congas, qui apporteront beaucoup au rythme, une basse aussi, même si le sousaphone est toujours là. À la guitare, le désormais inamovible et électrique Captain Kirk Douglas. Autre surprise, ce n’est pas le fondateur Scott Storch aux claviers, certainement trop occupé par ses multiples productions. Blackthought démarre sur un hommage rapide aux Beastie Boys avant que le groupe ne se lance dans un mélange de morceaux de ses débuts. Ils ne joueront pas leur dernier album « Undun », dont on se demandait comment la mélancolie conceptuelle rendrait sur scène.
C’est un vrai plaisir d’entendre des titres comme « Proceed », « Mellow My Man », « What They Do » ou « Step Into The Realm ». Le tout avec une décontraction certaine et une maîtrise collective assurée aux accents volontiers jazzy. Blackthought a pris du bide, n’hésite pas à s’asseoir sur l’estrade de Questlove. Ils sont vraiment à l’aise et on se sent vite comme à la maison, les voyant se chambrer et rigoler entre les morceaux. C’est toute la famille du groove qu’ils convoquent quand ils reprennent « Jungle Boogie » de Kool & The Gang (jusqu’à rappeler aussi le « You Gots To Chill » d’EPMD) ou lorsqu’au détour d’une ligne de basse ressemblante à celle de « Rebirth Of Slick (Kool Like Dat) » des Digable Planets, Blackthought en entonne carrément le refrain !
Arrive « You Got Me », dont la partie dévolue à Erykah Badu sur l’album est assurée par Captain Kirk, qui se lance dans un solo de guitare doublé à la voix à la Georges Benson, avant de propulser le concert dans une partie plus rock, entamant un solo endiablé qu’il n’hésite pas à transformer en reprise de « Sweet Child Of Mine » des Guns N’ Roses ! Le public suit, bras levés et hurlant en chœur dans la fosse. Le groupe est soudé, saute, court, danse, le guitariste, bassiste et sousaphoniste se suivant souvent, agiles et précis comme des requins tournant autour de leur proie. Il n’y a plus de pause entre les morceaux qui s’enchaînent, le niveau du groupe est tel qu’il semble pouvoir jouer tout et n’importe quoi sans même se concerter et avec une énergie qui va crescendo. « Apache » de l’Incredible Bongo Band et son break de batterie le plus célèbre du hip-hop y passe, amenant un « How I Got Over » un peu gâché par un excès passager de basses.
On fonce vers la fin du concert, à peine une heure, quand même… Mais ils reviennent vite sous les cris d’un public enthousiaste. « What do you want ? The Roots crew ! When do you want them ? Right now ! » Blackthought s’amuse-t-il à faire scander au public. Et le rappel continue sur cette frénésie et ce plaisir partagés, le percussionniste survolté inventant le air-flow, soit le rap sans micro en miroir de Blackthought. Le groupe enchaîne même à merveille des chorégraphies spontanées très Prince de Bel Air, Blackthought tout sourire, ce qui, de mémoire de concerts des Roots, n’est pas courant !
Décidément, les Roots sont le meilleur groupe de rock du hip-hop, d’autant plus depuis la mort de MCA. C’est certainement parfait pour un vieux chnoque comme moi, ça permet de justifier tout le name dropping précédent, mais qu’est-ce que c’est bon !
- Tu vois, le Watch The Throne Tour, c’est comme si Kanye West et Jay-Z jouaient sur le toit, éclairé par tous les spotlights de la ville. Les Roots eux jouent à la cave, dans la sueur et la tradition du hip-hop. Comparer les deux ne servirait à rien, ils sont juste deux étages différents et complémentaires du même édifice.
- Mais justement, tu ne m’en parles pas : c’était comment Watch The Throne à Bercy alors ?
- Tu n’auras qu’à en lire mon compte-rendu dans Vibrations de cet été !
Zénith 23/06/2012











J’y étais. Ces mecs sont des machines. Je les avais vu à leur concert en 2003, lors de la sortie de Phrenology. Le concert était génial aussi. Qu’avez vous pensé du son? Les réglages n’étaient pas terribles. Bon les Géants étaient là, c’était mémorable!
I was here. Ces mecs sont des tueurs de salle qui peuvent tout jouer. J’attendais depuis longtemps aucun déception.
Encore! comme dirait Jay Z:)!!! De la première fois où je les ai vus(en showcase à la fnac bastille ndlr) à ce samedi 23 Juin,mon quatrième concert de The Roots,restera comme les autres:un classique de ce que la Great Black Music peut offrir de meilleur!!! un grand et bon moment,où s’entrechoquent le jazz,la soul ,le funk,le rock….DO U WANT MORE!?!et avec une maitrise,un sens du groove et une décontration…..Pour ceux et celles qui sont arrivés relativement tot,il y a d’abord eu le grand n’importe quoi des deux premières partie,puis THE SHOW!!! avec une mention spéciale pour l’hommage à MCA des Beastie Boys,j’ai aimé!!!euh ils reviennent quand au fait:)!?!
Dommage que celà soit une date unique! D’habitude, ils font une petite tournèe… Scott Storch n’est plus dans le band depuis longtemps! Et je rejoints le fait que quand ils font des reprises d’autres groupes ou des titres classiques du hip hop, çà a de la gueule !!! Et rien que pour celà, j’aurai aimé voir l’hommage à MCA. Pour le son, j’avais vu une interview d’un responsable de salle de concert qui à l’habitude de les recevoir et il racontait que c’était assez compliqué avec eux parce qu’ils jouaient trop fort!!! C’est peut etre pour çà qu’il ne sorte pas de video de concert officiel alors que je pense que beaucoup de gens l’attende…