Frank Ocean, new gospel

septembre 11, 2012
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Frank Ocean, énième star R’n’B sur-marketée ? Son premier album, à la pochette semblable à une pub d’opérateur téléphonique, s’ouvre sur le son d’un sms à vous faire consulter votre mobile. Le jeune garçon, depuis longtemps au-delà du million de followers sur Twitter, a fait la veille sa première télé dans le Late Night de Jimmy Fallon, étalon or des lendemains qui chantent. Questlove, batteur maison, s’est même extasié : «Whoooo !!! Je n’avais pas vu un tel buzz depuis le début d’Odd Future», le collectif californien déjanté et ultra-créatif de la côte Ouest dont est également issu Tyler The Creator. À son tour, Metronomy avoue publiquement son admiration, tout comme Kanye West, Nas et beaucoup d’autres vedettes.

Bref, on n’a pas fini d’en entendre parler. D’autant que la semaine précédente le garçon faisait son coming out : Frank est homo, la belle affaire ! Eh bien oui, malgré un nouveau millénaire des plus gay friendly, la blogosphère s’en émeut. Preuve que la route est encore longue. Une voie que Frank, à vingt-quatre ans, risque bien de devoir ouvrir en pionnier. Enfin, parlons musique. Sa voix est l’une des plus sacrées et gospelisantes qu’on ait entendues depuis D’Angelo. Et, avec l’absence d’œillères qui caractérise sa génération, il aime la digression. Tel Azealia Banks, il n’exclut pas le dubstep de ses productions, n’hésite pas non plus à tutoyer les aigus, et quelques trémolos à la Sufjan Stevens (celui de The Age Of Adz) finissent de brouiller les pistes. Pharell Williams s’exécute à la production et Andre 3000 apparaît sur «Pink Matter», où Frank déploie une voix soul à pleurer…

L’album est encore inégal, mais le plaisir est déjà grand et les promesses encore plus. Son audace insolente rappelle même Prince. Enthousiasme hérétique ? Patientons. Ocean intervenait déjà sur deux morceaux de l’album Watch The Throne de Jay Z et Kanye West sans jamais trop en faire. C’est qu’en plus d’être sincère et passionné, le jeune homme semble d’une nature plutôt discrète… Enfin, autant que peut l’être l’artiste le plus en vogue d’un pays comme les États-Unis.

Olivier Pellerin

Frank Ocean, Channel Orange (Def Jam/Universal)

www.frankocean.com

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