
Commençons par la fin : dimanche 8 juillet, au septième jour du Worldwide Festival à Sète, les yeux sont creusés, les jambes lourdes, les oreilles saturées. Une dernière fois, on a quitté la fête sur la plage, rejoint la ville en bateau et marché jusqu’au bout du môle où, au pied du phare et dans un décor de chalutiers sur cales, Gregory Porter chante « 1960 What ? » avec une intensité qui électrise la foule. Le morceau tourne plusieurs fois sur lui-même, les solos de piano et de saxophone sont ovationnés, on voudrait que ça ne s’arrête jamais. Tandis que le live de Nicolas Jaar concluait le marathon musical, le colosse Porter serrera les mains et claquera les bises aux mélomanes reconnaissants, au comptoir avec vue sur le mont Saint-Clair.
Ce fut l’un des temps forts qui n’ont pas manqué. Édition sept à Sète, le festival de Gilles Peterson est toujours l’un des meilleurs rendez-vous de l’été, combinaison d’un programme de bon goût (Robert Glasper Experiment, Alice Russell & TM Juke, Little Dragon, Portico Quartet, Ashley Beedle, Julio Bashmore, Four Tet, BabBadNotGood, Scuba, Grems, Claude VonStroke, Loefah, DJ RKK…), de lieux magnifiques, de soleil, de rosé, de tielles et d’une ambiance assurée par une énorme colonie anglaise qui voyage systématiquement pour l’occasion. On retiendra le set du légendaire Moodymann, de « Keep The Fire Burning » (Gwen McCrae) à « Robots Return » (Talc) avant d’enchaîner les microsillons gravés de la techno de Detroit dont il est le gardien mystérieux.
C’est un peu de ce mystère qu’il leva pourtant en ôtant finalement le foulard qui lui cache traditionnellement le visage. Le lendemain, même lieu magique tombant dans la Méditerranée, c’est David Rodigan qui déclencha l’hystérie en passant à la moulinette cinq décennies de musiques jamaïcaines et associées, de King Tubby à Major Lazer en passant par une tripotée de classiques, « Incredible » de M-Beat feat. General Levy ou ce bon vieux Shaggy. Mala, qui lui succédait, commença par réclamer le noir complet avant d’envoyer un son de basse terrifiant, étiré sur plusieurs minutes. On en tremble encore.
Tinariwen donna un concert envoûtant devant une mer déchaînée, Grems déchaîna quelques huées sans se démonter (« Y’a que de l’amour dans votre haine »). Sur la plage, on aura dansé sur le reggae roots de Channel One, transporté du carnaval de Notting Hill, sur un set disco-funk de Carl Cox convenu mais franchement marrant, avant un merveilleux dimanche après-midi : alors que le soleil rasant finissait de cramer les épidermes, Gilles Peterson, voix cassée, ne lâchait plus les platines et nous gratifia enfin du « CMYK » de James Blake dont le live avait bouleversé le Worldwide 2011. Tout se bouscule mais tout se tient.











C’est l’heure du bilan… Alors d’après vous, quels étaient les tubes de ce festival ?
Perso je retiens ceux-là : Todd Terje – Inspector Norse Lovebirds feat. Stee Downes – Want You In My Soul Julio Bashmore – Au Seve Noel Ellis – To Haile Selassie (passé par Four Tet pour finir, grosse grosse claque !) The Doobie Brothers – Listen To The Music Machinedrum – Alarma Moresounds – Cannabis Ella Fitzgerald – Night And Day Round Table Knights & Bauchamp – Calypso Jill Scott – Lovely Day Khal Nayak – Choli Ke Peechhe
Et si quelqu’un pouvait me donner des infos sur la cover de ‘Rolling in the deep’ d’Adele en reggae qu’a passé Gilles Peterson dimanche sur la plage, je lui en saurais éternellement reconnaissant !
Il s’agit du remix de Jr Blender (Reggae Remix). Facilement trouvable un petit peu partout sur la toile, sur « toitube » ou ailleurs.
Petite précision : je ne demande ni reconnaissance éternelle, ni contribution particulière. C’est tellement simple de faire plaisir parfois.
définitivement Ashley Beedle – Run The Track joué au théâtre de la mer 2 ou 3 fois, sur la plage et en clôture au mole par GP
En bonus je rajoute le KYODAI « BREAKIN » Ceux qui etaient la apprecieront ! Ivan