Les fifties en 2012, c’est possible avec le troisième album de Framix, qui conjure la crise avec un sens inné du mixage musical. « Il y a plus de liberté à être plus organique ! » En effet, la première chose qu’on remarque dans le nouvel album du Nantais François Michel (et ce aussi bien en version studio que live), c’est que l’électronique prend nettement moins de place qu’auparavant. Né en 1998, le projet Framix a d’abord épousé le genre synthétique. « C’était le début des possibilités nouvelles de l’informatique, se souvient Framix. J’ai donc commencé à bidouiller avec un 4 pistes. En 2000, le label nantais de dub High Subway a sorti mon premier EP. En 2001, c’était le tour de mon premier album éponyme. Puis il y a une longue pause où je menais un projet alternatif tout en écoutant énormément de musique, notamment américaine… La période avant le blues ! J’ai travaillé à droite et à gauche pour gagner de l’argent et réaliser Happy Animals (2009). Cela a été le début de l’expérience du live : j’ai commencé à m’entourer car mon format musical était plus pop, plus facile sur scène. » Dans ce Stuck In A Cruel World enregistré pendant de longs mois dans un ancien blockhaus nazi (le My Studio de Yann Jaffiol), on retrouve du Elvis, du Eddie Cochran, du Bob Didley, mais aussi des échos de Harry Belafonte ou de Prince Bester. Accompagné d’un court-métrage fait main (François Michel a étudié la vidéo aux Beaux-Arts), Stuck In A Cruel World est un concept album dont l’ambiance est fifties à souhait, « ambiance American Grafitti ». Attention, le rétro n’a ici rien de factice : « Le côté vintage est venu naturellement, et dans les paroles, je reste très contemporain. Il faut savoir éviter le premier degré. » Autant inspiré par le ska première génération que par le rock steady, Framix joue sur les mixages : « ces mélanges me semblent évident, ne fut-ce que par la basse en commun. L’esclavage, le blues, le R’n'B, la Jamaïque, les Etats-Unis… Tout se lie et tout se répète. » Et, malgré son titre tristement lucide, Stuck In A Cruel World adoucit bel et bien nos mœurs
Sophie Rosemont












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