Carte blanche rumba à Jean-Luc Marty

octobre 1, 2012
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Jean-Luc Marty a été le rédacteur en chef du magazine Géo de 1993 à 2010. Il est notamment l’auteur de deux romans publiés aux éditions Julliard:  » La Dépression des Açores »(2001), « Rumba »(2008) et d’un recueil de texte poétiques « Un coeur portuaire »(2012). Son univers « portuaire » et « rumba » rejoint parfaitement l’esprit du festival Villes des Musiques du monde qui lui a naturellement confié une carte blanche pour construire in itinéraire Rumba au fil de cette édition.

« Rumba »

A Cuba, La rumba est synonyme de fête collective, d’une énergie partagée à travers les tambours et les danses. Jadis, elle réunissait, dans les plantations de cannes à sucre, les solares ( maisons communautaires) ou les centres de travail, une population d’ouvriers agricoles, de domestiques, de dockers, pour la plupart d’origine africaine : Congo, Yoruba, Ewé, Fon, ou issue des confréries Arara, Abakua… On prenait ce que que l’on avait sous la main pour jouer : Cuillers, tiroirs, boîtes de morue…. Car la rumba s’improvise et improvise. Musique du sentiment qui passe, de la rumeur qui tourne au dessus des quartiers et des pentes des villes, de l’injustice qui humilie et rassemble. On l’attrape au vol, on la ramène au sol, sur les peaux des tambours et dans les pieds qui marquent le pas. La rumba ou l’art du danseur conversant avec le tambour dans la Columbia. Du jeu sensuel entre l’homme et la femme dans le guaguanco. Du sentiment pur, d’une fascinante lenteur dans le Yambu. Car la rumba est composé de trois grands genres, aux temps différents, du plus rapide au plus lent : Columbia, Guaguanco, Yambu. On a gardé les caisses en bois ( cajones), la clave ( ces deux bouts de bois qui créent la scansion rythmique appropriée), et on a rajouté les tambours congos ( les tumbadoras). Les chants des rumberos articulent une émotion unique. Et universelle. De la rue au quartier, des quais portuaires aux cours d’immeubles, d’Afrique en Caraïbes. Et aujourd’hui, d’Aulnay –sous-bois à Montreuil, de Bagnolet à Aubervilliers. « Los Rumberos de Cuba » font le voyage, içi même, à votre rencontre. Pour une palabre de quartier à quartier, de banlieue à banlieue, à travers la danse, le tambour et la voix.

Jean-Luc Marty

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