Ces ordures de Brésiliens

Voilà que le Brésil déverse ses déchets dans les sous-sols du Vieux-Continent. Dans les clubs de Londres, Marseille et Lisbonne, on a pu découvrir une troupe de musiciens mal rasés baptisée Graveola e O Lixo Polifônico, soit « Graveola et Les Ordures Polyphoniques ». Leur style ? Le recyclage bien sûr. Ils diluent la samba dans une mixture folk-pop bariolée, rajoutent des étincelles d’électricité sur les guitares et mélangent le tout en invoquant l’esprit du tropicalisme… Ils obtiennent ainsi ce « carnival- cannibalism » que le groupe revendique avec espièglerie. Le fondateur et chanteur Luiz Gabriel Lopes ajoute encore trois mots pour définir leur style : « Lyrisme, débauche et jingles TV. » En provenance de Belo Horizonte, capitale baroque de l’État du Minas Gerais, Graveola tente sa chance en Europe aujourd’hui grâce à une signature chez Mais Um Discos. Le jeune label de Londres entame avec eux le même travail de promotion qu’il réalise pour Lucas Santtana depuis deux ans. Il se heurte d’ailleurs à la même question à un million de réais : comment vendre une musique qui s’offre gratuitement sur le net ? Le problème taraude évidemment tous les producteurs de disques actuellement, mais cette nouvelle génération brésilienne le rend encore plus insolvable puisqu’elle donne purement et légalement ses albums en téléchargement. Le public local y est désormais habitué, et l’obliger à payer serait perçu au Brésil comme une attitude commerciale peu honorable, presque un affront à ses premiers fans. Le label Mais Um Discos y croit quand même. En octobre dernier, le producteur Lewis Robinson les a accompagnés au Womex, en Grèce, pour une présentation officielle aux professionnels de la profession. Gageons que leur excellent EP Farewell et l’album à suivre en 2013 permettront enfin l’importation durable de ces déchets polyphoniques de notre côté de l’Atlantique. Mais, au fait, pourquoi ce surnom dégueulasse ? Luiz Gabriel Lopes dévoile le secret : « Au départ,c’était parce qu’on utilisait une canette usagée dont Marcello, un ancien membre du groupe, se servait comme percussion. Mais nous en avons fait une sorte de jeu, assez conceptuel : nous adorons recycler des fragments de la culture de masse pour composer des chansons. »










Derniers commentaires